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Biocarburants : l'explosion forcée

Article publié le 5 octobre 2007

Loin d’être un effet de mode, la production de biocarburants est littéralement en train d’exploser.

Depuis la fin des années 1990, c’est une croissance de la production de l’ordre de 15% par an qu’observent en particulier le Brésil, les Etats-Unis ou l’Europe. Soit un total de 22 millions de tonnes équivalents pétrole produits en 2005 (31 millions de tonnes) dans le monde, un chiffre qui devrait doubler en 10 ans compte tenu des investissements mondiaux.

Un tel développement ne peut s’expliquer que par un prix permettant une concurrence directe avec le pétrole. Pourtant, à ce jour, seul le Brésil parvient à proposer des coûts de production suffisamment fables pour constituer une alternative crédible.

En France, il faut un baril stabilisé à 100 $ pour que l’éthanol commence à être rentable.

Les coûts de production, élevés en Europe, devraient tout de même connaître une baisse prochaine en raison de la construction de nouvelles unités industrielles prévues pour 2008. On estime que l’éthanol pourrait perdre 25 à 30% grâce aux économies d’échelle.

Les gouvernements amorcent la pompe

Ce n’est qu’en prévision de la concurrence avec un pétrole cher, voire très cher que les biocarburants peuvent espérer poursuivre un tel développement. Perspective qui semble incontestable, étant donnée l’inéluctable épuisement des ressources fossiles.

En attendant, il s’agit d’amorcer la pompe de la production. Aux Etats-Unis comme en Europe, les aides sont substancielles, tant envers la production que vers la consommation. Le gouvernement américain y consacre ainsi entre 5,5 et 7,3 milliars de dollars en subventions chaque année. Ces aides devraient atteindre entre 6,3 et 8,7 milliards de dollars par an d’ici à 2010.

Au sein de l’UE, les agriculteurs reçoivent une prime de 45 euros pour chaque hectare de terre utilisé pour la production de biocarburants, jusqu’à 50% de ces coûts étant assumés par les Etats membres.

Pour sa part, la France a mis en place le plan biocarburant : des incitations fiscales octroyant une réduction de la Taxe intérieure sur les Produits Pétroliers (TIPP).

Les esters d’huiles végétales incorporés au gazole et au fioul domestique bénéficient d’une exonération de TIPP à hauteur de 35,06 euros/hl, et les dérivés de l’alcool éthylique d’origine agricole, incorporés aux essences, d’une exonération plafonnée à 50,23 euros/hl.

A mesure qu’augmente le taux légal d’incorporation de biocarburants dans les pompes, le prix à lapompe devrait augmenter d’autant. La TIPP permet de faire passer la pillule verte sans douleur pour le consommateur, tout en continuant l’incorporation progressive : depuis 2007, la directive européenne impose 5,75% de biocarburants dans les pompes. Pour 2010, le taux sera de 7% pour la France.

Dans 2 ans, le baril de pétrole aura-t-il tellement augmenté que l’on pourra se passer d’une baisse de la TIPP ?

Mieux, se pourrait-il que le prix à la pompe finisse par baisser à mesure que les biocarburants prendront la place des hydrocarbures devenus hors de prix ?

Thèmes

Agrocarburants

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commentaires
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par wawa (IP:xxx.xx6.4.167) le 5 octobre 2007 à 17H30

bon article. actuellement le pétrole est à 80 $/baril. les 100 $/b seront atteints prochainement. les conséquence seront une augmentation du prix des denrées alimentaires, qui va d’indexer sur le cours du pétrole ou plus exactement les deux cours seront entremelés. car de toute maniere, n’importe qui de solvable choisira de manger plutot que de mettre du carburant dans sa voiture. le prix des biocarburants est donc aussi amener a monter ! j’ai très peur pour la partie de l’humanité non solvable :

va on assister au retour des grandes famines et a une réduction de l’esperance de vie et de la apopulation mondiale rechauffement climatique aidant ?

c’est peut etre le moment d’investir dans la terre, ne seraitce que pour sa propre survie, plutot que dans des titrisations sous-jacentes fantoches ou dans un immobilier surrevalué !

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par l’écolo (IP:xxx.xx6.68.143) le 6 octobre 2007 à 11H51

Ce n’est pas une mode, en effet, mais un véritable engouement auquel on assiste actuellement en faveur des prétendus « biocarburants ».

Engouement qui vient seulement de ce que les spéculateurs qui assurent leur promotion leur ont choisi cette appellation pour faire croire qu’il s’agit d’un substitut du pétrole qui en aurait tous les avantages et aucun inconvénient.

