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Récession = Réduction des émissions de CO2

Article publié le 7 novembre 2008

Voila des années que le monde entier cherche des solutions pour réduire nos émissions de CO2 et ainsi lutter contre le réchauffement climatique, si du moins celui ci lui est bien relié. Tout ceci s’est traduit par le protocole de Kyoto bien connu par lequel les pays industrialisés se sont engagés à des réductions drastiques de leurs émissions pour les années à venir. Sans savoir d’ailleurs quel serait l’impact de ces engagements quasi idéologiques sur le développement économique et sur l’emploi.

En France, le processus de maturation vient de s’achever par le Grenelle de l’environnement et sa traduction récente dans la loi française.

Canalblog0119Et puis patatras, la récession arrive brutalement, curieusement en même temps que la loi entérine les engagements du Grenelle. Or, des récessions, le monde en a connus plusieurs dans les dernières décennies. Celle de la crise de 1929 déjà, celle de la seconde guerre mondiale et plus prés de nous celle des deux chocs pétroliers de 1973 et de 1979. Et comme le montre le graphique ci contre, chacune de ces périodes de récession s’est accompagnée... d’une diminution des émissions mondiales de CO2.

La crise financière que nous vivons se traduit déjà par une récession brutale et par des changements de comportements, moins énergivores, des être humains que nous aurions eu beaucoup de peine à obtenir par de seules incitations. Les matières premières voient leurs cours s’écrouler, traduisant ainsi la diminution des besoins et des émissions, et même les consommations de carburants diminuent.

C’est dire que niveau d’activité économique, émissions de CO2 et réchauffement climatique sont intimement liés, ce que j’ai toujours prétendu dans ces colonnes. Cela relativise également l’impact du Grenelle et pose la question des conséquences du Grenelle sur l’activité économique du pays, une question qu’il ne me semble pas avoir été prise en considération à quel que moment que ce soit du processus grenellien.

Car, l’application des engagements du protocole de Kyoto et des recommandations du Grenelle risque de se traduire par une récession au moins semblable à celle de la crise financière que nous vivons. Tout au moins dans les pays qui ont signé ce protocole et son successeur.Or la récession actuelle se traduit chez les français par la peur du lendemain, celle de la perte de son emploi et du chômage, le repliement sur soit-même ou la descente dans la rue.

Même s’il est bien tard pour s’en apercevoir, il serait néanmoins utile que l’on évalue vraiment l’impact des efforts environnementaux que l’on nous demande sur notre niveau de vie dans la durée, pour que nous puissions savoir si ces efforts sont susceptible d’être humainement acceptables pour les populations. Il est facile de promettre que l’économie verte est la voie du développement économique, beaucoup moins de le prouver. En sens inverse du titre de cet article, il faudrait nous démontrer clairement que Réduction des émission de CO2 n’égale pas Récession et que même si récession légère il y a, elle sera acceptable pour les populations.

Sinon le risque est que les populations rejettent des efforts environnementaux qu’elles jugeront trop pénalisants pour l’activité économique, l’emploi et la vie de tous les jours...  

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commentaires
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par Ragowoh (IP:xxx.xx1.35.66) le 7 novembre 2008 à 12H16

Bonjour çaDérange, désolé de le dire crûment mais il me semble que cet article est bâti sur une erreur de logique : Si récession implique réduction des émissions de CO2, absolument rien ne prouve que réduction des émissions de C02 implique récession !

Et, si c’est ce que vous sous-entendiez dans l’article, récession n’est pas équivalent à décroissance ! Pour bien comprendre la distinction, je vous invite à lire l’excellent article de Paul Ariès "Leur récession n’est pas notre décroissance", dans La Décroissance du mois d’octobre.

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par Guilhem (IP:xxx.xx1.252.190) le 7 novembre 2008 à 14H01

Par ailleurs, s’il nous faut faire des "efforts environnementaux", c’est justement parce que c’est l’absence d’effort aujourd’hui qui ne serait pas humainement acceptable demain.

Autrement dit, nous négocions aujourd’hui notre qualité de vie contre celle de nos enfants, pour reprendre une image couramment utilisée.

