Pensez-vous qu’il existe un carburant alternatif viable au pétrole ?
Article publié le 18 mars 2008
1610 : Galileo Galilei, en même temps que Christoph Scheiner,
mais indépendamment de lui, observe des taches sur le Soleil, suit leur
déplacement, et prouve que le Soleil tourne sur lui-même dans une
lettre publiée en 1613.
Taches et éruptions
Le
Soleil est de nature gazeuse ; les régions en son centre tournent comme
un corps solide et différentes couches, depuis le cœur, glissent les
unes sur les autres, ce qui lui confère une rotation plus rapide à
l’équateur (26 jours) qu’aux pôles (37 jours). Cette rotation
différentielle très marquée, conjuguée à une débauche énergétique
interne, commande l’évolution du magnétisme solaire
Chaque
tache sur la photosphère (surface visible) est une porte de sortie du
champ magnétique sur l’extérieur. On peut les observer dans un simple
télescope d’amateur muni d’un filtre à l’ouverture : elles apparaissent
en effet plus sombres que la surface environnante du Soleil, parce
qu’elles sont plus froides (4000° C au lieu de 6000° C pour la
photosphère).
Observation du Soleil dans un télescope équipé d’un filtre à l’ouverture avec une classe d’enfants de 5-6 ans.
Dans
les périodes de grande activité magnétique, tous les 11 ans (par
exemple, en 1989 et en 2000), les taches se regroupent et maculent la
surface de part et d’autre de l’équateur. Ce sont les moments où l’on
constate le plus d’éruptions solaires, ces puissantes échappées qui
s’élèvent au-dessus de la surface en suivant des lignes de force comme
celles de la limaille autour d’un aimant. Ces éruptions,
naturellement abondantes au moment du maximum de l’activité solaire,
sont souvent associées à des régions actives du Soleil (groupes de
taches), et forment un plasma chaud qui échappe à la gravité du Soleil.
Les éjections de masse qui y sont liées se propagent, à des vitesses de
plusieurs milliers de kilomètres par seconde, dans tout le système
solaire, sous une forme résiduelle communément appelée « vent
solaire ». Des protubérances peuvent alors se former et se présenter
comme des boucles ou des arches qui suivent les lignes du champ
magnétique.
Attention, danger !
Il
ne faut pas confondre les filtres à l’oculaire, qu’on place derrière la
lentille, économiques, mais qui peuvent éclater par surchauffe (et
c’est alors votre rétine qui brûle), avec les filtres d’observation
placés à l’ouverture du tube optique, toute sécurité. Ne
regardez jamais le soleil sans protection adéquate, type lunettes
d’éclipse, ou feuille de mylar (en vente dans les magasins spécialisés
ou chez les opticiens proposant un rayon d’instruments d’astronomie) ou
encore masque de soudeur indice maximum. Le mieux est encore d’en faire
une projection sur une feuille ou un mur blanc.
Deux boucliers naturels
Le
Soleil peut apparaître comme un voisin un peu trop chaleureux pour les
planètes telluriques les plus proches de lui (Mercure, Vénus, Terre).
La Terre, au cours de son évolution, s’est vue dotée de deux
boucliers : la magnétosphère, immense bulle de protection magnétique
due à la rotation de son noyau liquide, et l’atmosphère, véritable
forteresse contre les UV, directement issue de la vie. Mais si la Terre
a les moyens de contrer la violence routinière du Soleil, elle est
impuissante devant ses « caprices » éruptifs qui se reproduisent avec
plus de violence tous les 11 ans, cycle dont l’origine est encore mal
connue. Et l’évolution, phénomène indifférent et aveugle, n’a
évidemment rien mis en place pour protéger la foultitude de miniatures
électroniques qui bourdonne au-dessus de nos têtes !
Magnétosphère terrestre : modèle des lignes de force du champ magnétique au voisinage de la
Terre
Des effets dévastateurs sur l’électronique
Les
orages magnétiques terrestres sont la conséquence directe des éruptions
solaires. Bien sûr, il y a ces aurores polaires qui drapent les hautes
latitudes de magie, parce que la bulle magnétique a des brèches
naturelles à ses pôles (les magnétopauses). L’interaction des
particules solaires avec les atomes d’oxygène excités crée de grands
voilages verts. Mais la magie ne fait pas oublier les risques…
Une bouffée colérique du Soleil dégage 1026joules
en quelques minutes, soit l’équivalent de trente millions de centrales
électriques de mille mégawatts fonctionnant pendant cent ans… Le vent
solaire dégrade d’abord l’ionosphère terrestre puis se propage au sol
par tous les conducteurs possibles.
Les
immenses réseaux électriques tremblent, les communications haute
fréquence se brouillent, les signaux TV s’interrompent, les
microprocesseurs frémissent, les fusées en décollage perdent la tête….
Un
violent orage multiplie par dix le risque d’échec d’un lancement de
satellite en orbite géostationnaire, à 36 000 km d’altitude.
