Le Nouveau monde n’est plus l’Amérique. L’Eldorado fut un trouble obsessionnel et le rêve américain un désenchantement, tous deux nés dans la mort des civilisations qui les précédaient, tous deux se perpétuant dans une violence qui se banalise. La volonté de repousser toujours plus loin la frontière pour exploiter les espaces sauvages a mobilisé les esprits pionniers et permis aux sociétés européennes normalisées de se débarrasser de leurs déviants envoyés risquer leur peau outre-Atlantique. Le Nouveau monde n’est plus l’Amérique ; aujourd’hui, c’est l’Arctique.
Quel
rapport entre l’océan Arctique et une preuve d’amour venue
jusqu’à nous depuis le Néolithique ? La fascination pour le vide depuis
6000 ans ? Les prémisses de l’éternité qui résiderait tout entière dans
une émotion fragile exhumée en grattant la terre ?
En février 2007, des
archéologues ont découvert près de Mantoue, en Italie, un couple enlacé
depuis 6000 ans. Nos deux ancêtres du Néolithique se faisaient face et
se tenaient par les mains (cf. photographie jointe). Quelle émotion !
On devine la tendresse, on pense à leur amour du temps d’avant où ils
étaient vivants. Les archéologues n’ont pas osé les délacer. Ils n’ont
pas souhaité faire disparaître cette émotion matérialisée dans ces
corps semblables aux nôtres.
Quelques
mois plus tard, en août de la même année, deux sous-marins
scientifiques russes ont plongé sous l’océan Arctique pour atteindre
son plancher à plus de 4000 mètres de profondeur. Représentez-vous le
mont Blanc mais à l’envers, les ténèbres et le silence, la faune
étrange. Imaginez la joie des explorateurs, l’euphorie après cette
expédition à vingt mille lieux sous les mers, encore inimaginable
récemment. Constat amer, il s’agissait d’une expérience nullement
désintéressée. Les autorités russes ont revendiqué leur souveraineté
sur une partie des espaces qui se trouvent sous la banquise,
espaces considérés comme une extension du plateau continental de la
Russie. Dans les ténèbres et le silence, la faune étrange et le mont
Blanc à l’envers, se trouverait le cinquième des réserves mondiales
d’hydrocarbures, des réserves encore inaccessibles. Selon le Council on Foreign Relations,
un "think- tank" américain (absolument pas désintéressé par cette
question), l’équivalent de 580 milliards de barils de pétrole pourrait
se trouver près des côtes russes, soit deux fois plus qu’en Arabie
Saoudite. Or, dans un avenir pas si lointain, les réserves de pétrole
du Golfe persique ne seront plus qu’un vague souvenir d’exploitation
outrancière et, en attendant, le prix du baril suit la demande qui
s’envole.
La belle aubaine que le
réchauffement climatique pour les Etats limitrophes
(Etats-Unis, Canada, Russie, Danemark et Norvège) dont certains sont
déjà sensibilisés par les intérêts économiques et les enjeux de
sécurité qu’implique la disparition progressive de la banquise
arctique. Cet océan pourrait être ouvert à l’exploitation de ses
ressources naturelles et à la circulation maritime, réduisant
provisoirement la cherté du pétrole ainsi que les coûts et les
délais de déplacements. La conquête de ce Nouveau monde est annoncée,
une catastrophe écologique est prévisible. Les Etats sont incapables de
penser à l’échelle de l’homme (la faune et la flore n’étant
malheureusement plus que des considérations à la marge).
Alors quel rapport entre
l’Arctique et une preuve d’amour qui nous vient du Néolithique ?
Peut-être celui de juger de notre capacité à lier notre survie à la
préservation de notre environnement. Peut-être aussi celui de
considérer l’essentiel.
Je ne voudrais pas gâcher votre enthousiasme mais quand-même :
Deux cadavres qui sont face à face ne signifie en rien que ce soit un couple amoureux. Ils ont pû être jetés là à des époques différentes ou simplement être deux membres d’une même famille dormant dans la même pièce.
Raconter que le pétrole du pôle Nord serait le 1/5 des réserves mondiales est une élucubration à la Jules Vernes. Jamais personne n’a fait de prospection pétrolière sérieuse dans cette zone.
Merci pour votre commentaire.
Rassurez-vous, l’enthousiasme c’est toujours pour les autres.
Relisez l’article : Pour répondre à votre première remarque relative au sentiment, nous sommes dans le registre du second degré (on "devine" la tendresse, on "pense" à l’amour). Il ne s’agit pas d’un article archéologique ou historique. Vous trouverez de bonnes références bibliographiques dans les instituts spécialisés sur le Néolithique.
Pour répondre à la seconde remarque, relisez une nouvelle fois l’article. Il n’y est pas "raconter que le pétrole du pôle nord serait le 1/5 des réserves mondiales". Il est fait référence à des informations, évidemment à confirmer après expertise sur « le terrain », mais correspondant à des estimations réalisées par plusieurs instituts et administrations publiques et privées. Je ne cite qu’un think-tank américain, certaines études avancent des chiffres plus importants.
Elucubrations à la Jules Verne ? Pas si sûre : au temps des dinosaures la température de la planète était beaucoups plus élevée qu’aujourd’hui, et on ne trouvait pas de glace aux pôles. Ceux-ci étaient recouverts d’une épaisse fôret tropicale, inextricable labyrinthe de lianes et de branches, où se baladaient de sympathiques bestioles du genre Tyrex. Mis à part les ossements de cet hypercarnivore aux dents singulièrement longues, on risque d’y trouver, en creusant, de plein barils pétrole. La raison ? Toute simple : en se décomposant les végétaux de cette zone au climat jadis tropicale auraient entamé le processus de formation des hydrocarbures. Le piquant de l’affaire, c’est que ce royaume englouti des tyrex est redécouvert aujourd’hui par des tyrex d’un nouveau genre : les compagnies pétrolières...
Une autre ironie, bien plus sinistre celle-là, tient au fait que c’est le réchauffement climatique qui rendra possible l’exploitation du sous-sol arctique, de sorte que le pétrole extrait contribuera à son tour à accroitre encore le réchauffement... Le serpent qui se mord la queue !
Mais nous sommes toujours au néolithique ! Le vrai challenge pour l’humain consiste à en sortir pour devenir un supra-humain ! Bien qu’une minorité d’hommes et de femmes soient prêts pour cette mutation, je crains que ne nous dépasserons pas le stade d’être vivant très primaire suicidaire. Nous savons que nous sommes dépendants d’une biodiversité saine, que nous avons tout pollué, les bouleversements climatiques sont irrémédiables et nous continuons à perpétuer un système capitaliste, économique qui nous mènent à la destruction de l’humain !
Surpopulation terrestre engendre la raréfaction des ressources nutritionnelles, la destruction des écosystèmes, et viendront les guerres entre peuples pour survivre . Le manque d’eau, de terres arables et les guerres transformeront cette planète en enfer pour nos "chers" chérubins qu’on produit en grande série : 10 milliards de bipèdes en 2050 !
ho la vache !!! si c’est ça je me barre !










