Article publié le 15 mai 2007
“Catch a wave and you’re sittin’ on top of the world “ chantaient le Beach Boys , comme si la mer n’était qu’un vaste terrain de jeux pour surfeurs . Les tragiques événements de ce week-end à la Réunion sont là pour nous rappeler que la mer reste dangereuse et imprévisible et que le prix à payer reste élevé , notamment chez les marins et gens de mer .
Une houle dont certaines vagues atteignaient 11 mètres de haut est arrivée sur les côtes ouest et sud de la Réunion, provoquant de gros dommages dans la région de St Pierre et coulant une quinzaine d’embarcations à St Pierre et à St leu . Par ailleurs, deux pêcheurs sont toujours portés disparus après le naufrage de leur bateau dans la nuit de samedi à dimanche . Selon Météo France , ce phénomène de houle australe serait habituel dans le sud de l’océan indien et arriverait périodiquement à l’approche de l’hiver austral, provenant d’une tempête à proximité des îles Kerguelen .
Mais des vagues comme nous pouvons en voir dans les films (Point Break, Brice à Nice, tout comme celles rencontrées par George Clooney dans "En pleine tempête"), celles-là, on n’en rencontre pas tous les jours dans la réalité, mais ce qui est certain, c’est qu’elles existent bel et bien .
Grâce aux deux satellites ERS de l’agence spatiale européenne , l’existence de ces véritables murailles liquides uniquement décrites par des marins rescapés a été scientifiquement prouvée , les radars des satellites ERS scrutant en permanence la surface océanique et calculant la hauteur des vagues . Ce type de vagues est probablement à l’origine des disparitions inexpliquées de navires de commerce de plus de 200 mètres de long ces vingt dernières années .
Ces vagues scélérates , appelées freak waves ou rogue waves en anglais se présentent comme
des vagues énormes , en général des murs d’eau précédés d’un important
creux et apparaissent dans des mers démontés mais ne portant pas à
conséquences quand à la tenue du navire .Une vague scélérate est celle
qui est complètement démesurée par rapport aux autres dans les
conditions de mer où elle survient , et se caractérise par une hauteur
crête-creux supérieure à deux fois la hauteur significative de l’état
de mer , ou
encore 1,25 fois la hauteur moyennes des autres vagues . Les vagues scélérates peuvent atteindre des hauteurs de 25 à 30 mètres et il vaut mieux ne pas se trouver sur leur passage.
Ces vagues sont dues à l’effet du vent sur la mer et sont à distinguer des autres types de vagues anormales dues à d’autres causes comme les tsunamis ou les raz de marée .
Ce type de vagues est inexpliqué par la théorie classique de l’hydrodynamique , ignoré par les essais en bassin , et ignoré statistiquement car très rares , néanmoins de nombreux témoignages des commandants des bateaux transatlantiques mentionnent ces vagues gigantesques dans l’atlantique nord . Le commandant du « Jeanne d’arc » en rencontra le matin du 4 février 1963 dans le pacifique , 3 vagues de 15 à 20 mètres de hauteur qu’il arriva à franchir sans chavirer au prix de coups de gîte de 35 degrés environ . De même , une vague de plus de 18 mètres de haut endommagea la plateforme pétrolière Draupner, le premier janvier 1995 durant une tempête dans la mer du nord . Depuis , une dizaine d’observation concernant des vagues extrêmes ont été faites par les plateformes pétrolières dans le monde .
On
a relevé dans le monde 19 zones à risques , particulièrement là où un
courant s’oppose au vent , comme dans le courant des aiguilles au large
de l’Afrique du sud ;
Plus près de nous , le golfe de Gascogne , la Mer du Nord et la Mer Baltique ainsi que l’Atlantique Nord sont des zones potentiellement à risque .
Des enquêtes ont conclu à l’implication probable de ce type de vagues dans la disparition soudaines de gros navires , comme le minéralier britannique MW Derbyshire en 1980 et la cargo allemand München , tout comme la perte de la plateforme Ocean Ranger avec 84 pertes en vies humaines.
On ne sait malheureusement pas détecter avec fiabilité les risques de rencontrer ces vagues anormalement hautes et encore moins prédire si le réchauffement global aura également des conséquences sur l’augmentation en quantité et en amplitude de ces phénomènes extrêmes méconnus .
Bonjour Le Chat,
Bon article. Je me rappelle un reportage, sur Thalassa je crois, relatif à ces vagues scélérates. Les équipages sont attachés afin de rester aux commandes.
Saluons les marins qui affrontent ces éléments.
