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Revue de science : une ombrelle pour la planète Terre ?

Article publié le 2 mars 2009

Revue de science : une ombrelle pour la planète Terre ?

Un nuage de parasols spatiaux ferait de l’ombre à la Terre et réduirait le réchauffement climatique. Une solution futuriste ?

La géo-ingénierie, en d’autres termes l’étude de solutions techniques pour « climatiser » la Terre, n’est pas un domaine nouveau. Dès 1965, un comité d’experts de l’environnement avertit le président des États-Unis que les émissions de dioxyde de carbone entraînent des « modifications significatives du climat » qui « pourraient avoir des effets délétères ». Ces experts ne suggèrent pas de réduire les émissions, mais de « répandre de minuscules particules réfléchissantes » au-dessus de quelques millions de kilomètres carrés d’océan, afin de renvoyer dans l’espace un pour cent supplémentaire de lumière solaire. Pour farfelue qu’elle paraisse, l’idée reste d’actualité puisqu’en 1997, le physicien américain Edward Teller (le père de la bombe à hydrogène) propose d’imiter les grandes éruptions volcaniques en injectant de fines particules dans la haute atmosphère, car la présence en altitude de ces aérosols refroidit la Terre. Nous examinerons ici une nouvelle variante de cette ancienne proposition, ainsi que deux autres projets, très futuristes, mais qui illustrent la créativité des géo-ingénieurs et le potentiel de leur discipline.

On avait parlé dès Juillet 2006 des projets de manipulation du climat qui semblaient un peu fous alors mais de plus en plus inévitables aujourd’hui ! Il est certain qu’on ne restera pas à se laisser griller sans rien faire, quand à savoir si ça marchera... Ainsi, l’effet d’un voile sur le soleil n’est pas équivalent à un effet de serre moindre, surtout au niveau des pôles la nuit, modifiant le bilan radiatif. Or la préservation des glaces polaires est un enjeu primordial. Ce sont malgré tout des phénomènes relativement courants avec les éruptions volcaniques dégageant de grandes quantités de soufre.

Soulignons que ces masses sont petites quand on les compare à la quantité de dioxyde de soufre que l’on a déjà introduites dans la basse atmosphère. Sur le plan des coûts, P. Crutzen les estime entre 25 et 50 milliards de dollars par an, ce qui reviendrait à moins de 50$ par citoyen des pays développés.

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On avait aussi parlé, au mois d’octobre 2008, du brumisateur de Stephen Salter qui semble d’autant plus intéressant que "tout changement climatique est local".

S. Salter et J. Latham estiment que 1500 bateaux pulvérisant chacun 30 litres par seconde (pour un coût de 2 millions de dollars par bateau, soit 3 milliards de dollar au total) pourraient compenser le réchauffement global résultant d’un doublement du CO2.

Une autre approche vise à rendre l’eau de mer moins acide mais le plus curieux ici, c’est le projet très science-fiction d’envoyer des petits miroirs-robots autonomes au point d’équilibre entre la Terre et la Lune. Le plus fou dans l’affaire, c’est qu’on espère obtenir que différentes ondes s’annulent en retardant certains rayons par rapport à d’autres !

Pour obtenir un effet notable, il faudrait en placer des milliers de milliards à l’aide d’un canon magnétique en partie enterré et mesurant 2km de long. Il faudrait une trentaine d’années, au rythme d’un "paquet" d’un million de disques par minute environ.

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Très efficaces, des moteurs à propulsion ionique emporteraient chaque lot de disques jusqu’au point de Lagrange, et ils seraient distribués à la volée, comme des cartes à jouer, pour former un nuage de 100 000 km de long, pointant vers le Soleil. Des satellites "bergers" patrouillant à proximité du nuage seraient équipés d’un système de localisation par GPS, et chaque disque serait reconduit vers le troupeau au moyen de minuscules miroirs faisant office de voile solaire s’ils tentaient de s’échapper. Les photons traverseraient les disques de nitrure de silicium, mais ceux passant par les trous auraient une petite longueur d’avance. Ainsi les photons passant par les trous et ceux traversant le matériau transparent interfèreraient destructivement !

