Un impact positif sur l’environnement
Le rapport du GIEC
(Groupe International d’Experts sur le Climat) diffusé en septembre
2005 a examiné le rôle que peut jouer le captage et le stockage du CO2
dans la lutte contre le réchauffement climatique. Ce rapport a montré
que ces technologies pourraient abaisser de 30 % ou plus le coût de la
lutte contre les changements climatiques. De plus, le stockage du CO2
dans des formations géologiques pourraient représenter 15 à 55 % de la
totalité des réductions d’émissions requises (entre 220 et 2 200
milliards de tonnes de CO2 ) d’ici à 2100 pour pouvoir stabiliser les
concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
Un procédé qui intéresse le secteur pétrolier
Le procédé consiste à extraire le CO2 des fumées de combustions, puis à
injecter et stocker le CO2 dans les gisements de pétrole et de gaz
naturel, dans ceux de charbon inexploités, ou dans les aquifères
profonds. Ce procédé intéresse ainsi de près les acteurs pétroliers à
double titre car, en plus de minimiser l’impact du pétrole sur
l’environnement, la capture, l’injection et le stockage de CO2 sont
dérivés des procédés du secteur pétrolier.
Ainsi Total a-t-elle lancé un projet de captage et stockage de CO2 en France dans le bassin de Lacq dans le sud-ouest de la France. Les premières injections de CO2 sont prévues en novembre 2008.
Dans un communiqué du 29 août, l’Institut français du pétrole (IFP), le groupe d’ingénierie Géostock et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) ont annoncé la création de la société Geogreen spécialisée dans les services d’ingénierie dédiés au transport et au stockage géologique du CO2.
Une technique difficile à rentabiliser
Les problématiques se posent cependant à plusieurs niveaux :
- l’extraction entraîne une surconsommation énergétique, estimée à 10 à 15%, contraire à son objectif final
- les risques de fuite sont importants au moment du transport, de l’injection et du stockage (au Cameroun, plus de 1700 personnes sont mortes en 1986 suite au dégazage brutal de millions de mètres cubes de CO2, produits par l’activité volcanique)
- il existe également des problèmes juridiques liés au stockage et la propriété du sol (Les aspects juridiques du stockage géologique du CO2)
Se
pose ainsi la question du coût de ces techniques de séquestration,
évalué 50 à 70 euros par tonne de CO2 évité, et de la rentabilité de ce
système dans un contexte où l’achat de carbone dans le marché de quotas
est beaucoup plus avantageux.
Le BRGM et l’IFP se penchaient
sur le sujet en 2005 en organisant un colloque pour trouver des
solutions aux principaux obstacles de cette technique. Le prochain aura lieu du 3 au 5 octobre 2007.
En savoir plus :
Thèmes
La plupart des expérimentations de CCS en cours injectent en effet le CO2 dans d’anciens champs pétroliers ou gaziers épuisés. Beaucoup se situent off shore ce qui rend les contrôles d’étanchéité assez problématiques et minimise en principe les conséquences des fuites. Si l’on s’en tient à ce type de sites, il est facile de prévoir que les capacités de stockage seront vite saturée et surtout que l’acheminement du CO2 sur de très longues distance constituera un obstacle rédhibitoire. Une récente étude hollandaise considère qu’au delà de 150 KMS l’acheminement du CO2 n’est pas envisageable.
Un stockage en quantité significative ne pourrait être envisagé que dans les aquifères salins profonds situés à proximités des sources de CO2 (centrales, cimenteries etc...) et là, les problèmes de fuites éventuelles sont rédhibitoires.
En fait cette technologie, dont les tares ont pu être décrites par la formule « trop risquée, trop chère, trop peu , trop tard », est un alibi utilisé par le lobby du charbon. La dissimulation des risques majeurs de fuites hors des aquifères profonds est systématique. Les spécialistes du lobbying ont beau jeu d’abuser de décideurs qui multiplient publiquement les preuves des consternantes lacunes de leur culture technoscientifique. Ainsi sont différées les mesures urgentes d’économies énergétiques et confisquées les ressources qui devraient s’investir dans les véritables énergies propres. Compte-tenu de la progression cataclysmique du dérèglement climatique au cours des dix dernières années et de son accélération prévisible lors des dix prochaines du fait des rétroactions « positives » que constituent la réduction de l’albédo des pôles et la libération de méthane due à la fonte du permafrost, c’est se moquer que de promouvoir des « usines à gaz » prétendues opérationnelles à l’échéance 2020 voire même 2030.
