Article publié le 25 juin 2007
L’homme court à sa perte ? On peut le croire, si l’on en juge par la course suicidaire du progrès moderne, paradoxalement héritée d’un certain épicurisme que l’on éprouvait à pleines dents dès Louis 15, qui selon la légende, n’hésitait pas à proclamer, dansant le menuet : “après moi le déluge“.
Quelques siècles plus tard, cette maxime devenue célèbre semble se prophétiser : il faut l’avouer, la situation contemporaine est intéressante et vive de promesses . Alors qu’un consensus international scientique sonne l’alarme depuis plusieurs années, mettant en garde l’ensemble de l’humanité contre les effets du réchauffement climatique, on ne réagit pas. Que se passe-t-il ? dans les années 80, la mise en évidence du trou dans la couche d’ozone atmosphérique avait déclenché une réaction internationale parfaitement orchestrée qui avait abouti à l’interdiction des gaz responsables, les CFC. Un bel exemple de mobilisation salvatrice. Mais aujourd’hui, il faut l’admettre, malgré les prévisions les plus alarmistes, l’humanité poursuit sa route, telle une voiture lancée à toute allure dans la nuit noire. Comme le disait Jacques Attali, la moindre des précautions serait d’allumer les phares ... Selon une étude publiée aux USA dans la revue “Proceedings of the National Academy of Sciences” et menée par Mike Raupach(1) de l’Organisation pour la recherche scientifique et industrielle du Commonwealth (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) Marine and Atmospheric Research and the Global Carbon Project), les rejets de Gaz à effet de serre, responsables du réchauffement climatique, sont en forte augmentation depuis 2000. Ces constatations confirment les pires prévisions du IPCC (GIEC), et valident ses modèles les plus catastrophiques.
Adieu l’humanité ?
Pourtant, de nombreux acteurs et commentateurs ont pris acte de cette situation. Parmi ceux ci, les chanteurs, acteurs, écrivains ont leur mot à dire. Beaucoup parmi les plus riches investissent dans de somptueuses fondations, et d’autres prennent la plume. En la matière, l’imagination des romanciers n’a plus de limite : l’apocalypse est omniprésente, sous sa forme peut-être la moins catastrophique, la plus écologique : la disparition, provoquée ou subite, de l’humanité, est envisagée comme seule solution à la maladie qu’éprouve notre vieille planète.
Sauver la vie
Souvenez vous, il y a quelques mois, du débat soulevé par la publication du pamphlet de Yves Paccalet, “L’Humanité disparaîtra, bon débarras ! “ . On y lisait déjà une première esquisse de l’acceptation du rôle dévastateur de l’homme sur une planète, qui un jour ou l’autre, se décidera à s’en débarrasser : c’est d’ailleurs la théorie de James Lovelock , scientifique indépendant à qui l’on doit... Les instruments de mesure qui ont détecté les premiers trous dans la couche d’ozone. Dans son dernier essai, la revanche de Gaia , il poursuit sa théorie présentant la terre comme un être vivant, prête à se débarrasser de son petit virus qui s’attaque à tout ce qui bouge. Jean Patrick Costa, ethnopharmacien, spécialiste du chamanisme améridien, n’y va pas par quatre chemins : c’est l’humanité, sous la forme d’un terrorrisme écologique, qui fera son ménage.. Son dernier roman, la chamane du 5e age , s’aventure avec brio dans l’exercice d’anticipation en imaginant une dérive assez crédible de la société virtuelle, d’où se sont échappés quelques irréductibles fidèles aux traditions d’écologie profonde que transmettent toujours, à notre époque, de nombreux peuples premiers. Jean Christophe Rufin , lui aussi, fait dans le terrorisme : c’est plutôt un thème d’actualité..