La caractéristique essentielle qui différencie les prétendus « biocarburants » du pétrole, c’est qu’ils sont cultivés au lieu d’être extraits de poches souterraines. Le nom « agrocarburant » est donc nettement plus approprié pour les désigner, et possède, en outre, l’avantage de la neutralité.

En réalité, et lorsqu’on examine bien ce qui se passe, on découvre que les agrocarburants peuvent être des « biodestructeurs » redoutables.

Déjà, le fait qu’aucune différence n’est faite entre ceux qui sont obtenus par distillation (1) et ceux obtenus par pression (2) est très suspecte, puisqu’elle ne permet pas au consommateur de faire un choix éclairé.

De plus, voici deux témoignages, facilement compréhensibles, émanant de personnalités éminentes :

1.- « Les cours de cette céréale [maïs] , aliment principal de nombreux pays de la région, ont presque doublé. Que se passera-t-il quand des centaines de millions de tonnes serviront à produire des biocarburants ? Sans parler des quantités de blé, de millet, d’avoine, d’orge, de sorgho et d’autres céréales que les pays industrialisés utiliseront comme source de carburants pour moteur. » Fidel Castro, Réflexions sur les biocarburants et sur la lutte contre la famine et la pauvreté dans le monde (extrait), 1er mai 2007

2.- Paul J. Crutzen, prix Nobel de chimie : « les biocarburants rejettent en fait plus de gaz à effet de serre qu’ils n’en absorbent à cause des engrais utilisés dans les méthodes de culture modernes. Ils rejettent notamment de l’oxyde nitreux, qui est 300 fois plus nocif pour le climat que le dioxyde de carbone. » (3)

N’oublions pas non plus que la surface cultivable totale de la France, si elle était réservée aux agrocarburants, serait loin de pouvoir suffire à produire tout le carburant dont elle a besoin.

Seule une faible partie de la plante peut actuellement être utilisée (4), aussi des études sont en cours pour permettre utiliser la plante entière. Cela permettra d’améliorer grandement le rendement à l’hectare, mais le prix du carburant ainsi produit devrait s’en trouver multiplié par un facteur 2 ou 3.

Il vaudrait mieux, pour le bien de tous, que la frénésie d’utilisation des agrocarburants, lancée par de faux écologistes plus soucieux de protéger des intérêts particuliers que ceux de la planète, soit étroitement canalisée par les gouvernements.

ooooooo

(1) forcément gros consommateurs d’énergie, ce qui réduit d’autant leur intérêt, et donc dispensateurs de CO2

(2) la pression exige moins d’énergie que la distillation et répand donc moins de CO2

(3) Extrait d’une dépêche de l’agence Reuters dont le texte complet se trouve sur ce lien :

http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20070...

(4) détail souvent ignoré du « grand public » : les cultures de canne à sucre font l’objet d’un brûlage avant la cueillette, ce qui est l’occasion d’une grande dispersion de chaleur en pure perte, ainsi que de CO2 et de particules nocives sans aucune contrepartie intéressante

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(IP:xxx.xx2.217.144) le 6 octobre 2007 à 14H06

Pour la canne le brulage est une méthode ancienne qui est liée à la coupe manuelle. Hors la coupe mécanique (qui n’a pas besoin de ce brulage) tend à s’étendre. De toute façon, bruler sur le champ n’as pas de différence en terme de CO2 par rapport à bruler dans une chaudière ! C’est juste une grande source d’énergie gaspillée !

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par l’écolo (IP:xxx.xx6.68.143) le 7 octobre 2007 à 09H32

a qui m’a répondu :

1.- « la coupe mécanique (qui n’a pas besoin de ce brulage) tend à s’étendre. » et 2.-« bruler sur le champ n’as pas de différence en terme de CO2 par rapport à bruler dans une chaudière ! C’est juste une grande source d’énergie gaspillée ! »

1.- vous avez raison sur le fait que la coupe mécanique tend à être de plus en plus employée, mais il n’est reste pas moins vrai que la plus grande partie de la récolte se fait encore à la machette,

2.-a) effectuer la combustion exclusivement dans des chaudières permet de neutraliser certains gaz toxiques et de détruire les particules nocives et pathogènes, en attendant de pouvoir capturer le CO2et le stocker (1),

2.-b) dans une époque où il est reconnu que tous les moyens sont bons pour économiser l’énergie, le grand gaspillage qui en est fait de cette façon me remet en mémoire la parole célèbre : « c’est plus qu’un crime, c’est une faute ! » (2).

Il est très important que les gens comprennent qu’il ne faut plus faire n’importe quoi, simplement pour se donner bonne conscience, et surtout ne pas s’enthousiasmer pour telle ou telle idée qui semble généreuse, astucieuse ou bénéfique, sans en avoir scientifiquement mesuré, pesé et comparé aussi bien les avantages et que les inconvénients (3).

