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Kyoto II : La bataille pour la repartition des efforts est engagée...

Article publié le 19 juin 2009

Kyoto II : La bataille pour la repartition des efforts est engagée...

Nous approchons de la grande négociation sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre qui doit se tenir en décembre à Copenhague et doit en principe se terminer par un traité dit Kyoto II qui définira les efforts de chaque pays pour réduire ses émissions et ainsi participer à la lutte contre le réchauffement climatique de la planète. Nous connaissons les positions des uns et des autres de par celles prises lors des négociations pour le Traité de Kyoto dont je rappelle que les États-Unis ne l’avaient pas signé et que certains pays, ceux en voie de développement dont la Chine et l’Inde, étaient exemptés.

La raison pour laquelle les États-Unis n’avaient pas voulu signer, alors qu’ils étaient à l’origine des discussions de Kyoto, était justement l’exemption de la Chine et de l’Inde alors que ces pays sont de plus en plus des émetteurs considérables de CO2.

La position des pays émergents était, elle, que, n’ayant pas participé à la constitution du stock existant de CO2 dans l’atmosphère, ils ne voyaient pas pourquoi ils devraient accepter des objectifs contraignants de limitation d’émissions et limiter ainsi leur développement économique. Ce qui, incidemment et quoiqu’en disent les écologistes, montre bien que le réel problème qui empêche un accord rapide sur ce sujet est bien le lien existant entre activité économique et émission de CO2 et la peur de certains que la réduction des émissions ne se traduit par une récession économique forte. Comme semble le prouver d’ailleurs la réduction des émissions dans cette période de crise économique.

Kyoto II doit être une occasion de rebattre les cartes de ce problème planétaire et de répartir à nouveau les efforts à faire pour réduire ce réchauffement (si du moins il est bien lié à l’activité humaine et pas aux caprices du Soleil comme le pensent certains). Depuis Kyoto I, en effet, les choses ont bien changé. Les États-Unis depuis Obama ont admis qu’il fallait qu’eux-mêmes, premiers pays émetteurs de CO2 en 2006,entrent dans la danse des efforts de réductions drastiques si on voulait maitriser la température de la planète. La Chine vient de passer devant les États-Unis comme plus gros émetteur de CO2 de la planète, mais reste largement derrière les grands pays industrialisés en émission unitaire par habitant du fait de l’énormité de sa population. Elle semble néanmoins, comme l’Inde et les BRIC en général, consciente qu’elle se doit de participer à l’effort commun.

Bref, nous approchons d’une négociation qui sera sans nul doute sévère pour déterminer et trouver un compromis acceptable par tous sur les efforts à faire par chaque pays. La réunion préliminaire à celle de Copenhague a montré la violence potentielle des affrontements et s’est terminée par un échec. Nous voici donc dans une période de préparation de ces négociations dans laquelle chaque pays se prépositionne pour faire connaitre les efforts qu’il est prêt à faire et ceux qu’il n’est pas près d’accepter. Un peu comme, avant un match de boxe, chaque adversaire essaye de montrer sa force dans des déclarations guerrières pour influencer l’adversaire et le mettre dans une position de faiblesse psychologique  !

C’est exactement ce qui vient de se passer en Asie entre Chine et Japon.Le Japon vient, en effet, de dévoiler ses propositions d’engagements de réduction d’émission de Gaz à Effet de Serre. L’engagement japonais, que son Premier Ministre Taro Aso estime très ambitieux, vise à réduire les émissions du pays de 15 % entre 2005 et 2020 par rapport au niveau d’émission de 2005.Les objectifs étant exprimés en réduction d’émissions de 1990 à 2020 et pas 2005, l’équivalent de cet objectif annoncé de 15 % sur la période 1990/2020 est seulement de 8 % sur 1990/2020. Pas de quoi effectivement tombé d’admiration quand on sait que l’Union Européenne a d’ores et déjà pris comme objectif une diminution d’émission 1990/2020 de 20 % .

La Chine a aussitôt exprimé sa désapprobation d’un objectif aussi faible et a déjà donné un chiffre que, selon elle, les pays industrialisés devraient se fixer comme objectif de réduction d’émissions. Il est, tenez-vous bien, de 40 % à atteindre en 2020 par rapport à celles de 1990 assorties d’une contribution de la part des pays industrialisés d’un financement de l’ordre de 0.5 à 1 % de leur PIB pour aider les pays émergents à atteindre les leurs tout en continuant à se développer !!! Le double de l’objectif de l’Union Européenne et 5 fois plus que celui que le Japon vient d’annoncer, sans compter la contribution financière ! C’est dire que l’écart entre ce que les pays industrialisés trouvent acceptable et ceux que les BRIC souhaiteraient qu’ils se fixent est énorme. Par ailleurs, au-delà des 2020, la Chine a exprimé que c’est une diminution d’émissions de 80 % sur la période 1990/2050 que les pays industrialisés devraient se fixer là où ces derniers envisagent seulement 40 %.

La différence, bien sûr, tient au développement économique que les uns et les autres veulent atteindre pour les BRIC ou conserver pour les pays développés.Le Premier Ministre japonais a d’ailleurs exprimé qu’il serait irresponsable pour son pays et lui-même d’aller au-delà des 8 % qu’il annonce sans affecter sérieusement son industrie et le public.Tout transfert d’un pourcentage d’effort de réduction d’émission d’un pays ou d’une partie du monde vers une autre est un transfert de Produit Industriel Brut et donc d’activité économique

En même temps que des discussions préparatoires se tiennent à Bonn pour préparer Copenhague, une délégation américaine est allée « tâter le terrain » directement en Chine pour discuter de ce qui pourrait être acceptable pour ces deux plus gros émetteurs de CO2 de la planète avec 40 % des émissions mondiales à leur compte. La délégation américaine est repartie fortement déçue en dépit de paroles lénifiantes sur le rapprochement des positions. Pour les Chinois, qui savent prendre des positions très dures avant toute négociation, la chose est simple : les pays industrialisés doivent payer pour les années pendant lesquelles ils ont développé leurs industries et pollué l’environnement, car les victimes du réchauffement climatique résultant seront... les pays émergents.

Inutile de dire que les négociations de la fin de l’année à Copenhague vont être très difficiles, en particulier pour les pays industrialisés. Pour avoir eu moi-même l’expérience de ce type de négociations commerciales, je ne suis pas convaincu que la position de l’Union Européenne qui a déjà annoncé la couleur ne nous mettra pas immédiatement en position de victime désignée pour prendre à notre compte le maximum d’effort. On part d’une position de réduction d’émission de 20 % et on termine, après de dures et longues discussions, à 25 % plus 0.5 % de notre Produit Interieur Brut comme aide aux pays émergents. Allez on parie  ?

À suivre de près, car c’est de notre avenir économique à tous dont nous allons discuter à Copenhague... 

Thèmes

CO2 Politique Gaz à effet de serre Réchauffement climatique

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par foxtikupmu1974 (IP:xxx.xx6.50.134) le 22 août 2013 à 06H50

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