Par vilains petits canards, j’entends les énergies qui pourraient nous aider à franchir ce cap difficile mais qui ne sont pas bien vues des "experts" pour des causes réelles et sérieuses parfois ou plus simplement par dogmatisme idéologique.
Sont entrés récemment dans la catégorie des vilains petits canards, les biocarburants dont les mêmes experts nous ont vanté les mérites depuis des années et qui se sont développés avec grand succès dans certains pays comme les États Unis et le Brésil. Par un retournement de veste qui relativise le sérieux de ces experts, on nous en dit aujourd’hui pis que pendre pour la bonne raison qu’on se rend compte d’effets pervers qu’il n’était pourtant pas difficile de prévoir.Sur le plan énergétique d’abord le bilan est beaucoup moins glorieux que prévu car pour cultiver il faut de l’énergie en quantité non négligeable, et il faut des surfaces arables que l’on a eu tendance à prendre, cf le Brésil, sur...la forêt, l’un des puits de carbone essentiel au bon fonctionnement planétaire du cycle du carbone. Sans compter la concurrence avec les cultures pour l’alimentation humaine qui s’est traduit, de manière anecdotique sans doute mais révélatrice du problème, par la hausse de la tortilla au Mexique ou des pâtes et du pain en Europe. Le mérite de la chose, néanmoins, c’est de nous avoir fait comprendre le caractère fini de notre planète et que les cultures énergétiques viendraient inévitablement contrarier l’alimentation humaine au moment,et même ou la population mondiale est prévue éclater.Incidemment le problème est identique si vous occupez 400 hectares de terre arable pour y implanter un centrale solaire...
Autre inconvénient que l’on semble avoir redécouvert, cultiver du maïs, du soja ou du colza pour fabriquer industriellement des biocarburants veut dire accroitre la consommation de pesticides
Malgré cet avertissement sans frais on continue, nous dit l’Europe.D’abord parce qu’on ne peut pas arrêter un bateau lancé et qu’il faudra bien utiliser les productions des usines que l’on a subventionnées par les détaxes accordées à ces carburants par rapport à leur homologues pétroliers. Parce que aussi, nous dit le commissaire européen,cela nous habituera à en consommer ce qui deviendra favorable quand nous passerons aux biocarburants de deuxième génération ! Etonnant n’est ce pas ?
La Commission européenne a donc prévu que nous passions à 10 pct de biocarburants dans nos essences et gazoles en 2020,- ce qui est en net retrait par rapport à l’objectif précédent qui était d’arriver à la même proportion en 2007,seulement-,mais surtout seuls les biocarburants qui permettent de réduire les émissions de CO2 de 35 pct seront comptabilisés pour calculer le pourcentage de biocarburants atteint .En très gros cela veut dire que l’objectif à atteindre de 10 pct de biocarburants en 2020 sera exclusivement en biocarburants de deuxième génération.
Second vilain petit canard, le nucléaire bien sur. Que lui arrive t il dans le plan climat de la Commission Européenne ? Rien on n’en parle même pas ! Alors que le monde bruisse de projets de centrales plus importantes les unes que les autres. Ces Sud Africains, ces Anglais, ces Dubaiotes, Quataris, Indiens ou Chinois doivent être particulièrement stupides pour ne pas en avoir compris les inconvénients majeurs...Avez vous déjà vu quelqu’un avoir raison contre le reste du monde ?Moi non , mais c’est en tous cas l’attitude que révèle la position de la Commission sur le sujet. Notre président s’est battu pour, dans la prolongation du Grenelle de l’environnement, mais les vents contraires qui soufflent de l’Allemagne, de l’Autriche et de l’Irlande étaient trop forts. Le revirement maintenant officiel de la Grande Bretagne en faveur de la relance du nucléaire n’a pas suffi à retourner le rapport de force et les récents succès électoraux des sociaux démocrates à des élections partielles en Allemagne augurent mal d’un retournement de tendance dans ce pays.
Voila donc où nous en sommes et ce qui n’est pas nécessairement
évident à la première lecture de propositions forcément complexes.
L’ampleur des efforts qui vont vous être demandés apparaissent
désormais au grand jour et les orientations choisies ne vont pas, à mon
sens, les rendre moins douloureuses à absorber. Le débat est loin
d’être fini et nous en reparlerons sans doute de multiple fois.
produire du biocarburant nécéssite de grandes surfaces de terres arable pour faire pousser ces plantes au détriment de la nourriture .
dans les "petits canards" il y as la piste des micro-algues qu’IFREMER pilote au travers de son projet SHAMASH , de grandes entreprises tel SHELL ou BOEING aussi .
dans ce cas la production se fait dans des photobioréacteurs pour optimiser la production .
outre la production d’huiles pour les biocarburant , il y as de multiples autres retombées pour l’industrie .
