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Des fissures dans l'unanimisme nucléaire

Article publié le 3 juillet 2007

Des fissures dans l'unanimisme nucléaire

Commentaire  : Le débat sur la prolongation de la durée de vie de nos centrales nucléaires n’est pas clos. Une semaine après le feu vert délivré à l’atome par la commission d’experts dite «  2030 », les rapports confidentiels que révèle Le Soir témoignent que cette question nucléaire résiste mal aux plaidoyers caricaturaux.

Certes, la fission de l’atome n’émet pas de gaz à effet de serre. À cet égard, la lutte contre le réchauffement planétaire constitue le plus bel argument de marketing pour un secteur qui s’est moqué des questions environnementales pendant plusieurs décennies. Et il est vrai qu’il sera difficile de rencontrer les objectifs européens de réduction des émissions de carbone, sur un strict plan intérieur, sans le recours momentané à cette technologie controversée.

Au nom de cette verte licence, le prochain gouvernement devra mesurer la totalité des implications de son éventuelle décision de surseoir, pour un temps donné, à la fermeture des centrales. Outre l’imposition d’une taxe au secteur susceptible de financer des projets renouvelables, la future coalition devra mettre dans sa balance comptable le coût vérité d’une éventuelle prolongation. Or, la facture du démantèlement, qui interviendra tôt ou tard, paraît avoir été sous-évaluée par l’opérateur industriel. Et cette question ne manque pas d’inquiéter quand les montants se chiffrent en milliards d’euros. C’est dire si ces incertitudes fissurent le blanc-seing donné par les «  experts » à la prolongation de la durée de vie des centrales belges après 2015.

 La divulgation de ces rapports rappelle en outre que le secteur n’a jamais été un modèle de transparence. Quoi que s’en prévalent les autorités responsables de la gestion des déchets et du démantèlement futur, il est anormal que des informations essentielles pour éclairer les choix futurs restent secrètes. Comme il est anormal que l’évolution de milliers de fûts radioactifs défectueux ne soit pas portée à la connaissance du public.

Car on l’avait presque oublié : aucune solution acceptable n’existe afin de « gérer » ces poisons millénaires. Et l’histoire des « colis endommagés » nous rappelle que, par-delà l’impératif climatique, la fission nucléaire demeure une impasse.


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commentaires
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par Atlantis (IP:xxx.xx6.151.12) le 3 juillet 2007 à 21H19

Ceci dit, les politiques aiment bien les impasses. ça doit être génétique comme dirait l’autre.

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par g.jacquin (IP:xxx.xx2.172.134) le 4 juillet 2007 à 19H50

J’adore !!!

1) comment pouvez-vous dire que le démantèlement coute des milliards d’euros. Avez-vous eu cette information dans Spirou ou au contraire un technicien spécialiste de ce problème vous a communiqué des données fondées.

La partie délicate du démantèlement concerne surtout la cuve du réacteur à cause de sa taille. Mais je ne vois pas ou les milliards d’euros sont nécessaires pour extraire avec un pont roulant cette cuve, ensuite la découper avec des chalumeaux automatisés…

Peut être que comme le CO2, crier au loup permet d’obtenir plus de promotion ou plus de budget !

Et puis, est on vraiment pressé de raser les anciennes centrales. Telles quelles sont faites, le meilleurs confinement, c’est de n’y toucher que lorsque l’on sera sur de détruire définitivement les déchets résultants.

2) Vous nous dites qu’il est essentiel d’avoir des informations sur le choix futur des traitements des déchets ! Oui, mais qu’en feriez-vous ? Votre compétence en la matière est-elle si approfondie que vous pourriez de façon fiable, donner un avis constructif ? Connaissez-vous le nombre d’ingénieurs et de physiciens qui travaillent sur ce sujet ? Pensez-vous être de bon conseil ?

3) pour votre information, allez jeter un œil sur le site de l’ENDRA, vous verrez que la situation n’est pas celle qui est décriée. Depuis que les centrales françaises fonctionnent, le cumul en produit très dangereux est de 50 000 m3 (5000m3 produit à longue durée de vie et très forte radio activité et 45000m3 longue durée de vie et moyenne activité) soit un parallélépipède de 100m de coté, haut de 5m. Pas de quoi paniquer ! D’autant que ces produits sont en piscine et surveillés.

