Selon la dernière campagne de mesure effectuée en septembre 2007, le Mont-Blanc, plus haut sommet des Alpes et d’Europe occidentale, a une altitude de 4810,90 m soit un gain de 2,15 m en deux ans pour une altitude record depuis les premières mesures GPS de 2001.
- Historique récent des mesures
Depuis 2001, tous les deux ans, la Chambre Départementale des Géomètres Experts de la Haute-Savoie, avec le soutien de l’Ordre des Géomètres Experts,
propose à ses membres de réaliser l’ascension du Mont-Blanc dans le but
d’effectuer des mesures par GPS de son altitude, et de relever
suffisamment de points aux alentours du sommet pour pouvoir modéliser
en 3 dimensions la calotte glaciaire et suivre ainsi son évolution.
Alors que l’altitude du Mont-Blanc été estimée à 4807 mètres, les
premières mesures GPS de septembre 2001 ont permis d’établir avec
précision son altitude : 4810,4 mètres. Le 6 septembre 2003,
de nouvelles mesures indiquaient 4808,45 mètres (précision plus ou
moins 10 cm) et le 24 septembre 2005 : 4808,75 mètres. De légères
variations sont donc enregistrées et témoignent de la modification de
la calotte glaciaire du massif.
Les objectifs de ces opérations sportives et humaines sont de réaliser
un test de fiabilité et de précision dans des conditions difficiles du
matériel utilisé habituellement par les Géomètres Experts, et de
contribuer à aider la communauté scientifique à apporter des éléments
de réponses aux interrogations relatives aux variations climatiques.
Leica Geosystems,
leader en solutions topographiques, réalise ainsi la modélisation de la
calotte glaciaire par mesures GPS en temps réel (GPS1200) et le
contrôle d’un point fixe, stable et pérenne sur un pic rocheux (refuge
Vallot).
- Les résultats 2007
Selon les mesures des 15 et 16
septembre 2007, l’altitude du Mont Blanc est donc de 4810,90 mètres, un
record depuis que l’on suit précisément les variations du massif.
"La hauteur, mais aussi le volume du Mont-Blanc ont considérablement
augmenté, car la neige s’est agglutinée sur le sommet au cours des deux
dernières années", a indiqué à l’AFP Philippe Borrel, un des experts
réunis à Chamonix pour leur assemblée générale.
En effet, le volume de glace, au dessus de 4800 m d’altitude, avait été
calculé pour la première fois en 2003 et mesurait alors 14 600 m3. En
2005, le volume avait diminué de 345 m3 à 14 300 m3. En 2007, ce volume
atteint 24 100 m3, une augmentation de près de 70% !
- Les explications
Pour
le météorologue Yan Giezendanner, "il n’y a globalement pas
d’augmentation du volume des précipitations sur les Alpes mais le
climat change, nous enregistrons une plus grande fréquence des vents
d’ouest qui amènent de la pluie avec des températures plus élevées".
"Cela apporte en été de la neige collante au-dessus de 4 000 m
d’altitude qui se fixe sur la montagne et augmente le volume et la
hauteur du Mont-Blanc", explique-t-il. En hiver, la neige, trop froide,
est balayée par les vents et ne peut pas s’accumuler sur le massif.
"Nous assistons donc a un phénomène curieux avec le réchauffement
climatique dans les Alpes, les glaciers d’altitude grossissent et alors
que ceux situés en moyenne altitude fondent, rétrécissent et sont
menacés de disparition", ajoute M. Giezendanner.
Des scientifiques du CNRS ont relevé en mai 2007
qu’à très haute altitude (au-dessus de 4 200 mètres), l’accumulation de
neige a peu varié sur le massif du Mont Blanc depuis le début du XXe
siècle. Mais si les températures estivales augmentent de quelques
degrés au cours du XXIe siècle, la fonte pourrait devenir significative
et affecter également les neiges "éternelles".
Ils ont rajouté que les glaciers alpins, situés majoritairement entre
2000 et 4000 mètres d’altitude, ont subi une récession très importante
au cours du XXe siècle et particulièrement au cours des deux dernières
décennies, perdant entre 1 et 1,5 kilomètres de longueur. Cependant,
au-dessus de 4 200 mètres, il en va différemment : toutes les
précipitations sont solides, sous forme de neige. La fonte du manteau
neigeux est très faible et ne se produit que lors d’épisodes rares
comme celui de la canicule de 2003. Les variations de masse du glacier
ne dépendent alors que de l’accumulation de neige et de l’écoulement du
glacier (la déformation de la glace sous l’effet de son poids) vers le
bas.
Nouvelle altitude record pour le Mont-Blanc : 4810,90 mètres









