Article publié le 25 janvier 2008
Jean-Marc Jancovici n’est pas spécialement réputé pour son optimisme quant à notre avenir climatique. Dans son article sur la compensation carbone, publié sur son site manicore.com,
il fait ainsi preuve avec toute sa rigueur scientifique d’un réalisme
cynique aussi redoutable que contagieux... Que penser de la
compensation carbone à la lumière de cet article ? Dans quel état
d’esprit se conforter ? Quelle attitude adopter ? faut il soutenir la
compensation carbone ?
Il faut reconnaître toute la pertinence et la justesse des arguments de Mr Jancovici, qui a contribué à la rédaction du pacte écologique de Nicolas Hulot. En premier lieu, la compensation n’a qu’un impact très limité sur la production de gaz à effet de serre globale. Cet impact est d’autant plus limité qu’il est très difficile à mesurer malgré des méthodes de suivi, d’audit et de validation des projets très détaillées et pointues. Au delà de l’efficacité réelle, l’auteur s’attache à démontrer qu’il existe des conséquences potentiellement négatives en terme de comportement. Le danger serait en effet qu’un geste symbolique - la compensation - ne serve qu’à soulager une conscience mise à mal par une écologie soudain devenue "dominante". Cet aiguillon moral retiré, les actions dont l’effet serait autrement plus efficace que la compensation ne seraient pas entreprises. Le résultat global serait au final en deçà de ce qu’il aurait été sans le substitut de conscience qu’apporte la compensation.
Alors... on rejette l’idée ? On
abandonne les projets ? Non ! Nous sommes ici face à un article
typique des enjeux de l’écologie : le genre d’article qui pourrait
amener le lecteur à considérer que la situation est sans issue et
qu’aucune des actions à sa portée (financière et morale) n’aurait
d’impact. Il ne faut pas se laisser aller au cynisme défaitiste
apparent de l’auteur. Il faut au contraire y voir une piqûre de rappel,
une volonté de garder les yeux ouverts et la stimulation d’une remise
en question nécessaire de notre quotidien. Toute action visant à
minimiser la production de gaz à effet de serre liée au quotidien de chacun est forcément bonne à prendre. Pour autant, comme nous l’écrivions ici au moment de présenter le programme Action Carbone, la compensation n’a de sens que si elle s’inscrit dans une démarche de réduction de notre empreinte écologique.
![]()
L’article néglige néanmoins de rappeler un aspect fondamental de la
compensation carbone : ce mécanisme s’intègre dans un système plus large
: le marché des quotas de pollution.
Le principe est "il y a un coût pour polluer". Et ça ! c’est une
révolution idéologique qu’il faut soutenir et amplifier. La
compensation montrera ses limites lorsque le coût de la tonne carbone
sera tel que la compensation ne permettra plus d’en minimiser l’impact
sur les budgets des entreprises voire des particuliers. On revient au
principe de... la taxe carbone dont Jancovici est un fervent promoteur. Le marché du CO2
n’est pas la reconnaissance d’un droit polluer mais d’un devoir de
payer pour polluer. Dans un monde où la valeur d’une entreprise se fait
sur l’analyse financière de son bilan... c’est une avancée non
négligeable. D’ailleurs, malgré les soucis de transparence et de
régulation, la demande dans ce domaine reste forte.
La compensation est un premier pas insuffisant et imparfait vers une
prise de conscience inévitable que "IL FAUT PAYER POUR POLLUER" ... et
là, on sait que si on touche au portefeuille, les comportements peuvent
changer. Il faut donc soutenir la compensation carbone... en toute
connaissance de cause !
