Les prix
du pétrole brut ont subi une hausse brutale ces derniers mois, pour
passer au-dessus de la barre des 100 dollars le baril, jusqu’à 135 $
jeudi dernier, pour un repli sans doute momentané à 130 $ en fin de
semaine. Ils ont ainsi doublé en un an et quadruplé depuis 2004. Tout
le monde peu constater les premiers impacts de cette hausse, sur le
prix de l’essence à la pompe, mais aussi (est-ce un prétexte) sur celui
du gaz qui curieusement est en partie indexé sur celui du pétrole.
Cette hausse est qualifiée comme folle par les représentants de l’OPEP
eux-mêmes, qui désignent les spéculateurs et la faiblesse du dollar
comme causes principales. Or, selon les sources bien informées sur cette
question, c’est bien l’épuisement progressif des réserves mondiales des
gisements de brut et l’incertitude sur leur état réel qui a fait
décoller les prix du brut.
Il est très difficile de mesurer l’état réel des réserves pétrolières.
D’abord parce que celles-ci dépendent des capacités techniques mises en œuvre par les compagnies. Pour schématiser grossièrement, plus on
extrait du pétrole de sources non conventionnelles, plus cette
extraction est chère. L’état des réserves et le prix du pétrole forment
donc un couple dynamique. Ensuite parce que certains des pays
producteurs les plus importants, comme l’Arabie Saoudite, l’Iran et le
Venezuela refusent de coopérer avec l’Agence Internationale de
l’Energie, et de fournir les chiffres qu’ils ont entre leurs mains.
Malgré cette incertitude, l’AIE a revu à la baisse ses prévisions pour
la production quotidienne prévue en 2030.

Comme le dit le blog "Peak Oil : Life after the Oil Crash"
(Pic pétrolier : vivre après le crash pétrolier), dont est extrait ce
graphique, la question n’est pas tant de savoir combien il reste de
pétrole, mais si il en reste suffisamment pour faire vivre notre
économie. Les récentes manifestations des pêcheurs, les inquiétudes des
chauffeurs routiers et même des agriculteurs de la FNSEA lèvent le
voile sur l’omni-dépendance de notre économie sur cette ressource
fossile et non-renouvelable. Le Monde du 24 mai consacre plusieurs
articles à cette question, dont l’un titre "Transporteurs, agriculteurs
et pêcheurs mobilisés". La solution n’est bien sûr pas que les
gouvernements subventionnent le gasoil dont ont aujourd’hui besoin nos
pêcheurs ou transporteurs, ou pire encore les agriculteurs dépendant
des produits pétroliers (pour leurs intrants issus de la pétrochimie),
mais bien qu’avec les industriels et la population, ils préparent au
plus vite, et de façon déterminée la transition vers une société
post-pétrolière, en donnant une priorité absolue à l’appui aux énergies
renouvelables et aux modes de production et de consommation sobres en
énergie dans les politiques publiques.
Or de ce point de vue, on ne peut que constater un retard qui risque de
s’avérer dramatique pour l’économie et la société. Les constructeurs
automobiles français ont plusieurs années de retard dans la recherche
pour la construction de voiture réellement propres (ne consommant pas
d’énergie fossile du tout, et n’émettant pas de CO2), les plans de
mobilité et de transport, malgré les demandes du Grenelle de
l’Environnement, n’évoluent pas de façon décidée vers l’encouragement
du rail, du ferroutage ou du transport fluvial ou maritime, beaucoup
moins polluant. Or dans tous ces domaines, des solutions sont en cours
de développement. Mais leur aboutissement demande des investissements
importants. Le vénérable Institut Nationale de la Recherche Agronomique
(INRA) n’a par exemple lancé son programme sur l’agriculture biologique
qu’en l’an 2000 ! 20 unités de recherche seulement sur 235 y
participent. On trouvera des proportions équivalentes, et sans doute
plus basses encore dans le domaine de la recherche industrielle et
énergétique.
Les axes d’une politique post-pétrolière sont connues : il faut
investir de façon décidée dans la recherche vers des modes de
production énergétiques renouvelables, faire évoluer la fiscalité vers
une stricte application du principe pollueur-payeur, et encourager les
modes de production, de transformation, de transport et de distribution
propres. Le plus difficile est sans doute de manager une période de
transition vers une société sobre et durable. Encore faut-il en avoir
la volonté... La hausse des prix du pétrole est une bonne nouvelle, car
elle devrait accélérer la prise de conscience des populations, et
espérons des politiques, sur la dépendance de notre économie à cette
ressource rare, non renouvelable, et polluante.
Je vous conscience de regarder cette vidéo expliquant la dépendance de
notre économie au pétrole, et les conséquences probables de la fin du
pétrole sur celle-ci :
Thèmes
Comme il est dit à la fin de cette vidéo, il est crucial de faire passer l’info autour de vous. Quelques liens pour vous documenter et ne pas être à court d’argument en face des sceptiques : http://www.dailymotion.com/video/x4... http://urgence.centerblog.net/rub-L... http://video.google.com/videoplay?d...
j’ai peur pour mes enfants et les leurs dans un avenir proche.L’énergie nucléaire dépasse l’humanité dans sa conception de confort.Je suis également préoccupé par les déchets que cette énergie génère. Ou en est la recherche sur les énergies renouvelables ? les enjeux économiques sont ils plus importants que l’avenir de notre planète ?









