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Les émissions de Co2 explosent : le gaz naturel dernier recours

Article publié le 22 novembre 2011

« La meilleure énergie c’est celle que l’on ne consomme pas. »

Les émissions de Co2 explosent : le gaz naturel dernier recours

 Une information inquiétante est tombée : l'inéluctabilité des changements climatiques qui seraient irréversibles. En effet, le dégagement de CO2 dans l'atmosphère n'a jamais été aussi important qu'en 2010, en clair, non seulement il n'a pas régressé mais il a au contraire explosé du fait des politiques de fuite en avant des grands pays. Nous sommes à environ 30 milliards de tonnes de CO2, cela veut dire que chaque Terrien envoie dans l'atmosphère l'équivalent de 4.5 tonnes de CO2. Hivers froids, baisse du prix du charbon... L'intensité carbone a augmenté plus vite que la croissance mondiale en 2010, d'après une étude britannique. Malgré les alertes, nos économies ne parviennent toujours pas à quitter le chemin du carbone. Pire, la croissance du PIB est toujours plus gourmande en carbone. C'est ce que révèle une étude menée par le cabinet Pwc appelée « Low Carbon Economy Index » qui montre que l'intensité carbone a augmenté plus vite que la croissance en 2010, contrairement à ce que l'on pouvait constater lors de la dernière décennie.


 En 2010, la croissance du PIB mondial a été moins élevée que la croissance des émissions de CO2. La première a augmenté de 5,1%, et la seconde de 5,8%. L'intensité carbone, qui mesure la différence entre ces deux taux de croissance, est donc positive de 0,6%. Le constat du cabinet Pwc est sans appel : « Ces résultats remettent en cause la vraisemblance d'une décarbonisation mondiale assez rapide qui permettrait de limiter le réchauffement planétaire à 2°C. » A cause du retard accumulé, l'intensité carbone doit être à présent réduite de 4,8% par an, soit deux fois plus qu'en 2000, pour atteindre les objectifs. Or, un taux de 4,8% semble extrêmement difficile à atteindre. Seuls six pays ont réduit leur intensité de carbone de plus de 3% au cours des dernières décennies (Chine, Allemagne, Royaume-Uni, France, Russie, Japon), et « ils y sont parvenus seulement dans des circonstances exceptionnelles ».(1)

 

Les différents sommets sur les changements climatiques ont été des échecs et le minimum de discipline qui aurait permis de stabiliser la température autour de 2 °C n'a pas été respecté. En 2006, l'économiste Nick Stern a popularisé un raisonnement auparavant confiné aux cercles relativement étroits des économistes du climat : sitôt qu'on allonge l'horizon temporel du décideur, les coûts de l'inaction face au réchauffement du climat sont bien plus élevés que ceux de l'action immédiate. Jusqu'à 20% du PIB à un horizon de 50 ans pour les premiers, contre 1 à 2% du PIB pour les seconds. Quel décideur responsable pourrait dès lors choisir l'option de l'inaction ?


Sur la base justement des travaux du Giec, l'objectif de limiter le réchauffement moyen à 2°C a été retenu par la communauté internationale. Un consensus assez large prévaut sur le fait qu'une division par deux des émissions de gaz à effet de serre dans le monde d'ici 2050 mettrait toutes les chances de notre côté pour y parvenir, ce qui implique d'aller bien plus loin dans les pays développés. Sous l'angle de la science du climat, jamais le raisonnement de Stern n'a été aussi pertinent. Pourtant, les progrès de l'action internationale face au changement climatique ont été ténus depuis la décision européenne de lancer le « Paquet énergie-climat » en décembre 2008. Contraints par la crise, les acteurs, publics ou privés, prennent leurs décisions les yeux rivés sur le court terme : ils n'acceptent pas une charge supplémentaire sur l'économie aujourd'hui, même si celle-ci est remboursée au décuple demain.