ENERGIE Le nouveau Lobby “technologique” du captage et du stockage du CO2 Par : Y.Mérabet Au fait, le captage et le stockage du CO2 désignent une succession de procédés technologiques consistant à capter le dioxyde de carbone (CO2) présent dans les gaz rejetés par l’industrie, à le transporter et à l’injecter dans des formations géologiques. Les méthodes de séquestration sont loin d’avoir fait leur preuve sur le long terme et ce n’est qu’un prétexte pour la naissance de nouveau lobby “technologique”, après le lobby pétrolier qui contrôle toutes les nos réserves pétrolières, ce véritable coupable de la libération massive du CO2 dans l’atmosphère. La mission principale du captage et stockage du CO2 (CSC) est la réduction des émissions de CO2 dues à la combustion de l’énergie fossile à des fins industrielles en premier lieu le charbon et le pétrole et les gaz conventionnels et non conventionnels. Selon le degré de respect de la règlementation de la lutte contre le réchauffement climatique par les Etats, il pourrait être dans les autres secteurs de l’industrie, qui émettent beaucoup de CO2 comme la cimenterie, le raffinage, la sidérurgie, la pétrochimie, la transformation du pétrole et du gaz, etc. Une fois capté, le CO2 est transporté vers une formation géologique adaptée, dans laquelle il sera injecté afin de l’isoler à court terme de l’atmosphère. Les conséquences des modifications de la biomasse sont actuellement imprévisibles, car les processus bio-réactionnels ont étés peu étudiés dans les conditions correspondant à celle d’un stockage de gaz acides. Cette capture et ce stockage du CO2 à la manière ‘hypocrite’ dans un réservoir naturel, ne se passera pas sans conséquences graves dans le moyen et long terme, car cette pratique est une source de fort déséquilibre thermodynamique (du coté mécanique), mais aussi peut perturber le fonctionnement biologique dans le réservoir. Du coté écologie et lutte contre le réchauffement climatique, il est certain que cette ‘technologie laboratoire’ et loin de servir cette lutte, bien au contraire dans le long terme il faudrait s’attendre à des transformations imprévisibles dangereuses de l’écorce terrestre. La consommation de l’énergie fossile nécessaire au maintient du niveau de développement des pays fortement industrialisés et à l’accroissement du niveau de vie celui des pays émergeants, s’accompagnera par des émissions croissantes de rejets du CO2 dans l’atmosphère, qu’il faudrait le ‘cacher’ sous terre, au même titre que les déchets nucléaires. Cette pratique insolente pour le mépris de notre terre, nous rappelle celle ‘d’un homme malade qui cache ses crachats sous son lit’. A cet effet, nous exprimons nos craintes sur l’invocation de la possibilité de séquestration qui pourrait conduire certains Etats à ne pas s’adopter à ce nouveau comportement mondial de réduction du niveau de la consommation ou à ne pas soutenir des politiques énergiques en la matière, ainsi que le reste des résolutions sur la question du réchauffement climatique. Il y a également accord sur le fait que la séquestration, certes ‘ incontournable’ pour les pilleurs de la planète, sera chère et posera des problèmes d’environnement, elle restera qu’un moyen. « curatif » contre les émissions et une façon de tromper les écologistes. D’autres moyens que la nature a développés pour absorber le surplus du CO2 de l’atmosphère sont plus humains et justes, comme la reforestation par exemple. Cela semble beaucoup moins absurde de planter des arbres que d’aller enterrer du CO2 sous terre, comme si la croute terrestre n’appartient plus à la terre ! Quand on sait que le coût d’une (1) tonne de CO2 dégagé dans l’atmosphère fait des dégâts évalués à plus de 2000 $ et que des milliers, sinon des millions d’Ha de nos forêts ont été détruites ou brulés, sachant qu’une superficie de 300 Km2 peut absorber 1 000 000 de tonnes de C02 en plus de ses innombrables effets bénéfiques