Article publié le 16 mai 2007
Maintenant que l’agitation autour de l’élection présidentielle se calme un peu, il est urgent de reposer un problème qui a failli émerger au cours de la campagne, mais failli, seulement : celui de la contradiction apparemment irréductible entre économie et écologie, entre l’amélioration de nos conditions de vie et notre survie, tout court, en tant qu’espèce.
Si l’on devait par une seule formule résumer l’opposition frontale entre ces deux disciplines, on pourrait dire que la pensée écologique conduit à prôner la décroissance alors que l’économie (toutes écoles pour une fois confondues, de la marxiste à la plus libérale) milite en faveur de la croissance. Dans un cas, cette dernière permet de résoudre tous les maux de l’humanité, dans l’autre elle en est la source.
Une approche, même superficielle, permet de comprendre assez facilement ces deux positions : la croissance, surtout sur le long terme est la condition et, dans une certaine mesure, le signe ou le témoin du progrès économique, celui qui nous apporte tous ces objets qui nous facilitent la vie, de la voiture à la machine à laver, qui nous permet une vie plus longue et pas totalement perdue à nous épuiser à des travaux pénibles. Qu’il suffise, par exemple de montrer qu’un seul tracteur moderne permet de réaliser en une heure une tâche qui nécessiterait, sur la même durée, le travail de plusieurs milliers d’hommes, ou de centaines de chevaux. (1)
Mais d’un autre côté, il n’est pas non plus besoin de beaucoup d’explications pour voir que l’automobile, c’est aussi la cohorte des accidentés de la route, les pollutions, les asthmes et bronchiolites des enfants des grandes villes. Tout le monde comprend que nous avons de plus en plus de mal à purifier l’eau que nous salissons, que le traitement des déchets coûte de plus en plus cher, et on finit tout de même par admettre que la croissance est à l’origine d’une pollution inattendue, celle qui a pour conséquence le changement climatique à cause du réchauffement de la planète.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce débat entre économistes et écologistes n’est pas récent et je voudrais rapporter ici une polémique qui a eu lieu dans les années 70 entre l’un des économistes français les plus célèbres de l’époque, Jean Fourastié, et un maître en biologie de l’Université de Lyon, le professeur Lebreton, chroniqueur régulier sous le pseudonyme de "Pr. Mollo Mollo", d’un journal écologiste aujourd’hui disparu et qui s’appelait " La gueule ouverte ". Cette querelle est exemplaire. (2)
Jean Fourastié a toujours soutenu que la nature, selon l’un ses mots célèbres, était " une dure marâtre pour l’humanité " et que, à part peut-être l’air que nous respirons, elle ne fournit pas grand chose de directement utilisable, sans travail, pour la satisfaction des besoins humains. Et de s’extasier sur la hausse continue de la productivité du travail humain au cours des derniers siècles... Sauf, qu’évidemment, pour être crédible, il faut arriver à la mesurer, ce qui n’est pas une mince affaire.
Lorsque l’on cherche à vérifier que, sur une longue période, le rapport P/T c’est à dire de la production sur le travail a augmenté, on se heurte à d’innombrables difficultés que je me contenterai d’énumérer ici : le calcul de la valeur ajoutée, la question des variations de prix sur la durée, le manque d’homogénéité qualitative de la production (cela a-t-il un sens de savoir combien coûterait aujourd’hui un fiacre ?), l’hétérogénéité du facteur travail, sans compter le principe même des mesures agrégatives qui additionnent productions et réparations des dégâts causés par cette même production. (Voir à ce sujet http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=20303).
Conscient de ces difficultés, J. Fourastié va, pour sa démonstration, choisir une catégorie de biens qui est restée à peu près homogène au cours des siècles précédents et dont on peut suivre la production en quantités physiques, sans être obligé, donc, de passer par des évaluations monétaires : les produits agricoles de base. Le lait qui sortait du pis de la vache du XVllème siècle est le même que celui d’aujourd’hui. Voilà donc un terrain sur lequel des comparaisons sur une longue durée sont possibles, et Jean Fourastié propose une mesure astucieuse de la hausse de la productivité agricole en France, qui permet de contourner la plupart des problèmes évoqués plus haut.
Au lieu d’évaluer le rapport P/T et d’utiliser des valeurs monétaires, il va calculer le rapport entre la population totale et la population active agricole. Il obtient ainsi le nombre de personnes qu’un agriculteur nourrit. En effet, parmi toutes les données statistiques sur une longue période, celles relatives à la démographie font partie des plus fiables.
Il trouve, ainsi, qu’au XVlllème siècle en France, il faut 40 paysans actifs pour nourrir 100 habitants, donc un agriculteur nourrit 2,5 personnes.
Vers 1920 - 1925, un agriculteur ne nourrit encore que 3,7 personnes, mais après la 2ème guerre mondiale, ce rapport s’élève rapidement : un agriculteur nourrit 8 personnes dans les années 50, 10 dans les années 60, 20 dans les années 70, 35 en prévision dans les années 80 (l’article de Jean Fourastié date de 1972).
Cette analyse lui a valu une réponse très sèche, sous forme de lettre, du Professeur Lebreton, dont voici en substance le contenu :
Sa première objection concerne la mesure de la population agricole.
Selon
lui, Jean Fourastié compare des populations agricoles qui ne sont pas
comparables du point de vue des conditions de production.
Au XVlllème siècle, l’agriculteur vit en circuit fermé, et fait tout, tout seul : il cultive, il fabrique ses outils (ce qui inclut la production des animaux de trait et la fabrication de son engrais) et vend lui-même un faible surplus de ses produits, l’essentiel étant autoconsommé. Les 2,5 personnes qu’il nourrit sont précisément les non-actifs de sa famille (enfants et personnes âgées).
L’agriculteur moderne achète ses engrais, ses pesticides, son tracteur, ne commercialise plus directement ses produits. Sa production dépend donc du travail d’autres personnes, qu’on a arbitrairement soustraites de la population agricole, et qui sont autant de paysans "déguisés". Le Professeur Lebreton en donne la liste suivante :
- l’ouvrier de chez Renault qui fabrique le tracteur,
- le pétrolier qui fabrique le carburant pour le tracteur,
- l’ouvrier de chez Rhône Poulenc qui fabrique l’engrais, le DDT
- les chercheurs en chimie, génétique qui ont promu les bases scientifiques de l’agriculture moderne,
- les fonctionnaires de l’INRA, de la DDA, des impôts, du Crédit agricole,
- les transporteurs des matières premières et des produits,
- les industries agricoles et alimentaires,
- une partie des commerçants de gros et de détail
On a donc affaire à un phénomène appelé "externalisation du travail" par les économistes. C’est le cas lorsqu’une entreprise, au lieu de payer du personnel de service et d’entretien, décide de confier ce travail à une entreprise de nettoyage. Cela ne signifie pas ipso facto que parce qu’il est réalisé avec moins de personnes internes à l’entreprise, la productivité de celle-ci augmente...