Manhattan sous la végétation
Le symbole de Manhattan, où les évenements World Trade Center ont brutalement plongé la mondialisation dans une nouvelle époque, n’échappe pas à l’imagination des romanciers ou essayistes : la couverture d’Homo Disparitus , dernier ouvrage du journaliste américain Alan Weisman, en est une joyeuse illustration. Après avoir consulté ingénieurs, responsables de maintenances d’installations industrielles comme les centrales nucléaires, Alan Weisman établit le scénario d’une évolution du monde contemporain, si l’homme n’en faisait plus partie. Il faut l’avouer, la ville sans hommes est un fantasme bien attirant (lire à ce sujet l’article du Monde qui résume ce panorama imaginaire d’une planète laissée à l’abandon, pour son plus grand bien). De là à passer l’action, heureusement, il y a un monde : l’optimisme joyeux et naif se mêle au pessimisme réaliste dans les écrits de ces romanciers qui veulent tout simplement relayer, à leur manière, le message des scientifiques. Quand à faire disparaître l’humanité, au delà des livres, pas besoin de s’en préocupper : la terre s’en chargera ?
bon, votre vision des choses se maintient dans la volonté de tout maîtriser alors que l’huanité, comme vous dites, ne sait même pas pourquoi la réalité l’entoure. C’est très réducteur j’en conviens mais correspond au leitmotif de votre article. En termes de scientisme la vision a atteint ses limites qui rappellent à l’homme qu’il n’a pas créé ce monde et que plus il veut le maîtriser pour calmer ses peurs, plus il le fait souffrir en l’oppressant.
Ce monde pourtant est posé sur des bases divines que nous n’avons pas imaginé, mais que nous DEVONS respecter et ce qui donne de l’équilibre au monde est notre possibilité de reconnaître ces forces et de nous laisser porter par elles, alors les courants harmoniques qui construisent les êtres (jusqu’aux ourgans) peuvent se dévoiler dans leur vraie nature constructive. Invoauer les forces de Dieu pour que ce ne soient pas l’ignorance, la jalousie, la démesure qui priment ... ces démons-là oeuvrant à la destruction du vivant. A bon entendeur... :-|
excusez les fautes de frappe
N’envisageons pas la planète sans l’homme mais plutôt privée de 80 % de sa population:ce qui serait formidable !
Un bon livre de science-fiction sur le sujet de la dépopulation humaine :"Le jour des fous" de Edmund Cooper(coll.marabout)
marcel4, comment vous expliquer ?
Avez-vous lu ce commentaire de Bill qui disait sur un autre fil que l’on ne peut pas vivre sans croire en Dieu ? Pourriez-vous dire avec lui que sans les athées, la terre serait plus belle ?
Qui selon vous, est en trop sur cette terre ?
@(IP:xxx.x8.23.178)
je ne dirais jamais ça en tous les cas, simplement parce que nous ne faisons que parler points de vue comme l’est l’athéisme et tous les ismes si je ne m’abuse, aucun d’eux ne mérite qu’on se trucide ni qu’on souhaite la disparition d’un autre point de vue. Pourquoi donc ? Celà ne pourrait que nous apauvrir. ;-)
J’ai lu avec intérêt (et plaisir !) l’essai de Paccalet que je recommande à tout le monde. Je ne connais pas (encore) les autres oeuves que vous citez. Le sujet est un thème de controverse : les uns pensent que ces auteurs ont raison, d’autres pensent que c’est exaggéré, que l’humanité saura se sauver à temps en prenant les mesures nécessaires. Moi-même je suis plutôt pessimiste : je ne vois pas comment on peut sauver la planète.
Changer vos ampoules
Vous voulez vraiment sauver l’humanité ? Voilà ce qu’il faut faire immédiatement, sans attendre une seule seconde de plus :
Devenir végétarien
Manger bio (pas seulement le dimanche)
Oublier l’avion et les voyages à l’étranger
Faire moins de 100 km en voiture par an
Prendre ses douches froides
Ne chauffer son appartement que lorsque la température descend en dessous de 15 degrés.
Réduire d’un tiers sa consommation pour produire moins de déchets.
Acheter des matériaux labellisés et écologiques.
