Article publié le 17 décembre 2007

Les spécialistes du haut de gamme ont du pain sur la planche.
Photo : prototype BMW X6 hybride présenté au salon de Francfort
C’est la première mesure concrète du Grenelle de l’Environnement à être mise en oeuvre : annoncée le 5 décembre, la réduction (pour les gentils) ou la surtaxe (pour les méchants) à l’achat d’une voiture neuve seront applicable au premier janvier selon le Ministère où se préparent les textes de décrets d’application. Auto financée (les malus financent les bonus), cette mesure est un premier pas et avant même que l’on mesure ses effets, produit son impact : les constructeurs, fortement incités à réduire les émissions de CO2 des véhicules les plus consommateurs, passent à l’action.
Ce sont notamment des spécialistes du haut de gamme qui se sentent viser : ils devront s’adapter, bon gré mal gré, souligne LA TRIBUNE (12/12/07), rappelant que des programmes de recherche sont en cours, indépendamment de la législation française. Chez Volkswagen, on « remplace les mécaniques à essence par des moteurs plus petits et moins consommateurs ». Le moteur à injection directe de 1,6 l et 115 ch cède ainsi la place à un organe de 1,4 l qui développe 122 ch, mais qui réduit de 10 g/km les émissions de CO2 de la Golf. De plus, « nous commercialiserons en 2008 des systèmes Stop & Start [arrêt et redémarrage automatique du moteur au feu rouge] », assure le constructeur.
BMW étend pour sa part progressivement sa gamme de moteurs « verts », avec arrêt automatique et récupération de l’énergie au freinage pour recharger la batterie, lancée il y a quelques mois. La nouvelle 123d, modèle compact sportif, développe ainsi 204 ch mais rejette moins de 140 g de CO2 par km. Entre 4 000 et 5 000 Série 1 dotées de tels moteurs devraient être vendues en France sur l’ensemble de 2007. Grâce à ces organes, notamment, « 50 % de nos véhicules échappent au malus », affirme le constructeur bavarois.
De son côté, Mercedes va « revoir l’aérodynamique du monospace compact Classe B au début du printemps 2008 » pour obtenir des gains allant dans le même sens. Smart lancera dès le mois de janvier une Fortwo « Stop & Start » qui permettra d’abaisser les émissions de CO2 de la version à essence de 71 ch de 112 à 103 g/km. « Avec une transmission modifiée, on pourrait même descendre sous les 100 grammes et donc accéder au bonus de 1 000 euros », souligne la marque du groupe Daimler.
Néanmoins, « abaisser les émissions de CO2 n’est pas si simple. Pour gagner quelques grammes à peine, on doit faire des modifications au niveau du moteur en revoyant la cartographie et optimisant l’injection, rallonger les rapports de boîte de vitesses, peaufiner l’aérodynamisme, changer de pneus. Ça ne se fait pas du jour au lendemain et oblige à ré-homologuer le véhicule. Ces modifications ont d’ailleurs un coût », se plaint un importateur.
Thèmes
La voiture est devenue un fleau pour l’homme et son environnement. 6000 tués/an, les dégats humains se joignent aux dégats environnementaux, des milliers d’animaux sont tués sur les routes, chaque année, c’est l’hécatombe. La pollution automobile dans les grandes villes atteint des records... Et que voit-on dans les bouchons ? Un péquenot par bagnole ! Et les autoroutes envahissent les campagnes, il n’y a plus un endroit où on n’entende vrombir un moteur.
La voiture c’est le fléau du début de siècle...
Il n’existe aujourd’hui quasiment pas de véhicules permettant d’emporter 4 enfants sans subir un malus.
Pour les familles nombreuses, ce n’est donc pas un système de bonus/malus, c’est une taxe sur les enfants.
Les mesures compensatoires annoncées ne permettent pas de régler équitablement le problème, et en plus, elles sont remises en question.
Formidable cette écotaxe, c’est la subvention à la pollution. Dans son principe, des voitures financent d’autres voitures, cette écotaxe n’envisage même pas de remettre en cause le dogme destructeur "je me déplace tout seul dans ma voiture". Cet axiome fondamental étant posé, la seule question devient : "dans quelle type de voiture ?". On est loin de la "révolution dans nos façons de penser, dans nos façons de décider, [...] révolution dans nos comportements, dans nos politiques, dans nos objectifs et dans nos critères" que le président annonçait dans son discours de cloture du grenelle, il y a deux mois.