Le professeur Lebreton en déduit donc que la hausse de la productivité agricole calculée par Jean Fourastié est très loin d’être celle qu’il annonce. Cela ne veut pas dire pour autant qu’elle soit nulle. Mais dans la mesure où il est très difficile de déterminer le nombre de ces "paysans déguisés", son évaluation est très sujette à caution. On retrouve ici le problème classique de calcul, surtout sur une longue période, de la valeur ajoutée, qui oblige à repasser par des valeurs monétaires, des calculs en " francs constants " etc.
La seule chose sûre dans l’histoire est la hausse de la production agricole, mais ce qui l’explique, et on touche là le point essentiel de la démonstration, c’est l’apport supplémentaire d’énergie.
La production agricole augmente parce que la quantité d’énergie qu’on lui fournit est en augmentation.
L’agriculteur du XVlllème siècle utilise l’énergie solaire (photosynthèse), sa propre énergie biochimique et celle d’un animal de trait, c’est à peu près tout.
L’agriculteur moderne ajoute à cela de l’énergie apportée par l’industrie à travers les engrais, les pesticides, les tracteurs et à l’énergie solaire de base s’ajoute donc une énergie "différée" (pétrole et(ou) électricité).
Mais le Professeur Lebreton fait remarquer que si la hausse de la production agricole est certaine, celle de la productivité, sujette à caution, en revanche le rendement, lui, est en baisse.
En termes énergétiques, c’est le rapport entre la quantité d’énergie sous la forme à laquelle on veut arriver et la quantité d’énergie totale qu’il faut utiliser pour aboutir à ce résultat. (Rappelons-nous que, à cause de l’entropie, à chaque fois que l’on veut transformer une forme d’énergie A en une énergie B, qualitativement plus élaborée, plus " ordonnée ", on n’y arrive pas totalement. Le rendement mesure l’efficacité de cette conversion. Les lois de la thermodynamique nous disent que non seulement ce rapport ne peut être supérieur à l’unité, mais que, en outre, il ne peut même pas être égal à un. (3)
Lorsque le soi-disant "rendement" de l’agriculture augmente et qu’il passe en un siècle de 15 à 75 quintaux de blé à l’hectare, il est apparemment multiplié par cinq. Mais pour obtenir ce résultat, l’agriculteur moderne utilise dix à vingt fois plus d’énergie que son ancêtre. Le rendement énergétique n’est donc pas multiplié par cinq, mais divisé par deux ou quatre selon que l’on utilise le facteur 10 ou 20.Il y a erreur sur le dénominateur, une "surface" n’a pas de rendement, seul l’ensemble des échanges et transformations d’énergie qui s’y déroulent en a un.
La conclusion du Professeur Lebreton est donc la suivante : la production agricole n’augmente que grâce à un apport exponentiel d’énergie... mais avec des rendements décroissants. Et ce n’est pas une surprise, cette constatation est conforme aux lois de la thermodynamique. Elle avait d’ailleurs été soupçonnée par Malthus, puis Ricardo au XIXème siècle, sous une toute autre formulation.
Le professeur Lebreton, dans cet échange, donne une leçon d’économie thermodynamique à Jean Fourastié. Il met le doigt sur le caractère proto-scientifique de l’économie classique engluée dans des concepts empruntés à la mécanique newtonienne et corrompue par la philosophie individualiste qui sous-tend la doctrine libérale.
L’homme n’est pas isolé de la nature et ne peut se concevoir dans ses activités économiques comme étranger à son environnement, à la matière et aux lois qui la régissent. Lorsque l’on voit, en économie se former une exponentielle, qu’il s’agisse de population ou de consommation d’énergie, on sait qu’à un moment ou un autre celle-ci deviendra bon gré, mal gré, une courbe en cloche. Une croissance infinie est impossible dans un monde fini et tout le problème est de savoir si la décroissance nous devrons la subir, ou si nous serons assez intelligents pour la contrôler.
On est bien loin du problème de savoir si Bernard Kouchner sera ou pas le ministre des affaires étrangères d’un gouvernement de droite décomplexée.
(1) Une calorie est la quantité de chaleur qu’il faut fournir à un gramme d’eau pour élever sa température d’un degré centigrade. Un joule. =0,24 cal. Un Watt = un joule/seconde. Un kilowatt/heure = 3600 kilojoules. Un cheval-vapeur=0,736 kW /h. Un tracteur moderne délivre une puissance d’environ 150 chevaux-vapeur soit, un peu plus de 110 000 watts, sachant que la puissance d’un homme est de quelques watts et celle d’un cheval, de quelques centaines de watts.
(2) Pr. Molo Mollo " L’énergie, c’est vous " (Vivre/Stock 2, 1974)
(3) L’énergie peut prendre des formes variées : chaleur, bruit, mouvement, lumière, électricité... Si elles se conservent quantitativement lors de leurs transformations, elles ne sont pas qualitativement équivalentes, et les rendements des conversions ne sont pas du tout les mêmes. Lorsque l’on transforme l’électricité en chaleur dans un fer à repasser, le rendement est proche de 1 car on transforme de l’énergie élaborée (à basse entropie comme disent les physiciens) en un energie plus désordonnée, (à haute entropie). En revanche, le transformation dans l’autre sens, chaleur en électricité, dans une centrale thermique, par exemple, se fait avec un rendement de l’ordre de 45 % seulement.
Merci pour cet excellent article, le meilleur que j’ai vu jusqu’a présent sur ce site pour ce qui est de pourfendre des idées recus
"la production agricole n’augmente que grâce à un apport exponentiel d’énergie... mais avec des rendements décroissants."
Tout a fait ! lire aussi a cet egards les travaux de Fukuoka sur les bien meilleurs rendements du "natural farming" : http://en.wikipedia.org/wiki/Masano...