Tres bon article, cher Chat. (T’avais pas de photos ?)
Et comme dirait Piaf : "emportée par la houle..."
Salut seb , le titre n’était pas innocent , je vois que tu as saisi l’alluvion :-))
Salut Marie pierre , je ne sais pas si cet article va faire des vagues ;-) mais il est important de parler de la nature capricieuse de la nature qui aura de toute façon le dernier mot ....
Bonjour Minou
Captivant ton article, je te communique un petit lien.
http://www.ifremer.fr/web-com/molag...
Je suis du pays du mascaret, coupable de nombreux morts noyés chez les pêcheurs de Pibales.
Cordialement
Le furtif
Salut furtif , je connais le phénomène du mascaret , qui permet quand il est suffisemment ample de surfer en rivière.en chine , il en ont un réputé que j’ai vu sur planète . Bien à toi
J’en profite pour remercier Naturavox pour m’avoir fait ici aussi une petite place ,la nature et l’écologie étant de toutes façons plus mon fond de commerce que la politicaille . :-)
exellent article mais ces vagues ont été expliqué par la mécanique cantique il y a quelques mois ( environs 1 ans).
http://www.admiroutes.asso.fr/larev...
http://www.plongeur.com/forums/show...
http://www.astrosurf.com/luxorion/s...
cordialement,
Z
merci à toi pour ces liens dont les photos illustrent magnifiquement la petitesse de l’homme face à la nature déchainée
Enfin un article qui ne prend pas de gîte à gauche ni à droite mais nous fait chat-virer la pensée vers l’immuable scélérat.
........... ! pardon !
Merci LE CHAT
@gasty
je crois que face à la mer , il faudra être plus poisson-chat que callogero :-))
@ The CAT
Bonjour,
C’est pas à Calais que cela arriverait...quoique....
@zen
tu crois pas si bien dire , mon chtibuddah , tous les ans , y’a des imprudents qui sont emportés par les vagues sur la jetée à boulogne sur mer
et les vagues se surfent aussi ; www.youtube.com/watch ?v=AlPq...
:-o , :-o
Ces vagues sont connues depuis très longtemps des navigateurs. Elles sont signalées régulièrement dans les diverses "Instructions Nautiques"... Les journaux de bord font état de ces mauvaises rencontres : Le "Ramapo" en a rencontré une qui faisait... 38 mètres de haut.... Un porte avion d’escorte américain a eu sont pont arraché en aAtantique nord durant un convois sur Mourmansk.... A chaque fois que les marins informaient de ce genre de fait, certains, aussitot, d’empressaient d’infimer la déclaration...
Ces vagues qui déferlent sur le rivage posent surtout l’incurie de Administrations qui autorisent les installations humaines à proximité de rivage !
Je me permet ici de prendre un peu la défense des vagues. Je tiens juste à faire remarquer que la tendence naturelle des chats à ne pas aimer l’eau froide n’est certainement pas sans influence dans cet article. Allez-y, diabolisez les vagues qui serait la cause de tous les maux... mais les vagues bleues emporteront tout sur leurs passages dans les mois à venir. Et ce n’est pas un misérable chat qui n’a pas su faire sa rénovation il y a quelques milliers d’années afin de s’adapter à ce nouveau projet de société et dont les positions ont toujours été frileuses qui va pouvoir contrer l’innoxérable évolution de la société au niveau mondial. Rester assis sur un radiateur, c’est bien, mais agir c’est mieux. Cette posture surfaite - un coup je te trempe une patte, un coup je la ressort effarouché - ne séduirat personne.
@EPONYMUS
excellent ton commentaire , n’empêche , je me jette à l’eau dans des articles ne causant pas que de félins , quoique une chronique des silures et poissons chats serait un sujet pour moi :-))
bien à toi
et tu n’as pas l’impression de trahir ton camps ? ou tu te situes peut être dans une optique d’ouverture suspecte ?
éponymus,
je confirme l’aspect catastrophique de la vague bleue dans les mois à venir...
c’est effectivemùent une vague scélérate...
les vagues proviennent du couple énergie cinétique/énergie potentielle de la mer. Pour qu’il y ait vague, il faut qu’il y a changement de profondeur afin de transformer l’énergie potentielle de l’eau en colonne d’eau. C’est pour cela qu’il y a peu de grandes vagues à Royan, par exemple, où le fond s’enfonce tranquillement. Dans le cas de la Réunion, le contexte est tout autre. A 200m de la plage de St Gilles ou après celle de l’Hermitage, il y a entre 50m et 80m de fond. Les plongeurs de la Pointe au Sel vous le confirmeront. C’est ainsi que le brusque changement de la profondeur à la Réunion est propice à ce genre de phénomène. Il y en aura donc d’autres. Maintenant, est-ce-qu’un phénomène similaire peut avoir lieu en métropole ? Sur les plages du Cotentin, du Roussillon ou de l’Atlantique charentais, c’est peu probable. En revanche, sur Marseille, Cassis habituellement peu propice aux marées et Biarritz, rien n’est moins sûr.