Si on parlait des déchets de l’industrie, de la médecine nucléaire etc... Vous verriez qu’on est dans un tout autre ordre de dangerosité...Non pas à cause de la très forte radioactivité mais plutôt à cause du non contrôle de ces produits qui se baladent un peu partout.

4) Je vous rappelle également que les écologistes qui ont fait abandonner, le projet Super Phénix, ont par la même occasion, empêchés de bruler ces fameux déchets… (qu’ils décrient tant !)par contre les éoliennes n’importe où, pour eux, pas de probleme !!!

Aujourd’hui plusieurs pays dont la France travaille sur ce sujet. Les centrales de génération 4 (équivalent super phénix en plus moderne c’est à dire avec probablement une enveloppe résistant aux impacts d’avions = je plaisante=) pourraient voir le jour dans une vingtaine d’année.(d’ici là, peut-être que super phénix va redémarrer !!! = je replaisante=)

5) concernant la durée de vie des centrales, c’est exclusivement et prioritairement un problème de métallurgie. Ce n’est certainement pas un problème politique sauf à faire fermer une centrale alors que techniquement, rien ne s’y opposerait (ex : super phénix) mais certainement pas l’inverse. Il ne faut pas sous estimer les compétences des opérateurs, des ingénieurs process et d’études qui surveillent les points les plus critiques d’une centrale et sans oublier également, les moyens en instrumentation, automation et systèmes de conduites qui viennent en complément pour la conduite du process et la sécurité.

Il est évident que si l’un d’eux découvrait le moindre problème grave, le réacteur serait immédiatement arrêté et ni la décision d’un préfet ou d’un politique, quel qu’il soit, ne pourrait y changer quoi que se soit.

Effectivement, concernant le nucléaire, l’unanimité ne règne pas dans le petit monde politique mais l’essentiel, c’est que tous les techniciens du nucléaire, eux, soient d’accords. C’est la garantie qu’on aura jamais un Tchernobyl sur Seine…

g.jacquin

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par Antinuke (IP:xxx.xx3.54.32) le 5 juillet 2007 à 12H46

M Jacquin conteste que le démantèlement couterait des milliards d’euros. Il ferait bien de se renseigner : en Grande-Bretagne, le coût du démantèlement est officiellement fixé à 103 milliards d’euros ! En France, on a beaucoup plus de réacteurs, ce sera donc plusieurs centaines de milliards !!! Mais EDF n’a budgété que 28 milliards (même avec ça, ça fait bien des milliards M. Jacquin !!!)

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par Manneken (IP:xxx.xx8.30.189) le 5 juillet 2007 à 02H21

Grave erreur de croire que le nucléaire ne produit pas de CO2. C’est tomber dans le piège de la propagande pronucléaire.

Car comment est extrait le minerai d’uranium ? Pour l’essentiel avec d’énormes pelleteuses et camions qui roulent au pétrole. Dans d’autre cas, même si l’électricité est utilisée, elle est issue du thermique classique (charbon, pétrole, gaz). Dans tous les cas, cela produit du CO2.

Même chose pour le transport et pour le traitement initial : concassage, extraction chimique, purification ... à chaque fois une consommation importante d’énergie à base de carbone (donc CO2).

Les traitements successifs suivants suivent la même logique. Et plus le taux d’uranium est faible dans le minerai, plus la dépense en CO2 est importante.

Sans compter le CO2 produit lors de la construction des réacteurs, de la fabrication de l’outillage utilisé (énergie grise), de la déconstruction qu’il faudra bien faire un jour (merci les enfants et petits-enfants).

Au total, un KWh d’électricité nucléaire peut produire autant de CO2 qu’une centrale à gaz à cycle combiné, lorsque le taux du minerai est très faible. Ce qui ne tardera pas à mesure que les gisements les plus riches s’épuiseront.

Lire Nuclear power - the energy balance - The CO2-emission of the nuclear life-cycle (en anglais).

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par karva (IP:xxx.xx0.33.59) le 6 juillet 2007 à 10H41

Apparamment, l’article fait reference a des debats interieurs a la Belgique. Je connais plutot la situation fancaise et j’ai tendance a penser que la Belgique ferait une grosse erreur d’abandonner l’energie nucleaire.