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source : Pour la Science n 377, Le grand défi des nombres premiers

Thèmes

Sciences CO2

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commentaires
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par pissefroid (IP:xxx.xx1.184.219) le 2 mars 2009 à 14H02

J’espère que l’ombrelle sera repliable si il apparaissait que l’on se trompe et que le réchauffement global ne soit pas au rendez-vous. A moins que l’on imagine de la faire tourner à l’opposé de manière à ce qu’elle réchauffe la terre. (par réflexion si l’ombrelle est de l’autre coté de la terre par rapport du soleil).

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par Jip (IP:xxx.xx9.140.236) le 2 mars 2009 à 15H38

Tout ca pour pouvoir continuer à consommer sans vergogne ?! :-O Et qui l’ombrelle ombrera-t-elle ?! :-(

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par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 4 mars 2009 à 11H37

Je suppose qu’en voiture vous n’attachez pas votre ceinture de sécurité car cela pourrait vous inciter à rouler sans vergogne ?

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par sobriquet (IP:xxx.xx2.55.48) le 2 mars 2009 à 18H29

Voilà ce qui s’appelle ne pas avoir les pieds sur terre :-))

Qui peut imaginer que réduire de 1% l’exposition de la Terre au Soleil puisse compenser parfaitement un réchauffement climatique qui ne soit pas d’origine solaire ? A titre d’exemple, le spectre des rayonnements à la surface du sol sera altéré, altérant en conséquence les processus de captation de l’énergie par la biosphère, et ainsi l’équilibre actuel des écosystèmes.

J’imagine aussi que les chercheurs qui travaillent là dessus n’ont pas oublié de mettre dans les hypothèses de travail "Disposer d’un gouvernement mondial qui donne une légitimité à ce projet, ou qui soit suffisamment autoritaire pour faire taire les contestataires"...

Et il y en a qui prétendent que les technologies sont idéologiquement neutres...

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par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 4 mars 2009 à 11H33

Ce genre d’étude est fait dans la perspective ou une catastrophe écologique majeure ne pourrait être évitée par aucun autre moyen. Inutile de lui chercher d’autre vertus, et surtout pas de retourner à un hypothétique état naturel. Comme le dit Jean Zin, on ne se laissera pas griller sans rien faire.

Dans cette perspective et comme d’habitude, ne rien tenter comporte autant de risque que la nouveauté. Seule l’aversion au risque nous fait croire que ne rien faire est une position prudente ou précautionneuse.

On peut imaginer que si une telle solution était adoptée, elle le serait au niveau des instances supra nationales. On voit mal comment un seul état pourrait prendre une telle initiative contre l’opinion majoritaire. (par contre il faudrait envisager le cas ou un état gouverné par des écologistes intransigeants s’opposerait à toute opération chirurgicale sur le corps de la déesse Gaia...)

Taper sur les scientifiques irresponsables, les expérimentateurs fous etc. est une position à la mode. Mais il n’est pas certains que l’on puisse faire face à la crise qui se profile sans examiner toutes les possibilités offertes par la science. J’en profite pour citer la déclaration d’hedeilberg : « Les plus grands maux qui menacent notre planète sont l’ignorance et l’oppression et non pas la science, la technologie et l’industrie dont les instruments, dans la mesure où ils sont gérés de façon adéquate, sont des outils indispensables qui permettront à l’humanité de venir à bout, par elle-même et pour elle-même, de fléaux tels que la faim et les surpopulations »

Enfin une idéologie est entre autre un système d’idées préconçues qui permet de se faire une idée sur tout sans avoir à réfléchir

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par lio (IP:xxx.xx6.226.117) le 5 mars 2009 à 18H40

puisqu’on est dans les citations en voici une pour ceux qui pensent que la terre appartient a l’homme."Science sans conscience n’est que ruine de l’âme".Homo titanicus devrait y réfléchir plus souvent.

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