Ce type de vagues est inexpliqué par la théorie classique de l’hydrodynamique , ignoré par les essais en bassin , et ignoré statistiquement car très rares
Faux , faux et encore faux surtout que ça contredit le reste du texte !!!
Cf Wikipedia (voir aussi les liens depuis wikipedia :
Les vagues scélérates sont des vagues océaniques très hautes, soudaines et considérées comme très rares.
Jusqu’au début du XXe siècle, les vagues scélérates semblaient appartenir au folklore maritime — jusqu’à ce qu’un certain nombre de témoignages de rencontre de ces vagues par de gros navires modernes, ainsi que des mesures océanographiques, convainquent les scientifiques de la réalité et de la fréquence du phénomène.
Contrairement aux vagues de tsunami qui sont des flux de grande longueur d’onde et qui ne s’élèvent qu’à l’approche des côtes, les vagues scélérates sont des vagues solitaires, de même longueur d’onde que leur voisines, mais au profil beaucoup plus abrupt que celui des autres vagues et dont la hauteur du creux à la crête est de 2.5 fois la hauteur des vagues moyennes. Elles sont souvent décrites comme un mur d’eau qui vient heurter le navire.
Elles peuvent atteindre des hauteurs de plus de 30 mètres.
Au moins cinq accidents récents en attestent :
Plate-forme pétrolière de Draupner, vague de 31 m en mer du Nord le 1er janvier 1995 ;
Queen Elizabeth 2, vague de 29 m dans l’Atlantique nord en février 1995 ;
Bremen et Caledonian Star, trois vagues de 30 m dans le Pacifique sud en février 2001 ;
L’Aube Norvegian, vague de 21 m au large de la Caroline du Sud en avril 2005 ;
Le Pont-Aven, le 24 mai 2006, a rencontré une vague d’une hauteur d’environ 20 m au large de Ouessant ;
Le 8 décembre 2006, Laura Gainey, la fille du directeur général du Canadien de Montréal, Bob Gainey, fut victime d’une telle vague à environ 700 km au sud-est de Cape Cod, dans l’État du Massachusetts. Sans crier gare, une énorme vague de fond ("rogue wave" ou "vague scélérate") s’est abattue sur le navire vers 21h30. Rien n’a été brisé, mais Laura Gainey manquait à l’appel.
Si la rencontre des grandes vagues des latitudes australes et de courants contraires, comme dans la zone du courant des Aiguilles, le long de la côte est de l’Afrique du Sud, peut en partie en expliquer leur présence, par la théorie dite current focusing, les observations à l’aide des radars des satellites ERS-1 et ERS-2, de l’ESA, ont permis aux scientifiques du projet Maxwave d’en repérer à travers toutes les mers du monde. Donc, dans certains cas, la remontée du plancher océanique ou les phénomènes de diffraction et d’interférences provoqués par le relief côtier, ou encore les courants, expliqueraient l’apparition de ces vagues par simple addition.
Cependant, leur fréquence contrarie les modèles généralements admis, et leur existence en plein océan conforterait l’hypothèse d’une possibilité de comportement non linéaire de propagation des vagues : ceci ferait que, dans un train de houle, la vague scélérate apparaîtrait, absorberait l’énergie contenue dans ses deux voisines, puis s’atténuerait.
Le terme employé en anglais est « focusing » et il serait peut être plus judicieux de parler en français de « paquet de vagues », tout à fait analogue au paquet d’ondes de l’équation de Schrödinger, du fait que des équations identiques ont des solutions identiques — les phénomènes n’ayant que leurs équations de commun (autre exemple : la décharge d’un condensateur et la décroissance du nombre d’atomes radioactifs dans un échantillon ont les mêmes équations).
Aucune explication des conditions provoquant leur formation ne fait actuellement l’unanimité. Cependant, leur réalité est maintenant démontrée et n’est pas sans conséquence sur la sécurité maritime et la conception des grands navires marchands, notamment les minéraliers et les vraquiers qui coulent en quelques minutes.
