Article publié le 3 juillet 2008
Vous êtes peut-être comme moi, vous n’aviez jamais entendu parlé de cette science difficile à prononcer : la Géoingénierie (de Terre et Ingénieur). Et pourtant elle est enseignée dans diverses universités et écoles françaises, à l’école des Mines de Nancy par exemple ou à l’université de Toulouse qui semble en avoir fait une de ces spécialités, au Canada et ailleurs. Il en existe des diplômes et des diplômés, jusqu’au niveau DESS, ingénieurs ou chercheurs.
Vous en trouverez difficilement une définition car on ne trouve pas la "géoingénierie" dans les dictionnaires ni dans Wikipedia. De ce que j’en ai lu, il s’agit de l’étude des sciences de la terre qui se subdivise en celle des sols, de l’eau et de l’air. Et l’ingénierie est l’ensemble des techniques et dispositifs anciens ou nouveaux dans ce domaine pour contrôler, analyser, et maîtriser les phénomènes naturels à l’échelle du globe terrestre. Par exemple, dans le domaine de l’eau, l’étude de la qualité des eaux, de ses traitements, de son épuration, etc. Dans le domaine de l’air, l’étude de la gestion de sa qualité, de sa pollution etc.
Toutes ces techniques sont intéressantes et utiles pour maîtriser le fonctionnement de notre environnement. Mais elles prennent surtout un relief particulier en ce moment du fait de la constatation que certains phénomènes environnementaux dépassent largement les frontières des Etats et ne peuvent se résoudre qu’a l’échelle planétaire.
L’exemple le plus parlant d’application de géoingénierie est bien entendu le réchauffement climatique lié aux émissions de CO2 de tous les pays du monde. Force est de constater que compter sur le vertu individuelle de l’ensemble des habitants de la planète pour réduire ces émissions de manière considérable (75% !) paraît illusoire quand on connaît l’énormité des différences entre les situations économiques, géographiques, climatiques et ethnologiques des pays du monde. Comment comparer en effet l’intérêt sur ce sujet - et donc la motivation à le résoudre - de pays développés, gros pollueurs historiques, comme les Etats-Unis ou nous même, ceux de pays très peuplés en voie d’émergence comme la Chine ou l’Inde dans lesquels un pourcentage considérable des populations ne mange pas encore à sa faim, et ceux de pays pauvres sans aucune culture environnementale et de peu de ressources comme les pays d’Afrique ? Le pari serait peu être jouable si nous avions 100 ans devant nous. Mais les échéances sont beaucoup plus rapprochées que cela, 2050 au plus tard.
La Geoingénierie prend acte de ce constat d’impuissance et tente de se substituer aux efforts individuels en imaginant des solutions globales à l’échelle planétaire. En voici quelques exemples :
Puisque la terre se réchauffe inexorablement, essayons de la protéger des rayons du soleil ! En augmentant son albédo, c’est à dire le pouvoir réfléchissant de la Terre qui est de 30% de rayonnement solaire renvoyé. Si par un moyen quelconque on pourrait renvoyer 50% au lieu de 30 de l’énergie solaire reçue, nul doute que nous pourrions compenser le réchauffement climatique lié au CO2. L’idée est venue de la constatation que les éruptions volcaniques du Pinatubo en 1991 et du volcan El Chichon en 1982 s’étaient traduites par une réduction de température de la planète de 0.5°C pendant un an. Ces éruptions avaient été particulièrement riches en poussières (10 millions de tonnes estimées) qui avaient obscurci le ciel pendant des mois. De plus elles contenaient des particules de souffre et des gouttelettes d’eau riches en acide sulfurique qui ont un fort pouvoir réfléchissant.