Aller vers d'autres énergies

 

On sait que les réserves de pétrole étant sur le déclin, le peak oil ayant été dépassé depuis 2006 d'après l'AIE, on pense que sa production plafonnera autour de 100 millions de barils /jour d'ici 2020 pour entamer ensuite un déclin inexorable pour sortir des bilans d'énergie vers 2050. Un groupe de réflexion militaire américain estime que réduire la dépendance au pétrole est un impératif économique mais aussi diplomatique et militaire. Il faut « sortir l'Amérique de la dépendance au pétrole ».« Ce n'est pas une simple question de volatilité des prix à la pompe. Ni une opposition entre les intérêts des entreprises pétrolières et l'environnement. C'est un impératif de sécurité nationale, qui a des répercussions sur le plan économique, diplomatique et militaire ». Celui-ci exhorte, dans un rapport paru ce mercredi, le pays à réduire sa consommation de pétrole d'au moins 30% au cours des dix prochaines années. Après le Pentagone, l'Agence internationale de l'énergie, l'armée allemande, Shell, c'est donc une nouvelle institution qui s'alerte des conséquences de la disparition à venir du pétrole. Ce groupe de réflexion a déjà travaillé à réduire la consommation de l'armée américaine, indique le quotidien anglais The Guardian, qui diffuse le rapport. Le Conseil consultatif envisage désormais de travailler à la réduction de la consommation dans le civil. Il dresse même la liste des alternatives les plus crédibles selon lui, comme le biocarburant à partir d'algues, le méthanol, le gaz naturel comprimé, ainsi que l'utilisation d'électricité pour les véhicules. Des technologies qui seront disponibles rapidement - dans les cinq ans à venir - et pourront être développées notamment grâce à des normes plus strictes.(2)

La fausse solution par les biocarburants

 

On a souvent présenté les biocarburants comme la solution miracle pour le transport qui compte pour 40% de la consommation d'énergie. Lorsque la Commission européenne a commencé à faire pression pour une augmentation importante de l'utilisation des biocarburants dans les transports et l'énergie, la directive de 2003 sur les biocarburants et la législation de 2009 sur les énergies renouvelables prévoyaient le passage progressif à des carburants d'origine végétale, encourageant ainsi l'Europe à jouer un rôle de premier plan en matière de réduction de la consommation de carburants fossiles et de lutte contre le changement climatique. Ces politiques se sont toutefois heurtées à des critiques virulentes, dans la mesure où les biocarburants ne s'avèrent pas aussi efficaces que prévu pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, et où leurs cultures pourraient porter atteinte à l'écologie des pays en développement, premiers exportateurs de carburants végétaux. Dans son rapport du 22 septembre sur les biocarburants, Oxfam a exhorté l'UE à abandonner ses objectifs pour les biocarburants et à instaurer des normes de durabilité afin de s'assurer que la production n'ait aucun « effet négatif » sur la qualité de l'air, de l'eau, des sols et des denrées alimentaires à l'échelle mondiale.

 

La sortie du nucléaire... incontournable ?

 

Après Fukushima il y a eu un moment une prise de conscience des dangers réels de l'atome. Certains pays comme l'Allemagne, la Belgique, voire la Suisse en 2035, ont fait le saut : l'essentiel des nouvelles constructions se fera en Chine où il est prévu 24 réacteurs ! En France, EDF cherche à concevoir un nouveau réacteur plus petit que l'EPR, dont les chantiers sont émaillés de retards et de coûts supplémentaires. L'EPR de Flamanville pourrait bien être l'un des derniers construits au monde. Selon les informations de La Tribune publiées ce lundi, EDF ne tient plus à poursuivre la production de réacteurs de ce type. Le démantèlement du nucléaire a un coût qui fait l'objet de controverses si la France sortait du nucléaire. Au-delà de l'instrumentalisation politique, des études ont été faites. Inenvisageable il y a encore quelques mois, la sortie du nucléaire est en passe de s'imposer au menu de la campagne présidentielle de 2012. Dans une interview au Figaro, Bernard Bigot, le patron du CEA, estimait le coût d'une sortie du nucléaire à 750 milliards d'euros. Le dirigeant se basait en fait sur des calculs réalisés en Allemagne. Outre-Rhin, le coût d'une sortie totale a été estimé à 250 milliards d'euros en dix ans, en incluant la construction de nouvelles installations de production, les subventions pour les énergies renouvelables ou encore le démantèlement des centrales installées. Et le dirigeant s'est contenté de tripler la facture allemande, puisque la France compte trois fois plus de réacteurs que son voisin.(4)