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par OULALA (IP:xxx.xx5.131.162) le 7 novembre 2008 à 16H08

Attention "çaderange" je ne pense pas qu’il faille hierarchiser les enjeux ... Si les conséquences des dérèglements climatiques deviennent plus nombreuses, je vois mal comment notre économie pourrait survivre ? Notre mode de vie très dépendant des énergies fossibles est en réalité très vulnérable. La métaphore l’Al Gore dans son film "an incovenient truth" est très juste. Si la planète est détruit que faire de nos richesse ...

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(IP:xxx.xx2.193.184) le 9 novembre 2008 à 02H12

CO2=(CO2/TEP)*(TEP/PIB)*(PIB/POP)*POP

Si nous exprimons cette équation avec des mots, cela donne ce qui suit :

Emissions de CO2 = Intensité CO2 de l’énergie x Intensité énergétique du PIB x PIB par personne x Population

Cette cuisine un peu particulière permet alors d’exprimer les émissions de CO2 comme le produit de quatre termes sur lesquels nous aimons à tenir des raisonnements autonomes : ceux qui parlent démographie s’intéressent rarement à l’intensité énergétique du PIB ; ceux qui dissertent le plus sur la croissance du PIB par personne sont rarement très soucieux de savoir s’il est « CO2-compatible », ou s’il se conjugue avec la population, etc.

Le grand mérite d’une égalité, aurait dit De La Palisse, c’est que les deux termes doivent être égaux. De ce fait, si le terme de gauche est sous contrainte, alors le produit des 4 termes de droite doit subir la même, et cela permet de replacer dans une même discussion démographie, PIB, énergie et CO2. En particulier, s’il est certain que les émissions de CO2 vont être divisées par 2, et s’il est souhaitable que cela se produise d’ici 2050, combien est-ce que cela contraint les termes de droite ?

Commençons par la population : de 6 milliards en 2000, elle s’achemine vers 9 en 2050 (du moins si aucune régulation brutale n’intervient). Mais comme il serait d’une portée pratique limitée de suggérer une division volontaire de la population par deux en 50 ans pour respecter l’égalité, oublions cette marge de manœuvre et passons à la suite.(8) Il est bien évident, cependant, que de ne pas souhaiter une division rapide de la population par deux n’est en rien une garantie que cette évolution est impossible si ce sont des forces de rappel indépendantes de notre volonté qui se chargent de faire respecter l’égalité, et c’est bien là l’un des dangers, même si personne n’est capable de le scénariser de manière précise.

Quid du PIB par personne ? Une augmentation annuelle de 2% du PIB par habitant, ce qui est la borne inférieure de ce que tout élu tente d’obtenir lorsqu’il est en fonction, augmente cette valeur d’un facteur 3 en 50 ans (1,02 à la puissance 50 = 2,7 pour être précis).(9)

Avant d’engager la suite de la discussion, nous voici donc avec un terme de gauche dont nous aimerions qu’il baisse de 50% en 50 ans, et un produit des deux termes les plus à droite qui représente une multiplication par 4,5 environ sur le même laps de temps. Question : les deux termes restants, qui se conjuguent pour donner l’intensité CO2 du PIB, peuvent-ils assurer une division par un facteur 9 à 10 en 50 ans ? Peut-on, en 45 ou 50 ans, faire un dollar de PIB avec 10 fois moins de CO2 ?

Reprenons la dissertation sur les deux termes en question : l’intensité énergétique de l’économie s’est améliorée de 30% dans le monde en 35 ans, période qui inclut la suite du double choc pétrolier de 1973-1979 et la multiplication par 10 des prix du pétrole, ce qui a constitué une incitation autrement plus puissante à faire des efforts que la morale. La prolongation d’un taux de diminution identique amènerait une réduction de 40% en 50 ans environ, mais c’est peut-être faire preuve d’optimisme, car comme pour l’intensité CO2 de l’économie ce ratio évolue dans le mauvais sens depuis 4 à 5 ans, et ce sont les premiers efforts les plus faciles.