pour l’homme et la nature. Il serait quand même utile de replanter des arbres partout et là ou on le peut. La forêt reste le seul moyen pour absorber définitivement les rejets délibérés du C02 que l’homme méchant fait jaillir de la terre. Certes le combat contre le réchauffement climatique est du long terme, que les pauvres doivent mener contre les riches, car ils ont besoin de vivre, mais viendra le jour ou nos enfants verront les effets, ils nous salueront d’avoir redonné vie à leur planète et oublieront notre malédiction. Les méthodes de séquestration sont loin d’avoir fait leur preuve sur le long terme et on n’y voit qu’un prétexte pour la naissance de nouveaux lobbies “technologiques” et des Etats corrompus : après le règne du lobby pétrolier sur la planète, voilà les véritables coupables de la libération massive du CO2 dans l’atmosphère depuis le siècle dernier. La séquestration du C02, une bombe à retardement Quand au stockage du CO2, les plantes font cela très bien depuis des millions d’années (c’est grâce à cela entre autre que le pétrole est apparu sur terre puisqu’il est issu par la transformation des plantes sous l’effet de la pression et de la température dans l’écorce terrestre, lors des mouvements tectoniques des plaques ; ça prend quelques millions d’année, c’est bien pour cela qu’on ne parle pas de renouvelable, du moins à l’échelle humaine…). Des exemples naturels laissent penser que la séquestration longue durée est possible, mais non sans risques : certains gisements de gaz naturel contiennent une proportion importante de CO2, conservé sous pression depuis des millions d’années. Néanmoins, des fuites naturelles existent, parfois mortellement brutales comme dans le lac Monoun (1984) ou dans le Lac Nyos où l’émission soudaine d’une énorme "bulle" de CO2 a en 1986 tué 1700 personnes et des milliers d’animaux. Dans le cadre du Protocole de Kyōto, les entreprises séquestrant le carbone éviteraient des taxes et pourraient vendre leurs droits d’émission, tout en pouvant bénéficier de subventions et programmes de recherches, un règlement ne concernant plus les pays pauvres. D’une manière ou d’une autre, personne n’est capable d’affirmer que le carbone aujourd’hui présent sous forme de charbon dans le sous-sol ne se retrouvera pas demain dans l’atmosphère sous forme de CO2, participant ainsi à l’effet de serre. Le stockage géologique du CO2 est la seule façon de s’assurer, sans hypothèse hasardeuse sur l’action de l’homme dans des siècles, que ce carbone ne participera pas au réchauffement climatique. En 2006, le géologue américain Youcef Kharaka lança le message suivant à propos du stockage géologique du CO2 : quand on injecte du CO2 dans un aquifère profond, il déclenche une cascade de réactions chimiques qui pourraient mettre en cause l’étanchéité du stockage. Une alerte reprise par plusieurs articles de presse et sur le Net. A l’origine de l’annonce de Youssef Kharaka, une expérience d’injection de CO2 dans le sous-sol. Menée sur le site de Frio, dans le golfe du Texas, elle s’est déroulée en octobre 2004. Les scientifiques ont injecté 1 600 tonnes de gaz carbonique dans un puits creusé à 1 500 mètres de profondeur. Là, se trouve une couche de grès, perméable, poreuse, chargée en saumure. Puis ils ont mesuré, grâce à un puits d’observation distant de 30 mètres et par des prélèvements d’échantillons, les conséquences géochimiques de l’opération. En injectant ainsi du gaz carbonique, la saumure a baissé son pH drastiquement de plus de 6 aux environs de 3. Cette acidification brutale contribue à une dissolution rapide de minéraux carbonatés et au largage d’ions métalliques ainsi que de molécules organiques. Kharaka se posa la question : est ce que ces transformations géochimiques vont-elles se traduire par la « formation de chemins vers la surface », permettant ainsi le retour du CO2 à l’atmosphère ? Les métaux et composants organiques toxiques