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Bali, miroir aux alouettes pour Yves Cochet

Article publié le 26 décembre 2007

Yves Cochet est décidément un empêcheur de rêver en rond. Le député vert de Paris juge sans complaisance les résultats de la conférence internationale qui s’est tenue à Bali (Indonésie) début décembre. Pour l’ancien ministre de l’environnement, les participants n’ont pas pris conscience de l’extrême urgence à agir.

Bali, miroir aux alouettes pour Yves Cochet

Dommage pour lui, dommage pour nous, ses confidences, Yves Cochet les a réservé à un site internet au lectorat limité, actu-environnement, dans une tribune au titre évocateur : “A quoi bon Bali”. 

Les superstitieux verront peut être dans le numéro de la conférence de Bali, la 13ème de l’ONU sur le sujet, une des raisons au demi-succès ou demi-échec de cette grande réunion internationale qui aurait du redonner du souffle à un protocole de Kyoto en bout de course. 

Yves Cochet ne cache pas sa déception et son amertume. En dépit d’un rapport du GIEC extrêmement alarmiste, il estime que les acteurs de Bali se sont trompés d’échelle aussi bien en terme de temps, dans l’urgence à agir, que d’ampleur, dans les mesures à adopter. 

L’écologiste se fait accusateur, dénonçant une lecture minimaliste en deçà du dispositif technique à mettre en oeuvre. Une seule solution pour le député vert : ” mettre la barre plus haut”, conformément aux préconisations du GIEC selon lesquelles les pays industrialisés doivent diviser par 20 leurs émissions de gaz à effet de serre. Un décalage complet avec la réalité du terrain lorsqu’on sait que la France, qui s’affiche comme un bon élève, ne tiendra même pas son objectif de les diviser “seulement” par 4.

Une véritable tromperie, “un négationnisme de l’urgence” qu’Yves Cochet ne parvient pas à expliquer,sauf à dénoncer vertement cette langue de bois environnementale qui endort les opinions publiques en les assurant que, “nous sommes sir les bons rails”.

En scientifique pragmatique, Yves Cochet propose d’abandonner le cirque des conférences internationales stériles pour attaquer le problème à la source, à savoir l’offre énergétique. Un renversement complet de l’approche. Puisqu’on ne peut demander aux consommateurs d’être vertueux, autant essayer de l’imposer aux producteurs, de fait moins nombreux et, plus dépendants des politiques étatiques.

Cette approche pourrait en outre offrir selon l’élu Vert aux nations les moyens de limiter coopérativement leur dépendance au pétrole. Très pragmatique Yves Cochet considère que la solution la plus efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, c’est encore que le carbone reste sous terre. Un tel dispositif présenterait de nombreux avantages. Le cours du pétrole serait maintenu, du fait de la rareté entretenue, à un niveau élevé garantissant ainsi des ressources à plus long terme pour les pays producteurs. Dans le même temps un pétrole cher serait le meilleur moyen pour accélérer une transition technologique vers d’autres sources d’énergie. Enfin, un pétrole cher, en théorie, serait moins utilisé et ce qui limiterait de facto les émissions de GES liées à son usage. 

Cette proposition du député Cochet est sur le papier séduisante même si elle omet singulièrement la souffrance des petits revenus qui seront confrontés à une véritable fracture énergétique. Il est fort à parier pourtant qu’avec ou sans le souci de l’environnement, les pays producteurs de pétrole finiront par l’imposer.

Concrètement cela signifie que les vieilles nations doivent anticiper et faire le pari de technologies alternatives. Or dans cette nouvelle révolution industrielle qui se profile, force est de constater que l’Europe d’une façon générale, ne fait pas suffisamment le pari de l’intelligence. Les crédits affectés à la recherche, en pourcentage des richesses produites sur nos territoires sont ridicules. Un situation préoccupante qui n’est pas sans rappeler la fameuse fable de Jean de La Fontaine “la cigale et de la fourmi”. Quand l’hiver fût venu… 

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commentaires
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par thalieg (IP:xxx.xx5.135.101) le 27 décembre 2007 à 12H31

Monsieur Cochet, dans sa réflexion, a-t-il songé que, peu importe le prix du baril de brut, les population de la plupart des pays producteurs ne profitent pas de revenus du pétrole ? A qui profite le brut ?

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par Le Moralisateur Moustachu Masqué (IP:xxx.xx1.238.210) le 28 décembre 2007 à 08H06

"faire le pari de technologies alternatives" Il n’y aurait donc de salut QUE dans la science ? Et changer la société, hein ? N’est-ce pas le rôle de la gauche ? Notre dépendance au pétrole ne réside pas sur un besoin naturel mais sur un besoin créé : nous en avons besoin pour nous rendre sur nos lieux de travail (puisque prendre l’avion pour aller se faire bronzer le cul en Egypte ou à Wolfeboro n’est pas une nécessité et en plus n’apporte rien !) !

Plutôt que de CROIRE en la toute puissance technologique qui apporte toujours des solutions (il n’y a qu’à voir nos sociétés nous avons des écrans plats, nous roulons en 4x4, nous avons mécanisé lmes chaines de productions.. et ça a apporté le bonheur...) pourquoi ne faisons nous pas avec ce que nous avons ! Il suffit (ah c’est sûr, c’est plus politique et demande de faire des choix en sacrifiant des intérêts particuliers, contrairement au financement de la recherche qui lui contente tout le monde) de re-lo-ca-li-ser l’économie de taxer les concentrations d’entreprises dans un nombre de lieux réduits qui OBLIGENT à brûler du coco pour s’y rendre.

Arrêtez avec cette vieille lune qui consiste à croire que la science nous sauvera. Cela montre une volonté de ne rien changer que des choses à la marge (et ceci n’est même pas certain) un peu de pragmatisme et moins de croyance

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par Léonard (IP:xxx.xx3.114.233) le 30 décembre 2007 à 09H55

En réponse au moralisateur moustachu...

Tu as parfaitement raison : la technoscience est une religion comme une autre. Ses fidèles dans une même ferveur l’identifie comme l’eau de jouvance seule capable de procurer longévité, bonheur, harmonie et surtout confort du corps et de l’esprit.

" Monde de cyber-gédéons et de turnbo-bécassines moi la technoscience je vous sauverai de votre médiocrité" nous a-t-elle déclaré.

Quant à Cochet, ses copains verts de gauche devraient lui intimer l’ordre de faire en sorte que son regard sur la nécessité d’un bouleversement profond mais impossible de nos sociétés soit au bénéfice des plus pauvres que ce soit en France ou ailleurs, et non pour ceux qui peuvent se passer de voiture parce qu’il y a le TGV, le taxi et l’avion(comme pour Bali par exemple) des moyens de transport qu’ils peuvent s’offrir sans rogner sur tout. Un peu plus de décence Yves même si t’es le l’un des moins pires des verts..de Terre.

Léonard


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