La juxtaposition des hypothèses précédentes amène « mathématiquement » à cette conclusion sur le dernier terme : dans le même temps que l’approvisionnement en énergie double sur 50 ans, l’intensité CO2 de l’énergie doit être divisée par 4, alors que cette intensité a péniblement gagné 10% en 35 ans (graphique ci-dessus). Facile ? Sûrement pas. Possible ? Beau sujet de débat : dans le même temps qu’il faudrait 6 à 15.000 réacteurs nucléaires en fonctionnement (450 aujourd’hui), il faudrait multiplier par 7 la contribution de la biomasse, affectant la quasi-totalité des forêts actuelles à un usage énergétique, et dans le même temps multiplier par 7 les lacs de barrage. Oublions le photovoltaïque et l’éolien dans ce scénario : même avec de forts taux de croissance, passer des 0,05% actuels (éolien) ou 0,005% actuels (photovoltaïque) dans le total mondial à quelque chose qui soit suffisant pour boucler l’égalité ci-dessus (en 45 ans) est proprement impensable.

Il en ressort inévitablement cette question : comme « l’environnement » (c’est-à-dire des émissions de CO2 divisées par deux) finira par gagner, quelle est l’évolution du PIB par personne qui peut prendre place dans ce contexte sans violer les mathématiques ?

source http://www.x-environnement.org/jr/J...

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(IP:xxx.xx3.230.34) le 10 novembre 2008 à 12H46

Ouh le vilain raisonnement fallacieux que voilà...

Pour que De La Palisse soit heureux encore eût-il fallut que l’égalité en soit une.

Toutefois, un raisonnement basé sur un point de départ faux n’engendre pas forcement (dans les mathématiques que vous revendiquez) des conclusions fausses, donc je ne me prononce donc pas pour les conclusions mais pour le raisonnement. Ceci étant dit, ce dernier souffre des points suivants : 1/ Sur le graphe donné dans le lien, des valeurs sont extrapolées pour 2050 d’après une étude allant de 1970 à 2006. Cela semble être la moindre des erreurs mais c’est en fait la pire, que l’on rencontre le plus souvent (apparemment même à X-Environnement, bien qu’il s’agisse à mon avis d’un travail de vulgarisation dont cet extrait à été ici sorti de son contexte). Qu’importe l’équation appliquée, les larges variations du graphique indiquent que vous êtes largement au delà de votre intervalle de confiance dans le sens statistique du terme, bref ce n’est pas parce que vous courez le 100m de plus en plus vite que vous allez dépasser le mur du son. 2/ Le fait que deux valeurs soient corrélées n’autorise en rien à les multiplier de la sorte... Sinon je serai au chômage :) 3/ Pour un travail de collecte de données de qualité je conçois que l’on puisse dire que toute ces choses ont un rapport, mais ’mathématiquement’ ce n’est pas très joli. En fait, on constate que ces quatres valeurs ne sont pas corrélées en tout temps (je dirais hors la période 1970 – 2006, pour faire plaisir à l’auteur du post) et surtout qu’elle sont multiples : prenons le cas simple ou CO2 ne dépendrait que de deux variables A et B, je peux dire, suivant ce raisonnement CO2 = A*B, mais aussi, puisque j’ai beaucoup plus de données dans mon tableau, que CO2 = A/C * C/D * D*B (pourvu que C et D soient non-nuls). Or, si l’équation reste vraie CELA NE VEUX PAS DIRE pour autant que CO2 dépende directement du rapport C/D comme il est affirmé !!! (prenez C = le nombre de ligne moyen d’un post et D = le nombre de coquilles d’huitre vides sur les plages, vous comprendrez). Hors sur le graphique presque ci-dessus que voit-on ? Le TEP/PIB et le CO2/PIB sont fortement corrélés – mettons pour être gentil à partir du début des années 80. Est-ce à dire pour autant que ’l’intensité énergétique du PIB’ et ’l’intensité CO2 du PIB’ sont une seule et même variable, mystère ? En toute logique (mathématique cette fois) cette variable aurait due être réduite à une seule, ayant plus de sens. Idem cette fois pour la consommation d’énergie primaire et ... les émissions mondiales de CO2 Aïe ! Qu’est-ce qu’on fait ? Reste néanmoins l’algèbre... Par la simple multiplication le précédent post nous ’démontre mathématiquement’ que ’dans le même temps que l’approvisionnement en énergie double sur 50 ans, l’intensité CO2 de l’énergie doit être divisée par 4, alors que cette intensité a péniblement gagné 10% en 35 ans (graphique ci-dessus)’. Or affirmer des chiffres de ’doubler’ et ’diviser par 4’ n’est pas simplement idiot... C’est aussi mathématiquement incorrect.