Le
plus violent depuis 50 ans a eu lieu en 1989 et a privé d’électricité
six millions de personnes en Amérique du Nord pendant 9 heures. Citons
aussi la descente chaotique de la station Skylab en 1979, la perte de
deux satellites canadiens en 1994, et enfin la catastrophe québécoise
de 1998, entièrement mise sur le compte des pluies verglaçantes, alors
qu’aucune météo, si dramatique soit-elle, ne peut abattre simultanément
trois transformateurs sur quatre, et alors même que notre fidèle
satellite d’observation solaire SOHO (voir encadré) filmait en direct
une gigantesque éruption sur le Soleil.
Les
satellites souffrent de différentes façons selon leur altitude : à 36
000 km, donc en dehors du cocon atmosphérique, les géostationnaires,
dédiés aux communications, supportent directement les pluies de
particules, lesquelles endommagent gravement les panneaux solaires.
Les
satellites d’observation, ou les stations, comme ISS, sont en orbite
basse (entre 300 et 900 km) et encaissent des effets indirects,
essentiellement de freinage. L’orage échauffe la haute atmosphère,
densifiant les molécules d’air en altitude. La force de traînée induite
peut provoquer le dysfonctionnement des constellations de satellites ou
des stations. À chaque violent orage, des centaines d’entre eux voient
leur orbite modifiée et des heures de travail sont nécessaires pour les
repositionner.
La météorologie spatiale a le vent solaire en poupe
Face
à ces problèmes, et dans la perspective de prévisions plus fiables des
colères du Soleil, une nouvelle discipline a vu le jour il y a quatre
ans, impulsée par les Américains, rapidement suivis par les
Scandinaves : la météorologie spatiale. L’Europe a rejoint ces
dernières années les chercheurs de cette nouvelle science
prévisionnelle, en créant des réseaux de surveillance du Soleil (l’un
d’eux regroupe Alcatel, le laboratoire de l’Observatoire de Meudon et
une équipe de planétologie de Grenoble). Du 21 au 26 octobre 2002, a eu
lieu la 7e École d’Astrophysique d’Oléron. Le thème en était la météorologie spatiale.
Même
si cette discipline est encore balbutiante (il reste encore des
paramètres inconnus, comme une cartographie précise des intempéries
solaires), les industriels, pour des raisons économiques, en attendent
beaucoup. Pour affiner leurs connaissances et protéger les satellites, la France et la Chine ont d’ailleurs décidé de lancer ensemble un micro satellite qui
étudiera "la
physique solaire (éjections coronales de matières et éruptions), la
physique du milieu interplanétaire et de la géocouronne, et la
météorologie spatiale". Il sera
lancé vers 2010, date du prochain pic d’activité solaire.
Bibliographie sur le soleil :
· Jean-Claude Pecker, L’avenir du
soleil, 1990, éditions Hachette.
· Kenneth R.Lang, Le Soleil et ses relations
avec la Terre, 1997, éditions Springer Verlag.
· La Recherche 320, mai 1999.
· Ciel et Espace 360, mai 2000.
·Elisabeth Nesme-Ribes et Gérard Thuillier,
Histoire solaire et climatique, 2000, éditions Belin-Pour la science.
· Philippe Dagneaux, Le soleil, splendeur et
fascination, 2003, éditions du Chêne.
Le soleil sur le web
- Département d’Astronomie Solaire de l’Observatoire de
Paris :
Le
spectacle des aurores polaires drapant les hautes latitudes de lueurs
vertes est la seule manifestation visuelle de l’activité magnétique du
Soleil.
En
593 avant J.-C, le Grec Anaximène voyait des nuages de gaz enflammé. Il
semble qu’il s’agirait du premier témoignage d’observation d’une aurore.
Au XVII° siècle, c’est Galilée qui leur a donné le nom d’« aurore boréale », mais sans leur trouver d’explication.
Ce n’est que dans la première moitié du XXe
siècle qu’un norvégien, Olaf Birkeland, associe les aurores avec des
courants électriques créés dans l’atmosphère par des particules
solaires. Jusque-là l’hypothèse la plus plausible était la réflexion de
la lumière solaire sur la glace des pôles.
Légendes nordiques
Les aurores ont toujours fait l’objet de croyances de la part des peuples nordiques qui en étaient familiers.
Les
Shamans Inuits du centre du Canada prétendaient effectuer des voyages
spirituels au sein des aurores pour y puiser des conseils sur le
traitement des malades.
La plupart des groupes esquimaux voyaient en l’aurore la danse des esprits de certains animaux, saumons, phoques, rennes et
bélugas.
Un
mythe algonquin raconte que lorsque le créateur de la Terre eut fini
son travail, il voyagea vers le nord et fit de grands feux pour dire
aux gens qu’il ne les oubliait pas. Les aurores seraient les réflexions
de ces feux.
Selon
une tradition circumpolaire, les aurores représentent toujours les âmes
des personnes qui sont décédées en versant leur sang lors d’un meurtre.
