La forêt européenne progresse. La France est même bien placée à ce
titre. Pour preuve, avec les rares statistiques comparables
disponibles, les terrains boisés (bosquets et buissons compris)
semblent progresser de plus en plus rapidement en France comme dans
l’UE 15.
Cette tendance tient à plusieurs facteurs bien connus, mais ils sont à
mettre en regard des disparités que masquent ces chiffres et des
évolutions actuelles et futures probables.

photographie : Olivier Martin Delange
France

UE 15

source : Compendium - Données OCDE sur l’environnement
Théorie en U et déprise agricole
On considère communément que la transition démographique s’accompagne
d’un phénomène de contraction puis de redéploiement de la forêt. On
pourrait le formaliser selon une formule du type :
« (taux d’emploi tertiaire/PIB)*surface du pays corrélée au couvert forestier initial ».
A titre d’exemple, l’Inde est en phase de fin de transition
démographique, et comme ça a pu se remarquer pour l’Europe, la forêt
regagne du terrain depuis.
En Europe, c’est particulièrement le phénomène de déprise agricole, lié
à la réduction de la population agricole et à la PAC, qui ont favorisé
le redéploiement des massifs forestiers anciens(Jura) ou la reprise des
successions végétales vers la forêt dans des régions qui n’étaient
presque plus boisées (Bretagne).
Changements d’allocation des terres et changement climatique
Mais le mitage du territoire, la périurbanisation, le développement des
agrocarburants… sont autant de facteurs qui mettent un frein à ce
redéploiement forestier qui peut pourtant faire office de puit de
carbone efficace.
Le réchauffement global, lui aussi, menace les forêts puisque les
essences se renouvellent lentement et leurs aires de répartition ne
suivront pas la vitesse du changement climatique sans intervention
humaine. Les pieds restant là où les conditions leurs deviennent
défavorables, les forêts courent un péril bien réel mais difficile à
estimer.
Enfin, il faut se méfier des chiffres agrégés lorsqu’on parle du
vivant. Comment quantifier le qualitatif ? En effet, la forêt progresse
mais quelle forêt ? Comment est-elle gérée ? Le chiffre global
rassemble aussi bien des espaces diversifiés, peuplés de végétation
spontanée et bénéficiant d’un fort taux de biodiversité que d’espace
planté sur des surfaces immenses de manière linéaire avec les mêmes
variétés de la même espèce. L’intérêt écologique de chacune de ces
zones boisées est très différent.
Je suppose que c’est un teaser ! Je veux dire c’est un peu court ; on veut en savoir plus. :-)