mobilisés peuvent-ils se retrouver ailleurs, dans des nappes d’eau utilisées ? Au final, faut-il abandonner l’idée du stockage géologique ? La séquestration du CO2 intéresse un grand nombre de chercheurs et de décideurs, ainsi que le public, mais ne semble pas être une solution disponible à court terme ni opérationnelle à grande échelle à moyen terme. Des expérimentations sont en cours et une dizaine de projets d’envergure industrielle pourraient être opérationnels en 2010, mais ils resteront insignifiants par rapport aux émissions mondiales d’environ 25 milliards de tonnes/an de CO2. Pour séquestrer rien que 10% de ces émissions, il faudrait environ un millier projets de grande envergure, et plusieurs centaines de sites sécurisés, ainsi que des milliers de kilomètres de pipe-line pour enfin de ne rien faire avec ce CO2. Actuellement, des institutions comme Sonatrach, BP, Statoil, l’UE, ou encore le département US de l’énergie, ont contribué au financement du projet pour suivre le comportement des gaz dans le sous-sol à In Salah, utilisant le réchauffement climatique comme prétexte, leur intérêt c’est de faire du business, que du business. L’Algérie est utilisée par le lobby ‘technologique’ du CSG comme tremplin pour accéder aux futurs gros marchés de carbone des pays de l’OPEP, qui se chiffre à plusieurs milliards de dollars. L’AIE (L’Agence Internationale de l’Energie), un instrument du lobby pétrolier mondial et des superpuissances économiques vient de saluer la réalisation du laboratoire de séquestration du CO2 de In-Salah par Sonatrach et encourage les autres pays de l’OPEP à suivre cet exemple, voilà les prémices d’une collaboration douteuse. Ceux qui est derrière le CSC sont déjà connus, les ministres corrompus des Etats du Sud, l’Agence Internationale de L’Energie, et en fin le lobby ‘technologique’. Ce n’est plus le réchauffement climatique qui les intéresse, mais le réchauffement de leur portefeuille. De nouvelles évolutions (notamment en ce qui concerne le stockage) seront nécessaires et plusieurs obstacles devront être surmontés pour que la CSC devienne une technique de réduction déguisée des émissions de CO2 à part entière. De nombreux projets pilotes sont développés à différents stades dans le monde entier. Sonatrach est la première compagnie nationale de l’OPEP et des pays du Sud qui controverse les principes fondamentaux de la lutte contre le réchauffement climatique en tendant la main au lobby ‘technologique’. Selon l’AIE, la technique du CSC pourrait être mise en place d’ici 2015 à plus grande échelle si ces projets pilotes obtiennent de bons résultats, voilà que l’enjeu des CSG qui se confirme après le sommet se confirme ? Conclusion L’existence de conflits d’intérêts entre deux agences de l’ONU, l’Agence Internationale pour l’Énergie Atomique, dont l’objectif principal est la promotion des centrales nucléaires dans le monde. L’Agence Internationale de l’Energie désinforme la réalité et communique des chiffres gonflés sur les réserves pétrolières et gazières pour rabaisser les prix du baril au profit de l’approvisionnement des superpuissances grandes dévoreuses d’énergie Des voix s’élèvent au sein des ONG et des commissions contre les lobbies, mais cela ne suffit pas encore à les faire trembler. Les scientifiques qui osent, preuves à l’appui, se positionner contre les thèses officielles sont méprisés et décrédibilisés, ceux qui persistent voient leur carrière brisée, s’ils ne terminent pas en prison.
N.B Le Dr. Vasco du Lawrence Berkeley National Laboratory fait des recherches sur les déformations de la surface du sol suite à l’injection de CO2 à In Salah dans le Sahara algérien. Un million de tonnes de gaz sont injectées par an à environ 2 km de profondeur. L’interférométrie radar a permis d’observer une élévation de la surface du sol de de 5mm par an sur des kilomètres…
Expert en énergie (Algérian Society For International Relations)