Les aurores sont associées à la mort, à la fécondité, à la chance, ou au malheur selon la provenance du folklore.
Des
exégètes estiment que la vision divine du prophète Ezéchiel, associée
par certains à la visite d’extraterrestres, serait en réalité une
aurore boréale.
De
nos jours, les croyances liées au Soleil sont exploitées par les
astrologues et reprennent deux thèmes chers aux tenants des influences
astrales : une conception cyclique des événements et l’action du
magnétisme, toujours omnipotent, en astrologie comme en pseudo médecine…
Forte
de ces deux outils d’extrapolation, l’astrologie peut donner au Soleil
tous les pouvoirs qu’elle désire lui voir attribués.
Le
cycle le plus connu du Soleil est celui de 11 ans, au cours duquel son
activité magnétique passe d’un maximum à un autre. Le dernier pic, nous
l’avons vu, fut celui de 2000, le prochain sera en 2011. Excellente
base, observationnelle et donc crédible, pour asseoir une dérive
doctrinale d’influence cyclique…
Ainsi, sur un site web d’astrologie,
on peut voir une courbe des pics d’activité du Soleil, de 1780 à 1970,
datés et numérotés, et juste en dessous, la liste des événements
terrestres qui leur sont corrélés.
À
chaque pic a été associé un cataclysme, ou une guerre, ou une
révolution. Par ailleurs, les périodes de creux solaires ne sont
entachées d’aucun drame terrestre, ce qui paraît peu plausible au
regard de l’histoire agitée des hommes et de leur planète.
Diversification des pouvoirs
Mais
comme il ne suffit pas à l’astrologie d’être de mauvaise foi, il lui
faut aussi, pour mieux consolider sa doctrine, renforcer les pouvoirs
de l’activité magnétique solaire. On pourra donc sans doute constater,
en y mettant de la bonne volonté, que tous les 11 ans, la production du
vin, du blé, du riz, et de la végétation tout entière, ne lésinons
pas, augmente de façon notable…
Toujours
sur ce même site d’astrologie, vous pourrez apprendre que les pics
magnétiques solaires sont aussi responsables d’accidents, d’admissions
en psychiatrie, d’infarctus, d’embolies, de suicides, et qu’à ces
périodes intenses, il y a aussi prolifération de lapins en baie
d’Hudson, recrudescence d’invasions de sauterelles, et même, si, si,
une multiplication… des aurores boréales !
Sur un autre site d’astrologie de
longues pages sur le magnétisme, écrites par Jean-Paul Citron, vous
feront rejoindre les statistiques de Michel Gauquelin, qui n’avait pas
noté de corrélation entre les influences des astres à forte activité
magnétique et le thème astrologique. Par exemple : Mars est une planète
à faible champ magnétique et pourtant c’est un puissant moteur de thème
astral. Le magnétisme ne serait donc pas primordial dans le jeu des
influences astrales.
Mais
Jean-Paul Citron n’abandonne pas pour autant ce cher magnétisme. Il
conclut que ses effets se superposent aux effets planétaires. On n’y
échappe pas, d’une façon ou d’une autre.
Selon
les astrologues, tout ce qui se passe dans le ciel doit avoir une
importance, un effet utile ou nuisible pour l’être humain. Parmi les
effets douteux des phénomènes solaires, on peut signaler aussi la
corrélation que certains ont cru voir avec les infarctus. D’une manière
générale, il faut se méfier des corrélations issues du passé : elles ne
marchent jamais pour l’avenir, simplement parce qu’elles résultent
d’une sélection et non d’une réalité physique.
on peut lire, après élimination des hypothèses scientifiques, que
« Plus
intéressante est la constatation suivante : les cas de combustion
humaine spontanée augmentent quand la courbe géomagnétique de la Terre
est à son maximum. Cette courbe varie considérablement en fonction de
l’activité solaire. Cela
semblerait indiquer que les combustions humaines spontanées sont le
résultat d’une chaîne d’événements complexes, d’une interaction entre
certaines conditions astronomiques bien spécifiques et l’état physique
d’un individu. »
L’auteur
précise en effet que l’activité magnétique intense qui leur est
associée perturbe la courbe géomagnétique de la terre et il en déduit
que les conditions imposées par le Soleil peuvent entraîner la
combustion d’un corps humain, après une suite complexe d’événements…
qu’il ne nous explicitera pas, bien sûr !
Chassé-croisé
Au cours du XXe
siècle, les connaissances sur le Soleil ont avancé à grands pas, sa
nature a été élucidée et son fonctionnement en grande partie expliqué.
Les croyances reculent. Mais d’autres naissent. Comme si le ballet des
légendes jouait un chassé-croisé avec la science, l’un refusant de
laisser un iota de terrain vierge à conquérir à l’autre.
Bravo pour vos chiffres . Je viens de vérifier et ça tombe presque juste pour votre cycle de onze ans entre 593 avantJC et 1989 et 2000 ; ça fait sérieux.