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Perspectives énergétiques

Article publié le 5 juin 2007

Mon gouvernement prend l’approvisionnement énergétique au sérieux et met à disposition du public le fruit de ses études. J’ai donc commencé à lire le résumé des Perspectives énergétiques 2035 et quelle ne fut pas ma surprise de lire dans les hypothèses fondamentales, au sujet des prix du pétrole que :

"On a étudié une hausse portant le prix du baril de 30 à 48 dollars d’ici 2050 (...) ainsi qu’une variante avec un prix constant de 50 dollars (prix réels, base 2003)."

Pourquoi avoir pris les prix de 2003 alors qu’à la fin 2006, lors du bouclement du rapport, les prix avaient doublé ?

Sans entrer dans le détail, si on considère l’évolution du prix sur les 35 dernières années (source),

aaff7cd40347036f17d95abcca0e08f1.gifOn a pas trop de peine à imaginer que d’ici 2050, ou même 2035, il ne va pas rester sagement à moins de 50$.

Ou alors encore plus éloquent, la production de pétrole par habitant (source) :

0b8a0c07713ddbbd4e6ebb21f5a498c8.pngIl faut tout de même faire preuvre d’un optimisme immodéré pour penser que les prix vont rester aussi stable, avec des puissances émergentes et gourmandes comme la Chine et l’Inde.

Etrangement, les données officielles disponibles fin 2006 sont d’un autre ton, comme le montrent ces extraits du résumé du World Energy Outlook 2006 :

  • "La montée de la demande de pétrole et de gaz, si rien n’est fait pour la maitriser, accentuera la vulnérabilité des pays consommateurs aux perturbations graves des approvisionnements et aux chocs des prix qui en découlent"
  • "L’insensibilité aux prix de la demande pétrolière s’accentue et renforce l’impact potentiel d’une perturbation des approvisionnements sur les cours internationaux du pétrole"
  • "Nous tablons sur un recul du prix moyen d’importation du pétrole brut dans les zone de l’AIE à 47 dollars le baril en termes réels dans les premières années de la prochaine décennie, suivi d’une augmentation régulière jusqu’en 2030"
  • "Pour satisfaire la voracité énergétique croissante du monde, il faudra consacrer des investissements massifs aux infrastructures d’approvisionnement en énergie"
  • "Il n’est pas garanti que tous les investissements nécessaire se concrétisent"
  • "L’incertitude est particulièrement grande en ce qui concerne la capacité et la volonté des grands pays producteurs de pétrole et de gaz d’accélérer l’investissement pour répondre à la demande mondiale en hausse"

Heureusement, les participants à un forum autour de ces perspectives ne se sont pas laissé berner, dans le rapport final on peut lire p.6 "la hausse des prix du pétrole n’a qu’une faible incidence sur l’économie générale, mais les mesures visant à remplacer le pétrole pèsent moins sur elle ;." et p.7 : La production de pétrole franchira bientôt son apogée. Il est inutile de débattre du moment précis : le pétrole est trop précieux pour être brûlé afin de produire de la chaleur."

Sur ces bases, le Conseil Fédéral adopte une nouvelle politique énergétique et reconnaît tacitement la réalité du pic pétrolier : "S’agissant du pétrole et du gaz, la sécurité de l’approvisionnement est incertaine du fait de la dépendance vis-à-vis de l’étranger et des ressources fossiles limitées. [...] Le conseil fédéral continue à miser sur l’énergie nucléaire [...] Il souhaite examiner si les procédures d’autorisation et de construction peuvent être raccourcies"

On va donc miser sur l’énergie nucléaire, et pour terminer dans la joie et la bonne humeur, voici les cours de l’uranium des 15 dernières années

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Ha Ha Ha Ha !
Thèmes

Climat Changement climatique Energie CO2 Environnement Pollution Pétrole Nucléaire Gaz Economie

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commentaires
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par U235 (IP:xxx.xx8.50.131) le 9 juin 2007 à 12H43

Ce n’est pas seulement le pétrole qui va manquer : La fin progressive du pétrole mais aussi l’uranium : Pénurie et fin de l’uranium

Alors, pas de plans sur la comète.

Le pétrole, toutes sources confondues, est en train de passer son pic de production (avant 2010) et cela va vite se sentir sur les prix, a moins que des hivers doux et une petite récession économique ne réduisent la demande. A deux ou trois ans près, cela ne changerait pas grand chose.

L’uranium aussi aura son pic de production, vers 2025. Dix ans plus tôt, nous serons déjà dans la pénurie. Alors, pourquoi construire de nouvelles centrales si c’est pour les laisser arrêtées faute de combustible ?

Et le prix de ce combustible, qui était considéré comme quantité négligeable dans le prix de l’électricité nucléaire, commence à compter sérieusement. En quatre ans, le prix de l’uranium a été multiplié par dix. Et ce n’est pas fini. C’est bien un signe de pénurie.

Que l’on ne vienne pas nous raconter des histoires avec les nouveaux réacteurs. Leur construction de façon industrielle ne commencera pas avant 2040, pour les plus optimistes de leurs partisans. Trop tard.

Ne parlons même pas de la fusion, promise pour "dans 50 ans" depuis les années 1950. Les premiers résultats concrets arriveront en fait vers 2060 ou vers 2100 ou jamais.

De leur côté, l’éolien et le photovoltaïque progressent de 30% à 60% chaque année selon les pays. Leur importance est encore faible aujourd’hui, mais faites le calcul pour leur production électrique dans dix, vingt, trente ans.

Et les moyens de stockage progressent vite eux aussi.

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par Dominique Kuster (IP:xxx.xx3.135.225) le 22 juin 2007 à 09H40

Merci pour votre commentaire, mais aviez-vous remarqué mon "ha ha ha ha !" juste après la courbe du prix de l’uranium ?

 ;-)

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