Quand la Chine s’éveille à l’environnement...
L’information n’a pas fait grand bruit, et pourtant, elle est de taille à condition qu’elle soit suivie de faits et de gestes. Oui, la Chine, ce nouveau géant économico-humain, qui nous taille à longueur de journée de vastes croupières dans nos parts de marchés, attire nos entreprises et s’ouvre depuis quelques années à l’économie de marché, la Chine est entrain d’adopter des mesures de plus en plus draconiennes quant à la protection de l’environnement et au changement climatique.
Déjà, à la mi-octobre, une information en provenance du ministère du Commerce de Chine, annonçait que les exportateurs chinois allaient subir une hausse de 5 à 10% de leurs coûts de production, si une nouvelle politique environnementale plus stricte était adoptée. Cette hausse pénalisant plus particulièrement les installations de traitement des émissions polluantes qui devraient être implantées dans les entreprises les plus polluantes mais elle devrait aussi concerner des investissements dans des batteries de tests environnementaux plus performants. D’un autre côté, et toujours selon la même source, les entreprises qui ne se plieraient pas à ces nouvelles normes étaient menacées de voir leurs demandes relatives à l’exportation, à l’exploitation de licences ou de contrats que la transformation, refusées.
Cette nouvelle politique, la plus sévère depuis près de 4 ans, était aussi annoncée comme le prélude à de nombreux suppressions d’emplois aux PME et PMI chinoises dont un grand nombre ne pourraient supporter ces nouvelles "normes".
Au tout début novembre, alors que les médias français étaient accaparés par l’Affaire des enfants de Zoé, les dernières nouvelles en provenance de Chine, venaient confirmer la volonté des autorités chinoise de renforcer leur surveillance autour des entreprises d’exportation et du respect de l’environnement. La Chine, par l’intermédiaire du vice-directeur de l’Administration nationale de l’environnement, annonçait "la création de banques de données d’archives relatives à l’application des lois sur l’environnement pour les entreprises exportatrices afin de contrôler et punir les comportements illégaux". Il concluait en surenchérissant sur "le renforcement de la coopération entre son administration et le ministère du Commerce". Selon cette information, la diminution des émissions polluantes et le renforcement de la protection de l’environnement sont des mesures qui devraient avoir "de rapides et efficaces effets positifs sur la balance des échanges commerciaux chinois".
Certes, aucune date d’entrée en vigueur n’a encore était annoncée par les autorités chinoises, mais dores et déjà, une notification conjointe du SEPA (administration d’Etat de la protection de l’environnement) et du ministère du Commerce, a averti les entreprises exportatrices que si elles étaient prises en flagrant délit de viol des lois sur la protection de l’environnement, elles seraient interdites d’exportations. Déjà, elles étaient sous la menace (rarement appliquée) d’être interdites de foires et expositions internationales, sur la base des rapports des organismes locaux et régionaux de surveillance environnementale.
En même temps que cette annonce, le gouvernement a aussi annoncé la mise en place d’un vaste plan d’abandon progressif des usines désuètes dans le cadre d’une campagne de réduction et d’économie d’énergie et des pollutions.
Cette mise "aux normes" concerne de nombreux secteurs et va considérablement affaiblir l’économie chinoise intérieure.
Ainsi, l’industrie du papier va-t-elle perdre près de 6,5 millions de tonnes de production d’ici à 2010 ; l’industrie de l’alcool 1,6 millions de tonne pour la même période, celle du glutamate de sodium 200.000 tonnes et 80.000 tonnes pour l’acide citrique… Par la mise en œuvre de ce plan, le gouvernement central espère réduire la demande chimique en oxygène (pour oxyder les substances organiques et minérales de l’eau) qui s’élève aujourd’hui à plus de 1 million de tonnes.
Ces fermetures doivent normalement se faire sous l’autorité des gouvernements locaux qui pourront aller jusqu’à la coupure de l’électricité pour faire respecter le plan de suppression des industries désuètes.
Parallèlement, le rôle des ONG qui œuvrent dans le secteur de la protection de l’environnement (2.700) a été reconnu par le gouvernement central chinois et leur efficience a été louée par ces mêmes responsables lors de la conférence annuelle des ONG chinoise de Beijing.
le reveil de la chine, notre histoire industrielle en version accélérée.
Reste à savoir si la Chine tiendra ses engagements et à voir les modalités d’application dans le temps et dans l’espace. Pourra-t-elle vraiment réussir cette reconvertion ? S’en donnera-t-elle les moyens ? Et à quel prix ?