Bref, dois-je redouter le jour ou l’on va peut-être découvrir par erreur un procédé permettant de produire de l’énergie presque sans cout carbone et quasiment gratuite... Doit-on se préparer à se multiplier comme des lapins (ou ceinture, au contraire), tout en consommant des quantités astronomiques d’énergie avec un PIB faramineux (ou nul, qu’importe) par habitant ? Certaine des chose qui sont affirmées comme mathématiquement vraies le sont par circonstance. Des mots très graves comme ’x2’ ou ’/4’ ne devraient jamais être prononcés à la légère. avec une règle et un compas, j’affirme aussi d’après le graphe que le PIB va être multiplié par 2 en 2030, c’est sur que les pays du monde les plus peuplés vont être content.

Tout ça pour dire, n’utilisez pas de mathématiques ... sans mathématiques ! Et ne donnez pas d’extrait partiel du travail des autres, un simple lien suffit.

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(IP:xxx.xx3.65.100) le 11 novembre 2008 à 09H51

Puis-je poser un problème au brillant mathématiciens que vous semblez être. Comment mettre en équation le cynisme des dirigeants et des politiques, la cupidité des consommateurs, la stupidité des technocrates et l’absence d’ethique de l’humanité.

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(IP:xxx.xx3.230.34) le 11 novembre 2008 à 12H45

Le "brillant mathématicien" ne vous répondra pas malheureusement car je crains fort qu’il n’ait jamais existé. Je note d’ailleurs une certaine agressivité dans ces termes, pourtant je n’ai rien fait que de signaler un raisonnement trompeur dans le post précédent, sans présumer de la véracité des conclusions, mais bon peut être me suis-je moi-même emporté et je m’en excuse.

Enfin bref, oui, le modeste physicien que je suis veux bien ’mettre en équation’ :) des choses qui ne peuvent pas l’être, à condition que vous acceptiez que mes réponses sont personnelles et ne reflètent que mon opinion.

le cynisme des dirigeants et des politiques : il est directement inversement proportionnel à la réactivité des personnes qui sont dirigées et, oui, je m’inclus dans ces personnes.

Hors sujet : En parlant de cynisme, il me semble avoir lu une dépêche (mais vite, donc j’espère me tromper) où l’on annonçait que pour la prochaine conférence Arctic Committee – Union Européenne certains pays allaient débattre des bénéfices en terme de navigabilité de la fonte des glaces en Arctique... J’espère sincèrement avoir mal lu, ou alors mon appréciation du "cynisme des dirigeants et des politiques" est largement sous-évaluée. Voilà, veuillez m’excuser pour le hors-sujet.

la cupidité des consommateurs : les consommateurs (contrairement aux hommes politiques apparemment) s’éduquent et évoluent ; de plus pour qu’ils soient cupides, encore eut-il fallut qu’ils en aient les moyens, ce qui n’est pas le cas de la majorité des personnes (consommateurs) sur terre.

la stupidité des technocrates : je ne suis plus bien sur de savoir de nos jours ce qu’est réellement un technocrate, pouvez-vous m’éclairer sur ce point ?

l’absence d’éthique de l’humanité : deux cas possibles, soit l’éthique est la science de la morale telle que définie par l’humanité elle même, on peut en déduire que l’humanité a toujours été éthique, simplement la définition d’éthique est temporelle et a toujours changé, ou bien dans un raisonnement plus kantien la notion de bien (éthique) comme ayant une portée universelle est donc fixe, et dans ce cas il est à craindre que l’humanité ne sera jamais totalement éthique.


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