"Une croissance infinie est impossible dans un monde fini et tout le problème est de savoir si la décroissance nous devrons la subir, ou si nous serons assez intelligents pour la contrôler."
Croissance énergetique il faut préciser, car la croissance des biens immateriels (l’information) vers laquelle se tourne a présent le capitalisme ne s’oppose pas a l’écologie puisque n’etant pas soumis au loi de la thermodynamique (seulement son support) !
Cordialement,
Yoda
Merci de votre commentaire.
A mon avis, la croissance des biens immatériels pourrait bien avoir une limite aussi. Mais curieusement, elle se situerait plutôt du côté des recepteurs plus que des émetteurs d’informations-messages.
En gros la production d’informations de toutes sortes, signifiantes comme non-signifiantes, donne d’autant plus de valeur à l’information structurante qui devient plus rare, parce que noyée dans un fatras de "bruit" cybernétique et en gêne, même la production. C’est un point que j’ai tenté d’analyser en décryptant ce que j’ai appellé le "Paradoxe de Goldfinger".
Si cela vous intéresse je peux vous fournir le lien vers ce document qui est sur mon site.
D’ailleurs, concernant l’information, la capacité optimale d’un message, calcul de la quantité moyenne d’information d’un message en nombre de bits afin de limiter l’incertitude du récepteur, s’appelle ... l’entropie (Voir The Mathematical Theory of Communication de Shanon & Weaver) ;-)
Les travaux de Shanon, voilà un sujet pour vous, Christophe ! Je connais un peu, c’est passionnant... :-)
Vous dîtes :
"la croissance des biens immateriels (l’information) vers laquelle se tourne a présent le capitalisme ne s’oppose pas a l’écologie puisque n’etant pas soumis au loi de la thermodynamique (seulement son support) !"
Et bien justement, pour produire ces supports de plus en plus complexes (ordi, cables, antennes, satellites et leurs lanceurs, centrales électriques pour les faire fonctionner) il faut aussi de l’énergie, des matières premières. Il faut de la force de travail intellectuelle fournie par des humains qu’il faut nourrir.
Bref, pour les biens immateriels la problématique reste la même
@Léon,
Vous avez été envoyé sur NaturaVox, why not ?
Votre article est très intéressant, mettant en exergue l’incompréhension entre l’économie classique et l’écologie ; l’économie revendiquant sont autosuffisance indépendamment du monde qui l’entoure en utilisant des approches mécanistes de type newtonien, l’écologie ayant depuis longtemps utilisé le paragdigme thermodynamique qui a largement supplanté la mécanique newtonienne dans toutes les sciences.
Bien entendu, en rejetant la thermodynamique, l’économie ne peut rien savoir des problématiques de rendement puisque c’est justement les travaux de Sadi Carnot sur les rendements des machines thermiques qui ont initié la thermodynamique classique, de non équilibre et des processus.
Par ailleurs, les courbes en cloche que vous explicitez émanent des travaux de Kuznets et de l’approche des nuages de points pour aboutir à une courbe en utilisant la méthode des moindres carrés ; rien ne prouve que cette méthode mathématique est pertinente, elle ne fait que fournir une direction permettant d’exposer que seule la croissance peut résoudre tous nos problèmes. Par contre, si nous utilisons d’autres méthodes mathématiques, par exemple une interpolation polynomiale, la courbe résultante n’est pas du tout une forme de U inversé.
Pour rappel, la méthode des moindres carrés est une méthode fournissant un résultat de probabilité très faible mais elle n’accepte pas les simultanéités car cela fausse les coefficcients de régression. Une simultanéités constatée est, par exemple, une pluie acide (résultant de la pollution) qui déteriore une exploitation forestière (destruction d’un facteur économique). Cela, a priori, n’existe pas dans l’approche économique qui semble bien vivre dans un monde virtuel ! ;-)
Christophe :
Vous connaissez sans doute cette blague (que l’on attribue à Schumpeter ?)
Trois savants sont naufragés sur une ïle déserte et ne disposent en tout et pour tout que d’une boîte de conserve, sans un outil pour l’ouvrir.
Le chimiste propose d’utiliser les propriétés de corrosion de l’eau de mer. "Il faudra au moins 20 ans s’exclament les autres "
Le physicien propose : utilisons la gravité, lançons la boîte du sommet de la plus haute montagne. "Dans quel état allons-nous trouver le contenu ! s’exclament les autres".
L’économiste s’avance alors et énonce : "Supposons que nous disposions d’un ouvre-boîte..."
Schumpeter ou Samuelson ? Je ne sais plus...
Article et sujet pertinents. La croissance ne produirait-elle plus que de l’accroissement des profits (1) ? L’erreur de la science économique ne vient elle pas de ce que l’on amalgame dans les PNB les richesses et les profits ?
Mr Amartya Sen était l’autre jour invité d’Ali Baddou. J’aurais aimé poser la question suivante : Serait-il possible d’imaginer un PNB-bis, un PNB du bonheur, qui ne prendrait pas en compte les profits ? Les dividendes versés ? Les plus-values ? etc.
Cette question pourrait-elle être étudiée sérieusement par des économistes ?
J’ai le sentiment qu’un tel PNB-bis aujourd’hui serait décroissant d’une année sur l’autre, tant je vois les profits augmenter vertigineusement et que "le bonheur c’est toujours pour demain". D’autant que ces profits sont en grande partie distribués à des investisseurs extra nationaux (2). Vous me direz que les profits du CAC40 qui sont réalisés hors frontière ne sont pas pris en compte dans le PNB national (si ? non ?). Mais je ne vois pas de quelle façon ces profits contribueraient à l’enrichissement national.
Comme on le voit, il y a beaucoup de flou sur ces choses là, du flou qui n’a plus lieu d’être si l’on veut éviter de se laisser conduire à la catastrophe.
(1) "Il faut abandonner l’idée reçue que nous avons d’une société d’abondance comme d’une société dans laquelle tous les besoins matériels (et culturels) sont aisément satisfaits car cette idée fait abstraction de toute logique sociale. Ce sont nos sociétés industrielles et productivistes qui sont ’dominées par la rareté’, par l’obsession de la rareté caractéristique de l’économie de marché, puisque ce qui est satisfait dans une société de croissance et à mesure que s’accroît la productivité ce sont les besoins mêmes de l’ordre de production, et non les besoins mêmes de l’homme. Il est clair que l’abondance recule indéfiniment : mieux, elle est irrémédiablement niée au profit de l’organisation de la rareté (la pénurie structurelle)." (Jean Baudrillard : La société de consommation).