Bonjour,
La lecture en creux vis à vis du nucléaire est perspicace et devrait donc laisser le choix cornelien aux bons soins de la subsidiarité, donc de chaque Etat Membre. Les choses ne devraient donc pas changer beaucoup en France.
Pourtant, l’électricité d’origine renouvelable est une chance pour la France et EDF. En effet, la CRE explique que le coût des contrats de rachat de l’électricité renouvelable, payé avec la CSPE, est fortement minoré par les coûts évités d’achat d’électricité sur le marché. En effet ces derniers ont fortement augmenté, et personne ne niera que l’effet prix est un aiguillon indispensable pour lancer de grands programme d’économie d’énergie et d’amélioration de l’efficience énergétique. Donc, pour pénalisante qu’elle soit, la hausse du prix de l’électricité permet à la France de développer sa production d’électricité renouvelable à un moindre coût, d’autant plus que ce n’est pas l’Etat qui investit. Donc, pourquoi se priver de développer cette production décentralisée ?
EDF y a intérêt aussi car une centrale nucléaire n’est pas ce qu’il y a de plus flexible, or la demande est variable. Les sources d’électricité renouvelable sont plus réactives, et permettront globalement de mieux s’ajuster à la croissance de la demande.
Construire des centrales nucléaires coûte cher, et le démantèlement reste encore largement un mystère. D’ailleurs EDF fait tout ce qu’il peut pour essayer d’allonger la durée de vie de ses centrales, et s’est engagé dans la recherche sur l’efficience énergétique.
L’autre produit à la mode, repris par la Commission dans son projet est celui de l’enfouissement du CO2. Mais ce sera prêt pour quand ?
La Commission a entendu les critiques sur les biocarburants et demande dans son projet qu’ils respectent des minimas environnementaux. Ces derniers garantiront les gains CO2 espérés et éviteront les développements inconsidérés.
Article intéressant certes . Ils ne faut surtout pas omettre que la production en abondance des cultures liées au bio-carburant aux Etas Unis et au Brasil sont surtout produitent à base d’OGM . (cf article AgoraVox sur OGM : http://babylon-burning.blogspot.com/) , et à mon humble avis cela et fortement dangereux , surtout dans les proportions gigantesques que cela prend . Et pour parler du nucléaire , le lobby français dans ce champ d’action est tellement important qu’il est crédule de croire que les dirigeants français à la botte des firmes comme Areva , vont laisser place au marché des énergies renouvelables . Surtout quand on sait que le nucléaire dit à but civil , et totalement lié au nucléaire à but militaire . Ce qu’il faudrait , rapidement , ce sont des investissements colossaux dans la recherche de nouvelles énergies renouvelables ! Car cette question , comme tu le dit risque de revenir en boucle dans les années à venir . Et surtout engendrer des conflits fort regrettable envers de nombreux états . Et en plus de tout cela , une pollution catastrophique ! Il faut repenser totalement notre façon de consommer l’énergie , entre autre aussi les moyens le déplacement des individus et des marchandises en elle même !
De Karva
Toujours excellentes vos analyses. Notre ami Barrosso s’est brusquement réveillé car il croit avoir trouvé de quoi compenser son discrédit. Il s’est mis en cheville avec Merkel pour obliger les européens à acheter les dispendieuses éoliennes allemandes. Cela veut dire qu’il ne faut sutout pas que le nucleaire, qui n’emet pas de CO2, soit considéré comme un moyen de lutter contre l’effet de serre comme les couteux renouvelables.
Ou cela va-t-il mener ? Les Allemands se préparent à construire une dizaine de centrales thermiques AU CHARBON ! En fait, ils se foutent des problèmes climatiques : ils veulent juste défendre leurs intérêts. On l’a vu récemment quand le ministre social-démocrate de l’écologie, grand pourfendeur du nucléaire, Sigmar Gabriel, est monté au créneau pour défendre l’automobile "made in Germany", grosse émettrice de CO2 contre un projet de la commission de limiter les émissions de CO2 des voitures produites vers 130g/Km !
Ils sont beaux nos champions de l’écologie, qui émettent près de deux fois plus de CO2 par habitant que les Français que l’on traite de "nucléocrates" !
Karva
La première démarche écologique est de faire la chasse au gaspillage, or la France, avec son important parc nucléaire, se chauffe aujourd’hui majoritairement à l’électricité, ce qui est aberrant en termes d’efficacité énergétique. Développer le nucléaire pour résoudre le problème des émissions de CO2 n’est pas seulement un leurre, c’est aussi un contresens pour ceux qui aspirent au développement durable dans sa signification première, c’est-à-dire écologique.










