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Les hydrates de méthane ou l'énergie du désespoir

Une providence au service de notre surpopulation

Article publié le 3 janvier 2008

Atteindre ou dépasser 10 milliards d’humains, c’est à coup sûr faire de cette planète un monde invivable. C’est bien pourquoi les énergies que nous ne manquerons pas de découvrir et d’exploiter pour supporter un tel projet suicidaire sont bien les énergies du désespoir. On passe ou on casse, mais tel est le dessein, sinon le destin de cette drôle d’espèce d’homme.

Les hydrates de méthane ou l'énergie du désespoir

Homo sapiens est la pire espèce invasive et s’abstenir de procréer relèverait d’une solidarité écologique parfaitement utopique. Que je sache, le sujet est si tabou qu’aucun pacte écologique n’induit un pacte dénataliste. D’autant plus que ceux qui veulent plaire ne peuvent afficher le moindre radicalisme et iraient même jusqu’à faire dans le populationisme, lequel va si bien avec le populisme ambiant.

Nos prérogatives consistent à continuer de prendre, de vendre, de proliférer envers et contre tout, sans le moindre remord de savoir que l’on va transmettre à l’humanité un legs chaque fois plus amputé et aléatoire. La flore et la faune s’amenuisent, les ressources naturelles se tarissent plus vite que prévu, mais nous nous acharnons à une extinction effrénée pour un déshéritement garanti des générations futures. Telle est notre façon d’aimer.

Nous poursuivrons la mise en route de centaines de millions d’embryons humains sur une planète Titanic. La qualité vertueuse de cette gigantesque famille nombreuse qu’est l’humanité est largement fallacieuse et usurpée quand on sait que le surpeuplement humain est un vrai calvaire pour le reste du Vivant. Le piège commence déjà à se refermer sur nous-mêmes.

En augmentant de 4 milliards, la population planétaire a triplé depuis 1950. 2050, 2100, 2300 : sauf décroissance à un taux inespéré ou hypothétique implosion, 9, 17, 36 milliards sont les chiffres hallucinants annoncés.

Alors, comme la survie de la fourmilière humaine ne dépend plus que de l’impossible, il faut de l’énergie, coûte que coûte, où qu’elle soit et à n’importe quel prix. La fin vaut les moyens.

Nous ne reviendrons pas sur les agrocarburants de première génération tant ils illustreront en moins d’un siècle un crime contre l’humanité en accaparant les terres fertiles ou à conquérir sur une masse forestière déjà déficitaire. Il faut se suicider plus lentement… Les pistes ne manquent pas, toutes sont envisagées.

Certaines sont dignes d’intérêt. Sans même quitter le chapitre du bioéthanol, une filière n’empiétant pas sur la production alimentaire du domaine agricole existe à partir des algues, notamment d’espèces à croissance rapide. Le rendement prédit serait exceptionnel en temps et en masse (certaines espèces sont dotées de plus de 50 % de graisse). Une surface de 4 millions d’hectares pourrait satisfaire les besoins pétroliers des seuls États-Unis.

L’hydrogène est quant à elle envisagée comme une énergie du futur mais deux grands verrous technologiques que sont la production et le stockage n’en permettent l’exploitation à moyen terme. L’avènement d’une société où l’hydrogène substituerait le pétrole reste donc une perspective lointaine. Selon les experts les plus lucides, ce n’est qu’à l’aube de 2050 que l’hydrogène pourrait commencer à jouer un rôle crucial dans l’économie mondiale.

Une piste qui, par sa profusion potentielle, conviendrait à notre déraison est celle des hydrates de méthane. Le voilà le filon incommensurable pour booster une croissance infinie dans un monde fini et soutenir le boom démographique démentiel qui irait de pair. Une véritable providence ! En effet, les hydrates de méthane des abysses océaniques contiennent deux fois plus d’équivalent carbone que les gisements de pétrole, de gaz naturel et de charbon évalués mondialement. À titre d’exemple, une modeste région de 26 000 km2 du littoral sud-est des États-Unis renferme à elle seule 35 Gigatonnes de carbone, c’est-à-dire cent fois la consommation annuelle des USA en gaz naturel. Les hydrates de méthane sont une source potentielle d’énergie fossile susceptible de remplacer les méga services jusqu’ici rendus par le pétrole. Inespéré ! Appelé plus familièrement glace de méthane ou glace qui brûle, ce composé glacé est inflammable.