Thèmes
Climat Changement climatique CO2 Carbone Sensibilisation Ethique Economie Droit à polluer Compensation Carbone
Oui et non... Oui pour commencer par faire quelque chose... Il faut bien faire le premier pas.... Mais non, parce que cette compensation là c’est du "Nimporte quoi".... 1- Parce que c’est vrai que ça nous donne bonne conscience... Et donc on continue de polluer... En somme, chacun peut aller jeter sa batterie de voiture dans la nature, tant qu’il trouve quelqu’un à qui il interdit de le faire.... !!!!! 2- Parce que ce genre de compensation est sous forme financière, donc les plus riches peuvent plus polluer puisqu’ils ont les moyens de compenser... 3- et enfin... le pire c’est qu’en général les particuliers compensent à des oeuvres d’intérêt général et donc bénéficient en France d’une réduction d’impôts sur le revenu à hauteur de 66% de ce don. Donc les riches polluent, et c’est tout le monde qui paient..... MAIS MERDE !!!!!!!! ÇA VA SE TERMINER QUAND CE BORDEL !!!! ex : Un voyage en avion Paris-NewYork (aller retour), "CO2 solidaire" vous propose de le compenser pour 62€... Mais déduction faite, ça ne coûtera au voyageur que 21,08€..... Quand je vois des billets d’avion Paris madrid à 11€ alors qu’une galette des rois coute 15€... je me dis vraiment qu’on marche sur la tête....
Sans oublier qu’une bonne partie des démonstrations de Mr Jancovici a pour but de mieux justifier le ...nucléaire. MH
Boarf, encore tout un foin de janco pour expliquer que c’est pas en cotisant à la quête qu’on aura une place au paradis (s’il existe !). 5 secondes de réflexion, un peu de bon sens et on se rend compte que c’est encore un attrape couillon.
Je rappellerai volontiers à Janco une citation de F.Herbert : "Beaucoup de choses que nous faisons tout naturellement nous deviennent difficiles dès l’instant où nous cherchons à les intellectualiser. Il arrive qu’à force d’accumuler les connaissances sur un sujet donné, nous devenions ignares."
Ce n’est pas d’agir vite dont nous avons besoin, c’est d’avoir un peu de bon sens et de partir dans la bonne direction tous ensemble. Désapprendre tout ce dont nous matraque les médias, les gouvernements, les religions, les vampires (médecine etc), ... "Mais vous comprenez mon bon monsieur, l’honnêteté ça paie pas et moi j’en veux plus que mon voisin".
pour éviter toute interprétation foireuse (par omission de précision) : "5 secondes de réflexion, un peu de bon sens et on se rend compte que cette histoire de compensation carbone c’est encore un attrape couillon."
On nous dit que les émissions de co2 produisent l’effet de serre et que c’est la cause des modifications climatiques et donc de la sécheresse et des inondations et qu’enfin de "redonc" il faut développer le nucléaire.....
"On" ne se trompe pas seulement, il ment car il est payé pour le faire.
L’effet de serre n’est pas un mal même si il devait encore augmenter car chaleur ne veut pas dire sécheresse. Les modifications climatiques sont de deux ordres. Une part vient de l’effet de serre et l’autre part vient des conséquences de l’activité humaines sur le cycle de l’eau qui produit de la sécheresse . Cette producttion de séchresse par les activités humaines directes sont le résultat des déboisemments , drainages , endiguements des cours d’eau ,imperméabilisations des sols, et surexploitation des réserves d’eau souterraine.
Cette asséchements de l’écorce terrestre détourne l’énergie solaire de son rôle de croissance végétale au profit d’un échaufement des sols qui se transmet à l’atmosphère. Ceci aggrave l’effet de serre mais ce ne serait pas grave ( à condition ...)et augmente le taux de co2 par réduction de son recyclage .
Ce qui est donc grave c’est l’action humaine qui asséche les sous-sols car l’augmentation ici et là de "bulles de sécheresse terre/air" oblige le cycle de l’eau à restreindre son espace de circulation est donc d’accèlerer ses vitesses.
Dans les batailles des énergies du futur on observe les gros lobbies et les nouvelles énergies propres et renouvelables ...
Helas l’eau n’y a pas sa vraie place. L’énergie hydraulique est monopolisée pas les grosses compagnies qui ne jurent que par les gros barrages dejà bien repérés sur les cartes. Toute autre production hydraulique d’énergie leur parait marginale et minime.
On assiste donc à une cource au développement d’énergie pour en autre permettre de pomper dans les nappes phréatiques de plus en plus profondément en se gargant bien de mettre sur la table que cela mofifie le climat dans ce que ces modifications ont de pire.
Il est urgent de ne pas tricher et tourner autour du pot en faisant le jeu partisan des financiers .
La planète est-elle en danger ou pas ? Les pôles fondent-ils ou pas ? Les déserts gagnent-ils du terrain ou pas ?