(2) "Tous calculs faits, il est apparu que dans le cas des Etats-Unis, paradis de la finance s’il en est, les prélèvements de dividendes et de rachats d’actions sont devenus supérieurs aux injections de capitaux frais, de sorte que la contribution nette des marchés d’actions au financement des entreprises est maintenant... négative ! " (F. Lordon) :
J’ai omis de ’signer’, voilà qui est réparé. :-)
JL
@ JL : "cette question pourrait-elle être étudiée par les économiste ?" Il faudrait... Ils ont déjà mis au point un indicateur de développement humain, c’est un premier pas, mais à mon avis, un tout petit pas...
le pnb bis existe déja , on l’appele l’IDH, indice de développement humain.
il a de grosse imperfections mais il est quand meme utile,
il prend en compte le PNB, l’esperance de vie, le taux d’ alphabétisation, le taux d’electrification et d’autre variable de ce type !
il prend un valeur entre 0 et 1 de 0,2 pour des pays comme la somalie ou l’afganistan, à 0 ?95 pour le japon ou la suisse !
Effectivement cet indice de "bonheur" est lui meme plus que suspect car il semble surtout prendre en compte des criteres "modernes" tels que alphabetisation, elecricite etc... A observer les gens la ou je vis, (moitie en Indonesie moitie en Thailande) je peux mesurer le taux de bonheur au taux de sourires rencontres (ce qui me parait plus pertinant que l’alphabetisation, meme compte tenu de la politesse orientale tout en sourire) ce taux est sans commune mesure avec le taux de gueules de raie que l’on croise a Paris (par exemple) et d’ailleurs diminue considerablement dans un coin comme Singapore ou seul le fric compte.
J’avais oublie de signe
Iren-Nao
Eh bien voila un article fort interessant dans lequel irresistiblement l’esprit "scientifique" montre le bout de son vilain nez.
En tous cas cet article et beaucoup de commentaires subsequents ont le merite de bien poser le probleme et de pointer du doigt les vrais et seuls coupables, a savoir la surpopulation humaine et l’ideologie liberale basee sur le profit, donc la consommation.
La reponse au mal ne saurait etre materialo scientifique.
Je crois que la reponse ne peut etre que philosophique, pour ne pas dire spirituelle :
Spirituelle, car en effet celui qui se voit comme element infime d’un tout qui le depasse, et en meme temps conscient de sa capacite d’eternite a beaucoup moins besoin de se goinfrer de satisfactions futiles et destructrices.
L’individualite comme valeur majeure conduit tres vite a l’egoisme, comme l’illusion de possession conduit a la vanite,( ce qui est fort flatte par la pub, c’est le pain beni des marchands).
Depuis des millenaires des philosophes savent et enseignent que le bonheur est plutot dans l’abandon de la possession que dans son accumulation.
Et en dehors d’uin retour intelligent a une certaine sobriete dans tous les domaines je ne donne pas cher de notre espece.
Sa disparition ou au moins la disparition de sa preeminence serait sans doute une bonne nouvelle pour la Vie en general.
Quel con a dit : L’homme est la mesure de tout. ??
Iren-Nao
A Léon et IPx48.194.132, je sais qu’il existe des travaux dans ce domaine du "PNB du bonheur". Amartya Sen en parle beaucoup. Ma proposition d’un PNB faisant la distinction entre richesses et profits s’inscrit dans cette réflexion de Thorstein Veblen :
"L’accumulation des richesses à l’extrémité supérieure de l’échelle sociale implique la privation à l’extrémité inférieure".
La démonstration en est donnée dans l’ouvrage ’Théorie de la classe de loisir’ écrit il y a un siècle mais d’une confonadnte actualité aujourd’hui. Précisément page 134 pour ceux qui ont à disposition une bonne bibliothèque. Si vous me demandez la démonstration, j’irai rechercher le livre pour la copier, mais ce livre contient mille choses aussi intéressantes.
Je soutiens que la "croissance libérale" produit essentiellement l’accroissement des inégalités, et que cet accroissement s’opère, non seulement par l’enrichissement des riches, mais aussi, par l’appauvrissement des pauvres. En d’autres termes, l’augmentation des PNB occidentaux traduit l’aggravation de la misère des pays pauvres.
Iren-nao : Vous avez très probablement raison. Mais la philosophie pour laquelle vous proposez une piste, vous rendez-vous compte à quel point elle est iconoclaste et contraire à deux millénaires de christianisme ? Une telle philosophie est même considértée par certains comme anti-humaniste, voire fasciste etc.J’ai même entendu l’expression de "khmers verts" !
@ JL : merci, je vais essayer de trouver ça dans les bibliothèques du coin.
quand j’enseignait le PNB a des etudiants de premiere annes, je mettais un point a preciser les limites de ce concept. d’ailleur les manuels d’economie (et j’utilisais un manuel americain !) ete clair sur les limites d’une telle mesure. pardon encore si je passe pour un defendeur (borne ?) de l’approche economique... mais ils ont parfois conscience de leur limites.
Bonjour je ne pense pas du tout qu’il y ai une contradiction avec la theorie economique. vous dites : ’’met le doigt sur le caractère proto-scientifique de l’économie classique engluée dans des concepts empruntés à la mécanique newtonienne et corrompue par la philosophie individualiste qui sous-tend la doctrine libérale.’’ la notion de rendement decroissant est tres ancienne en economie et votre description coincide exactement avec la theorie economique. la valeur marginal de l’input energie decroit. ces concept son assez basique et bien maitrises en economie et vos conclusion ne sont pas iconoclastes. les economistes raisonnent aussi beaucoup sur des signaux, les prix. et la ou la theorie economique a beaucoup de mal a prendre en compte certains aspects c’est dans le phenomene d’externalite. bruler du petrole coute plus ecologiquement que le prix du petrole et ceci n’est pas reflete dans le signal qu’est le prix. Mias les economistes sont des gens parfois sences et reflechissent a ces questions. La ou je suis pessimiste c’est pour le comportement humain qui n’a pas pris en compte le probleme ecologique et demande toujour plus et moins cher. en tout cas merci pour un article clair et bien ecrit.