Si un tanker (ou tout bateau long) rencontre une telle vague de face (ou par l’arrière), cela pose 2 problèmes :
La masse de l’eau en mouvement représente une énergie au moins doublée par rapport aux vagues habituelles qui va percuter le bateau par sa proue (par exemple). Il n’est pas rare qu’une vague scélérate ait une hauteur au moins égale à celle du château (la partie du bateau la plus haute dans laquelle se trouve le poste de commande et de navigation). L’effet cumulé de la hauteur exceptionnelle des vagues et de la longueur d’onde peut littéralement soulever le bateau par les 2 extrémités. La partie centrale du bateau se retrouve alors dans le vide, ou tout au moins se retrouve moins portée par l’eau, et va donc être soumise à des contraintes énormes (surtout si les soutes sont pleines) qui peuvent casser le bateau en deux. Si la vague frappe le bateau par le côté, elle peut le faire chavirer.
L’immense majorité des marins au long cours ne verra jamais de vague scélérate de toute leur carrière, mais elles sont redoutées par tous car elles sont actuellement imprévisibles et meurtrières, d’où leur nom.
J’ai toujours dit que l’eau, c’est dangereux. C’est pour ça que je n’en mets jamais dans mon whisky :-)
Article super interessant. Tu as des connaissances vastes. Moi qui croyait que les chats craignaient l’eau froide ! :-)
Salut phileas , pas tant que ça , je rajoute même des glaçons dans le pastaga
en 1940 le Ramapo navire de guerre US rencontra une vague de 36 metres .... le Leonardo di Vinci ,navire de croisiere rencontra egalement une vague geante qui tordit toutes ses superstructures en plein Atlantique ....
le phenomene se ses megawaves se rencontre aussi dans le detroit de Zanzibar .......
il y avait eu effectivement à la télé une émission passionnante sur ces phenomenes .....
au Cap Horn,il peut y avoir aussi ce que l’on nomme des vagues pyramidales du fait de la rencontre de courants qui s’opposent et gare au navire qui en fait la rencontre ..... l’article est trés interessant ....... bien vu le Chat .....
bonjour, et pour conclure cet impressionnant sujet :
LA CRISE SUR LE BATEAU
S’unir à vie est comme fonder un équipage, ni trop fort, trop bavard, c’est simple pour savoir. Parcours son pays, avec lui jusqu’au soir. Choisir son compagnon, ne tient pas du hasard, un heureux fou vaillant, dans vingt ans sera sage.
Du bout de la jetée, observez l’horizon, et choisissez votre île, de par delà les vents. Chaque îlot est distinct, lointain et accueillant. Gardez le en mémoire et ramez en même temps, car de jour comme de nuit, c’est la seule direction
Puis là, au bord du quai, que des coques semblables, trop larges pour pouvoir bien tenir les deux rames. Ne vous chargez pas trop, n’oubliez pas votre âme, dans l’enceinte du port, la mer est toujours calme, mais la jetée franchie, tout devient improbable.
La recette est bien simple, rechercher l’harmonie, toujours s’épauler, se suivre, se seconder, accorder à son tour d’être un temps dominé, accepter d’arrêter quand l’autre est fatigué, et ne jamais sauter…les deux sont compromis.
La vie, comme la mer, a des creux et des vagues, des crêtes d’où l’on voit très bien son île au loin, des gifles dans les embruns, de furieux vents malins, des chutes dans des fonds, qu’on peut penser sans fin. Réserve ton énergie, pour défier le sauvage.
Si tu n’oublies jamais cet objectif louable, alors, dans tous les cas, ne ronge pas ton fer. Car, face aux pires tempêtes, petite est ta colère, dans l’immense univers, un atome éphémère, sur l’étendue des plages, un petit grain de sable…
Car le soleil se couche, la nuit, mais pas la mer…
Merci pour ces descriptions de vagues scélérates dont j’ai bien compris le danger pour les très longs bateaux bien décrit par "Rdlm" mais, pour moi le plus grand danger vient des vagues perpendiculaires à la houle et jusqu’à ce jour, c’est ce que je nommais improprement ’vague scélérate’ . Qu’en pensez-vous ? J’ai cru que ces vagues venaient des chutes de pan de montagnes dans la mer comme il peut arriver en petit au cap Blanc-Nez sur la côte d’Opale, mais surtout aux Canaries par exemple. Il faudrait bien que la vague traverse l’atlantique comme lorsque l’on jette un caillou dans l’eau .










