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Séquestration du CO2 : et la Géoingénieurie ?

Article publié le 17 février 2009

Séquestration du CO2 : et la Géoingénieurie ?

Les recherches sur la séquestration du CO2 n’avancent pas beaucoup. Il est vrai que c’est un sujet difficile car d’une part on ne peut capturer le CO2 qu’aux endroits où il est émis en grande quantité, cheminée de four ou d’usine, mais pas lors des émissions diffuses comme celles qui sortent des pots d’échappements de nos automobiles. Les possibilités de capture de ce gaz sont donc très limitées en pourcentage par rapport à la totalité du CO2 émis dans le monde.

Celle de séquestrer ce CO2, une fois capturé, dans un réservoir donné, généralement souterrain, est également limité car les sites adaptés pour ce faire sont limités en nombre et de capacité faible par rapport à tout le CO2 que nous produisons. Les gisements pétroliers ou gaziers dont on a extrait le pétrole brut ou le gaz sont des réservoirs intéressants mais il ne sont pas facilement accessible pour la plupart d’entre eux (grande profondeur, gisements off shore) et ne sont pas non plus nécessairement étanches.Ce sera dans tous les cas une opération couteuse, de l’ordre d’une soixantaine de Dollars pour séquestrer un baril de CO2. Autant dire que même au niveau auquel est rendu actuellement le baril, de l’ordre de 35/40 dollars, ce surcout considérable rend la séquestration peu attractive. Sans compter les effets secondaires toujours possibles (fuites et acidification des océans).En tout état de cause, cela restera une possibilité limitée en quantité de retirer ce CO2 de notre atmosphère.

D’autres recherches ont donc lieu pour étudier et développer d’autres méthodes basées sur des principes totalement différents de celui qui consiste en sa capture physique au sortir des cheminées et sa séquestration en réservoir. Certaines idées ressortent de la technique dite Géoingénieurie qui vise à traiter le problème globalement pour la planète entière.Une technique dans laquelle les scientifiques jouent un peu à l’apprenti sorcier car nul ne connait les effets secondaires qu’elle peut engendrer.

La dernière en date est basée sur la constatation faite dans l’Océan Austral que dans certaines zones de l’océan (Iles Kerguelen,Crozet ou Georgie du Sud), on assiste à une floraison surprenante d’algues microscopiques reconnaissable même par satellite. Il a été découvert que cette floraison se produisait dans certaines zones dont les eaux étaient riches en fer et en sens inverse ne se produisaient pas dans les zones pauvres en fer. Or la production de ces microalgues en quantité importante permettrait sans effort de capturer des quantités considérables de CO2. On parle de 1 milliards de tonnes de CO2 par an, des quantités sans commune mesure avec celles piègeable avec nos techniques classiques, et des couts de piègeage quasiment nuls.

D’où l’idée d’ensemencer l’Océan avec des particules de fer. C’est l’Institut de recherche allemand Alfred Wegener qui essaye de développer cette technique en mettant en œuvre une expérience en vrai grandeur dans l’Atlantique Sud, proche des côtes argentines.Il s’agit d’ensemencer 300km2 d’océan avec du sulfate de fer sous forme de nanoparticules et de constater in vivo ce que cela donne. Làs, le bateau chargé de l’ensemencement, le Polarstern, était à peine arrivé sur place que le ministère de l’Industrie allemand, sous pression de son collège de l’Environnement, lui même sous pression des ONG écologiques, lui interdisait un tel déversement. Pour une expédition qui se préparait depuis un an, il était peut être un peu tard pour l’interrompre ! Mais c’est ainsi, les politiques ignorent ce genre de contingences. Il fallut donc attendre en faisant des ronds dans l’eau qu’une instance supérieure vienne trancher le débat. On découvrit finalement que la dite expédition en contrevenait pas aux règles de l’ONU et donc un OK final fut donné. A suivre maintenant pour en connaitre les résultats.

D’autres chercheurs en laboratoire nous disent que le cycle du fer est plus compliqué que la constatation basique qui en a été faite et que d’autres facteurs interviennent dans le processus comme la lumière ou la variété de phytoplancton.Et que donc cette expérience était inutile. Est-ce un accès de complexe NIH (Not Invented Here/c’est pas moi qui l’ai inventé) ,une jalousie entre chercheurs ou du dogmatisme anti géoingénierie, je ne sais. Je ne vois pas pourquoi cela interdirait néanmoins de tenter l’expérience.

