Au moment où le premier exemplaire de l’A380 vient d’être livré à Singapour Airlines, il me semble intéressant de réfléchir sur l’évolution du tourisme de masse et de ses conséquences sur le dérèglement climatique et la destruction du milieu.
Un récent documentaire (vu sur Arte) amenait un nouvel élément aux raisons du dérèglement climatique. L’auteur, à partir d’études et de relevés faits sur l’évolution de l’évaporation à la surface du sol montrait que l’ensoleillement diminuait de façon substantielle dans les endroits où l’atmosphère est pollué ou sur des zones survolées par des masses de pollution à haute altitude. On comprend aisément les conséquences directes de ce déficit d’évaporation sur les cultures mais le plus important est le fait que ces particules de pollution à haute altitude forment un voile filtrant le rayonnement solaire et assombrissant la terre. Plus ce phénomène se développe, plus l’évaporation diminue, plus le ciel s’assombrit et ainsi de suite....
Pendant quelques jours après le 11SEP 2001, tous les aéroports des Etats Unis ont été fermés pour cause de paranoïa d’attentats ! Des chercheurs californiens ont alors remarqué avec étonnement que pendant la durée de cette fermeture, le ciel californien avait retrouvé sa luminosité et le sol son ensoleillement normal après à peine 48H. L’incidence de la pollution due aux traces d’avion dans le ciel sur ce phénomène d’assombrissement du ciel était alors simple à prouver.
Vu ces éléments, ainsi que la fatidique rareté du pétrole, on peut se poser des questions par rapport au développement du tourisme de masse. L’avènement des compagnies bas prix (au nom du droit à voyager pour tous !!) vont maintenant déverser sur les pays méditerranéens des centaines de milliers de nouveaux touristes.
Sans vouloir polémiquer maintenant sur les bienfaits relatifs qu’apportent ces nouveaux touristes aux pays visités, j’en resterai aujourd’hui sur l’incidence de cette augmentation du trafic aérien sur le changement climatique et la pollution atmosphérique ainsi que la consommation de pétrole à un moment où nous pouvons considérer que nous avons atteint un pic de production mondiale.
En ce qui concerne le cas français, depuis la mise en place des 35 heures, nous avons eu une forte augmentation des déplacements aériens pour des distances moyennes pour des trajets aller/retour de 2 à 8 jours, partout en Europe, au Maghreb et même sur de plus longues distances. Cette augmentation est dû en grande partie à l’effet RTT et à l’éclatement des plages de vacances tout au long de l’année par beaucoup de français. On peut aussi mentionner les voyages express aller retour dans la journée ou en week end pour des hommes d’affaires ou pour des réunions, anniversaires, congres de toutes sortes sur des destinations folkloriques.
Le buiseness des lignes aériennes, des agences de voyage ou des tours operators, dans la logique de croissance qui mène la société actuelle, cherchent bien sûr, à encore plus développer leurs activités.
Il est peut être temps de modifier cette croissance polluante et destructrice.
Une piste de réflexion pour remédier à ce développement absurde : établir des prix de voyage inversement proportionnels à la durée d’un séjour. Plus les séjours seront courts dans le temps, plus ils seraient chers. Ceci inciterait les futurs touristes à modifier leurs habitudes de voyage et peut être ainsi encourager des types de séjours plus responsables.
Ce texte semblera peu documenté pour certains lecteurs, mais le but de ce papier est juste de poser le problème et de susciter idées et suggestions et pourquoi pas, introduire cette suggestion au Grenelle de l’Environnement.
Merci pour vos commentaires
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Bonjour,
A mon sens, vous avez parfaitement raison ! Le problème est crucial, mais sera nié... il semble que l’on préfère aller droit la tête dans le mur plutôt que d’aborder le taureau par les cornes... notre dépendance énergétique risque fort de nous priver pour les années qui viennent de toute analyse sérieuse sur l’impact de notre furieuse consommation irresponsable et l’impossibilité d’en revenir pour la très grande majorité d’entre-nous. Cette inertie, phénomène qui nous fera donc préférer de rester assis devant le petit écran, plutôt que de nous lever et changer quoi que se soit dans "le meilleur des mondes"... à part quelques clairvoyants peut être ?
