L’opposition d’une vallée au passage d’un TGV.
Article publié le 22 février 2008
Toujours plus vite, toujours plus loin, est-ce un but durable ? En s’opposant à la construction d’une ligne ferroviaire pour un train à grande vitesse, un collectif hétéroclite souhaite bloquer un projet de développement pas si écologique que ça.
Turin, dimanche 3 février, 21H16.
Le train me dépose à la gare sous une pluie fine. Peu importe, je suis parti pour un voyage de 40 000 Km pendant 15 mois, et ce n’est pas un peu d’eau qui va m’ennuyer. Cécilia, une turinoise de mon âge connue sur Internet, m’héberge pour la semaine dans son petit appartement, dans un vieil immeuble de Turin.
Cecilia fait partie du collectif « no tav ». TAV est l’abréviation italienne pour TGV. Le projet de TGV entre Lyon et Turin est l’un des principaux sujets de discussion de la ville depuis 2005. Entre Octobre et décembre il y a eu plusieurs manifestations contre le projet avec des dizaines ou des centaines de milliers personnes. Opposé à l’installation d’un chantier pour le creusement d’un tunnel, les manifestants ont débordé la police et bloqué le projet.
J’ai rendez-vous ce jeudi avec Albertino Perino. Cet italien habite la vallée de Susa, entourée des sommets enneigés des Alpes, près de l’une des extrémités d’un tunnel de 53 km qui doit relier la France à l’Italie pour un coût de 20 milliards d’euros.
Il défend sa vallée depuis 1989, avec semble-t-il l’appui de la majorité des habitants. Un collectif d’universitaire intégré au NO TAV écrit livre sur livre pour argumenter leurs positions.
Albertino se demande pourquoi sa vallée, si étroite, devrait être encore une fois sacrifiée sur l’autel de la modernité. Une autoroute, deux nationales et deux voies ferrées, une ligne à haute tension et un fleuve la sillonne déjà. Faire passer une ligne à grande vitesse alors que les voies ferrées existantes ne sont pas utilisé à la moitié de leur capacités lui semble une aberration, sans compter les dangers liés à l’uranium et à l’amiante contenu dans les roches qu’il faudrait creuser pour le tunnel.
Avec les habitants de la vallée, il a remis une pétition de 32 000 signatures en septembre dernier à M. Barroso, président du parlement européen à Strasbourg, pour signifier que la vallée de Susa n’accepte pas que le développement soit accompagné d’une vitesse toujours plus grande et d’une nouvelle pollution.
Le présidio des NO TAV à Venaus, lieu centrale de la vigilance des habitants de la vallée, est peu à peu transformé en lieu écologique : eau chaude solaire, phyto-epuration, four semi-enterré fonctionnant au bois, poêle dans la pièce principale et surtout un jardin et un verger voisin qui permettent de préparer des repas après les réunions des différents comités.
Mon site web : http://avenirclimat.info
Toutes les photos sur les NO TAV.
Le site des NO TAV (en italien et un peu en anglais, beaucoup de documents en téléchargement).
Thèmes
je connais bien ce problème, et je suis allé manifester à turin, pour dire non, avec nos voisins italiens, à ce projet imbécile et dévastateur pour l’environnement.
25 milliards d’euros, au bas mot, sans compter les plates formes d’embarquement, le matériel roulant, et le contournement ferroviaire de Lyon !
récemment, je suis allé rencontrer les maires de la vallée de maurienne pour essayer de les comprendre.
le message est clair, tant pis si c’est pas un bon projet, çà va donner du boulot à nos jeunes ! voila ce que j’ai entendu.
quand j’ai soulevé le problème de l’amiante, certains m’ont affirmé sans rire que c’était une rumeur lancée par les italiens, et qu’elle n’était pas fondée.
le plus grave c’est que ca ne relancera pas le fret ferroviaire, et qu’au contraire, si par malheur le tunnel de base se réalisait, ca ferait office d’aspirateur à camion.
en effet, les transporteurs préferent hélas la route, parce que moins chere, et plus rapide. ils vont donc garder la route jusqu’à l’entrée du tunnel, et quitterons le rail des qu’ils auront franchi les alpes !
comme la traversée des alpes sera facilitée, on risque donc de voir encore plus de camions sur les routes.
un dernier point pour finir : savez vous quel est le premier transporteur routier du pays ?
la réponse est : la SNCF par ses filliales interposées, sernam, bourgey montreuil etc etc...
tragique.
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CE samedi 11 Décembre 2010 nous étions des milliers à manifester "contre les grands projets européens inutiles" à Suse, coté Italien. La lutte continue et nous la relayons en France, en Savoie car les 18 millions de mètres cubes de remblais plein d’amiante c’est en Maurienne qu’ils seront entreposés durant 10 ans de travaux, de camions et de poussière ! "ça sera dur" pour reprendre le slogan des no tav car ici en savoie tout le monde dors et la France Sarkozienne pérore sur ce malentendu écologique qui va enrichir toutes les grandes entreprises d’investissement privées sur le dos des populations....anésthésiées par la désinformation ! Mais ce 11 décembre 2010 ils étaient 15.500 à Bayonne , une mobilisation réussie, et des milliers à Stuttgart en Allemagne.Si les travaux ne sont pas effectifs dès janvier 2011 coté italien à la" magdeleine" l’europe envisage de se retirer du financement....alors il faut tenir dur ! Sachons nous mobiliser nous aussi et dire non aux déchets à grande vitesse, oui à l’investissement pour améliorer les transports locaux et les lignes ferroviaires existantes ! Ne laissons pas la politique s’occuper de nous, faisons là !