Je veux intervenir sur le probleme des dechets. Une centrale nucleaire comme l’EPR dont on discute en ce moment en France a besoin de a peu pres 200t d’uranium pas an pour fonctionner. Elle consomme a peu pres 30t/an d’uranium enrichi a partir de ce minerai. On decharge ce minerai et on le laisse refroidir. Il contient toujours pres de 30 t d’uranium a 1% de 235, 200Kg de Plutonium, des produits de fission (PF) et des transuraniens (Am, Cm..:TU) pour 40Kg. On le retraite et le recycle : l’uranium est reenrichi, le Plutonium recycle sous la forme de MOX, les PF sont a vie assez longue, et il faut les stocker sur un siecle, et on a les 40Kg de TU tres radioactifs et a vie longue (de l’ordre de 10000 ans). Il ne faut pas dire qu’on n’a pas de solution pour eux : il est possible de les enterrer dans des sites stables geologiquement, ils sont en bien moins grande quantite que les nombreux dechets tres toxiques de l’industrie qui eux sont a vie...eternelle ! Il est aussi possible de les "calciner", en particulier dans les surgenerateurs. On n’a pas encore fait de choix (lois "Bataille"), et c’est peut-etre bien, on peut attendre.

Mais l’industrie nucleaire est la seule dont on attend qu’elle ne fasse pas de dechets ! Si on produit de l’electricite avec du charbon, comme le font essentiellement les Chinois, les US et...les Danois, il faut pres de 3 millions de tonnes de charbon pour l’equivalent de l’EPR, ca fait de l’ordre de 7-8 millions de tonnes de CO2 expedies dans l’atmosphere ! Et on entend si peu de protestations qu’on a l’impression que la crainte du nucleaire ressemble a un refus religieux, comme celle des OGM et du clonage, d’ailleurs. Savez-vous qu’on a calcule que,comme le charbon contient pas mal d’uranium, celui-ci emet plus de radioactivite que le nucleaire ? savez-vous que le transport du charbon represente plus de la moitie des transports ferroviaires en Chine : aux US et en Chine, ce sont d’immenses trains qui trasportent des millions de tonnes ! A cote les transports d’elements radioactifs sont ridicules !

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par judel.66 (IP:xxx.xx1.95.14) le 8 juillet 2007 à 10H40

je partage totalement les points de vue de G-Jacquin et de Karva ci dessus.....tout ce qu’ecrit shoune est faux et tendancieux.....cest pour plaire a des nuls comme lui ou la sinistre voynet que nous avons arrété superphénix où nous commencions a bruler des dechets et a régenérer du combustible ; avec ce laboratoire nous etions en avance sur le monde entier pour le nucléaire civil et plus particulièrement pour le retraitement des dechets ...... merci les nuls de continuer a..""travestir la vérité pour exiter des sots..""

posez vous donc la question de savoir ce que serait l"economie Française sans notre electricité nucléaire et quel serait le degagement de co2 pour la meme cosomation d’electricité.....

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par g.jacquin (IP:xxx.xx4.217.208) le 12 juillet 2007 à 07H56

@Antinuke

Je ne conteste pas que le démantèlement coute de l’argent, ce que je conteste ce sont les montants qui sont annoncés !

Il faudra évidemment démonter les centrales en fin de vie... EDF à budgété ce démontage.

Que l’on nous montre ce chiffrage. Tant que ce ne sera pas le cas, il sera inutile de brandir le démantèlement comme la pire des catastrophes financière.

Désolé de vous mettre les points sur les I mais seul, les techniciens compétents peuvent juger du travail à réaliser et donc d’en estimer les coûts. Et comme il se trouve que j’ai longtemps travailler dans l’industrie lourde, je me permets de mettre en doute les chiffres annoncés ... et ce n’est pas vos remarques qui me feront changer d’avis

L’autre aspect de mon propos est de mettre en doute la finalité de l’action menée par ceux qui crient au loup !

C’est devenu la règle, pour obtenir des budgets, on amplifie un problème afin de « s’autoalimenter ». Comme je l’ai déjà écrit quelques part, nos donneurs d’ordres devenant de "moins en moins performants", ils payent !!! Autrement dit, NOUS PAYONS.

Peut-être que financièrement, cela ne vous pose pas de problème, mais personnellement, je commence à en avoir plus qu’assez de travailler pour financer des réussites comme : le crédit Lyonnais, les éoliennes, la libération des prix de l’électricité… je m’arrête là car la liste est, ces dernières années, devenue longue.

@Manneken

Je crois que vous vous trompez ! Vous devriez mieux vous informer.

g.jacquin


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