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Lorraine : Comprendre la forêt pour mieux la protéger

Article publié le 26 novembre 2013

Situés au cœur de la forêt de Champenoux, au Sud-Est de Nancy, les chercheurs de l’Unité de MR écologie et écophysiologie forestière de l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) étudient la réponse de la forêt lorraine au climat, mais aussi l’influence de son environnement, comme par exemple la qualité des sols ou la sylviculture.

Lorraine : Comprendre la forêt pour mieux la protéger

Les arbres de la forêt de Champenoux pénètrent largement dans le campus où travaillent les chercheurs qui circulent sur des passerelles (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2012/07/08/nouveau-batiment-en-bois-pour-l%E2%80%99inra-a-champenoux/). Le site de l'INRA, issu de l'Ecole nationale des Eaux et Forêts de Nancy créée en 1882, fait partie d'un programme mondial d'étude des flux d'eau et de carbone. En effet, les arbres transpirent. Ils possèdent un système vasculaire qui transporte chaque jour des centaines de litres d'eau. C'est par les stomates, types de pores, à l’image de ceux de la peau humaine, situés à la surface des troncs et des feuilles, que l'eau s'échappe et que le CO2 est absorbé. Ce mécanisme permet aux arbres de réguler leur température.

Contrairement aux idées reçues, les forêts lorraines ne sont pas à l’abri de la sécheresse. Les canicules de 1976, 1990, 1991, 2003 et 2006 ont laissé des traces. Longs et répétés, ces épisodes peuvent affecter l'équilibre des arbres en perturbant leur système hydraulique fonctionnel. En Lorraine, l’exemple du chêne illustre parfaitement cette problématique. Deux espèces y poussent, le chêne sessile et le chêne pédonculé. Le second à la faveur des forestiers car il grandit plus vite dans son jeune âge. Mais il est le plus sensible à la sécheresse. Les scientifiques ont ainsi constaté que les chênes pédonculés du Pays des Etangs, près de Sarrebourg, ont été fortement fragilisés par la canicule de 2003. Ils ont ensuite essuyé des attaques de chenilles processionnaires. Si bien que la forêt est désormais fragilisée.

Les chercheurs de l’INRA ont établis que la capacité de vascularisation d'un chêne est perturbée par la sécheresse et les chenilles. Bien souvent il n'y a pas de production d'anneau de croissance. L'arbre affaibli est alors exposé à des parasites, comme les champignons ou les saprophytes qui mangent le bois.

Les études menées permettent une meilleure connaissance des écosystèmes forestiers. Elles représentent une source précieuse d'information pour les sylviculteurs qui ont conscience qu'ils seront confrontés dans l’avenir à des épisodes de sécheresse plus fréquents, plus longs et plus sévères.

Des pistes sont lancées pour préparer la forêt et mieux la protéger. Par exemple, la réduction du nombre d’arbres par parcelle fait diminuer la quantité de feuillage et par conséquent la demande en eau. Un plus grand mélange des essences et l'amélioration de la nutrition des arbres sont également envisagés. Les forêts vosgiennes, qui poussent sur un sol acide, vont ainsi prochainement recevoir un apport calco-magnésien par voie aérienne.

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Nature Biodiversité Sciences Forêt

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