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Live Earth... Al Gore... Jean-Louis Borloo... et vous, et vous...

Nous consommions du travail (Ricardo-Marx), nous consommons du carbone fossile...

Article publié le 9 juillet 2007

Ce samedi "3 fois 7" est également la grande journée proposée par Al Gore : Live Earth. Que vive notre terre !

Jean-Louis Borloo appelait la veille tous ceux qui en ce jour exprimeront leur joie de vivre à se joindre en coeur et en pensée à cette aspiration des millions de fois partagées tout autour de notre planète. Peut-être des milliards de fois.

Mais, cela ne suffira pas !

Live Earth... Al Gore... Jean-Louis Borloo... et vous, et vous...

Le coeur est certes indispensable pour garder vivante la biodiversité comme pour préserver, sans béquille, la beauté de nos paysages et le climat si varié qui les a engendrés et qui les entretient. Car, la Terre est le grand jardin de toutes les traditions universelles.

La pomme, ce carbone des origines, est faite pour l’écosystème dont elle est un élément et donc elle est également là pour nourrir l’Homme. Elle n’est pas faite pour sa consommation. Voilà "La" Différence que nous redécouvrons par la force des choses, c’est-à-dire par le cri d’une Nature abusée.

Nous disons souvent ici qu’issus d’une "économie du travail", telle que l’a pensée tant les marxistes que les libéraux dans la foulée de Marx ou de Ricardo, nous vivons désormais l’aube d’une économie du carbone lequel, en première analyse, fonde toute valeur et sa contre valeur. Le carbone que fixe la pousse des plantes est à la base de toute création. Et c’est ainsi que dans la société post-productiviste, la valeur de la vie rejoint celle de tout capital. Contrairement à ce qui est souvent avancé parce que mal compris !

Voilà l’urgence qui impose la révolution écologique à laquelle aspirent au moins en discours bien des dirigeants qui, il y a peu de temps encore, classaient ces préoccupations dans les discours sociétaux qu’imposait l’air des temps médiatiques. Croyaient-ils !

Or, c’est un programme immense - et concret, loin des considérations théoriques et éthiques qui précèdent - qui s’impose, auquel le gouvernement semble désormais adhérer :

écologiser la fiscalité, par exemple en surpondérant la part du carbone fossile dans l’assiette de la TVA qui mériterait dans un second temps d’être tout autant environnementale que sociale pour décourager le dumping CO2 autant que la dévaluation de fait que reprèsente dans certains pays l’absence de charges sociales et des services correspondants que la société rend aux salariés ;
protéger les efforts d’efficience énergétique de notre industrie ;
introduire la mesure du bonus carbone dans l’actualisation des bénéfices espérés de tout investissement productif ;
doter l’Etat d’une vision macroéconomique de la valeur carbone de manière à éclairer correctement l’approche stratégique et énergétique de nos rapports avec le reste du monde ;
aménager les degrés de liberté suffisants dans tous les systèmes de gouvernance...

La liste de ces révolutions et de ces ruptures successives et nécessaires est longue... Celles qu’on entrevoit déjà et celles qu’on ne peut encore tout simplement concevoir...

Mis à part l’énergie nucléaire, toute valeur est issue de l’accumulation de l’énergie, de l’eau et des matières premières successivement accumulées dans les cycles de production et dans la complexité des réseaux de notre économie.

Le carbone mort, celui qui n’est pas issu de la photosynthèse, source initiale de tous les écosystèmes principaux, est de fait un emprunt aux générations futures.

Telle est la base du raisonnement qui a conduit à proposer cet indicateur provisoire qu’est l’empreinte écologique. Les institutions officielles doivent désormais s’atteler à fournir les cadres conceptuels incontestables de cette nouvelle économie. Or, par exemple, nulle comptabilité, nul système de régulation économique, ne fait actuellement entrer l’emprunt carbone et son bilan (carbone vivant accumulé - carbone mort sorti du stock de la nature) dans la part non durable de la valeur économique des biens et des services produits. Il le faudra demain.