C’est un prix Nobel de Chimie de l’université Max Planck de Mainz en Allemagne, Paul Crutzen, qui vient de lancer l’idée de disperser en haute stratosphère des millions de tonnes de particules souffrées pour essayer de mettre en place un voile autour de la terre pour nous protéger des ardeurs du soleil. Vous pouvez imaginer le pavé dans la mare que ce fût ! Avec des "violemment contre" pour cause de principe de précaution ou de complexe NIH (Not invented Here, pas inventé par moi), et des "pour" en considérant l’urgence du problème et l’irréalisme de la lutte planétaire de tous au coude à coude contre le monstre réchauffement climatique. D’autres ont fait ressortir le problème des pluies acides qui pourraient en résulter, d’autres enfin le coût de telles opérations (50millions de dollars minimum).
Bien entendu, évoquer l’idée ne veut pas dire qu’elle se révèle après étude réaliste ou faisable mais qu’il serait utile de l’étudier. C’est d’ailleurs ce qui est en cours dans différents laboratoires allemands et américains et les premiers résultats sont encourageants. Parions qu’en ce qui concerne les chercheurs français, le principe de précaution stérilise toutes recherches d’entrée.
Ceci n’est qu’un exemple qui projette cette science brutalement en pleine lumière. Mais avec un peu d’imagination, on peut inventer toutes sortes de dispositifs planétaires pour régler tel ou tel problème. Comme de provoquer le développement de phytoplancton dans les mers par injonction de fer pour absorber le CO2 (abandonné). Ou la mise en orbite de parasols géants. Ou de remplacer les transports aériens transatlantiques par des tubes sous marins au fond des mers avec des navettes (c’est de moi). Ou d’étendre des films réfléchissants sur les déserts, etc etc.
La difficulté restera de savoir quel sera l’organisme filtreur de telles idées, l’organisme décideur pour les financer et les mettre en œuvre finalement (l’ONU peut être ?).
A suivre.
Thèmes
A partir du moment où l’on a injecté du co2 et autres dans l’atmosphère, on a provoqué une nouvelle dynamique dans le système climatique. Soit on attend qu’il s’en remette, soit on le remodifie à court terme. Mais à chaque modification on s’éloignera de son état initial. Et la savonnette pourrait glisser de nos mains. Perso je pense qu’il vaudrait mieux adapter notre structure socio-economique au changement climatique, tout en arrêtant d’injecter trop de gaz dans l’atmosphère. Il est grand temps de grandir et de vivre de manière responsable avec notre environnement, plutôt que faire connerie sur connerie parce certains croient qu’ils peuvent jouer avec la Terre. La vanité de l’homme, c’est triste.
La technologie doit nous servir à vivre en harmonie avec la nature.
"La technologie doit nous servir à vivre en harmonie avec la nature." Oui c’est ce que les gens normaux pensent mais on se rend vite compte que TouTE technologie est ou a était utilisé à des fins militaires c’est la triste réalité peut être parce que le pouvoir change les hommes (vous devinerez dans quel sens) ou alors l’homme est une espèce néfaste de base une sorte de parasite. J’en viens à espérer qu’ils s’éradiquent eux et la race humaine tant qu’a faire. Plutôt crever que de survivre dans un monde ou les sols, l’air, l’eau, les aliments, vêtements, et systèmes sont pollués. Même dans le sang des ours polaire on retrouve du plastic. On prend un lambda homme occidentale, on retrouve en moyenne 500 produits chimiques accumulé dans son corps..
Allez tous en coeur : Vive la chimie vive la technologie le progrès et la Croissance !
je suis un peu perplexe : le titre de votre article annonce un regard "critique" sur la matière, qualifiant les idées de la géoingéniérie de "délirantes", et au fil du texte on vous trouve finalement beaucoup plus indulgent que prévu. De fait, quand vous écrivez qu’ "on peut inventer toutes sortes de dispositifs planétaires pour régler tel ou tel problème", il faut bien voir que la géniale suggestion de M. Crutzen ne consiste nullement à "régler" un problème mais à en créer un nouveau. Sa seule vertu, apparemment, serait d’illustrer le syndrôme : "si je me tape sur le pied j’aurais moins mal à la tête". Si accessoirement le déploiement de poussières souffrées présente de telles vertus, pourquoi pas une bonne guerre atomique !!?
