Article publié le 16 novembre 2007
L’or blanc s’épuiserait-il ? Alors qu’hier (14/11) les trains ne fonctionnaient pas pour cause de grève, la météorologie avait décidé de jouer la grincheuse et saupoudrait largement les Alpes d’un manteau blanc neigeux. Mais ce n’était pas ce qui aurait retenu le majeure partie des responsables des stations de sports d’hiver pour venir participer à une table ronde sur leur adaptation au changement climatique.
Réunis à Chambéry, la capitale des Alpes, ils étaient tous là pour évoquer la fin de la neige à basse et moyenne altitude et le devenir du secteur du tourisme d’hiver. A l’invitation de l’association Mountain Riders, de l’Ademe, de Météo-France et de l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne (Ski France) chacun, dans son domaine a balayé le sujet de leurs inquiétudes.
Si Météo-France ne peut que regretter le manque de données précises pour effectuer de véritables moyennes et tendances dans les massifs alpin (les stations récentes datent de 1980), les spécialistes s’accordent sur la variabilité du climat alpin et le déclin inéluctable des chutes de neige, à basses et moyennes altitudes. Non seulement le manteau neigeux diminue dans l’ensemble de ce massif (depuis les années 1960 il a perdu 50% de son volume dans les Alpes du nord et près de 75% dans les Alpes du sud) quant au nombre de jours d’enneigement, lui aussi a franchement diminué de – 20% pour la même période.
Alors, il est compréhensible que les responsables s’interrogent sur le devenir du tourisme blanc. Surtout que pour bon nombre d’entre eux, il y va de leur survie économique, voire humaine. Sans compter qu’il n’y a pas que le tourisme qui puisse pâtir gravement du manque de neige : l’agriculture, le pastoralisme sans compter le manque d’eau et les accident exceptionnels comme les crus, les éboulements de rochers… sont maintenant dans tous les esprits.
L’Ademe a bien présenté son nouvel outil, le Bilan Carbone territorial. Un diagnostic des activités et une estimation et mesure des différents points d’émissions de carbone à l’échelle d’un territoire. Une étude diagnostic présenté comme un outil stratégique destiné à mettre en place pour anticiper les aléas économiques et climatiques. Un outil cher (près de 30.000€, même subventionnés à 50%) et lourd à mettre en place, près d’une quarantaine de jours d’études… Une étude qui débouchera, immanquablement sur l’annonce que le territoire est énergivore en matière de transports et d’habitat ! C’est que les collectivités locales sont responsable pour 15% des émissions nationales de GES et à elles seules, elles exercent (et peuvent exercer) un contrôle sur 50% des émissions nationales par le biais de leur politique de développement urbain, d’habitat, de transports…
Habitat, transport, développement urbain. Nous sommes là au cœur des "postes" énergivores et sur lesquels il devrait être possible d’agir. Utiliser plus souvent les transports en commun, isoler et réguler l’habitat, construire autrement et surtout rénover, tels sont les leitmotivs qui lient le Grenelle de l’environnement, les préconisations du GIEC ou la table ronde sur l’adaptation au changement climatique dans les stations de montagne".
Ainsi, une famille de 4 personnes qui passe 6 jours de vacances à la montagne dans un 50m², si elle vient en voiture, dépensera 201 kg eq. CO2 alors que si elle emprunte le train, sa dépense descend à 36 kg eq. CO2 !
Les élus participant à cette table ronde se sont tous accordés sur le fait d’entamer une véritable politique de rénovation de l’habitat existant, au détriment de la construction de nouveaux lits qui sont, eux, défiscalisés.
Quelques stations étrangères, comme Davos, étaient aussi présentent pour évoquer leurs solutions. La Suisse, l’Autriche, l’Allemagne ou le Lichtenstein sont en avance dans tous ces domaines. Outre la réalisation des bilans carbone, des solutions de déplacement doux sont déjà en place, avec une plateforme telle que Mobilito, les touristes peuvent "donner des vacances à leur voiture" tout en sachant qu’ils pourront trouver de quoi se déplacer sur leurs lieux de villégiatures. L’habitat écologique, neutre ou a énergie négative est aussi très répandu. Quant aux skieurs, européens, certains sont près à mettre la main à la poche pour assumer leur "écoresponsabilité" et si seulement 6% d’entre eux pensent abandonner ces loisirs de détentes en cas d’absence de neige ou de forfaits plus onéreux en raison d’écotaxes, 64,32% pensent qu’ils iront moins souvent aux sports d’hiver alors que 21,71% se disent totalement inconditionnels pouvant même envisager d’effectuer de longs déplacements, y compris transcontinentaux, pour aller chercher l’or blanc (ce qui n’arrangera pas pour autant ni la couche d’ozone, ni les émissions de CO2, soit dit en passant).
En dehors de cette poignée d’irréductibles, 16,12% des amateurs de neige européens déclarent décider de leurs choix à partir de critères environnementaux ! C’est peu, pensez-vous. Certes, ce sera toujours trop peu, mais c’est déjà pas si mal. D’ailleurs, pour les inciter à faire le bon choix, l’association Mountain Riders présentait son nouveau "Guide Vert des Stations de Montagne". Un guide qui présente 55 stations françaises qui ont volontairement répondu à un questionnaire à propos de leurs politique environnementale. Innovation, cette année, 3 stations étrangères font leur entrée, pas pour inciter les skieurs à aller dépenser "écologiquement" du CO2, mais pour l’exemplarité de leurs actions pour le développement durable. Et si vous ne trouvez pas votre station préférée, peut-être est-ce que ce sera en raison d’une non-réponse de la part d’un des trois organisme sollicité (mairie, office de tourisme, remontées mécaniques) qui éliminait la station du classement.
Par contre, vous trouverez dans le Guide vert de nombreux critères écologiques, y compris les activités à l’année et celles qui concernent la saison estivale et qui vous permettront de devenir un "écoskieur" ou un véritable "écotouriste", à condition d’emprunter le train pour vous y rendre et de télécharger le guide sur le site de Mountain Riders.
C’était là une journée intéressante et riche en informations.
http://www.developpementdurablelejo...
http://www.mountain-riders.org
www.mobilito.at
Crédit Photos : http://www.humormeblog.beloblog.com... ;
Thèmes
Climat Changement climatique Développement durable Carbone Sport Gaz à effet de serre Automobiles Citoyenneté Architecture
Les stations peuvent tenter de limiter la casse induite par leur clientelle, et sensibiliser celle-ci, cela ne résoudra pas pour autant leur angoisse de disparition future. Car effectivement, elles sont vouées à disparaître. Elles peuvent tenter de prolonger leur activité via rando en altitude, rando-raquette, ski de fond. Mais elles vont devoir réduire leur train de vie, jusqu’à disparaître. Inévitable.
et le problème des canons à eau ?
Quelle tristesse de voir que l’auteur grand stratège du développement durable puisse pondre un article pour expliquer que nous devrons choisir d’autres jeux que le ski en hiver ou l’adapter aux conditions climatiques. Duchemol, on ne va pas à faire du ski n’étant pas un cyber gédeon friqué et les enjeux planètaires sont au dessus du confort et des jeux alpins pour s’interesser à ces jeux.
C’est un horreur de lire de plus en plus d’articles d’auteurs qui nous vendent leur vision du développement durable/écologie pour toujours et toujours faire leur propre petit business très tendance.
Oui, je suis très très en colère
léonard









