
En
effet, il reconnaît que le changement climatique est causé par les
activités humaines et que c’est un problème qu’il faudra bien résoudre
au cours du siècle en cours. Il le répète au fil des pages et des
interviews. Il plaide juste pour que les discussions sur le climat
retrouvent un juste milieu entre les ceux qui prédisent les pires
catastrophes et ceux qui pensent que le réchauffement climatique n’est
qu’un gigantesque canular. Il fait remarquer que lorsque l’on parle les
conséquences du réchauffement, on évalue le nombre de morts des futures
vagues de chaleur en oubliant de soustraire ceux évités par l’absence
de vagues de froid. Un exemple parmi d’autres d’une information souvent
tronquée, pas fausse mais incomplète.
Les politiques mises en œuvre
pour lutter contre le changement climatique doivent être évaluées en
fonction des coûts et des bénéfices retirés. Et pour Lomborg,
l’économiste, Kyoto ne passe pas le test, trop cher pour un résultat
médiocre. Il préconise d’autres voies, notamment de mettre plus
d’argent dans la recherche sur des nouvelles technologies afin de
réduire notre dépendance aux énergies fossiles.
Sa foi dans le progrès technologique, que l’enrichissement des peuples leur permettra de lutter contre les effets du changement climatique peut irriter. Trop libéral. Pourtant, il faut être réaliste. Peu de pays signataires de Kyoto arrivent à remplir les exigences de réduction des gaz à effet de serre. La Chine et l’Inde vont devenir les premiers émetteurs mondiaux dans les décennies futures. Comment peut-on leur demander de réduire leurs émissions alors qu’ils en ont besoin pour se développer, peut-on leur imposer ce que nous n’arrivons pas à faire ? Gare à l’hypocrisie. Lomborg nous met aussi en garde contre une récupération idéologique des problèmes climatiques : lutter contre le réchauffement de la planète donnerait un sens à notre vie, nous aurions une mission. La connotation religieuse est sous-jacente. Veut-on se contenter de se donner bonne conscience ou faire réellement du bien ? Lomborg pose la question et propose ses solutions. Elles ne sont pas idéales. Elles sont peut-être tout simplement réalistes. Il y a souvent loin de la parole à l’action en matière d’environnement.
Cool it par Bjorn Lomborg (en anglais) - 250 pages - Knopf -
Site : www.lomborg.com
Merci pour cet article intéressant. Dommage qu’on ne trouve plus d’exemplaires de ’L’Ecologiste sceptique’.
Un article sur Lomborg sur naturavox = auteur courageux. Je suis étonné du manque de commentaires...
Heureux de voir Lomborg reconnaître s’être planté en niant le réchauffement anthropique. Allègre va finir par se sentir bien seul...
Sur Kyoto, il a hélas raison : c’est un échec puisque le réchauffement est devenu irréversible. Avec plus de signataires et une application plus stricte, ça aurait pu être utile, mais les politiques et opinions n’y étaient pas prêts (et ne le sont toujours pas).
Apocalypse bientôt, donc ("dévoilement"). La technique ? trop peu, trop tard (ah ! les 20 ans perdus dans le déploiement du nucléaire à cause du contre-choc pétrolier et d’écolos à courte vue !...)