Cordialement,

Jean-Claude

oooooo

(1) vous me donnez l’occasion de signaler ici que l’Edf envisage de construire plusieurs centrales thermiques à flamme, et qu’aucun des groupes qui se prétendent écologistes (« Les Verts », Greenpeace, « Les amis de la terre », « Sortir du nucléaire », etc.) ne se sont opposés à ces projets en exigeant comme préalable à leur réalisation que le CO2 puisse être efficacement capturé et stocké, cela montre bien les étroites limites de leur volonté de protéger la nature,

(2) exclamation que ne put retenir Antoine Boulay de la Meurthe, pourtant un fidèle de Bonaparte, lorsqu’il apprit que celui-ci avait fait exécuter le duc d’Enghien, le 21 mars 1804.

(3) ainsi en va-t-il des « mesurettes » qui consistent, sous le fallacieux prétexte de réduire les rejets de CO2, à imposer arbitrairement une vitesse réduite aux véhicules, alors qu’il est démontrable que dans la plupart des cas, en obligeant à utiliser un rapport inférieur de la boîte de vitesse, on augmente la consommation de carburant et donc la diffusion de CO2 au lieu de les réduire ; il s’agit-là d’un cas typique de « décision absurde » au sens que leur donne Christian Morel dans son livre « Les décisions absurdes – sociologie des erreurs radicales et persistantes ».

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par jcm (IP:xxx.xx5.31.103) le 6 octobre 2007 à 19H13

A voir absolument à ce sujet : La faim, la bagnole, le blé et nous (Une dénonciation des biocarburants).

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par léonard (IP:xxx.xx3.115.223) le 6 octobre 2007 à 20H16

Bonjour à l’auteur,

Je suis stupéfé que l’on puisse encore défendre l’intérêt des carburants issus de cultures biologiques lorsque depuis quelque temps les calculettes, les expertises techniques, les études d’impacte, les rendements vrais, les dépenses energétiques nécessaires pour les produire, les confiscation de terres arables" alimentaires", les rejets à effet de serre démontrent que cette voie est pernicieuse et sans lendemain pour une humanité qui a une priorité absolue, celle de poursuivre son histoire par des innovations vraies de substitution qui nous éviteraient une impasse dont nous ne pourrons pas nous sortir.

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par jcm (IP:xxx.xx5.31.103) le 6 octobre 2007 à 20H53

Si nous disposions d’un indicateur économique, environnemental et social comme le PIB+, nous nous apercevrions assez vite que la plupart des agrocarburants ne sont rien de plus qu’une dangereuse ineptie !!!

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par Ludion (IP:xxx.xx1.199.113) le 7 octobre 2007 à 18H01

Même l’OCDE, de façon étonnante, commence à dire que les agro-carburants sont un remède pire que le mal. De nombreux chercheurs dans divers pays en ont déjà fait la démonstration.

Le bilan carbonne (et CO2) est négatif : carburant pour la culture et le transport de la récolte, énergie dépensée dans les usines d’agrocarburants (presque toutes au charbon aux Etats-Unis)...

En France, il nous faudrait utiliser plus que la superficie de la France et 3 à 4 fois la superficie des terres cultivées pour remplacer les 49 millions de tonnes de pétrole consommées par les transports (sans compter le reste). Voir La fin progressive du pétrole

La situation n’est pas meilleure dans les régions tropicales, dont les sols sont fragiles et deviendront rapidement stériles. La déforestation fait aussi des ravages au Brésil, en Indonésie et Malaisie, ce qui contribue à augmenter le CO2 (moins de CO2 absorbé).

Lisez aussi Mettez du sang dans votre moteur ! La tragédie des nécro-carburants.

Par la même occasion, allez sur le site pour obtenir des graines biologiques de qualité et participer à la sauvegarde de variétés menacées.

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par jcm (IP:xxx.xx5.95.37) le 7 octobre 2007 à 21H26

A voir par ailleurs : Pic pétrolier : le compte à rebours a commencé.

Comme la plupart des agrocarburants ont un rendement faible ou négatif (ils consomment à peu près autant, ou plus, d’énergie qu’ils en fournissent) nous sommes probablement TRES mal partis !!!

La rupture à laquelle " il " ne nous prépare pas se nomme " peak oil "...

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par Jean-Marc Hauth (IP:xxx.xx3.83.63) le 29 janvier 2008 à 21H51

Et si on répartissait l’eau sur terre pour qu’elle s’infiltre mieux dans le sol.... Cela rechargerait les nappes phréatiques de les arbres pousseraient mieux pour recycler le co2 de nos voitures qu’on pourrait laisser au garrage.

Et pas mal d’autres choses... http://perso.wanadoo.fr/biefs.dupilat/


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