@Jimd,
Le principe d’adhésion au paradigme newtonien pose la problématique de réversibilité ; seule l’approche chaotique (voir les travaux de Prigogine), particulièrement la thermodynamique de non équilibre et celle des processus, prend en compte l’irréversibilité.
Le paradigme mécanique présente, par rapport au temps, une symétrie totale ; si un évènement intervient dans le jeu de l’offre et de la demande, une fois cet évènement passé, nous revenons à l’état initial, état avant ledit évènement.
D’un point de vue biologique, cela correspond à dire qu’une fois l’énergie consommée pour assurer un cycle économique, les paramètres énergétiques reviennent à leur origine (disponibilité de ressource identique, capacité d’absorption des rejets identique). Pourtant, les questions que se posent les économistes sont bien celles de la disponibilité finie et de la capacité d’absorption limitée. Où est donc la cohérence entre la préoccupation et la théorie économique ?
Merci Christophe. ’’si un évènement intervient dans le jeu de l’offre et de la demande, une fois cet évènement passé, nous revenons à l’état initial, état avant ledit évènement.’’ c’est incorrect. il peut y avoir depart d’un etat initial et ensuite mouvement tendant vers un autre equilibre. Il n’y a rien de statique dans l’analyse economique. Tout n’est bien sur pas reversible. c’est sous estimer l’economie de penser cela, on peut la critiqueer mais n’imaginons pas que se sont des chercheurs dans un tour d’ivoire coupes des realites. Certains econmistes ont integres des dynamiques chaotiques a leur reflexion. certains economistes prennent des approches evolutionistes pour analyser les ajustements economiques. Il y a nombres modeles, approches et outils.. l’economie se penche egalement sur les ressources finies, gaz, matieres premieres, sur les effets de rente qui en decoulent et bien sur, parfois sur les limites des modeles existants pour prendre en compte ces phenomenes...d’ou la recherche et le developpement de nouvelles approches en tenant compte des resultats empiriques. il ne faut pas voir les chercheurs economistes comme coupes de la realite et des preocupations de tout un chacun.
... certains économistes... Je veux bien, mais lesquels ? Les seuls que je connaisse se revendiquenet clairement d’une "science économique" qui n’a rien à voir avec ce que l’on appelle ainsi.René Passet ? Serge Latouche, Sylvie Ferrari ? Qui ?
Pour compléter la réponse de Christophe : la thermodynamique des phénomènes irréversibles nous apprend que la technologie ne peut pas toujours corriger l’évolution d’un processus de transformation. Or la doctrine à la fois scientiste, technologique, et économique (toutes écoles confondues) est optimiste par principe, c’est à dire qu’elle croit pouvoir toujours trouver des solutions aux problèmes qu’elle crée elle-même par sa transformation de la matière.
une des premiere mention des dynamiques chaotique en economie remonte a Baumol. je ne crois pas qu’il utilise le terme chaos oar contre. ensuite et particulierement en finance nombre d’economistes se sont penches sur les dynamiques chaotiques. pour le cote optimiste.... pas toujours. il y a des theoricien du desequilibre ou du fait que l’equilibre n’est pas optimum et, bien surs beaucoup d’economistes reconnaissent la faiblesse des theories pour certains phenomenes, la pollution par exemple. je soutien (je ne suis plus economiste, mes annees de recherche sont loin) que les prix de l’energie ne prennent pas en compte le cout ecologique de la consommation d’energie et en cela sont de mauvais signaux. merci d’avoir pris le temps de me repondre. j’ai apprecie la lecture de votre article.
Ecologie et économie sont aussi liées à notre organisation territoriale et aux politiques publiques. Cette organisation territoriale composée d’un millefeuille administratif gêne l’harmonisation entre l’écologie et l’économie.
bonsoir Leon
Une question sur un chiffre . Votre paysan du XVIIè nourrit 2,5 personnes . Dans un régime où l’autarcie est quasi hegemonique , ce chiffre doit-il être entendu lui compris ou lui en plus ? Cela ferait varier la valeur de près de 30%.
Une autre idée pour rebondir.Toujours sur le XVIIè. Vous nous montrez commbien la société survit sur la base de surplus extrêmement limités.Cela nous aide à comprendre le "rien à perdre " des populations excédées des révoltes populaires sous Louis XIII . L’intervention voulue par Richelieu dans la guerre de Trente Ans avait généré un explosion de la pression fiscale. La politique étrangère de Monsieur XIV n’étant que la poursuite avec les mêmes effets.Une historiographie "un peu complaisante" et un peu trop consensuelle continuait (au temps de mes études) à encenser le XVIIè. n’aurait-il pas été un siècle de grave récession aggravée par les conditions climatiques du petit âge glaciaire ? Dans ces conditions le paysan avait bien du mal à se nourrir lui même , alors dégager des surplus ???
Toujours pour rebondir une autre idée convenue l’adulation universelle de Vauban tenant d’une pensée stratégique (la forteresse)désuète et bien plus coûteuse qu’une armée mobile et équipée d’un matériel moderne. Cette pensée "enkystée" dans l’esprit "national" pendant trois siècles nous aurait conduits à de nombreux désastres. Le double des troupes de Waterloo était consigné dans la garde des dites forteresses.Le refuge de Napoléon III à Sedan. L’esprit Maginot voire Dien Bien Phu.
Merci pour votre article, pardon pour mes digressions
Cordialement
Le furtif
Au furtif : les 2,5 personnes qu’il nourrit, c’est lui compris, probablement (pas certain car j’ai le texte de la controverse mais pas celui de l’article de J. Fourastié)
Au furtif encore : vos digressions sont intéressantes mais sortent du champ de ma compétence...
Merci Léon de cet article qui, à travers un exemple finalement anecdotique, montre bien que la science économique doit voir un peu plus loin que le bout du nez du producteur et du consommateur.
Quand j’ai commencé à étudier les sciences économiques, je me suis aperçue que, contrairement à ce que j’avais naïvement pensé jusque-là, les individus avaient une durée de vie infinie. Ils n’avaient par ailleurs aucune relation avec les autres et ne subissaient aucune influence extérieure (ce qui prouvait l’inocuité totale de la publicité). J’ai appris aussi que plus ils consommaient, plus ils étaient contents. Les obèses ne sont donc pas du tout complexés, mais les personnes les plus heureuses du monde.
Enfin, j’ai enfin compris que le monde matériel pouvait être représenté par quelques équations différentielles qui permettaient de déterminer dans quelles conditions d’inflation et de taux d’intérêt l’humanité serait plus riche, donc plus heureuse.