Sous des conditions particulières, la glace piége et emprisonne des molécules de gaz : ce sont les hydrates de gaz (ou clathrates). Les mieux connus de ces gaz piégés dans ces cages cristallines sont le dioxyde de carbone (C02), le sulfure d’hydrogène (H2S) et le méthane (CH4). L’hydrate de méthane provient de la matière organique en dépôt sur les fonds océaniques et incorporée aux sédiments. Sous l’action des bactéries anaérobies, ces matières organiques produisent un volume considérable de méthane disponible dans les premières centaines de mètres de la pile sédimentaire. Une partie de ce méthane se combine aux molécules d’eau et forme l’hydrate de méthane, dans une fourchette bien définie de température et de pression. La fonte de 1 centimètre cube de cette glace libère jusqu’à 164 centimètres cubes de méthane ! Un hydrate de méthane logé dans les sédiments océaniques par 600 mètres de fond à 7°C est stable, mais devient instable avec une augmentation de température de moins de 1°C engendrant la fonte de la glace.

Les meilleurs gisements océaniques d’hydrate de méthane sont situés à la marge des plateaux et sur les talus continentaux, ainsi qu’à plus faible profondeur dans les régions très froides comme l’Arctique. On retrouve des hydrates de méthane dans la couche gelée du sol que l’on nomme le pergélisol, dans les régions circumpolaires de l’Eurasie et de l’Amérique, où les matières organiques terrestres accumulées sont transformées en méthane biogénique qui, au contact de l’eau est piégé dans des hydrates. Dans ce dernier cas, l’exploitation est plus aisément réalisable.

Les énergies qui ont dopé l’économie et la démographie de notre civilisation ont toutes une fin. Nous sommes au seuil de la très fatale déplétion pétrolière et gazière, le fameux pic pétrolier donnée au plus tard pour 2030. On s’interroge sur un substitut pour nos véhicules, nos avions et surtout notre pétrochimie puisque les engrais sont tributaires du pétrole. Sans l’avènement des intrants agricoles, nous ne serions que quelques milliards sur Terre. Les ressources en uranium existent, mais ne peuvent répondre à tous les usages et ne sont pas davantage illimitées.

Quand les réserves conventionnelles d’hydrocarbures seront taries, il n’est pas impensable que l’on puisse se rabattre sur des gisements plus onéreux comme les sables bitumeux, ou encore mieux ces hydrates de méthane, réserves énergétiques enfouies dans des fonds marins présentement inaccessibles. Cette glace méthanique est confinée dans les interstices du sédiment, ou sous forme de vésicules ou encore en couches centimétriques parallèles aux strates ou en veines les recoupant. C’est en raison de cette localisation difficile qu’ils ne pourront être exploités par des forages classiques, mais plus probablement au moyen de dragues sophistiquées ou par un pompage adapté.

Le risque de déstabiliser rapidement les hydrates et de libérer des quantités considérables de méthane dans l’atmosphère sera la dangerosité associée à ce nouveau type minier. De quoi, en tout cas, redonner l’espoir à une humanité qui, ne voulant pas renoncer à ses prérogatives de développement exponentiel, s’inquiète des restrictions radicales des tout prochains pics énergétiques sans réponses palpables à hauteur des 9 ou 10 milliards de Terriens attendus. De quoi aussi faire saliver les compagnies pétrolières qui voient là une relève à la fin prochaine des énergies fossiles telles qu’on les connaissait. Le Japon, en mal désespéré de nouvelles sources d’énergie, a déjà beaucoup investi dans ce domaine.

Il faut enfin savoir que ces hydrates de méthane sont annoncés par les spécialistes comme une bombe écologique potentielle. Une quelconque déstabilisation globale, par exemple induite par une augmentation de quelques degrés des océans, libèrerait ces stocks de méthane, produisant de terribles tsunamis et une augmentation cataclysmique des gaz à effet de serre. Le méthane est vingt-et-une fois plus efficace que le CO2 comme gaz à effet de serre !

Photo : http://geology.usgs.gov/connections...

