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Se polluer soi-même ?

Article publié le 27 mars 2008

Il y a quelques jours, plusieurs dizaines de salariés des Ardennes menaçés de perdre leur emploi se disaient prêts à déverser dans la Meuse, “[…] après les 500 litres d’acide chlorhydrique, nous avons préparé 500 l d’eau oxygénée, c’est 50 fois plus violent”, s’ils n’étaient pas entendus par les autorités locales.

Cadre de cette affaire, la société ardennaise Lenoir-et-Mernier et ses 130 emplois. Celle-ci fabr`quäEnotamment des boulons pour l’industrie, d’où la présence d’importants stocks d’acide sur le site de production à des fin de décapage. Cette société avait été mise en liquidation judiciaire le 7 février. S’en était suivi le dépôt d’une plainte des salariés à l’encontre de l’ancien PDG (abus de biens sociaux, détournement d’actifs, présentation de faux bilan, vol et banqueroute). Or les deux dossiers de reprise partielle ne proposaient que de conserver 10 ou 40 des emplois existants. La menace de déversement intervennaitt donc après cinq semaines d’actions et tentatives de discussions infructueuses avec les politiques locaux. Il est possible de consulter le blog des salariés à cette adresse.

Signalons également que ce cas ne sort pas de nul part comme le confirme cet article. Ainsi, En 2000, un autre village des Ardennes, Givet, a été le théâtre d’une action du même genre. Les ouvriers de l’entreprise Cellatex avaient déversé 5000 litres de sulfure de carbone symboliquement coloré en rouge dans un petit affluent de la Meuse. Du côté des défenseurs de l’environnement, on se refuse à condamner formellement. En 2000, les Verts avaient ainsi publié un communiqué de presse pour soutenir les salariés de Cellatex.” Source

Question immédiate, est-il possible de se faire entendre sur de telles bases ? N’est-ce pas là ouvrir une jurisprudence des plus dangereuses ? Mais en se plaçant au-delà de cette interrogation tant liminaire que nécessaire, ne serait-ce pas là également l’occasion - ou le symptôme
-  qui nous permettrait d’évaluer certains des méfaits nés d’une certaine forme d’environnementalo-écologisme médiatique ? De celle qui faisant la part belle à l’image argumentée de nature, chosifie cette dernière de sorte à en faire l’objet otage possible de tous et par tous. Suicide et désespoir ? Est-ce réellement se polluer soi-même ou alors polluer les idéaux des autres ? Une nouvelle version de l’après moi le déluge ?

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Cette information semble bien être un symptôme intéressant à plusieurs niveaux. Tout d’abord de l’environnement comme machinerie abstraite, nature virtualisée rendue pilotable et valorisable du dehors par morceaux et séquences.

Secondo, de la question de la place de l’homme dans la nature en tant que préalable à l’action, question qui n’est pour ainsi dire absolument plus réactualisée. Du fait de l’urgence me dit-on ! Aide humanitaire d’urgence, aide planétaire d’urgence… visiblement tout s’accélère de nos jour, plus le temps de penser et donc de développer. Et dire que tout cela est certainement de la faute à Descartes… 

En conséquence, il ne faut pas s’étonner que dans l’urgence certains en viennent à ce type de solution d’urgence. Par ailleurs, il ne faut pas s’étonner non plus que l’environnement, constituant par bien des points la nature en tant qu’objet découpable et valorisable, et bien que celle-ci puisse devenir objet otage pour et par tous. Pour toutes ces raisons il me semble que ce type de menace sera amené à s’amplifier dans le temps. Tout comme la constitution d’un musée appelle le voleur, à la constituons d’une armée de soldat béats répondra des foyers de guérillas.

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Produire des soldats

Le cas Lenoir-et-Mernier révèle sans doute du fait qu’on ne mobiles pas sans danger des armée entières de bisounours amnésiques pour sauver la terre. Tout du moins sans que certains hommes ne finissent par se révolter de la sorte. Révolte contre les effets du capitalisme mondialisé, révolte contre une certaine écologie enfantée d’un outil de recyclage des déchets de ce même capitalisme pour que tout continue.

Voir, écouter ”Non non rien n’a changé, tout va continuer“, publicité révolutionnaire du poulet de Loué.

