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Le GIEC conjuguerait-il enfin le présent ?

Article publié le 10 avril 2007

Le GIEC conjuguerait-il enfin le présent ?

En préambule à la conférence de presse de ce 6 avril 2007 ayant pour but de présenter le rapport du GIEC sur les conséquences du changement climatique, nous avons pu lire
- le Monde daté du 05/04/2007 - qu’au premier rang des conséquences étaient placées les difficultés d’approvisionnement en eau et la problématique de la biodiversité.

Bien qu’il ne soit pas nécessaire d’anticiper les conséquences futures des variations climatiques pour constater dès aujourd’hui les effets de pressions anthropiques excessives sur la ressource en eau et la biodiversité, ce faisant le GIEC ouvre une voie de dégagement à ceux qui espèrent enfin sortir de la globalisante mono-communication environnementale "calculo-CO2-ite" actuelle.

Car si le changement climatique, entendu au singulier, est un formidable producteur d’incertitude dans l’équation générale drivant notre aménagement du monde, il n’en demeure pas moins difficilement appréhendable autrement qu’en tant que force globalisante, encore aujourd’hui doublement abstraite.

Abstraite quant à la perception de ses causes : en 2005 l’ADEME notait que 50% des français liaient encore équitablement effet de serre avec le trou dans la couche d’ozone ou la mauvaise gestion des déchets, contre seulement 14% aux GES.

Abstraite quant aux modalités de calcul des conséquences possibles : les scientifiques le reconnaissent capable d’influer sur des variables réelles telles que l’accès à la ressource en eau et les stocks de la « banque mondiale » génétique. Reste que ces variables auront elles-mêmes évoluées entre temps du fait de drivers non climatiques (démographie, progrès technologique, développement économique...), leur vulnérabilité actuelle restant encore assez largement indépendante des variations climatiques à venir.

Mais le trouble né de la formulation en termes de conséquences apparaît encore plus clairement une fois dit que les ressources en eau et en diversité génétique sont porteuses, en elles-mêmes, de potentiels d’atténuation des impacts attendus des variations climatiques. Elles en sont donc tout autant des causes que des conséquences.

Autrement dit ce n’est pas plus le changement climatique qui menacerait l’approvisionnement en eau, que le mauvais état des ressources en eau qui menace d’accentuer le changement climatique. Et l’importance de la formulation n’est pas du tout neutre. Elle est révélatrice tant d’une vulgarisation journalistique incomplète, que d’une méthodologie de travail et d’un mode de communication propre au GIEC. Ces différents aspects venant sans doute à être liés.

Car dans la deuxième formulation, la question réelle revient à anticiper les « états » (qualitatif et quantitatif) futurs des ressources en eau et en biodiversité pour ajuster notre perception des impacts climatiques. Pour ce faire, il convient donc dès à présent d’apprécier au mieux l’état actuel des ressources ainsi que l’ensemble des forces à l’œuvre sur les différents points de vulnérabilités qui définissent le comment de la bonne reproduction de ces mêmes ressources.

Contrairement au GIEC, voilà précisément le sens des travaux menés dans le cadre du programme de l’ONU du Millenium Ecosystem Assessment. Or ces travaux demeurent curieusement encore bien confidentiels, ne bénéficiant pas du support marketing nécessaire, la faute sans doute à un manque de formule et de relation choc.

D’un point de vue méthodologique, notons que si le GIEC part de l’hypothèse d’un risque global transcendant pour en déduire des conséquences probables à évaluer localement, l’approche du Millenium Ecosystem Assessment fait justement le difficile pari inverse. Au final sans doute complémentaire, sûrement immédiatement nécessaire. A partir de l’observation locale du fonctionnement des différents écosystèmes composant la biosphère terrestre, l’évaluation du millénaire induit la notion de vulnérabilité, soit l’ensemble des points de rupture possible des cycles de chaque type d’écosystèmes. Notion généralisable sous condition.