Il existe une solution pour développer la vie sur terre , c’est de l’arroser .... gratuitement avec les bras des chomeurs qu’une socièté de nantis recrache sans cesse.
BRAVO, bien écrit et très sensibilisant votre article. Nous en arrivons à "LA DOSE" la plus exacte possible de souffrance que l’Homme doit s’affliger pour ALORS ET ALORS SEULEMENT , QU’IL OSE penser à modifier son niveau de conscience ; car Dieu n’est pour rien dans tout cela et il est laissé de coté et l’Homme use de sa Liberté . "Du chacun pour soi" et "Pour moi d’abord et si possible RIEN QUE POUR MOI " que nous avons pratiqué ou pratiquons même encore il serait Bien que nous en arrivions à la notion "que nous pissons tous dans le même bocal" ! et DONC que : " " l’on doit faire à l’autre ce qu’on aimerait que l’autre nous fasse" ". Merci d’avoir autant de talent .
Par contre, pour le nucléaire dont parle Monsieur Hangue, il est bon de savoir que lors de la construction de la centrale de Gravelines dans le nord ,il a été dit que sans découverte , la dépollution des sites radioactifs se ferait sur 70.000 ou bien 700.000 ans, je ne sais plus le nombre de zéro ET rien que pour empêcher les enfants d’aller y jouer pendant tout ce temps par exemple... ??? Alors, sait-on dépolluer le sous-sol actuellement ? et les fers des bétons armés ? Il faut savoir que les architectes font changer la terre avant tout début de construction de maison quand l’emplacement a été bombardé pendant la guerre ...l’un m’a dit que le sol réagissait comme si le choc était toujours là et que c’était le prix à payer pour avoir de bons murs bien solides.Quel sera le prix à payer pour le sol radioactif ?
Plus d’info sur la compensation Carbone sur : BILAN CARBONE Personnel
PS : le sujet n’a rien à voir avec le nucléaire.
Et attention de ne pas nous tromper d’urgences en passant encore du temps à se battre sur les moyens de production quand le problème global reste et persiste la consommation (dans un diagnostic énergétique on commence toujours à chercher à réduire le besoin avant d’effectuer une étude de faisabilité sur les moyens d’approvisionnement).
Le gouvernement français voulait faire considérer le nucléaire comme énergie renouvelable. Pour faire passer la pillule, la France demandait à ce que l’Union Européenne ne parle pas d’énergie renouvelables mais d’énegies "peu carbonées" et le tour était joué.
Dans tout ces débats, nucléaire, agrocarburants, il s’agit de trouver des moyens de substitutions au pétrole pour maintenir le niveau actuel de gaspillage. Il n’y a jamais une analyse globale de la consommation, comme on l’a encore vu il y a quelques jours avec le "paquet énergie" de la Commission européenne.
La seule voie souhaitable est celle de la réduction de notre consommation d’énergie, d’une meilleure efficacité énergétique pour permettre un accès équitable à l’énergie pour le Sud aussi ...
Mais non, c’est la fuite en avant avec la dissémination de l’atome, des centaines de millions d’hectares confisqués pour les agrocarburants, des projets bidons de séquestration du carbone, un marché du carbone pour faire de l’argent...
MH
Sur son site dès 2002, comme l’attestent les archives internet, Jancovici faisait l’apologie des permis carbone, en disant que ce genre de "droit à polluer" existe déjà pour les eaux usées, les ordures, et plus généralement "toute norme est un droit à polluer jusqu’à la norme". Il affirmait même, sans rire, au sujet des permis carbone, que "Il n’y a rien d’immoral là-dedans : c’est un simple moyen, utile, de lisser les disparités. Mettre en place un système de permis ne signifie pas que l’effort collectif de réduction est limité". Moyen "utile" qu’il disait !
Et maintenant qu’il voit le protocole de Kyoto tourner en eau de boudin, chose que les critiques de la FARCE* avaient prévue il y a plus de 10 ans avec la pétition d’Oregon rassemblant plus de 16.000 docteurs en science pour dénoncer Kyoto (la tonne de carbone vaut 2 cents à la bourse maintenant, 30 € il y a un an), Janco El Magnifico nous fait un cours magistral de retournement de veste.