Il m’est tout de même arrivé d’exprimer quelques doutes, mais je me suis fait traiter de sectaire, donc je n’ai plus rien osé dire de peur que mes notes n’en prennent un coup.
J’ai fait une thèse sur les poubelles, vous vous demandez pourquoi ?
Vous avez tout compris à l’économie, Luciole ! :-)) :-))
@Luciole,
On ne s’attaque pas impunément au dogme ; comme le disait Illich, les économistes sont les prêtres d’aujourd’hui ! ;-)
En effet. Ma devise, c’était : "Epur si muove" ;-)
La lecture des mercuriales de Seville au XVIIè n’avait rien de particulièrement réjouissant.Aussi la science eco....
D’autre part si le discours sur Agora devait s’en tenir au domaine des compétences cela tournerait assez vite à
- "Quand un cul de jatte rencontre un autre cul de jatte qu’est-ce qu’ils se racontent des histoires de ...."
Par ailleurs j’en connais qu’on ne pourrait plus lire et surtout ne plus voir....
Tiens dis donc la compétence ça serait peut-être une bonne idée......J’ai bien dit les compétences , les vraies pas les titres fumeux.
Très cordialement
le furtif
pour.relancer le debat le monde va manquer d’eau douce et les ecolos veulent des cours d’eau sauvages..... où est la contradiction ?...dans un avenir pas trop lointain il faut que l’on comprenne qu’il ne faut plus avoir des rivières chasse d’eau mais des cours d’eau allant de seuil d’ecretement de crue en seuil ..une eau qui stagne s’infiltre et s’evapore davantage qu’une eau torrentielle elle alimente la nappe phreatique et regularise le climat ...quand.comprendrons nous cela ? ..discutons..
autre debat !!!a quoi sert le conservatoire du littoral créé par chirac !!??? confié a des incompetents il scérosenotre capital national cotes et envoie les touristes a l’etranger.les ecolos sont contents on a des cotes sauvages qui ne servent a rien...un maire breton auquel on reprochait d’avoir constuit unport de plaisance etdenaturé la cote a dit:je prefère donner du travail sur place aux jeunes de mon village que de les voir partir emarger au chomage a billancour !!!!qu’en pensentles ecolos stériles et irresponsables ?????
@ Judel 66 :
On ne peut pas TOUT sacrifier à l’emploi à court terme. Pourquoi, alors ne produisez-vous pas de la drogue, ne vendez-vous pas des enfants pour le marché pédophile etc ? Avez-vous déjà visité certaines parties de la Costa Brava ? (Brava, en espagnol veut dire « sauvage ». C’est donc qu’elle l’a été un jour !).
Le conservatoire du littoral est probablement ce qui a été fait de mieux sous Chirac, et c’est l’une des multiples mesures qui contribuent à rendre la France attrayante pour les touristes. Laisser les côtes se bétonner, c’est tuer la poule aux œufs d’or. C’est, sur le long terme contre-productif en termes d’emplois.
Les aménagements touristiques bien réussis sont très rares dans le monde, personnellement, je n’en connais qu’un : l’île de Lanzarote dans les Canaries.
Qui sont les arbitres du match économie écologie ? Les consommateurs que rien n’oblige à mettre leur TV 16/9 à la poubelle pour acheter un écran plasma qui leur fera consommer deux fois plus d’électricité. Ou à préférer un 4 x 4 à une twingo. De la salade en sachets. …… Question de culture, d’esprit critique, d’imperméabilité à la publicité et aux jugements de valeurs que les nouvelles vedettes de l’écologie nous distillent régulièrement.
Une seule question permettra de sauver notre planète.
Ai-je vraiment besoin de ce que je vais acheter ?
Merci à Léon pour cet article sensé !
J’ai souri en lisant Luciole : j’étais justement en train de me souvenir des mes études d’éco (j’étais vouée à la philo, mais bornée, refusait de faire "prépa-Ulm" dont rêvait mon père... )choisies pour "comprendre les échanges humains". Je sortais mes diplômes en poche, regrettant finalement de ne pas avoir fait philo (ou plutôt psycho.... mais c’était tabou chez nous, psy=fou !) : ce "i" qui représentait le consommateur, il fonctionnait toujours de manière prédictible :individu voué et dévoué à la consommation, à la production, pour une plus grande consommation alimentée par une production toujours croissante.... etc ! jamais rebelle, jamais surprenant, jamais imprévisible : un bon petit soldat du libéralisme ! J’avais des diplômes et une certitude : je n’enseignerais pas une "science" qui ignore aussi totalement la richesse de l’humain. Je ne ferais pas de recherches qui prennent pour certain qu’une donnée "i" est indécrotabelement obéissante aux lois du marché ! Il suffisait d’ouvrir les yeux autour de soi pour voir que , besoin de modélisation ou pas, on était déjà à côté de la plaque ! Je suis revenue à l’humain, et 20 ans après J’ESPERE que l’humain reste imprévisible, surprenant.... car ce potentiel me parait s’être émoussé dans le confort de la consommation et de la production de masse industrialisée. le travail physique donnait des limites à tout cela.... la machine fait oublier les limites de l’humain, de la nature également....
Alors, décroissance ? aurons-nous le choix ? "trente glorieuses, trente piteuses" : la croissance était un concept, c’est devenu une illusion ! la planète risque de nous vomir un de ces jours, pour peu que nous oublions le respect qui lui est du(qui nous est également du)... Oh, pas nous, peut-être même pas nos petits enfants, mais bon, çà commence à sentire le chaud ! D’ailleurs à propos de chaud : les révoltes ont toujours conïncidé avec des pèriodes de froid,et donc de faim mais le réchauffement de la planète ne suffira pas à nous protéger.... certains disent même que vite, trop vite derrière le chaud une pèriode glaciaire s’annonce... Comment concilier dvt économique et écologie ? Là je rejoins les dernier avis, genre PNB du bonheur ! Une prise de conscience est en cours (sera-t-elle assez rapide, assez large) qui engendre des humains plus responsables (cf les nouveaux "créatifs culturel"). De même que l’on a juré longtemps par le QI avant de réaliser que sans un bon QE (quotient émotionnel) , le QI ne servait pas à grand chose.... nous allons peut-être comprendre que dvt économique ne sert pas à grand chose sans dvt personnel et que "science sans conscience n’est que ruine de l’âme" : science économique, agronomique, politique...etc ; et âme individuelle, humaine, planètaire ???? Tout cela renvoie au sens de la vie : que faisons-nous là ? discours économiques pointus éclairés seront insufisant si l’intelligence du coeur n’éclaire point notre "dévelopement" (intèrieur, extèrieur, économique !).