Les membres d’un pouvoir obnubilé par le veau d’or, parfaitement au courant de la situation, ont déjà pris le parti de la position démagogique afin de ne pas déstabiliser l’entièreté du système. On peut le comprendre !
Toute notre époque est donc caractérisée par ce leitmotiv dur à la détente, englobant croissance économique, parts de marché, cours de la bourse et autres indicatifs de santé financière… sans vouloir se rendre compte que la santé, précisément, nous la perdons drastiquement en raison de ces artifices, de ces impératifs soi-disant économiques…
Aujourd’hui, il vaudrait bien mieux supprimer les vols d’avions, réduire dans une large part le trafic routier et développer le travail à la maison, ainsi que la production sur d’autres modes des produits agricoles indispensables à notre survie… prendre la décroissance à bras le corps… mais cet effort gigantesque nécessite une remise en question tellement importante de nos habitudes, de notre manière de vivre, qu’elle risque peu de trouver les personnes courageuses en nombre suffisant pour lancer le mouvement.
J’ai bien peur que nous ne soyons déjà trop loin pour dépasser ces blocages psychologiques en masse… mais me refuse à croire, avec Hubert Reeves, qu’il soit déjà "l’heure de s’enivrer". Peut être ai-je tord ?
Le GI américain se bat pour garder l’ "American way of live" ! Il se peut que ses collègues européens soient invités sous peu à participer à cet effort pour le compte européen, probablement aidés par de nouveaux "Pearl Harbor" et autres chocs massifs… mais là, vraiment, j’anticipe !
Bien cordialement
Oui, c’est vrai...
on oublie souvent que le tourime de masse : la masse, c’est nous. Nous, de décider de prendre un vol charter à 15 euros pour aller dans une capitale européennne.
Voler est anti-écologique. (je sais, c une phrase un peu provoquante ;)
Je ne dis pas que je suis contre les vols touristiques. c’est encore une question de choix personnel et certains sont plus difficiles que d’autres :
facile : ampoule eco, douchette robinet, tri ordure, ..
moyen : moins de voiture, ...
difficile : "perdre" 2 jours de vacances car aller en bateau au lieu de l’avion.
N’oublions pas que personne ne nous force à prendre l’avion. Et est-ce vraiment mieux ? mieux en quoi ? on gagne du temps ? ok et les "dommages collatéraux" (planète) ? c’est un effort je vous l’accorde.
De mon point de vue, j’irai plus loin : je dirai que c’est une question de maturité, limite d’évolution personnelle dans le sens du collectif avant le personnel. On en reparle dans 1 siècle où certaines choses sauront une évidence....je m’égare ;) (je ne me prétends pas etre philosophe, ni mieux que, ni génial...juste écolo dans l’âme et dans mes actes et toujours à la recherche de ma cohérence de vie.
Et, ce m’écoeure de bousiller et ...ca doit etre chouette une balade/croisiere en bateau de 5 jours pour aller ailleurs : c déjà les vacances !
Comme le dit Marie Drucker, c’est la mondialisation, on peut pas dire aux gens de ne pas prendre leurs vacances à l’autre bout du monde.....
Bien vu, mais si !! il faudrait pouvoir dire aux gens de ne plus aller à l’autre bout du monde pour 8 jours de vacances.
Il faudrait commerncer par faire payer à son vrai prix le voyage en avion.
Le kérosène n’est pas taxé pour le moment ! Alors ne parlons même pas d’une contribution climat ou d’une taxe carbone...
On ne peut pas demander au gens de se restreindre spontanément, même sur la base d’une excellence information des conséquence écolo-climatiques de leur geste, quand le billet d’avion pour aller à Prague ou Oslo est à 20 euros...La dilution des responsabilités joue trop fort dans ce cas.
Avec une taxe carbone à un niveau décent, le vol Paris-NewYork passerait a qqch comme 1500-2000 euros.
Voila qqch qui réorientera efficacement les comportements. C’est un peu violent mais je ne vois pas d’autre solution. L’idée de l’auteur, de moduler cela, ensuite, par la fréquene des vols et la durée des séjours me parait intelligente.
Le discours actuel ne peut avoir pour effet que de rendre socialement acceptable ce genre de mesure, pas de générer spontanément une sobriété en carbone (cf. le discours de Jancovici)...