Du coup, parlant de la même initiative, vous avez raison en signalant qu’il "serait utile de l’étudier". Il est en effet primordial d’étudier toutes les formes d’imbécilité, qu’elles sévissent chez le beauf du coin ou au sein de la technostructure, laquelle n’est pas la plus épargnée. Non content (hélas !) de devoir nous battre contre la dégradation de la planète, voilà qu’il faut maintenant se battre contre les docteurs Folamour de l’environnement global... :-((
Bonjour, Je vous trouve très enthousiaste vis-à-vis de cette nouvelle matière qu’est la "Géoingénierie".
Les éruptions volcaniques sont vecteur de ponctuels refroidissement climatique (en moyenne un degrés et pendant un an, semble-t-il), mais elles participent également au rejet d’énormément de CO2 dans l’atmosphère !
Je ne sais pas si l’homme a grand intérêt et surtout la capacité à copier la nature... Votre idée de voile autour de la terre me fait penser au film Matrix ! Pas très rassurant comme perspective et que dire des plantes qui ont besoin de soleil pour faire leur photosynthèse ?
Saupoudrer de fer les océans pour stimuler le développement du phytoplancton n’est pas brillant non plus : qui sait les conséquences désastreuses que cela pourrait avoir sur la chaine alimentaire marine ?
"Parions qu’en ce qui concerne les chercheurs français, le principe de précaution stérilise toutes recherches d’entrée." Vous avez l’air d’oublier la fameuse maxime : mieux vaut prévenir que guérir. Nous avons déjà assez abimé la nature à vouloir jouer les apprentis sorciers, pourquoi ne pas mettre la science au service d’un retour à une vie plus simple et discrète de l’homme sur son environnement ?
C’est pourtant simple, et on en a les moyens : on peut stopper en un seul geste le réchauffement planétaire ET résoudre les problèmes de surpopulation. Il suffit de faire sauter quelques centaines de têtes nucléaires et hop ! Comment ça c’est pas drôle... ? :-))
Mouais, si on oublie toute conscience et tout jugement de valeur, c’est une solution rapide et efficace... Pourtant mon lavage de cerveau éducationnel me l’interdit.... pourquoi ?
vous écrivez : "Comme de provoquer le développement de phytoplancton dans les mers par injonction de fer pour absorber le CO2 (abandonné)" Ceci est faux, bien que l’inefficacité de cette technique ait été prouvé, elle est toujours employée, le co2 est un marché porteur, en ces temps de spéculation débridée, il est à craindre qu’une nouvelle bulle est en formation autour de toute cette m.... (désolé mais j’ai rien trouvé d’autre)
Hier à Nice, lundi 8 septembre, indice UV élevé, épandage massif d’aérosol quadrillant le ciel azuréen jusqu’au coucher du soleil. Aujourd’hui, ciel voilé d’un bleu grîsatre mais non nuageux. Absence ou quasi-absence d’activités aériennes similaires. idées ou constatations "délirantes" ?! La géo-ingénierie est, à mon avis, une science largement appliquée.
Je confirme, ici à Nice, "ils" essaient bel et bien de voiler le soleil avec des épandages d’aérosols, ça semble fou, mais c’est la triste réalité. J’observe le phénomène depuis plus d’un an. Des avions militaires se mettent à sillonner le ciel en laissant dans leurs sillages de longues et larges traînées bien blanches qui finissent par s’agglomérer et former un voile pile devant le soleil. Rien à voir avec les contrails des avions de ligne. Ces traînées forment des courbes, des perpendiculaires et des parallèles... cela se passe entre 10 h et 14 h. La température chute bien souvent tout de suite après.. ça devient insupportable !
Entre-temps, Obama lui-même envisage envisage la géoingénierie. Tout espoir d’amélioration se perd.
http://www.jminforme.ca/internation...