Cela valait le coup de faire des études d’éco... pour en comprendre rapidement les limites et aller vers autre chose ! :-))
@ Marie Odile Brus :
Je ne puis qu’abonder dans votre sens et je suis, au fond, moi aussi un « économiste repenti » ayant partagé ma vie entre la musique et l’économie.
Mais il ne faut pas non plus mépriser l’activité économique :
Je me souviens des premières phrases de « L’économique et le vivant » de René Passet. Il y explique que la finalité de tout être vivant est de vivre, et que l’économie a pour fonction d’assurer une condition nécessaire à la vie : la survie. La finitude de l’homme est ce qui l’a, évidemment, mobilisé dans différentes stratégies pour y remédier, de la croyance en une vie après la mort à la reproduction biologique et aux progrès de la médecine qui prolongent la durée de vie.
Evidemment, de condition nécessaire à la vie, cette économie a tendance à en devenir la définition. Pire, même, de condition nécessaire, elle en devient l’obstacle, l’ennemi.
Mais que faire, sinon, dénoncer, expliquer, accorder dans la mesure du possible ses pensées et ses actes ?
En poussant la production, non seulement les rendements baissent, mais aussi et surtout la qualité...
Cet article est excellent et démontre encore une fois que les Français adorent théoriser, discuter, débattre mais sont incapables de dépasser ces échanges verbeux par l’action. Cher auteur, laissez le Professeur Lebreton en paix(parler de la gueule ouverte sans citer Fournier c’est un peu raide !) ainsi que les lois de la thermodynamiques. Ce qui est sûr c’est que plus vous souhaiterez maintenir et offrir notre mode de vie(donc notre économie)nous ne sortirons pas du tunnel.
bien à vous
Bonsoir Leon
La course à l’abïme.....
Très honnêtement ce n’est le meilleur bouquin de Fernandez je lui préfère encore
- dans la main de l’ange
- l’école du sud
Très cordialement d’un novice en science éco
Le furtif
Londres , la Tate Galery
L’éblouissement Turner.Il ya aussi un Caravage à la National.Les pélerins d’Emaüs
Mon préféré est la conversion de saint Paul _ Saint marie del popolo.Je regrette toujours de m’être cassé le nez deux fois à 10 ans d’intervalle à Saint Louis des français...Pas grave ....Borghese , Barberini , Capitole...Il m’aura fait marché et découvrir une Rome que je ne connaissais pas.
Rome et le Caravage deux bons prétextes pour être bavard.
Le furtif
@ furtif ::-) :-)
Leonard : je vous cite "Cet article est excellent et démontre encore une fois que les Français adorent théoriser, discuter, débattre mais sont incapables de dépasser ces échanges verbeux par l’action." .... ok ! et que proposez VOUS ? Si c’est la décroissance, ok aussi mais dites-le et développez.... car tant que l’on en restera au sous entendus, le schmliblick ne va pas avancer ! Donc, : décroissance, si oui, dans quelles limites (déjà pas facile là !) si non : quoi d’uautre ! la critique est aisée, l’art est difficile, mais l’échange d’idées toujours fructueux avec de la sincérité ! A bientôt donc !
;-) !
ps : clairement, vous êtes fançais également !
@Marie-Odile,
Il est évident que les choses ne sont pas aussi simples.
La problématique de la science économique me semble être double.
Les hypothèses sont construites sans pour autant avoir un moindre lien avec la réalité dans le sens général. L’homo-rationalis est une hypothèse qui, à mon sens, peut être appliquée dans le cadre d’échanges économiques mais pas dans un cadre général ; cependant, l’économie pose des hypothèses spécifiques aux échanges mais généralise sa théorie dans un monde plus ouvert sans en démontrer les tenants et aboutissants.
La recherche absolue de ce que j’appellerai un dogme : le marché. C’est du moins ce qui est appliqué actuellement en science économique par les néo-classiques. Le marché sous-tend une croissance infinie permettant de fait de résoudre l’ensemble des problématiques qu’il pose lui même ; résolution issue d’interventions qui ne rentrent pas en compte dans l’étude économique.
Que cela soit sur les problèmes d’inégalité ou d’environnement, les néo-classiques appuient leurs raisonnements sur une courbe de Kuznets issue principalement d’études économétriques qui, sur la base de données générales, définissent cette tendance par une méthode mathématique appelée les moindres carrés. Cela permet d’obtenir que seule la croissance (exprimé en PIB/tête) permet de résoudre l’ensemble des problèmes.
D’après l’étude que je mène actuellement, ces deux courbes sont issues de données dont les limites de basculement ne sont pas atteintes ; c’est donc la méthode mathématique utilisée qui détermine la tendance des courbes et donc à la fois le point haut (point de basculement) et la tendance vers la réduction.
La méthode mathématique utilisée est l’une parmi d’autres ; et je ne trouve aucune justification plausible permettant de justifier ce choix plutôt qu’un autre (par exemple, une interpolation polynomiale est tout à fait adaptée à l’étude de nuages de points et ne fournira pas le même type de courbe). De plus, cette méthode mathématique est une méthode à probabilité faible et ne convient absolument pas aux cas de simultanéités (pluies acides ou pauvreté selon les cas).
Je ne suis pas économiste, juste un logicien (conception de modèles mathématiques logiques) qui a travaillé sur des modèles relatifs aux comportements humains (je vous rassure concernant ces études, n’ayant pas d’outils mathématiques intentionnels, nous ne pouvons formaliser l’humain ;-) ). Pour ce qui concerne les modèles, il ne suffit pas d’aligner quelques fonctions mathématiques mais aussi de prouver leur pertinence au regard de ce que nous formalisons ; ce qui manque cruellement aux études économétriques et à l’économie néo-classique.
Si nous devions récapituler les études néo-classiques en ce domaine, nous arrivons à une formulation d’un capital global qui serait le résultat de trois capitaux substituables les uns par rapport aux autres qui sont le capital manufacturé, le capital humain et le capital environnemental. Or, étant substituables entre eux, il faudra que les économistes tenants de cette théorie puissent expliquer ce qui se substitura à l’eau nécessaire à la vie ou à l’air que nous respirons.
