Filiale d’Electrabel, Synatom est l’opérateur chargé de la gestion globale du cycle du combustible. Administrateur délégué de Synatom, Robert Leclère a accepté de réagir aux recommandations de l’Ondraf et du comité de suivi à propos de « l’insuffisance du provisionnement pour le démantèlement des centrales. Entretien.
Vous aviez 60 jours pour remettre un plan…
Nous avons répondu à chacune des recommandations du comité de suivi et cela a fait l’objet d’une réunion la semaine dernière. Un planning d’activité a été déposé pour répondre aux recommandations point par point, d’ici le prochain rapport en 2010. Un inventaire complet des matières qui doivent être démantelées sera réalisé avec une estimation de l’activité de ces matières. C’est déjà réalisé pour Doel 1 et 2 et Tihange 1. Suivront ensuite Tihange 2 et Doel 3 en 2010 et Doel 4 et Tihange 3 en 2013.
Les rapports évoquent une sous-évaluation de près de 20 % ?
Nous estimons nos évaluations correctes. Et nous présenterons en 2010 une approche intégrée par site. Nous ne souhaitons pas avoir un site où une unité serait en démantèlement et où deux autres unités seraient en fonctionnement. Dans l’hypothèse où la loi de sortie du nucléaire est confirmée, les unités seront progressivement arrêtées mais on ne commencerait pas le démantèlement avant que tous les réacteurs du site soient à l’arrêt.
Donc, vous estimez que vos évaluations sont correctes…
Oui, car il y a un effet d’échelle important si on démantèle un site de façon intégrée.
Les rapports considèrent que les marges en cas de pépin imprévu sont très faibles…
Il y a le coût estimé d’après la connaissance de l’art aujourd’hui. Et puis il y a des paramètres qui vont varier. Ce sont des opérations qui vont nous mener jusqu’en 2040. Ces marges, on va les calculer poste par poste et montrer dans le prochain rapport qu’elles sont correctes.
Comment avez-vous procédé pour établir ces calculs ?
On a fait appel au bureau d’études allemand NIS, qui fait de la modélisation du démantèlement. Le problème, c’est que nous n’avons pas donné le détail à l’Ondraf pour cet exercice.
Tout va donc pour le mieux ?
Je n’ai pas de raison de croire qu’il y a un problème aujourd’hui.
4,6 milliards d’euros sont provisionnés pour le démantèlement et la gestion des déchets. Sera-ce suffisant si la sortie du nucléaire est confirmée ?
Tout est provisionné pour le démantèlement. L’argent produit des intérêts et est prêté jusqu’à 75 % à Electrabel. Pour ce qui est du combustible, la provision continue à se constituer au fur et à mesure de l’activité des centrales.
Une série de fûts radioactifs défectueux pose problème. Aucune solution n’existe pour le moment pour les traiter. Cela risque-t-il de grever les budgets ?
Même si je sais combien ce sujet est délicat, ces fûts défectueux, c’est peu de choses par rapport au coût total de la gestion des déchets radioactifs. A peine l’épaisseur d’un trait !
On parle sécurité défaillante il répond budget. Je voudrais bien voir ses chiffres si c’était lui qui devait faire le sale boulot in situ ...
"Il n’y a pas de problèmes techniques, il n’y a que des problèmes d’argent" dit-on couramment dans l’industrie. C’est vrai la plupart du temps : il y a les compétences et l’expérience chez AREVA pour traiter ce genre de fûts. Il suffit de passer commande... avec les sous qui vont bien.
Le problème c’est que si on les surveille pas comme le lait sur le feu, ça part vite en coupe budgétaire dans ce milieu :-/ . Il y a d’autres milieux industriels où ils surplombent en sécurité tous seuls, rarement rien à redire, même sans forcément être brillant en bourse.
Et même avec des montagnes de fric, si les choix sont orientés politiquement plutôt que techniquement/scientifiquement, on arrive à de mauvais résultats.
L’argent ça aide, mais ça fait pas le bonheur.