Dans un livre à paraître : ’ Tourisme de masse destruction" André Girod étudie l’évolution du tourisme de 1950 à nos jours. Pionnier dans le tourisme de masse avec le Touring Club de France, il fait un bilan des cinquante dernières années du tourisme de masse et son impact sur l’environnement. extrait d’un chapitre :
"En tout premier lieu, comme un exercice de calcul à l’école primaire, il faut trouver les données du problème. Comme le CO2 est émis par les moyens de transport, l’énergie consommée, étudions de près, sur une année, ce que cela fut pour mon cas.
Je vais prendre l’année 1990, année du calendrier. Mais mes activités véritables étaient plutôt basées sur l’année scolaire puisque je travaillais avec des écoles primaires françaises et américaines.
Mes réunions me faisaient voyager dans toute la France inclus les territoires d’outre-mer : la Réunion et la Martinique. D’autre part pour convaincre les systèmes scolaires de participer aux classes franco-américaines Back to Back, je traversais l’Amérique dans tous les sens, sans oublier les allers et retours entre nos deux bureaux, l’un à Perthes en Gâtinais 77 et l’autre à Westmont, près de Chicago, Illinois.
Cette année-là, je compte 34 vols AR entre Paris et Chicago, Air France, première classe soit déjà un total de : 7058 ( kilomètres aller entre Paris et Chicago, source Air France)x2x34= 479 944 kilomètres.
A cela, il faut ajouter 3 Paris- San Francisco, 2 Paris- Miami et 5 Paris- New York pour un kilométrage de 142 330.
A travers les Etats-Unis, mes responsabilités me firent aller de la « Cuppertino School » à Sunnyvale, Californie à la « Sea Gate school », à Naples, Floride et de la « Atkinson school » à Freeport, New York à la « Portland Cathedral school », Portland, Oregon. Sans oublier l’Alaska et le Mid west et les passages obligatoires à mon bureau à Westmont, Illinois. J’évalue le nombre de miles parcourus à environ 200 000 soit 320 000 kms. Un relevé de mon propre compte de l’American Express de 1997 ( account summary) indique dans la rubrique Airline, une dépense de 740 428,49 dollars ! (Dans « Classe franco-américaine back to back, » j’ai expliqué pourquoi une telle somme !)
Cette année-là, pour ma détente et mon plaisir, je suis allé en Afrique du Sud, en Chine, en Amérique du sud et en Australie. Je rajoute une bonne louche de kilomètres : 100 000.
En comptabilisant les distances parcourus dans l’année 1990, j’arrive grosso modo au total effarant de près d’un million de kilomètres en 365 jours ! Effarant, près de trois fois la distance Terre-Lune ! Plus qu’un commandant de bord !
C’est sans doute la première fois qu’un homme d’affaires ose tenter un tel calcul et avouer une telle folie.
En utilisant les rapports et études faits par le GIEC ( Groupe intergouvernemental de l’Evolution du Climat) créé en 1988 à la demande du G7 par 2 organismes de l’ONU : Organisation météorologique mondiale ( OMM) et le programme des Nations - Unies pour l’environnement ( PNUE), je tremble d’avance d’annoncer les chiffres de mon méfait environnemental !
Un passager voyageant en classe économique sur un Paris New York émet en équivalent carbone le poids de 696 kg. Sur un San Francisco, ce sera 1 088 kg, plus d’une tonne ! Mais, souligne le GIEC, en première classe, le passager émet sur un Paris-New York, 2 456 kg !! J’en suis tout retourné d’avoir lâché dans l’atmosphère, deux tonnes et demie de CO2 pour mon Paris New York ! L’espace et le volume occupé par un siège de première expliquent la différence. C’est le carburant qui justifie ces chiffres. D’après le constructeur Airbus, le A 380 consommera pour un vol de 13 900 kms, 194 800 litres de carburant ! D’où, paraît-il, des économies sur les autres avions !