Les exemples proposés dans cette lettre sont épars car, cette comptabilité n’existe pas officiellement.

Mais ils démontrent l’urgence d’y voir clair dans tous ces indicateurs approximatifs de durabilité ou de soutenabilité. Ils mettent le doigt sur une évidence : le carbone, essentiellement le pétrole, demain surtout le charbon, irrigue toute l’économie. Et chacun de poser la question du sens global de tout cela et du geste citoyen dont nos oreilles sont repues sans que la légitimité des discours puissent être vraiment fondée.

Si de telles comptabilités existaient, ces exemples illustreraient encore plus clairement que maintenir la dérive climatique dans une enveloppe de deux degrés, comme le propose l’Europe au Monde et comme Nicolas Sarkozy l’a finalement fait tacitement accepter au président des USA - une révolution sur laquelle bien des blasés ont fait la fine bouche mais dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences - est un effort global qui ne peut résulter que d’une nouvelle régulation des marchés. Jacques Attali disait que nos sociétés n’avaient le choix qu’entre un libéralisme bien compris, tempéré et généralisé et la dictature éthique. Ce sera sans doute ici et là toutes les formes de panachage des deux ! Nous y sommes déjà dans l’antichambre de cette ère. Il est clair que tous les micro mécanismes (ceux des territoires et ceux des acteurs économiques) devront internaliser leur part des fins globales. Appelons cela comme chacun voudra. Nous appelons cela le développement durable. Mais peu importe finalement.

L’essentiel est que tous les instruments économiques devront intégrer progressivement cette donnée, y compris les instruments monétaires internationaux. Nous aurons l’occasion d’y revenir dans cette lettre en proposant de jeter les base d’un "Bretton Woods du carbone".

Cette révolution ne peut donc se satisfaire des "il n’y a qu’à" ni du catastrophisme impuissant. Cela passe par une révolution économique et l’invention de nouveaux instruments de gouvernance et de marché. Quand Jean-Louis Borloo se donne pour mission de contribuer à penser l’après Kyoto, il est évidemment dans le bon chemin.

Car, si les chants et les prières peuvent aider et convaincre la société de se mettre en mouvement, il reste que l’action est essentielle. D’une certaine façon, la politique est toujours à réinventer.

Et dire qu’il en est que cette perspective rend malades...

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commentaires
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par Pierre William Johnson (IP:xxx.xx5.174.7) le 9 juillet 2007 à 15H16

Il serait surtout important de savoir quel a été l’impact -empreinte- (écologique) des concerts Live Earth. Pas négligeable, certainement.

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par Danyblues (IP:xxx.xx2.130.65) le 2 août 2007 à 11H56

L’empreinte est une notion qui n’a aucun sens au niveau micro économique. Ou il faudrait alors les bilans carbone alternatifs de tous les acteurs de la manifestation. C’est le type même de raisonnement apparemment correct qui, en fait, n’a aucun sens. Du genre avec le prix de ce sous-marin, on aurait construire 3 hôpitaux, 200 crêches ou 500 000 klm de pistes cyclables. Nous sommes dans une macro économie de solidarité contrainte. La question est de savoir ce qu’on fait de nos ressources.

Il vaut mieux faire des concerts pour le climat que d’inciter les voyageurs à payer des compensations carbone qui ne font qu’enrichir le Vatican. Je traduis : qui, comme les indulgences du Moyen-Age donnent bonne conscience sans régler en aucune façon le problème - on pourrait même monter que cela l’aggrave (cf. le derenier ouvrage de James Lovelock - tout en nourissant les bureaucraties privées d’organismes dont les cadres ont des comportements peu vertueux. Quand on parle de compensation et d’empreinte, il faut aller jusqu’au bout du cycle. Alors, oui, les concerts Live Earth sont bénéfiques pour la Terre, MSN ou pas !


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