Comme quoi, tout espoir n’est pas perdu. Attendons le jour où notre Janco national, dans sa rhétorique habituelle et "avec toute sa rigueur scientifique", va nous démontrer que finalement, les modèles, dont personne n’a pensé à vérifier la prédictibilité, ne disent que des c.nneries ce qui explique pourquoi tout compte fait, la civilisation ne s’est pas effondrée comme prévu alors que tout le monde a continué de se vautrer dans le péché, de consommer et d’émettre du CO2 comme des porcs.
*Fraternité des Alarmistes du Réchauffement Climatique Exagéré.
Bonsoir,
vous faites l’amalgame de pas mal de choses. Juger les permis d’émissions comme une bonne chose, à une époque en plus où ils n’étaient pas légion, et critiquer un protocole qui est un bon début, car il a le mérite de chercher à inverser la tendance, mais pas vraiment calibré pour régler les problèmes qui nous guettent, n’a rien antinomique.
Kyoto dispose parmi ces outils d’un marché de permis d’émissions (ETS), il n’empêche qu’il n’est pas assez ambitieux. Voilà tout.
Je doute de l’intérêt de payer pour compenser individuellement notre CO2 mais je suis convaincu pour des raisons écologiques de la nécessité d’imposer des normes aux entreprises polluantes. Vous présentez J.M. Jancovici comme un scientifique sans aller plus loin et c’est je crois une erreur. Monsieur Jancovici s’est indiscutablement passionné pour les questions climatiques ; ensuite pour lutter contre le réchauffement climatique, il a crée une société de conseil et d’aide aux entreprises afin qu’elles limitent leurs émissions de CO2. Il est également l’auteur 3 ouvrages dont 1 publié avec le célèbre climatologue Hervé Le Treut du GIEC et de l’académie des sciences. Il est très souvent interrogé par la presse car c’est quelqu’un de brillant et il anime de nombreuses conférences et débats sur des sujets liés au climat mais vous ne trouverez pas son nom dans des revues comme ‘science’ ou ‘nature’ car J.M. Jancovici manque d’expérience en comparaison d’un H. Le Treut ou d’un Marcel Leroux auteur d’une centaine de publications ou d’ouvrage sur le climat (ce dernier n’est jamais interviewé en France car il n’appartient pas au courant de pensée classique, pourtant la climatologie est une science récente et nos spécialistes sont peu nombreux)
Ensuite vous oubliez de souligner que J.M. Jancovici défend l’énergie nucléaire (voir sur son site manicore.com).
La compensation carbone est un principe excellent. Son application n’ai absolument parfaite. Certains innovent en proposant des services plus écologiques, plus transparent : www.creditcarbone.com
Apprenons aux pays pauvres à se passer de ce que nous voulons garder ! Un début volontairement provocateur : c’est juste le sentiment que je retire à la consultation des sites de compensation carbone. Sur l’un d’eux, une carte affiche les différents projets : aucun dans les pays dits développés ! Donc, on apprend à telle tribu à utiliser moins de bois pour leur cuisine pour que nous puissions continuer de voyager en avion (ou de faire de jolis reportages sur la destruction de planète... filmés depuis un hélicoptère !) Et puis, mettre l’avenir de la planète dans la logique de marché entraine des dérives, comme de faire des bénéfices sur l’exploitation d’une forêt primaire et de son sol, puis de doubler la mise en recevant des fonds pour replanter... Non, ce n’est pas moi qui l’invente, d’autres l’ont déjà fait et appliqué... Si l’on veux que notre société soit durable, je pense qu’il faudra passer à la fois par le politique - un renforcement de la démocratie, c’est-à-dire du pouvoir des individus sur les états et multinationales, ainsi que d’apprendre à vivre en consommant moins, en relocalisant... Et ce n’est pas un retour au moyen-âge (qui n’était pas démocrate !) : pour que l’empreinte écologique d’un français soit durable, il suffit de revenir à celle de 1960... On nomme cette idée simplicité volontaire, sobriété heureuse, ou décroissance... Suivant que l’on aime les mots doux ou plus.... provoquants ? En tout cas, merci à toi qui m’a lu jusqu’ici !