De la crise de la modernité émerge sans doute la productions d’avatars archaïques, masques temporaires de nouvelles formes de pensées encore seulement pressenties cherchant encore leur forme comme leur objet d’étude. L’écologie ne serait-elle pas un retour actualisé de la question du sacré aux temps présents ? C’est à dire des rapports que nous sommes capables d’établir avec les forces et puissances supérieures que nous rencontrons dans la nature (climat, eau globale..) et la manière dont nous composons, nous concilions avec au sens de Spinoza. Le risque que nous constatons est que tout cela tourne très vite au religieux, au dogme, au dur. Espérons juste que l’écologie ne se retourne pas trop vite contre elle-même en finissant par s’indentifier avec certains de ses masques de nouveau né. Pour cela, il serait sans doute utile d’interroger le rôle des image, notre capacité à composer avec dans le monde occidental. A l’heure de l’individualisme, former des armées entières requière de mobiliser de puissants ressentiments. 

Puissants mais pas nouveaux. La vieille idée de rachat des fils, l’image du déluge à toutes les sauces, l’illusion de la clareté de l’histoire. Des cases claires et transparentes, galleries théatrales où s’agiteraient des premiers rôles tous préamptés par les images ex-nihilo des Descartes, des Platon… Un rapport à l’histoire proche de ce que remarquait François Furet à propos de la perception des français de leur révolution : “évènement faussement considéré comme clair par tous nos contemporains”. D’où l’option suivante : “je crois que la vie scientifique commence par l’étrangeté”. Voilà ici dénoncé en quelques mots les dangers de la familiarité, l’impérieuse nécessité que nous avons d’ajouter de l’obscurité, de mettre du complexe dans nos réprésentations et symboles.

De l’aide au développement sur fond de décolonisation, à l’environnement sur fond de crise téléonomico-sociale, produire les bons soldats béats requière toujours peu ou prou les mêmes étapes de non interrogation et d’oubli du temps de la construction de nos symboles. Toute archéologie ou tentative de généalogie mises la poubelle, s’il y a bien recyclage aujourd’hui, c’est aussi bien de l’histoire que des idées, comme des sacs poubelles.

La recette de cuisine du bon soldat pourrait donc terriblement grossièrement ressembler à ça :

Celui-ci se doit avant tout d’ignorer comme de critiquer les anciens avant même d’avoir évalué l’impact de ses propres actions. Bien evidemment, n’ayant comme seul outil de travail des notions confuses toute peu ou prou situées entre la nature et l’environnement , il ne pourra faire autrement que de reprendre l’ensemble de l’outillage des pères. Pour rendre tout cela acceptable, celui-ci se répétera que la finalité de ses action est bien différente, qu’il a des intentions tant nouvelles que meilleures. Que sa roue est moins carrée. Tout cela est effectivement possible comme il connaît bien peu à l’histoire, encore moins à l’archéologie des savoirs qu’il manipule. Ni programme de fond, ni nouveauté en germe dans un sac à dos léger à haute mobilité. Circulez, circulez, les énergies comme les voitures, tout ça fluidifier. Je ne veux plus de grumeaux dans ma soupe comme de tâche sur mon tee-shirt.

Enfin, voilà qui est heureux et bien connu, le bon soldat n’existe pas ! Le bon soldat travaille toujours dans l’urgence d’une guerre qu’il participe activement à s’inventer. Ses armes sont aiguisées dans des univers flous sans objet clairement défini. Manipulées dans l’urgence celles-ci le conduisent directement à la défaite. S’il le sait, il ne l’avouera pas pour autant. Malheureusement c’est bien grâce à l’urgence de la guerre à venir qu’il fait entendre son business… La boucle de la matière est bouclée, il et nous sommes tous déjà cuits de sorte qu’il n’y a plus lieu de proposer une quelconque recette, ni d’imaginer un quelconque soldat.

Petite histoire de l’écologie (petite)

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commentaires
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par Atlantis (IP:xxx.xx4.175.14) le 27 mars 2008 à 14H15

Faut arrêter la fumette, les discours réthoriques et autres figures de style hors sujet. Et voir les choses en face : ceci est une prise d’otage, face à une justice qui répond aux abonnés absents et un pouvoir exécutif qui soutien l’immoral. Comme la vente d’arme est interdite, que les suicides passent totalement inaperçus (c’est pas ça qui fait pression sur les juges et les préfets), que l’action médiatique est étouffée, etc... ben ils tentent ce qu’ils peuvent.

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par Gonzague de Montmagner (IP:xxx.xx3.60.14) le 27 mars 2008 à 15H32

1) Dans la forme. Cet article est un brouillon dont j’ai demandé la modification. De l’orthographe à la grammaire la plus élémentaire, proprement illisible.

2) Dans le fond. Pour ce qui est du périmètre d’un sujet, merci de me laisser au moins la liberté des mesures. Il y a déjà assez de clarté univoque par ailleurs pour aller tranquillement se faire "voir la vérité en face"... sans pour autant rabattre la gueule de l’autre dans l’herbe.

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par yunhe (IP:xxx.xx7.72.69) le 10 novembre 2009 à 09H19

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