Le Président Bush a annoncé la tenue d’une réunion de représentants personnels des chefs d’Etat sur le climat
Article publié le 8 août 2007
Le 2 août 2007, comme il l’avait annoncé en marge du sommet du G8, le Président George W. Bush a annoncé la tenue d’une réunion de représentants personnels des chefs d’Etat sur le climat organisée par Condolizza Rice à Washington les 27 et 28 septembre prochains. Les Etats-Unis, de part leur poids, très structurants sur le domaine, reprennent la main sur le sujet. Ils imposent leur timing et leur méthode. Ils reprennent à leur compte toutes les avancés du G8 et les élargissent. Par ailleurs, afin de pouvoir lancer une dynamique, ils font une concession importante dans le sens de la mise en place de cibles contraignantes (en cela le fait que le Président des Etats-Unis prononcent le mot Kyoto est symbolique).
Sont invitées la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Commission européenne, le Japon, la Chine, le Canada, l’Inde, le Brésil, la Corée du Sud, le Mexique, la Russie, l’Australie, l’Indonésie, l’Afrique du Sud et les Nations unies.
Décrite, le 31 mai 2007, par le Président Bush, cette nouvelle initiative a une architecture déjà très précise et élaborée. Une idée forte et de constituer un groupe pionnier de pays, ce qui permet de réellement dialoguer, négocier et donc à la fin avancer. Ce groupe constituera un nouveau forum de discussion qui permet d’avancer plus vite que dans le cadre de la Convention sur les Changements Climatiques sans toutefois s’y substituer.
A court terme, c’est à dire avant fin 2008, le but est de trouver un accord pour fixer un objectif global de réduction pour le long terme, puis pour le groupe pionnier, des objectifs individuels de long terme. Les pays s’engagent unilatéralement sur ces cibles et mettent en place des politiques autonomes. A moyen terme, le but est de construire un cadre pour l’après Kyoto. Une approche sectorielle est complémentairement proposée, le but étant d’essayer de trouver des règles dans des secteurs clés (secteur électrique, transport, carburants alternatifs) qui pourraient à terme devenir communes.
Cette initiative peut s’expliquer par une évolution bouleversant du contexte aux Etats-Unis. A titre d’exemple, plus de 28 États américains ont ainsi développé des plans climat et se sont fixés des objectifs de réduction de leurs émissions. 255 maires représentant 46,6 millions d’Américains ont décidé de respecter les principes du protocole de Kyoto en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre de 7% par rapport à 1990 d’ici à 2008-2012.
Par ailleurs, 55 % des Américains pensent que le gouvernement doit faire quelque chose concernant le changement climatique. Des conservateurs comme Rupert Murdoch propriétaire de FoxNews ont rejoint le camp des convaincus de la lutte contre le changement climatique. La plupart des candidats à la présidence des Etats-Unis (Novembre 2008) propose des mesures obligatoires afin de lutter contre le changement climatique. Tous les démocrates (- 80 % à l’horizon 2050), même plusieurs républicains comme le Sénateur McCain (- 65 % à l’horizon 2050). Aucun ne parle de Kyoto. Six propositions de loi sont sur la table du bureau du Congrès (peu de chance de passer à ce stade). Finalement, la décision de la Cour suprême des Etats-Unis du 2 avril 2007 donne tort à l’administration américaine de ne pas considérer comme polluants les émissions des gaz à effet de serre.
L’idée est donc de reprendre la main internationalement et dans le cadre des élections américaines. Nous verrons comment cette dynamique peut s’agréger avec le renouveau de volontarisme que l’Union européenne a exprimé en prenant des décisions structurantes lors du Conseil Européen des 8 et 9 mars 2007. Et nous verrons comment seront associés les pays en développement, pour le moment non soumis a des contraintes de limitation d’émissions.
Thèmes
Climat Changement climatique CO2 Environnement Politique Gaz à effet de serre Réglementation Monde










