Bien sûr, le Bassin d’Arcachon ne fait pas partie de la banlieue orléanaise, il n’empêche que face au mauvais coup qui s’y prépare, la toile du Net ne connaissant pas de frontières, il importe de rester vigilants et solidaires avec toutes les Régions dès lors que toutes détiennent, chacune une parcelle de ce patrimoine qui nous est commun.
Et puis nous aimons tous, quand nous en avons l’occasion, aller déguster sur place les huîtres ou les moules du Bassin d’Arcachon, là où on vous les sert agrémentées d’une petite saucisse grillée avec un petit verre de clairet de Bordeaux ! Inoubliable !...
Dans ce paysage qui garde encore tant d’aspects naturels, face à la dune du Pyla et au milieu des petites maisons ou des baraques de tous ces petits pêcheurs producteurs, trop heureux de vous les faire goûter !
Depuis quelques années déjà, et en ce moment notamment, des interdictions de vente et de consommation affectent tantôt les huîtres, tantôt les moules, pour des raisons soi-disant sanitaires : des algues malfaisantes, des bactéries mystérieuses etc...
Jamais, jusqu’à ce jour on n’a pu prouver que ces coquillages aient provoqué le moindre soupçon de phénomène d’épidémie ayant entraîné une seule victime, en dehors des inévitables accidents de parcours de ceux qui auront mal supporté leur dégustation parce que ce n’était pas le bon jour pour eux ! En tout cas, jamais aucun décès n’a pu directement être relié à la consommation d’une huître ou d’une moule arcachonnaise !
Cela n’empêche pas les interdictions temporaires de pleuvoir de façon récurrente sur les petits producteurs. Le premier effet est de déstabiliser gravement la situation déjà fragile de toutes ces petites exploitations dont beaucoup ont d’ores et dejà disparu. Tout cela représente quelque milliers de personnes qui vivent chichement de l’exploitation ostréicole. De la pointe du Cap Ferret jusqu’à Arcachon les noms de petits villages ou de villes moyennes aux noms évocateurs contournent le Bassin : Arès, Andernos, Lanton, Biganos, Cujan Mestras, Le Teich et quelques autres encore.
Les bords du bassin sont bordés d’une multitude de petites cabanes, voire même de petites maisons d’habitations d’ostréiculteurs qui vous reçoivent, vous font déguster et vous vendent leur produits... enfin quand on ne leur interdit pas de le faire !
En y regardant de plus près, il semble qu’à long terme, une politique de promotion immobilière soit envisagée sur tout le contour du Bassin. Bien sûr, aucune preuve de cela ne peut être produite à ce jour, mais on sait bien que ce genre de projet n’est jamais clairement exprimé : il s’agit d’un véritable cancer insidieux qui fait son chemin de façon souterraine, et 20 ans plus tard on s’aperçoit que le mal est fait, que le paysage a éte modifié et que l’on ne peut plus y revenir !
Ce fut le cas des bords de Seine à Paris, puis de toute la Côte d’Azur qui est aujourd’hui totalement bétonnée de Toulon à Menton : plus un mètre carré de paysage naturel, une bordure d’immeubles au milieu de quelques résidences de luxe verrouillée et en tous cas inaccessibles.
Il semble que la Méditerranée affichant ’Complet’ c’est désormais sur la façade Atlantique que les promoteurs immobiliers jettent leur dévolu, et plus précisément dans un premier temps sur le Bassin d’Arcachon où les requins du béton s’apprêtent à dévorer les producteurs d’huîtres et de moules, en les faisant disparaître de la façade du littoral qu’ils occupent encore !
Leurs rangs se sont déjà éclaircis sous les premiers coups de boutoirs en forme d’interdictions administratives temporaires, les autres finiront par connaître le découragement à défaut de la faillite et les promoteurs n’auront plus qu’à récupérer leurs terrains pour ériger des Marinas ou des Immeubles résidentiels pour les retraités du CAC 40 ! _C’en sera fini alors de nos petits ostréiculteurs que nous n’aurons plus qu’à ranger dans nos mémoires, de telle sorte que nos enfants ne connaitront plus jamais le plaisir de goûter une huître face au soleil couchant en regardant les bateaux dodeliner là bas jusqu’aux contours de l’Ile aux Oiseaux !
Dommage... non ?
Que faire ?
Pour l’instant il convient bien sûr de mettre en garde tout en sachant qu’il sera difficile de l’empêcher sauf à endiguer les effets du Libéralisme sauvage et de la Mondialisation galopante !
Je ne pense pas au demeurant me tromper beaucoup, et pour le vérifier je vous propose de vous donner rendez vous dans vingt ans (enfin si Dieu le veut !) à la terrasse du Palm Beach d’Andernos... Vous vous en souvenez ? C’est juste là ou Isabelle Vigouroux, dans le temps vendait tous les jours ses huîtres dans sa petite cabane pendant qu’André son mari partait chercher ses casiers dans le Bassin !
Bravo pour votre soutien aux ostréiculteurs du Bassin d’Arcachon et à l’alerte sur l’atteinte de son environnement par l’urbanisation. Je vous invite à visiter http://andernos.canalblog.com pour en voir des exemples comme l’utilisation des sables issues des bassins de décantation des vases du bassin et des ports pour la rénovation de la maline alimentant les claires...
Bonjour et merci pour cet article fort perspicace, et oui les requins de l’immobilier sont chez nous, je suis Arèsienne de famille, petite fille d’ostréiculteurs, et j’assiste impuissante à ce massacre organisé de ce noble métier.. j’habite à Audenge qui arrive encore à garder ses grands espaces de sérénité..mais pour combien de temps ?? Lorsque l’on voit Andernos où Arcachon et l’évolution du béton cela fait peur et attriste beaucoup... Merci à vous qui de si loin parlez de nous, cela fait grandement plaisir.









