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Charbon, Pollution et Asie du Sud Est

Article publié le 4 mars 2008

Charbon, Pollution et Asie du Sud Est

J’ai eu l’occasion d’assister à la journée de conférence annuelle de l’IFP, Institut Français du Pétrole, dénommée Panorama 2008, sur l’évolution du cocktail d’énergies utilisées dans le monde.Parmi les conférences présentée à cette occasion, il y en avait une consacrée à l’évolution de l’utilisation du charbon en Asie du Sud Est et ses perspectives qui m’a laissé rêveur.

Il en ressortait que l’accroissement de l’utilisation du Charbon dans le monde pour produire de l’électricité dans le monde provenait exclusivement de l’Asie du Sud Est et plus particulièrement de la Chine et de l’Inde. Les raisons en sont simples : une forte croissance économique dans ces deux pays durable dans le temps, une disponibilité importante de gisements de charbon dans ces deux pays et peu de disponibilité de ressources de gaz ou de pétrole et une philosophie d’indépendance énergétique de longue date, héritée en Chine du communisme.

On a donc assisté à une explosion de la production de charbon en Chine au rythme de 3/4 pct de hausse tous les ans depuis 1973. Nous en sommes à 2.5 milliards de tonnes produites chaque année et la projection de la production en 2050 s’inscrit à 15 milliards de tonnes.Le pourcentage de l’électricité produite à partir de charbon en Chine est actuellement de 70pct et devait passer en 2030 à 61pct, soit une baisse sensible, mais sur une production d’électricité en 2030 de 220pct celle de 2005 ! C’est dire la croissance extraordinaire de l’utilisation de charbon dans ce pays mais également en Inde qui prévoit des taux d’augmentation du même ordre.

L’inconvénient c’est que l’utilisation du charbon est très polluante, en terme de Gaz sulfureux, SO2, précurseur de l’acide sulfurique quand il se combine à l’eau, de poussières de carbone et de métaux lourds dangereux comme le mercure( cf la catastrophe écologique de Minamata au Japon au sortir de la dernière guerre). Sur le plan des émissions de CO2, le charbon en est un gros émetteur, 30/40pct de plus que le gaz et infiniment plus que le nucléaire et nécessite l’utilisation de beaucoup d’eau. Bref on ne peut quasiment pas faire pire sur le plan des atteintes à l’environnement, 25 millions de tonnes de SO2 et 12 de poussières rejetées en 2005 !

Ces émissions posent d’ores et déjà des problèmes de santé publique en Chine comme en témoignent les photos bien connues représentant le nuage noir de pollution autour des grandes villes et de leurs centrales à charbon.Le cout des effets de cette pollution a été calculé et se monte à 5pct du PIB du pays, une valeur énorme et sans équivalent dans les pays industrialisés.

Au delà des polluants dont on vient de parler, se pose celui des quantités d’émissions de CO2. Vous savez peut être déjà que la Chine vient de dépasser les États Unis comme premier émetteur de CO2 de la planète avec 5.1 Milliards de tonnes de CO2 émises en 2005. Pour 2030, sur la base de la croissance économique de la Chine et du taux de charbon utilisé pour les productions( électricité et cimenteries surtout) qui le consomment, ce ne sont pas moins de 11.4 milliards de tonnes de CO2 qui sont prévue être rejetées dans l’atmosphère cette année là.Au point qu’il est impossible que la Chine puisse satisfaire la teneur de 400 ppm de CO2 dans l’atmosphère qui est le minimum minimorum que notre planète peut tolérer pour simplement stabiliser sa température.

Et comme le CO2 ne reste pas sagement au dessus de la Chine mais voyage tout autour de la planète au gré des vents, cela veut dire que nous ,Union Européenne, ferons des efforts considérables, - et économiquement potentiellement nuisibles - sans que nous n’en voyions les effets sur le réchauffement climatique. En quelques sorte, la mise en place de l’ambitieux Plan Climat de la commission de Bruxelles revient à nous infliger une double peine. Il affectera la compétitivité de nos industries et risque de créer délocalisations et chômage alors que nous n’en tirerons aucun bénéfice du fait de la poursuite à tout va des émissions de CO2 des pays en voie de développement.

Seul élément un peu positif. A la conférence de Bali pour préparer Kyoto II, la Chine, même si elle a refusé de prendre quelque engagement que ce soit de limitation de ses émissions de CO2, a semblé évoluer de sa position traditionnelle - Nous ne sommes pas responsables de l’état de la planète, c’est aux pays riches à faire des efforts- vers un début d’acceptation qu’elle ne pourra pas échapper aux efforts elle même.

Problème, même si elle le voulait, en fonction de son niveau de croissance et des aspérations de sa population , elle ne le pourrait pas ...

Image : http://www.lesjardinssuspendus.com/... ;

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par Energia (IP:xxx.xx1.4.48) le 6 mars 2008 à 01H02

La chine ne risque pas de produire 15 milliards de tonnes de charbon par an en 2050 car entre temps elle aura épuisé toutes ses réserves exploitables de charbon.

Déjà, les mines trop dangereuses ou dont la qualité de charbon est trop mauvaise sont fermées par centaines (ou milliers) chaque année, de même que les centrales thermiques trop polluantes ou de faible rendement.

Au niveau mondial, les réserves dites "prouvées" sont passées de 227 à 144 années de production entre 1999 et 2005. Si l’on poursuit la tendance actuelle d’augmentation de la production, le charbon aurait une fin brusque en 2048, dans quarantes ans.

Entre 1999 et 2005, les réserves ont diminué quatre fois plus vite que le cumul de la production au cours des six années. La diminution est due pour l’essentiel à une meilleure connaissance des réalités géologiques.

Les réserves de charbon n’ont pas augmenté malgré un prix qui a doublé entre 1999 et 2005, comme le voudrait une théorie économique simpliste selon laquelle "les réserves augmentent avec les prix". Au contraire, les réserves "prouvées" de charbon ont diminué de 14 % en tonnage. Les réserves ont donc diminué en durée de 83 ans (- 36 %) en seulement six ans. Les réserves effectives sont sans doute encore inférieures.

Lire cette étude : Brusque fin du charbon en 2075 ou 2048 ?

En réalité, la production de charbon passera par un maximum vers 2030, puis entrera en déclin.

Voir aussi : Coal : resources and future production Rapport sur le charbon : les ressources et la production future (en anglais - fin 2007).


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