Article publié le 5 décembre 2007

Autre
exemple encore plus horripilant. Les grèves de novembre ont donné lieu
à de savants calculs pour savoir combien d’émissions polluantes
supplémentaires elles ont engendré. Olivier Carles (ingénieur,
spécialisé dans les bilans carbone - il a participé à la mise au point
de la méthode "Bilan carbone" de l’ADEME destinée aux collectivités)
dans une interview au Figaro du 16 novembre estime qu’ « il y a 1,
5 million de voitures en plus sur les routes d’Ile-de-France les jours
de grève. En moyenne, elles parcourent 27 kilomètres dans la journée,
ce qui nous donne au minimum 40 millions de kilomètres parcourus en
plus, soit environ 10 000 tonnes équivalent CO2 de gaz à effet de serre
rejetées dans l’atmosphère. » Salauds de grévistes ! ne manqueront pas de crier certains.Merci pour cet article qui nous incite à apprendre à réfléchir par nous- même. Ce qui me dérange, c’est qu’aujourd’hui un article du Monde (journal pas particulièrement écolo) nous dit que plusieurs études scientifiques "en bonne et due forme" montrent que l’énergie venant de la biomasse (chauffage au bois domestique entre autres) provoquerait 40% des émissions de carbone en Europe... (cf"Les feux domestiques contribuent pour une grande part à la pollution hivernale en Europe" "http://www.lemonde.fr/web/article/0... ) J’aimerais bien y comprendre quelque chose. Merci d’avance Florence Louvier
L’article du monde auquel Florence Louvier fait référence parle de pollution de l’air par les particules (aérosols carboné). Il ne s’agit pas de gaz à effet de serre et de changement climatique.
Brûler du bois (de forêt gérées) n’a pas d’incidence dans l’augmentation de la concentration atmosphérique de CO2. Le problème "climatique" que pose l’exploitation des énergies fossiles est que leur combustion libère dans l’atmosphère du Carbone qui a été séquestré par la nature il y a 150 millions d’année. Et nous avons libéré une part importante de ce stock en moins de 200 ans. Vis à vis du changement climatique, il faut donc distinguer ces 2 type d’émissions.
En terme de pollution atmosphérique, la combustion de biomasse peut poser problème. Lorsque l’on chauffe 6000 logements d’un coup avec une chaufferie bois et un réseau de chaleur, la cheminée est muni de filtres qui limitent ces particules. C’est plus délicat pour les installations individuelles. Aussi il faut être attentif à ce point et c’est l’objet des travaux de recherche relatés dans l’article du "monde".
S’il faut choisir entre bois et gaz : les conséquences de la pollution local (par les particules) sont réversibles. On arrête de faire du feu de bois pendant 2 ans, et plus aucune particule ne reste dans l’air. Celles du changement climatique ne le sont pas à l’échelle humaine. Si on meurt tous demain, dans 100 ans, le climat sera toujours aussi détraqué qu’aujourd’hui, et plus encore à cause des effets d’inertie.
Pour réduire nos émissions de gaz à effet de serres, il faut abandonner les énergies fossiles, et faire attention aux solutions de substitution. Faire des économies d’énergie passe avant de changer d’énergie...
Et enfin, concernant le chiffrage de la grève en terme de CO2, je suis désolé que cela ait horripilé l’auteur de l’article. Me voila gratifié d’un "je n’ai de vert que mon verni" dans lequel je ne me reconnaît pas. Le problème de la mobilité individuelle est celui qui pose le plus de problème et qui changera le plus profondément notre société si effectivement on s’engage dans une division par 4 de nos émissions. Certain auront vu dans ce chiffrage, le moyen de culpabiliser les cheminots, les usagers ou bien d’autre encore. D’autres, manifestement moins nombreux, y auront vu l’importance de disposer d’une offre alternative à "ma voiture, pour moi tout seul" si on veux avancer sans s’effondrer.