Si vous ne pensez pas en être capable, vous faites comme le président de la galaxie dans H2G2 (Le guide du voyageur galactique), vous signez l’acte de destruction de la planète.
Ne râlez pas trop, il y a des millions de gens sur la planète qui vivent déjà comme cela et nous ne passons pas notre temps à les plaindre !
Vous avez raison luciole, le problème n’est pas la quantité d’êtres humain, mais la qualité de leur mode de vie. Les 20% (que marcel4 plus haut appelle de ses voeux) les plus riches épuisent la planète beaucoup plus certainement que les 80% les plus pauvres.
luciole,
un brin de lumière dans la nuit des ignorants...
Merci cher poète.
:-)
Pas d’accord. La dépopulation doit inclure aussi les populations dites riches:nous sommes tous responsables sans exception de la dégradation planétaire. Il faut adapter le chiffre de population aux potentialités/capacités nutritives d’un territoire donné(règle valable pour les pays dits riches et ceux dits pauvres). Il faut aussi tenir compte de ce que j"appelle le "confort psychologique" de chacun ou espace vital nécéssaire pour l’épanouissement de chaque humain. Cela nécéssite donc un faible taux de population (ou faible densité de population.) En outre,une population peu élevée permettrait en outre à celle-ci de bénéficier de terres vierges où elles pourraient s’établir si leurs terres d’origine devenaient inoccupables pour raisons climatiques ou autres. Toutefois,je pense aussi qu’il faut coupler la dépopulation humaine et la sobriété consumériste(alimentaire,énéergétique). Ce sont des règles que jé m’applique en ayant restreint ma progéniture à 1 enfant et en veillant soigneusement à limiter mon empreinte écologique.
J’ignore qui est Bill mais je n’approuve pas ses propos. Je suis athée mais je ne suis pas pourtant habité en permanence par des idées suicidaires. Ce qu’il dit est encore la preuve évidente de l’obscurantisme de certains croyants qui ne peuvent accepter que l’on pense différemment d’eux . La Terre ne serait-elle pas plus belle sans ce genre de croyants ? Au fait,la religion chrétienne à laquelle ce Bill doit appartenir n’est-elle pas nataliste à outrance et cela jusqu’à la bêtise obsessionnelle ?
J’ai lu ce livre tout simplement édifiant et je le conseille à tous.
Au delà de la tentative de décrire un monde posthumain qui constitue le fil rouge de l’ouvrage, l’auteur pour cela, nous présente quelques uns des plus grands enjeux, des plus grands fléaux actuels (réchauffement climatique, agriculture mal en point, pollutions, génétique, nucléaire, pétrole ect...) Finalement, j’en suis ressorti avec l’impression que cet ouvrage dresse surtout un état des lieux des plus originaux et dont les conclusions ne peuvent, de manière réaliste, prêter à l’optimisme béat. L’un des passages les plus évoquateurs reste celui des Mayas où le parallèle à peine camouflé avec la société actuelle est plein de sens.
A coté, on peut également trouver d’autres idées développées, telles que la grande fragilité finalement, de nos structures urbaines face à des éléments aussi insignifiants dans la vie de tous les jours que le vent et la pluie mais aussi le rôle que joue finalement l’homme au sein du système Terre avec notamment l’école Culture/Nature, la paysage est t’il le fruit de la culture ? L’homme, une force de la nature.
Bref, un livre indispensable.
L’humanité disparaîtra... Cela est certain. Mais nous sommes les témoins de cet univers et nous sommes là pour en témoigner. Notre simple existence doit permettre d’alléger la souffrance et de partager la joie d’être vivant !
Pas question de disparaître avant d’avoir sauvé, non pas la "vie", qui n’existe pas, mais tous les Etres Vivants : Déclaration Universelle des Devoirs de l’Etre Humain dans le site www.savoir-ce-qu-est-l-unive..., et pour ce faire, sauver tous les Etres Vivants : Comment bénéficier d’une énergie atomique inoffensive et inépuisable page 8 du dit site.










