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Comment réduire son bilan carbone à zéro

Article publié le 30 novembre 2007

Comment réduire son bilan carbone à zéro
Environnement Quinze programmes sous la loupe

Compenser ses émissions devient tendance.
Une manière d’être « vert
et vierge » à bon compte ?

Zéro carbone ! Encore un peu obscur pour le grand public, le chemin de la « compensation volontaire » s’éclaire d’un jour nouveau.

Commandée par Inter-Environnement Wallonie, une nouvelle étude portée à notre connaissance dresse les performances des organismes qui proposent aux citoyens et aux entreprises d’acheter des certificats afin de rendre neutre leur bilan carbone.

Soit une manière de minimiser l’impact de nos activités et comportements sur le réchauffement climatique par le biais d’investissements dans des projets propres dans les pays du Sud…

Actives sur ce nouveau marché, quinze ONG et sociétés privées proposent différentes variantes de ce type de services en Europe.

Établi par le chercheur André Heughebaert (ULB), le classement de ces organismes a été réalisé selon neuf critères environnementaux, d’éthique et d’équité entre le Nord et le Sud.

« Il existe de grandes variations entre les programmes qui offrent de la compensation volontaire aux particuliers, explique le chercheur. Le coût pour un particulier qui souhaite par exemple compenser ses émissions liées à l’usage d’un véhicule varie de 10 à 25 euros la tonne de CO2. Il est évident que les certificats les plus chers offrent le plus souvent les meilleures garanties environnementales et sociales. »

Comme le détaille notre infographie, les sociétés belges actives sur ce marché ne sont pas trop mal placées. Apparues cette année sur la scène climatique, elles se retrouvent toutes les trois dans le top 5, sous réserve d’une nouvelle évaluation.

« En commandant cette étude, notre intention était de donner de la clarté, expose Jean-Yves Saliez, secrétaire général d’Inter-Environnement. Compenser ses émissions, cela peut être utile. Mais il faut surtout que les gens se rappellent que c’est une mesure de dernier recours. Je lis ce matin que l’Europe et la Belgique atteindront les objectifs de Kyoto en 2012. Mais il ne faut pas oublier que ce sera uniquement possible parce que notre pays aura recours à ce type de mécanisme ! »

Sachant que le Belge émet en moyenne 12 tonnes de CO2 par an, il en coûterait près de 300 euros pour compenser l’intégralité de son bilan carbone.

Faudrait-il dès lors rendre ces certificats déductibles fiscalement, à l’instar d’autres pays ? « Il y a sans doute d’autres endroits où les incitants fiscaux sont prioritaires, répond Jean-Yves Saliez. Les caisses de l’État ne sont pas infinies et il est prioritaire de faire des efforts au plan domestique. En considérant la population mondiale et l’augmentation légitime du niveau de vie d’une majorité de celle-ci, la première démarche doit être une réduction de nos émissions. »

L’an dernier, le niveau mondial de réduction d’émissions par le biais de projets de développement propre dans le cadre de Kyoto s’élevait à 466 millions de tonnes de carbone.

De leur côté, les projets volontaires envisagés dans l’étude représentaient quelque 13 millions de tonnes de réduction. Une goutte d’eau…

« Le plus grand risque se situe peut-être davantage du côté des entreprises que des individus, conclut Jean-Yves Saliez. Les sociétés pourraient y voir une manière peu onéreuse de se donner une virginité environnementale, sans modifier aucunement leurs habitudes actuelles de production et de consommation. »

(1) Étude disponible sur le site http://www.iewonline.be

Repères

La compensation. Toute personne ou entreprise désireuse d’établir un bilan neutre en matière de gaz à effet de serre peut contrebalancer son impact sur le climat (transport, chauffage, alimentation…) par l’achat de certificats investis dans des projets propres via les sites des organismes de compensation.

L’évaluation. Ces organismes ont été évalués sur base de neuf critères (localisation, transparence, sensibilisation, coûts de gestion, standards suivis…) et une échelle de cotation.

Les projets visés.

Il existe trois catégories de projets : les réductions à la source (renouvelable et efficacité énergétique) ; les puits de carbone (plantation de forêt) ; l’adaptation aux changements climatiques. Trois organismes (les deux premiers et le nº7) sont crédités de la meilleure cote à ce niveau.

Les certificats. Dans certains cas, le client investit dans des projets qui réduiront les émissions de CO2 dans le futur. La compensation peut aussi se faire par l’achat de certificat sur le marché du carbone. Ces certificats offrent la meilleure garantie puisque le client achète une réduction déjà réalisée. C’est le cas des quatre premiers organismes classés.

Les calculs. Des calculateurs sur les sites des programmes permettent d’évaluer le prix des compensations Pour un voyage en avion, par exemple, il en coûtera entre 10 et 40 euros, voire plus, selon l’organisme et la destination…

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par Gilles Monette (IP:xxx.xx8.44.112) le 30 novembre 2007 à 20H52

Kyoto vert un air sain

www.dcarbon.com

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