Article publié le 23 avril 2007
Feu vert au péage urbain, à la taxe sur les billets d’avion ou à l’interdiction de circulation dans les villes en cas de pic de pollution ! Spectaculaires, ces mesures suscitent une large adhésion au sein de la population belge. C’est ce qui ressort du sondage mené pour le compte de Bruxelles-Environnement par Dedicated Research, en partenariat avec Le Soir.
Le climat laisse les Belges de glace. » Ainsi Le Soir titrait-il un article relatif aux enseignements d’un sondage fédéral réalisé sur la perception du réchauffement, fin 2005. Depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous le pont des changements climatiques. Une canicule et une lame de fond médiatico-scientifico-politique plus tard, la prise de conscience du problème n’a jamais été aussi large.
Réalisé par « Dedicated Research » pour le compte de Bruxelles-Environnement, le sondage réalisé en partenariat avec Le Soir atteste de la surchauffe dans l’opinion. Centré sur les comportements relatifs à l’écologie et aux changements climatiques, son double intérêt réside dans l’aspect qualitatif d’une série de réponses spontanées et du niveau d’adhésion à certaines mesures fiscales .
« À ma connaissance, jamais un sondage n’a suscité un tel engouement, expose Marc Dumoulin, administrateur délégué de Dedicated Research, qui a piloté l’enquête. 62 % des personnes contactées ont accepté de répondre alors que ce chiffre oscille d’ordinaire autour de 30 %. La durée programmée des interviews était de 20 minutes. De nombreuses personnes se sont exprimées pendant une heure ! »
1. Des Flamands moins concernés. La majorité des Belges (60 %) perçoit bien la réalité du réchauffement. Spontanément ce problème est évoqué lorsqu’on demande aux sondés par quelle question environnementale ils se sentent concernés. La surprise est ailleurs : alors que près de 80 % des Wallons et des Bruxellois se disent préoccupés par une, voire plusieurs problématiques environnementales, une majorité de Flamands (59 %) répond qu’aucune ne les intéresse. En revanche, lorsqu’on les interroge de façon dirigée la perception de la gravité du réchauffement, on observe que trois Belges sur quatre considèrent cette réalité comme « un vrai problème dont il faut s’occuper car il va s’aggraver ».
2. Une meilleure perception globale. Près d’une personne sur deux attribue de façon spontanée le réchauffement aux gaz à effet de serre. Alors que dans l’enquête de 2005, 71 % des Belges pointaient du doigt l’industrie comme la principale fautive des changements climatiques, la perception des causes s’affine. Les transports routiers sont désormais surestimés : 39 % des émissions lui sont attribuées contre 25 % en réalité. Les consommations domestiques d’énergie sont par contre sous-estimées : 10 % contre 25 % en réalité. La connaissance du problème semble plus fine côté flamand, tandis qu’au Sud on associe volontiers le réchauffement à la « pollution ».
3. Des impacts encore méconnus. De manière générale, les Belges hiérarchisent bien les effets des changements climatiques (vagues de chaleur, tempêtes, inondations). Quelque 46 % des Belges estiment qu’il n’y a plus de vraie saison. L’élévation des températures ne récolte que 29 % des suffrages.
Plus étonnant, à peine 3 % des personnes interrogées perçoivent que le réchauffement engendrera une diminution de la biodiversité, alors que les changements climatiques menacent gravement la survie de milliers d’espèces. Les problèmes de santé, la faim dans le monde et les carences en eau sont également peu reliés au réchauffement.
4. Des Belges sensibles mais peu impliqués. C’est un des aspects les plus spectaculaires de ce sondage.
Tandis que 65 % des Belges estiment être sensibilisés au réchauffement climatique, l’opinion domine pour dire que la population en fait trop peu. « Bien qu’ils identifient bien les problèmes et qu’ils s’y disent sensibilisés, 66 % déclarent faire peu d’effort, voire aucun effort (6 %) pour lutter contre le réchauffement, analyse notre interlocuteur. Ce sont donc trois Belges sur quatre qui se déclarent insuffisamment ou pas du tout proactifs. » Les plus actifs (beaucoup ou assez d’efforts) sont très clairement les Bruxellois (43 %), devant les Flamands (24 %) et les Wallons (25 %).
Bémol : interrogés sur ce qu’ils ont déjà entrepris, trois quarts des personnes citent au moins une action. D’où, estime le sondeur, un décalage entre le sentiment d’être peu proactif alors que certaines actions sont malgré tout entreprises (économies d’énergie, travaux d’isolation…)
5. Des engagements possibles. La population belge (70 %) estime que les entreprises et les citoyens doivent être mis de la même manière à contribution. Une minorité estime cependant que les efforts devront prioritairement cibler les entreprises.
Thèmes
Climat Changement climatique Développement durable CO2 Environnement Gaz à effet de serre Empreinte écologique Société
En ce qui concerne le point numero 4, l homme est malheureusement bien egocentrique.. Un changement de mentalité ou plutot de valeurs est necessaire..
De ce qui est important, de ce qui ne l est pas.