Un voyageur émet en CO2 : Sur un court courrier : 140 grammes de CO2 par km ( Même consommation qu’une voiture moyenne en ville) Sur un long courrier : 87 grammes ( Même consommation qu’une voiture moyenne sur la route). Les décollages et atterrissages coûtent cher en carburant. Sur un train : 3 kgs Sur un bateau : 0,2 Kg Mais le Concorde faisait 330 kgs ! Source : ADEME ( Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) INRETS ( Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité)
Mais le GIEC continue dans son enquête, à déclarer que le transport aérien émet deux fois plus de CO2 que les voitures particulières. Pour un vol de 6500 kms, la consommation pratique sera de 240 litres par passager, soit 0,037 litre par kilomètre/passager.
Je n’ose compter MA consommation pour l’année 1990, de peur d’être pendu en effigie par les écologistes !
En tenant compte des chiffres précédents, j’aurais consommé 0,037 litre x 1 000 000 kilomètres = 370 000 litres de carburant pour ma petite personne. Quant à mon émission de CO2 pendant l’année 1990, haro sur le baudet ! J’ai émis, si j’avais voyagé en classe économique : 120 000 kg de CO2 soit 120 tonnes et en première classe, ce qui fut plus souvent mon cas : 410 000 kg de CO2 soit 410 tonnes. Les bras m’en tombent !
Si je me compare à un paysan du Bengladesh qui ne dépassera jamais un rayon de dix kilomètres autour de sa cahute, j’aurai émis autant de CO2 que les habitants de toute cette région, environ 2 millions de personnes !
Et je n’ai pas calculé ce que j’émettais quand je conduisais une voiture en France (environ 60 000 kilomètres) et autant sur les autoroutes américaines. Et mes deux bureaux et ma maison ! Là, je suis impardonnable !"
Dans un autre chapitre provocateur du " Tourisme de masse destruction" André Girod parle d’une manière draconnienne de réduire l’émission de CO2 :
Chapitre 23
Tuer le tourisme de masse ? Oussama Ben Laden, Eyjafjallajökull : Héros des écolos ?
Faut-il assainir le tourisme de masse, le tuer pendant qu’il est encore temps et avant qu’il ne nous tue ? To kill or not to kill ? To kill or be killed ?
Réduire drastiquement le tourisme de masse à une forme de loisirs qui n’émette pas autant de CO2, serait une solution fort coûteuse et catastrophique pour beaucoup de régions sous-développées. Pourtant, toutes les fois qu’il y a un attentat dans le monde, contre une station balnéaire à Bali le 12.10.02 (187 morts), contre des trains en Espagne le 11.03.04 ( 190 morts), la diminution du tourisme est très nette. Les vacanciers hésitent et changent de direction. Et sans oublier l’attentat du Temple Hatshepsout à Louxor qui fit 62 victimes dont 36 touristes suisses, le 17 novembre 1997. Cette attaque vicieuse contre des touristes avait brusquement ralenti les voyages vers l’Egypte et les pays arabes. Mais très vite, devant l’attrait du site et l’assurance du gouvernement du pays, les hordes de visiteurs reprennent le chemin des plages ou des monuments.
La nature (le tsunami du 26 décembre 2004 : 250 000 morts) et l’homme se chargent de donner un sacré coup de frein à l’expansion de nos ambitions et nous rappellent qu’il ne faut pas grand chose pour enrayer la mécanique. Le grain de sable peut provenir des éléments naturels ou bien de la brutalité de l’homme.
Ces dix dernières années, un homme a réussi l’exploit de faire ralentir l’émission de CO2 d’une façon considérable. Il devrait être, aux yeux des écologistes, un héros, celui qui a fait mettre à genoux les transports aériens et donner un coup de matraque sur le tourisme de masse. Cet homme, ce géant de la communication qui a fait plus que toutes les notoriétés écologistes ensemble, les Hulot, Arthus Bertrand, Di Caprio, Al Gore, simples moulins à paroles, c’est Oussama Ben Laden. Par son raid contre les Twins Towers de New York en ce 11 septembre 2001, il a peut-être aidé à sauver la planète. Par ce sacrifice de trois mille personnes, il a donné un coup de semonce. Les faits sont indéniables : d’après l’IATA, il y a eu 50% de baisse dans le trafic aérien, donc 50% de baisse dans l’émission de gaz carbonique. N’est ce pas dire que par son complot, il a prolongé la vie de notre planète et fait prendre conscience à la terre entière que nous avions à changer notre mode de vie.