Grossièrement dit, nous avons d’un côté un « quelque part au-dessus et demain », de l’autre, un « ici et maintenant » intégrant demain. Mais ce qui est interressant, au delà d’une simple opposition stérile, c’est que cette dernière démarche évite précisément d’avoir à raisonner en termes de conséquences, ce qui est bien difficile dans des systèmes ou tout est lié et rétroagi dans le temps et l’espace. Elle évite également de s’enferrer dans des calculs impossibles et toujours discutables, en préférant une méthodologie d’évaluation adaptative des vulnérabilités à partir des liens socio-économico-culturels spécifiques unissant bonne santé des écosystèmes (fourniture de produits et services) et intégration des groupements humains locaux.

Tout comme elle facilite l’intégration des problématiques économiques et sociales, partant du particulier pour aboutir à des principes généraux (à des grilles de lecture bien plus qu’à des calculs) , elle nous permet une analyse plus fine des mécanismes à l’œuvre, adaptée au local comme au global, à l’action présente comme future. Cependant, plus complexe, elle renonce aussi à une certaine forme d’exposition médiatique d’urgence. Et voilà peut-être exprimé une certaine formulation du coût d’opportunité de la communication.

Quoi qu’il en soit et quelques soient les objectifs de la communication, eau et biodiversité ne sont pas des conséquences dérivées de la « question climatique », elles en sont des tampons vulnérables en amont comme en aval, tampons à conjuguer au présent à mesure que leurs différents états futurs participeront à renforcer ou diminuer les impacts des variations environnementales (pas seulement du climat).

Ouvrant le débat en termes de conséquences, le GIEC fausse d’entrée de jeu la question, cependant il ouvre dans le même temps un véritable espace médiatique pour les thématiques cruciales que sont l’accès à la ressource en eau et la préservation de la biodiversité. Il ouvre la porte à une réappropriation du local, retrouvant le possible chemin du multiple vers l’Un de la terre est ronde. Chemin complémentaire et nécessaire à la compréhension des phénomènes in situe par les populations monde hétérogènes, qui pour la plupart se moquent bien de nos courbes et figures imposées conjuguant simplisme holistique et abstraction.

Il n’est donc pas inenvisageable que ce nouveau rapport du GIEC marque la fin d’une communication environnementale incomplète, un retour à la complexité nécessaire, en pariant bien plus sur la lucidité de chacun que sur sa capacité à digérer des connaissance tant extérieures que préconstituées.

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commentaires
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par Cassandre (IP:xxx.xx8.155.206) le 10 avril 2007 à 10H36

Pour la "complexité nécessaire", on peut faire confiance à l’auteur !

Avant tout autre commentaire, une traduction en français courant serait la bienvenue : "ce qui se conçoit bien s’énonce clairement".

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par µtime (IP:xxx.xx7.4.186) le 10 avril 2007 à 11H01

Bien, donc si je vous comprends bien : vous ne saisissez pas ce que j’écris (votre droit le plus strict), donc je ne devrais pas comprendre moi-même ce que j’écris (mon obligation la plus stricte en application de votre droit)...Pourquoi pas...Finalement la diversité des expressions possibles ne serait au final que le symptôme de la bêtise et de la confusion générale. Alors vivement une connaissance globalement uniforme pour que tout le monde puisse enfin parler du pareil au même !

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par Cassandre (IP:xxx.xx2.18.96) le 10 avril 2007 à 15H39

Arrêtez de me donner raison !

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par µtime (IP:xxx.xx7.4.186) le 10 avril 2007 à 16H16

Serait-il, en plus de devoir écrire au sens commun, interdit d’avoir le sens de l’humour ? Acordez-moi le droit à l’auto-dérision au moins ! Bien. Je reconnais sans mal écrire bien souvent comme un pingoin. S’ouvre à moi deux options : je continue à me taire ou bien j’écris et tiens compte de votre remarque... sous l’angle bienveillant du processus d’amélioration continue si cher à nos systèmes de management environemental ! On y retombe toujours.

Une seule chose où vous m’accorderez le droit d’être en désaccord perpétuel avec vous dans ce contexte : "ce qui se conçoit bien s’énonce clairement..." Quoi, pour qui et comment ?