C’est un point de vue de non économiste, mais c’est une discussion qu’il faudra bien avoir au sein des spécialistes économiques. Cela, à mon sens, devrait déboucher à une pluridisciplinarité comme je l’ai pratiqué dans les sciences cognitives.
Je ne sais pas si vous avez trouvé l’ouvrage de Thorstein Veblen, mais en lisant l’article "Banque Mondiale : du plomb dans l’aile" signé Éric Toussaint et Damien Millet :
http://www.cadtm.org/article.php3?i...
j’ai trouvé la confirmation de cette phrase ""L’accumulation des richesses à l’extrémité supérieure de l’échelle sociale implique la privation à l’extrémité inférieure" écrite il y a plus d’un siècle. Dans cet article relatif à la banque mondiale et l’affaire Paul Wolfowitz on peut lire ceci :
""après la crise de la dette de 1982, la Banque mondiale a soutenu les politiques d’ajustement structurel, alliant forte réduction des budgets sociaux, suppression des subventions aux produits de base, privatisations massives, fiscalité qui aggrave les inégalités, libéralisation forcenée de l’économie et mise en concurrence déloyale des producteurs locaux avec les grandes multinationales, ce qui va dans le sens d’une colonisation économique ; La Banque mondiale a mené une politique qui reproduit la pauvreté au lieu de la combattre, et les pays qui ont appliqué à la lettre ses prétendus « remèdes » se sont enfoncés dans la misère ; en Afrique, le nombre de personnes devant survivre avec moins de 1$ par jour a doublé depuis 1981, plus de 200 millions de personnes souffrent de la faim et pour 20 pays africains, l’espérance de vie est passée sous la barre des 45 ans ;""
JL :-)
pour Leon...(..si tu peux voir ta pensée travestie par des guoeux pour exiter des sots....)..la costa-brava est une merveilleuse reussite , par contre ,venez voir entre Port-vendres et banyuls la pauvre baie de Paulilles +beau site de la cote du languedoc-roussillon scérosée par l’etroitesse d’esprit desecolos etdu conservatoire du littoral cette baie pourrait retenir 200000 touristes qui cosommeraient nos tomates ,nos pèches notre vin ....au lieu d’aller de l’autre coté des pyrénées.....Leon vous ne devez etre ni commerçant ni père soucieux de l’avenir de ses enfants alors..vive les ecolos irresponsables vive le conservatoire du littoral !!!et allons chercher du travail a l’etranger !!!!
Que voulez-vous que je vous réponde ?
Il n’y a pas d’autre métier que de vendre des tongs, des parasols ou des moules-frites ? Les irresponsables ne sont certainement pas les écologistes qui s’efforcent de laisser une planète en bon état à leurs enfants !
Concernant la Costa Brava, j’ai parlé de certains endroits : Benidorm par exemple (une réussite ?), pas Calella ou Cadaquès ! Il faut que vous compreniez que certaines transformations de la nature sont irréversibles. Définitivement.
Oublié de signer ...
Merci pour votre article fort intéressant.
Il est heureux que de plus en plus de voix s’élèvent contre les approches économiques traditionnelles (newtoniennes ?) même si ces dernières restent encore dominantes.
Il y a pourtant deux aspects de l’économie "thermodynamique" qui me paraissent peu commentés. Je les cite brièvement :
a) Le deuxième principe et le concept d’entropie sont largement utilisés (par exemple, dans votre article, pour étayer la baisse de rendement) mais on va moins souvent jusqu’aux conclusions ultimes : cette entropie croissante résultant de la croissance économique (elle-même permise par l’utilisation croissante d’énergie), se traduit sous forme de déchets, terme générique désignant tout un ensemble d’éléments menaçant la survie humaine dur terre (de la gestion problématique des déchets, au sens classique, aux gaz à effet de serre en passant par les déchets nucléaires, les molécules de synthèse empoisonnant l’air, l’eau et les sols, la diminution de la biodiversité, l’augmentation des terres arides...etc...).
b) En fait, la thermodynamique des processus irréversibles loin de l’équilibre nous indique une possibilité d’évolution autre que celle continue de dégradation vers la mort de toute organisation : le passage d’un attracteur (celui où s’est développée la vie et dans lequel nous sommes encore) à un autre également compatible avec la vie humaine et ce, sous l’influence d’un évènement ou une innovation technologique (le 3ème don prométhéen après le feu et l’énergie mécanique) dont nous n’avons pas idée aujourd’hui.
Ce deuxième point (qui n’est pas sans rappeler les vues de Schumpeter attribuant aux innovations technologiques une capacité de rupture dans l’évolution du capitalisme) ne correspond pas, dans mon esprit, à une conviction forte destinée à dédouaner l’économie classique mais à une possibilité propre à l’économie "thermodynamique" qui a le mérite de ne pas nous condamner au pessimisme.
Cher Monsieur,
Vous avez raison, la thermodynamique des phénomènes irréversibles, a formulé des conclusions qui contredisent partiellement cette deuxième loi de la thermodynamique, celle d’entropie qui conduit à la mort, à la dislocation. L’observation de l’évolution, des particules aux atomes, puis aux molécules, à la matière, puis à la vie, à l’homme, à la conscience et la conscience repliée, semble effectivement proposer une vision plus optimiste des transformations d’énergie, qui ne sauraient toutefois être strictement assimilées à la croissance économique. Comme vous le savez c’est l’information qui est la clé de ce processus de complexification de la matière. Et l’on peut considérer que l’entropie présente dans tous ces déchets et rejets constitue une opportunité puisque du coup il s’agit de matière dégradée donc complexifiable (sous réserve précisément des limites posées par la thermodynamique des phénomènes irréversibles).
L’économie thermodynamique a assimilé les conséquences économiques des deux premières lois. Elle s’interroge sur les implications possibles de ces processus éventuels d’évolution plus favorables et plus optimistes. Elle constate l’existence de cette économie immatérielle qui repose sur l’information et s’interroge sur ses possibilités mais aussi sur ses limites.
A ma connaissance, elle n’est pas en mesure de trancher pour l’instant.
Puis-je vous proposer une contribution personnelle à la question ,
http://perso.orange.fr/leon.tourtze...
Cordialement.
Léon









