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Comment peut-on replacer l'Homme au centre des enjeux de Copenhague ?

Pour une vision globale sanitaire et humanitaire de l’urgence climatique

Article publié le 12 novembre 2009

A la veille du sommet mondial sur le climat de Copenhague, le compte à rebours du rendez-vous de la planète est en marche, avec en jeu la survie de l’Humanité.

Comment peut-on replacer l'Homme au centre des enjeux de Copenhague ?

Environnement dégradé, biodiversité menacée, premiers effets inquiétants du changement climatique : le désastre écologique est déjà là. Le désastre humanitaire, lui, émerge lentement, au fur et à mesure que l’Homme souffre de façon insidieuse et grandissante. On est si familiarisé avec les images d’un enfant souffrant de faim, des files de personnes attendant devant un dispensaire dans un camps de réfugiés que l’on ne fait pas le lien avec leur augmentation liée au changement climatique. Pour beaucoup, le symbole du changement climatique est la fonte de la banquise et notamment le drame vécu par les ours polaires. 

Et pourtant, quel serait notre engagement si la Terre n’abritait pas l’Homme  ? On pourrait s’attrister qu’une si belle planète s’abîme inexorablement. Mais en réalité, la gravité de la situation vient que cette Terre est habitée par 6,7 milliards de personnes et que toutes sont des victimes potentielles du changement climatique même si les premières conséquences ont lieu actuellement dans les pays en voie de développement dans l’hémisphère sud. Le nord n’est pas à l’abri du dérèglement climatique et de ses événements climatiques extrêmes, accompagnés de répercussions sanitaires, sécuritaires, en particulier liés aux migrations de populations, si aucun accueil n’est fais.
De quel bilan dispose-t-on déjà ? Plus de 150 000 personnes sont décédées des conséquences du changement climatique en 2000, le double soit 300 000 en 2009, et un risque estimé à 500 000 d’ici 20 ans. Et ces chiffres n’incluent ni les millions de personnes malades ou blessées notamment en raison des événements climatiques extrêmes, ni les 20 millions de personnes déplacées en 2009 et les 75 millions prévisibles dans 20 ans et 200 millions en 2050.

Où est l’Homme dans les débats sur les engagements de Copenhague pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ? Va-t-on réussir à limiter l’augmentation de la température à 2 °C pour la fin du XXIème siècle ? 
La santé des hommes en dépend : les premières mesures pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ont un impact positif sur la pollution atmosphérique qui est responsable de 2 millions de décès annuellement.  Cependant, en raison de l’inertie climatique, les conséquences sanitaires du réchauffement climatique vont néanmoins grandissant pour plusieurs décennies au moins, et particulièrement visibles pour les populations les plus vulnérables et dans les pays en développement. Les enfants sont fragilisés dans leur croissance et leur santé par la malnutrition grandissante. Ils sont également les premières victimes de l’augmentation de la fréquence et gravité des événements climatiques extrêmes comme les canicules, tempêtes, inondations, sécheresse qui les frappent plus violement. Sans compter qu’ils souffrent davantage de l’augmentation des maladies infectieuses, vectorielles, diarrhéiques et toxi-infection alimentaires. Par ailleurs, plus de 50% de la population mondiale deviendra allergique avec en parallèle taux de personnes asthmatiques qui va s’accroître. La fragilité de l’enfant à naître sera encore plus grande si des mesures adaptation avec des systèmes de santé primaires performants et des innovations thérapeutiques ne sont pas au rendez-vous.

Actuellement la solidarité internationale est en danger : contrairement aux engagements de la déclaration du millénaire des Nations unies et de ses 8 objectifs pris en 2000, les pays les plus développés n’ont pas donné, comme ils s’y étaient pourtant engagés, 0,7% de leur PNB pour contribuer notamment à la lutte contre la pauvreté, à l’amélioration de la santé des enfants, et à la préservation de l’environnement. La proportion du PNB consacrée à ces objectifs essentiels a été de 0,3% seulement alors que les conséquences du changement climatique rendent de plus en plus difficile et onéreux l’atteinte de certains objectifs comme l’accessibilité à l’eau potable, et la lutte contre les maladies transmissibles. L’archevêque Desmond Tutu parle à ce propos d’un « risque d’apartheid climatique » entre le nord et le sud. Alors peut-on à Copenhague en marge des débats climatiques, viser cet objectif des 0,7% de contribution du PNB des pays développés pour les objectifs du développement ? 

Nous devons aussi nous mobiliser pour notre propre santé, parce que les canicules comme celle de l’été 2003, se produiront une année sur deux à partir de 2050, que les inondations, cyclones, et tornades plus fréquentes se répercuteront sur notre vie et sur notre santé.
Alors oui, il devient essentiel que scientifiques, experts et responsables politiques échangent ensemble pour bien évaluer les conséquences sur l’homme et plus seulement sur l’environnement. Après la journée mondiale sur les risques sanitaires du changement climatique de l’organisation mondiale de la santé en 2008, après des résolutions de l’association médicale mondiale, l’appel mondial sur les risques sanitaires de l’Association médicale mondiale, marquent que pour la première fois le monde de la  santé s’engage pour la Terre.  
Se mobiliser pour notre santé aujourd’hui, pour notre santé demain est essentiel car sinon nos enfants nous reprocherons de ne s’être pas intéressés à leur avenir.
Se mobiliser pour la solidarité, c’est dire non à un apartheid climatique et lutter contre les inégalités climatiques et réclamer une justice climatique.
Se mobiliser, c’est demander dés aujourd’hui qu’une convention internationale des réfugiés climatiques soit élaborée sans délais pour qu’au drame sanitaire vécu par les populations ne s’ajoute pas un drame humanitaire.  

Alors ensemble nous pouvons changer le cours des événements en se mobilisant pour que l’Homme soit au cœur des préoccupations de Copenhague, et qu’aux préoccupations économiques s’ajoutent les préoccupations sanitaires et humanitaires.

Pour plus d’informations sur le colloque du 12 novembre : http://urgencesanteclimat.com/

Thèmes

Biodiversité Développement durable Environnement Catastrophe écologique Réchauffement climatique Copenhague

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commentaires
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par PierreSam (IP:xxx.xx8.238.33) le 14 novembre 2009 à 11H39

Les vrais enjeux du climat sont enfin évoqués : comment tomber d’accord sur les efforts communs à réaliser si on ne nous rappele pas les risques liés au climat, notamment sur l’homme puisque c’est ce qui nous intéresse le plus au bout du compte. Rappelons ces enjeux à nous élus, adressez-leur le lien de cet article par e.mail.

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par viedapatma1973 (IP:xxx.xx6.56.45) le 21 août 2013 à 02H00

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