Article publié le 9 mai 2008
44000 disparus. 22500 morts. 95% des habitations détruites dans certaines régions. 70% des arbres arrachés à Rangoun. Un raz-de-marée de 4 mètres. Des rizières entièrement inondées. Des vil(le)s dévastées ...
Le bilan du cyclone Nargis qui a frappé la Birmanie il y a quelques jours est
absolument tragique et ne cesse de s’alourdir. Certes, la zone était
très sensible et ces régions de deltas sont particulièrement
vulnérables. Certes, la junte birmane s’est trouvée bien incompétente
lorsqu’il s’est agit de communiquer l’urgence à sa population.
Il n’empêche : l’évènement climatique en question était dévastateur. Et
ses conséquences peut-être pires que celles du tsunami de 2004. Car sa
puissance s’est trouvée décuplée par la température élevée des eaux
océaniques ainsi que par la direction inhabituelle des vents.

Cyclones et réchauffement climatique
Il est encore très délicat de lier ou non des évènements ponctuels
exceptionnels comme celui-ci au réchauffement climatique global. Car
contrairement à l’origine anthropique du dit-réchauffement, la
communauté scientifique est divisée sur la question du lien de cause à
effet direct, et le débat est encore vif. La preuve ici. Pour certains, il nous faudrait encore plusieurs décennies de recul
pour mettre en évidence de véritables tendances d’augmentation de la
puissance des cyclones, car ces phénomènes sont difficiles à comprendre
et à mesurer.
Il n’empêche : il existe une nette possibilité
que les cyclones deviennent plus puissants (sans devenir forcément plus
fréquents) à mesure que la température océanique se réchauffe. La
violence des cyclones aurait ainsi doublé depuis les années 50, avec
une forte accélération depuis 30 ans. Mais cela pourrait n’avoir pas de
relation directe avec le réchauffement actuel. Difficile de le dire
pour l’instant : cette incertitude est même la conclusion d’une récente étude.
Quoi qu’il en soit ...
Même si le réchauffement climatique n’y est pour rien dans le cas précis de Nargis, pouvons-nous seulement risquer de voir ce genre d’ouragans ou de cyclones (Katrina, Nargis) devenir encore plus puissants à l’avenir ?
Pouvons-nous décemment ne pas agir alors que nous savons que nous émettons déjà
trop de gaz à effet de serre et qu’il existe une possibilité, même
petite, que nous aggravions encore, par ces émissions, la violence de
ce genre de phénomènes ?
Comment se fait-il qu’un principe universel de précaution ne nous oblige pas, dès maintenant, à agir fortement, durablement et radicalement pour tout mettre en oeuvre afin d’éviter le pire ?
Quoi qu’il en soit, l’urgence absolue est de tout faire pour venir en aide à la population birmane.
Mais l’urgence est aussi à l’action, ici, partout, à tous les niveaux.
Hier quelqu’un me faisait remarquer que les catastrophes arrivent toujours dans les pays les plus pauvres et cela m’a amené à la réflexion suivante : c’est un fait que tsunami, tremblements de terre, raz de marrée et cyclones font proportionnellement plus de victimes dans les pays pauvres que dans les pays riches. Par exemple, en Louisianne, donc aux USA, il y a eu beaucoup moins de victimes, même s’il est vrai que, curieusement, il s’agit d’une des régions les plus pauvres des USA.
En fait, les régions les moins intéressantes à habiter, finissent par être investie par des populations qui n’ont rien trouvé de mieux.
L’histoire serait donc une explication : les premiers arrivés se sont servis les premiers et ont donc occupé les terres intéressantes : fertiles, riches et ayant la réputation d’être relativement à l’abri des catastrophes naturelles.
Ceux qui arrivent après, évidemment, ne récupèrent que les restes… Les terres inondables, arides, instables. C’est le cas de la région de la Birmanie et tout particulièrement du Bengladesh qui est le pays le plus pauvre du monde et dont une partie des terres, autrefois émergées, s’enfonce inexorablement dans la mer.
Ce ne sont pas les catastrophes naturelles les vrais fléaux, le fléau c’est la pauvreté.
Un autre aspect de ces catastrophes, c’est la surpopulation. Il est évident qu’il y a trop d’humains sur terre. Donc, quel que soit l’endroit où se produira une catastrophe, éruption volcanique, séisme ou tsunami, ça sera toujours au détriment de populations. Ces endroits dangereux autrefois déserts sont petit à petit envahis et quand ça pète, forcément, il y a du dégat.
La terre est peuplée partout, sauf sous la mer et au pôle sud…
La vérité est que la Terre est un espace limité, non extensible, donc, à un moment donné, ça va forcément coincer et ça coince déjà par-ci ou par-là…
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