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commentaires
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(IP:xxx.xx5.60.210) le 3 janvier 2008 à 22H18

Nous sommes des Hommes ! dans le nord et en Bretagne, déjà des tracteurs et des bateaux fonctionnent plus ou moins en cachette avec de nouveaux dispositifs sur leur moteur. Puisque les ingénieurs n’ont plus le droit de trouver, nous trouvons sans eux . Point final. Des voitures roulent en Australie avec ce dispositif interdit en France , des camions au Canada... l’Homme Libre peut mais il lui faut "SA" LIBERTE. Il faut reprendre espoir en ce début d’année et pour cela aller dans de petites unités où les vrais chefs d’entreprise trouvent et appliquent leurs découvertes. Le socialisme a disparu avec le communisme . Un autre monde arrive ...

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par Papilours (IP:xxx.xx7.72.37) le 4 janvier 2008 à 17H51

Justement aujourd’hui même était annoncé au journal de ce midi, un immense investissement belge pour aller récolter dans nos mines mises à l’arrêt des quantités énormes de "grisou" ou méthane. Quand on sait que : "Le méthane est vingt-et-une fois plus efficace que le CO2 comme gaz à effet de serre !", on peut avoir froid dans le dos. Quand nous aurons remis dans l’atmosphère ce que la Nature à mis plusieurs milliards d’années à enfouir pour faire éclore la Vie, le Vie disparaîtra. Rien de moins.

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par mathieu hangue (IP:xxx.xx7.171.238) le 5 janvier 2008 à 22H44

Il vaudrait quand même mieux ne pas arriver à la libération de ce méthane sous-marin car cela pourrait déstabiliser les sous-sols marins. Voici un article sur ce sujet : "Le réchauffement de la planète provoquera-t-il des raz de marée géants ? " Article complet sur http://hns-info.net/article.php3?id... Bonne lecture MH

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par miniTAX (IP:xxx.xx8.123.138) le 7 janvier 2008 à 13H04

Michel Tarrier, un grand "cueilleur-chasseur d’insecte", qui pose fièrement devant son gros 4x4 à l’autre bout du monde et qui vient maudire l’humanité pour avoir gaspillé les ressources de la Terre. Merci pour cette nouvelle superbe illustration de l’hypocrysie abjecte des néo-malthusiens.

J’espère que ce monsieur n’a pas d’enfant, l’humanité déjà bien mal en point à l’en croire, ne se porterait que mieux.

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par Raminagrobis (IP:xxx.xx2.49.20) le 21 juillet 2008 à 12H06

Votre réaction me fait penser à une histoire de mecdecin (j’ignore si elle vraie) : un cancérologue annonce à un patient "vous avez un cancer des poumons. Il est très probable que la raison soit le fait que vous fumez". Le patiant s’insurge, et, relevant la présence d’un cendrier sur le bureau, il hurle "vous aussi vous fumez enfoiré ! Alors comment pouvez vous me dire ça !".

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par L’auteur de l’actu (IP:xxx.xx8.252.72) le 7 janvier 2008 à 15H00

Bonjour Mini Tax, Le message est assez injurieux et surtout animé d’une haine qui ne peut être seulement inspiré par mon activité plutôt douce d’entomologiste au Maroc. Les insectes sont res nullius et renouvelables, je les partage avec les becs d’oiseau, je ne coupe pas l’arbre mais cueille le fruit si vous voyez ce que je veux dire. Mais sous la couche de méchanceté, il y a certes une vérité, c’est qu’il conviendrait de changer de mode de vie, et pour ce qui me concerne, d’effectuer mes missions en vélo. J’espère que l’oligarchie pourra suivre. Je ne sais de quoi vit Mini Tax/Maxi Prix qui semble n’avoir rien à se reprocher. Compliments mec !

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par Nadiral (IP:xxx.xx3.195.100) le 29 décembre 2009 à 23H46

J’ai fait une recherche sur Google sur les hydrates de méthane après avoir vu les DVD "Planète Terre", qui mentionnent deux épisodes passés de réchauffements climatiques et d’extinctions massives dus au dégazage des hydrates de méthane. Je constate que mon inquiétude est partagée par d’autres... En revanche, certains, comme le site Climat-Sceptique, doutent de la réalité du risque de réaction en chaîne (http://climat-sceptique.over-blog.c...) qu’en pense l’auteur de l’article ci-dessus ?


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