Il existe d’autres suggestions de pratique de Géoingénieurie suggères par les uns ou les autres. Ainsi le Prix Nobel de Chimie, le néerlandais Paul Crutzen, suggère, lui, de répandre du sulfate de fer dans la stratosphère qui agirait comme réflecteur des rayons du soleil. Autre possibilité, couvrir nos déserts de panneaux photovoltaïques qui absorberaient l’énergie solaire en la transformant en plus en électricité. Les idées ne manquent pas mais le principe de précaution veille à les étouffer dans l’œuf !

A suivre donc.

 

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CO2 : Apprentis sorciers
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Sciences CO2 Technologies

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commentaires
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par Linario (IP:xxx.xx2.13.162) le 17 février 2009 à 15H53

Il me semble qu’il existe un système hyper efficace et très peu coûteux, bien que non inventé par des scientifiques, pour stocker du CO2 : les arbres. Ils poussent tous seuls, ils donnent de l’ombre, des fruits, protègent de l’érosion et abritent la vie animale...

Evidemment, il faudrait peut-être également éviter que les usines et les voitures ne rejettent de CO2 en quantité astronomique. Concernant les usines, comme elles produisent surtout des trucs inutiles, on devrait pouvoir s’en passer. Pour ce qui est des voitures, de toute façon il n’y aura bientôt plus de pétrole...

De toute façon c’est des conneries. Les gouvernements feraient mieux de trouver des solutions pour adapter notre mode de vie à la réalité naturelle plutôt de chercher des moyens loufoques.

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par Pierrot (IP:xxx.xx1.23.48) le 17 février 2009 à 16H38

Il existe plusieurs expérimentations de captage du CO2 en Norvège notemment.

Le problème n’est pas simple car les usines fonctionnant avec du charbon, fuel ou gaz naturel émettent des méalanges de gaz, dont l’air. Il faut donc réaliser les étapes suivantes :

- capter les fumées et les enrichir en CO2 (par exemple membranes semi perméables en nafion ou autres matéiaux,

- comprimer le gaz,

- transporter le gaz CO2 comprimé,

- trouver un lieu de stockage satisfaisant (anciens puits de pétrole, gaz, mines de charbon etc...

Le coût sera vraisemblablement bien plus élevé que celui de la bourse du CO2 (25 euros /T).

Cependant ces études méritent d’être poursuivies.

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par Horace Ethiconide (IP:xxx.xx7.186.189) le 17 février 2009 à 20H44

Quand on parle de "Géo-ingénierie", ça se passe bien sur Terre, pas dans l’espace, la stratosphère ou les océans, on est bien d’accord ?

Pour votre gouverne, je vous informe de l’existence d’un réel projet de réelle géo-ingénierie, saharienne et pragmatique, en cours de développement depuis les années 1880, et qui est actuellement en cours de publication pour ses deux nouveaux développements :

http://web.me.com/savegaia/flowersw...

http://web.me.com/savegaia/flowersw...

http://myspace.com/horace67

Bonjour chez Vous ! :-)

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par stephanemot (IP:xxx.xx7.29.4) le 18 février 2009 à 03H33

Séquestration du CO2 : et si les autorites n’obtemperent pas, je libere une tonne toutes les heures ?

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par lio (IP:xxx.xx7.150.155) le 23 février 2009 à 12H59

Vous dites on ne peut pas séquestrer le co2 dans l’ocean car cela engendrerait une acidification préjudiciable OK mais d’aprés vous quel serait l’effet d’une fertilisation artificielle si ce n’est une sequestration supplementaire de co2 ??Vous etes vous bien renseigné avant d’ecrire ce genre d’article ?

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par Pierrot (IP:xxx.xx1.23.48) le 3 octobre 2009 à 10H52

A Lio, Ce n’est pas la même chose d’absorber le CO2 dans les océans pour former des sucres et des carbonates (d’où acidification des océans) et la technique de développer la faune de microorganismes (phénomène quasi identique à l’absorbtion du CO2 par les plantes, arbres ... terrestres.

Bonne journée.

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