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par Pierrot (IP:xxx.xx1.23.48) le 10 avril 2007 à 17H34

Bonjour, Excusez moi, mais je n’ai rien compris. Merci de bien vouloir reformuler vos propos en français.

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par gorlaz (IP:xxx.xx3.125.193) le 10 avril 2007 à 22H19

ben ! c’est clair comme du jus de chique !!! qu’est ce que tu nous racontes Gonzague ?

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par Gonzague de Montmagner (IP:xxx.xx7.4.186) le 10 avril 2007 à 23H36

Bien et bien...je me recyclerai donc en français à l’occasion :)

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par Alain (IP:xxx.xx8.123.139) le 12 avril 2007 à 09H12

Gonzague,

Vous écrivez dans une rubrique fréquentée par des écolos, ne l’oubliez pas. Toute thèse doit être simple et spectaculaire pour que ces gens, bercés aux slogans à 5 mots de Greenpeace & Co, comprennent. La complexité du monde réel est souvent trop dérangeante pour être citée.

Revenez marquer des points quand vous aurez un discours simpliste et consensuel à faire.

P.S. Ne vous inquiétez pas, certains autres vous ont compris.

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par Jean-Gab (IP:xxx.xx4.80.96) le 26 avril 2007 à 13H00

cher Gonzague, cher Alain

effectivement le monde est complexe. N’importe qui, quelque soit son niveau d’étude, est capable d’apprécier un problème si on lui donne les moyens de comprendre, clairement et scientifiquement.

Cet article apparait comme du verbiage de communiquant spécialiste qui cherche à noyer le poisson face à l’évidence.

Jean-Gabriel Minonzio, physicien

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par µTime (IP:xxx.xx1.58.221) le 26 avril 2007 à 16H14

Toute critique non argumentée sur la forme de cet article est acceptable. Pour le reste j’aurai aimé pouvoir débattre un minimum et avoir accès moi aussi à l’éducation dont vous parlez. Il n’est ici question que de point de vue à construire et compléter.

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par Jean-Gab (IP:xxx.xx4.80.96) le 26 avril 2007 à 19H23

Bonjour,

effectivement, ma première remarque a été écrite "à chaud" après une première lecture, sous le coup d’un certain énervement. Ma critique porte d’abord sur la forme, il m’est apparu difficile, voir impossible de suivre le cours des arguments.

Les travaux du GIEC sont comme tous les travaux scientifiques. Ils sont basés sur l’observation de phénomènes et leur modélisation. A partir de ces modèles, les scientifiques proposent différents "scénarios" possibles.

Vous semblez penser le contraire en écrivant "D’un point de vue méthodologique, notons que si le GIEC part de l’hypothèse d’un risque global transcendant ..."

L’éducation que j’ai recue ne doit pas être très différente de la votre. Le terme "complexe" de veut pas dire inaccessible.

Je n’arrive pas à saisir le sens de l’article. Est ce que vous voulez dire que le GIEC veut être à tout prix catastrophiste ? Qu’il se trompe dans ces conclusions parce que les modèles ne prennent pas tout en compte ? Qu’il simplifie trop pour être médiatique ?

Si vous préférez un discours incompréhensible face à une réalité complexe pour discréditer le GIEC, alors dites le nous clairement. C’est que pense Alain ? Les écologistes simplifient tout ?

Je préfère penser quil s’agit un problème de formulation et d’argumentation dont je ne comprends ni la logique ni la finalité.

Le problème climatique est suffisant important pour que l’on perde du temps dans des contreverses stériles.

bien à vous

Jean-Gabriel

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par µTime (IP:xxx.xx1.58.221) le 26 avril 2007 à 19H58

Je peux vous assurer que mon propos n’avait pas pour objectif de dénigrer les travaux du GIEC. Bien plus, je regrette une forme de communication mono-"urgentiste" qui fait que la question écologique ne se résume plus ou presque qu’à ces travaux. Cela très vraissemblablement au détriment d’autres thèmes et méthodes de travail qui me paraissent être tant complémentaires que nécessaires afin d’ancrer réellement et durablement ces questions.


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