 La sortie du nucléaire impliquerait en France, dit-on un investissement de 400 milliards d'euros pour remplacer le parc existant par des moyens de production alternatifs, ce qui se traduirait par un doublement de la facture d'électricité. » Le devis émane d'Henri Proglio P-DG d'EDF, dans le Parisien du mercredi 9 novembre. Les associations ne partagent pas du tout le même constat. Pour l'association négaWatt, auteur de rapports sur la faisabilité d'une transition énergétique, ce qui est calculé comme un coût par les industriels et l'Etat n'en est tout simplement pas un. Avec les mêmes présupposés d'un tournant de la sobriété en France, l'association Global Chance calculait en juin dernier qu'une sortie du nucléaire entraînerait un coup du kilowattheure « 10% à 15% supérieurs à ceux de la poursuite du nucléaire », mais que « les factures annuelles pour les usagers sont nettement plus légères (de 25%) » grâce à la réduction de la consommation. Dans le même ordre d'idées, le dernier rapport de l'AIE publié le 11 novembre fait la part belle au nucléaire... Pour l'AIE, il pourra servir d'énergie de transition malgré les dangers.

Le gaz naturel Un dernier recour à économiser


Considéré longtemps comme gaz fatal, il n'était pas exploité. Il a fallu attendre les années 1970 pour que dans la dynamique de la revalorisation des prix du pétrole et du fait d'une demande en expansion. Du point de vue du coût, le prix du gaz naturel à même quantité énergétique est payé en moyenne 3 à 4 fois moins cher. Ceci est inexplicable du point de vue des services rendus. Pratiquement, le gaz naturel peut remplacer le pétrole dans tous les domaines, notamment de la pétrochimie, du transport, du chauffage...De plus et c'est un avantage décisif, il émet beaucoup moins de CO2 par unité d'énergie.

 Justement, les pays exportateurs de gaz au nombre de douze restent déterminés à indexer les prix du gaz sur ceux du pétrole, a déclaré mardi 15 novembre l'émir du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, au terme du premier sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (Fpeg) à Doha. En clair, à même contenu énergétique, les pays exportateurs demandent le même prix pour le gaz naturel et pour le pétrole. La situation actuelle montre que la production est autour de 3000 milliards de m3 ; l'Algérie produisant environ 80 milliards de m3. Le gaz naturel a toujours été le parent pauvre de l'énergie. Contrairement au pétrole, le cas du gaz naturel dont les réserves tournent autour de 190.000 milliards de tep sera là pour durer au rythme de consommation actuelle pendant environ 60 ans.

 

Il est nécessaire cependant, pour ne pas tomber dans le travers de l'énergie bon marché en termes de gaspillage, que le gaz naturel soit revalorisé au moins au prix du pétrole pour éviter, une fuite en avant mais aussi la possibilité de rendre compétitives les énergies renouvelables, qui ne le sont pas avec un prix de gaz naturel aussi dérisoire. Le mode de vie actuel dans les pays développés n'est pas soutenable. On ne peut pas continuer à 8 tep/hab/an pendant que des Somaliens sont à 200 kg !

 

 Toutes les guerres du monde ne pourront pas faire augmenter les réserves de pétrole qui sont un invariant. Se les accaparer en ruinant des pays, en apportant le malheur à des peuples en rayant de la carte des civilisations, ne peut amener qu'un sursis. L'alternative est dans la sobriété, le changement de rythme, la décroissance qui suggère un changement de valeur : ne pas stigmatiser la lenteur, ne pas s'éblouir de la nouveauté, savoir chercher localement ses loisirs, ses plaisirs, remplir ses journées avec des activités qui suivent le rythme des sols, des plantes... renouer le dialogue avec la Nature en la respectant. C'est cela qui nous permettra de conjurer les mauvaises surprises du futur du fait de l'inaction envers les changements climatiques et de l'égoïsme des grands de ce Monde.


1. Une croissance toujours plus gourmande en CO2 Terra Eco 10-11-2011

 

2. http://www.terraeco.net

3. www.euractiv.com

 

4. http://www.terraeco.net

 

Professeur Chems eddine Chitour Ecole Polytechnique enp-edu.dz

 

Source image : http://www.geo.fr

Thèmes

Climat Energie Développement durable CO2 Gaz

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commentaires
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par Beret Man (IP:xxx.xx2.85.9) le 24 novembre 2011 à 16H45

Ah ben, et le développement durable alors, c’était du vent ? Mince !

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(IP:xxx.xx7.246.215) le 25 novembre 2011 à 11H28

Qu’on le veuille ou non, le taux de CO2 va augmenter dans l’atmosphère. On sait que les chinois et les indiens construisent des centrales à charbon à tout va, mais c’est aussi le cas de l’Allemagne qui a dans son sol des réserves énormes de charbon et qui va construire des dizaines de nouvelles centrales pour remplacer la fermeture de ses centrales nucléaires.

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(IP:xxx.xx3.94.90) le 25 novembre 2011 à 12H04

Cet article n’est qu’une collection d’idées toutes faites basées sur les prémisses erronées, sur le catéchisme et les litanies du GIEC. Peu d’intérêt par conséquent.

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(IP:xxx.xx1.1.78) le 26 novembre 2011 à 21H10

Il me semble bien difficile de suivre ces écrits sur le CO2 puisque je suis d’origine du pays ’nouaaarrr’ comme on me disait dans ma jeunesse. J’ai vu et retenu que les rideaux tout beaux et tout propres étaient noirs le lendemain matin. Nous respirions cet air et notre état de santé ne préoccupait personne à ’Paris’. Des mineurs crachaient le sang par la ’silicose’ mais pas nous. Pourtant nous étions toujours dehors pour jouer entre nous, mais eux étaient au fond. La seule différence que je constate actuellement est que notre campagne est magnifique dans ce désert d’industries alors que je n’avais jamais pu l’apprécier en étant jeune. L’horizon était plus proche dans ces nuages brumeux noirâtres.

Il y a des allocations familiales pour favoriser l’accroissement de la population et on s’effraie de l’accroissement des déchets , mais , nos vieux cultivateurs des années 1970 nous le clamaient assez fort : "Ils ne savent rien, méfiez-vous".

Et bien, nos esprits cartésiens et rationnels sélectionnés, instruits et formés avec grand cout nous ont amené à ce niveau catastrophique, comment pourrait-il en être autrement ? ""Ils ne savent rien, méfiez-vous"." !...

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par Karva (IP:xxx.xx1.80.109) le 27 novembre 2011 à 18H25

Je pense qu’on aura toujours besoin d’énergie. Toute activité humaine polluant, je préfère celles qui n’émettent pas de CO2, car le problème climatique me semble essentiel.

C’est pour cela que je compte sur le développement des renouvelables et de l’énergie nucléaire, et je combats le recours au gaz, au charbon et au pétrole.

La France qui a la chance de faire de l’électricité sans trop d’émissions de CO2 devrait consacrer cet avantage à développer les transports électriques (Voitures et trains-tramways..) et à électrifier et isoler les habitations plutôt qu’à mener ce débat ridicule qui peut tuer un investissement de deux générations.

Non au Gaz ! Non au charbon, non au pétrole ! L’atome a fait moins de victimes que les énergies fossiles !

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par Maxime (IP:xxx.xx8.22.41) le 30 novembre 2011 à 22H48

Malgré un coup de brosse à reluire pour le nucléaire, ce n’est pas cette énergie dangereuse qui nous préservera des gaz à effet de serre, dont le CO2 ne constitue qu’une partie.

Le CO2 provenant de la production d’électricité ne représente d’ailleurs qu’une fraction du CO2 émis. Pensez aux transports, à la déforestation souvent oubliée des bilans, ...

Lire ici : http://futura24.voila.net/electri/nucle_co2.htm

La seule source de transition pour produire l’électricité, c’est le gaz naturel. Ensuite, la complémentarité de plusieurs sources d’énergies renouvelables, le stockage de l’énergie avec les centrales solaires thermodynamiques (à concentration) et les stations hydrauliques de pompage turbinage (STEP) permettront de fournir l’électricité.

L’usage de celle-ci pourra par ailleurs être réduit avec une meilleure efficacité énergétique, une meilleure isolation des logements, une tarification progressive (tarif normal pour la consommation de base, plus cher pour les énergivores).

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 16 janvier 2012 à 22H56

Le gaz fait partie des hydrocarbures que la planète a mis des millions d’années à fabriquer, et que nous allons liquider en quelques centaines d’années. Il faut être conscient que plus on en utilise, moins on en trouvera.

Le gaz peut permettre de se chauffer, faire de l’électricité mais peut aussi être transformé en engrais... Si des tas d’applications pourront être remplacée par autre chose, il n’est pas certain que nos descendants parviennent à en remplacer son usage dans tous les domaines.

C’est pourquoi le brûler bêtement pour se chauffer...(tout comme le pétrole) alors qu’il y a d’autres solutions est une aberration qu’on risque de regretter amèrement plus tard.

Mais bon, rêvons aux chéres ENR et brûlons tout puisque ça plait à tant de monde... Désespérant !

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par jordans for sale (IP:xxx.xx5.83.169) le 29 juillet 2013 à 17H16

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