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Biocaptech : biotechnologies et traitement de l'eau en Lorraine

Article publié le 4 juin 2012

Le projet Biocaptech vise à résoudre l’eutrophisation. Cette problématique environnementale actuelle est une forme naturelle de pollution de certains écosystèmes aquatiques. Elle résulte d’un excès de phosphore et d’azote qui aboutit à la prolifération d’algues dans les couches d’eau superficielles de nos lacs, rivières et réservoirs.

Ce domaine est encore très peu étudié par les scientifiques. Il s’agit d’un projet innovant d’une grande originalité sur un marché potentiel très important. Le but est en effet de trouver la substance naturelle la plus active pour endiguer la prolifération des algues invasives. C’est pour cela que Biocaptech regroupe sept laboratoires lorrains. Leurs recherches doivent conduire à l’encapsulation et à la libération contrôlée de substances actives pour traiter l’eau. Chaque entité travaille sur un aspect du procédé. Le LIMBP (Laboratoire d’Ingénierie Moléculaire et Biochimie Pharmacologique) de l’Université de Lorraine à Metz et le LCPM (Laboratoire de Chimie Physique Macromoléculaire) de Nancy s’occuperont du principe actif qui doit éradiquer la prolifération des algues. Le LRGP (Laboratoires des Réactions et Génie des Procédés) du CNRS de Nancy se focalisera quant à lui sur les modèles de diffusion et de dispersion dans l’eau des produits. Le LMOPS (Laboratoire Matériaux Optiques Phoniques et Systèmes) de Metz travaillera sur la détection et la quantification des substances actives et sur l’évolution des algues au cours du traitement. L’URAFPA (Unité de Recherche Animal et Fonctionnalités des Produits Animaux) de l’ENSAIA de Nancy veillera à l’état des écosystèmes et de la faune. Enfin, le LCFC (Laboratoire de Conception, Fabrication et Commande) de Metz mettra au point la technologie de fabrication des produits.

Cinq entreprises sont également sollicitées pour apporter des réponses de faisabilité technique. Il s’agit de la société Biocaptech, qui porte le projet et qui est implantée à Nilvange, de Captoor de Mancy (57), pour la conception des systèmes de contrôle, capteurs et sondes innovantes dans le milieu aquatique, de LED à Villers-la-Montagne qui doit concevoir une machine mobile pour produire les réacteurs de Biocaptech, du sous-traitant de l’industrie textile La Maille Plissage de Pulnoy, qui doit mettre au point les textiles techniques qui logeront les capsules immergées dans les masses aquatiques, ainsi que du bureau d’études FP Environnement de Merten, qui est chargé des transferts de technologie entre le monde universitaire et le monde économique.

Biocaptech constitue une véritable opportunité pour les sous-traitants de la sidérurgie lorraine de se diversifier. Ce projet industriel devrait créer seize emplois au début, puis une centaine à moyen terme. Il s’appuie sur le pôle de compétitivité lorrain sur l’eau Hydreos (voir : http://blogerslorrainsengages.unblog.fr/2010/05/14/obtention-dun-pole-de-competitivite-sur-la-qualite-de-leau-pour-la-lorraine/). Il positionne enfin la Lorraine sur une filière nouvelle, celle du traitement de l’eau par les biotechnologies et la préservation de la biodiversité.

Thèmes

Eau Biodiversité Biotechnologies

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commentaires
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par Ninive (IP:xxx.xx1.14.104) le 5 juin 2012 à 07H37

Je pensais bien qu’il était impossible de rejeter du phosphore en Europe après les dégâts réalisés par nos lessives des années 1980. Dégâts dans la nature mais aussi sur les corps des êtres vivants qui se sont mis à grandir ... Décidément, je vais de désillusions en désillusions.

L’étude de la nocivité a quand même été réalisé en grandeur nature. La nocivité a été constaté par nos responsables au plus haut niveau...

La meilleure façon d’endiguer la prolifération a été découverte puisque les algues ont disparu de ma rivière transformée en égout, toutes eaux, à ciel ouvert. Elle reste un égout avec odeurs et toute petite usine d’épuration à la sortie de la ville avec une eau qui mousse. J’en avais déduit que la leçon allait être retenue après la grande publicité de la lutte contre les lessives contenant du phosphore...J’ai encore tout faux !

Alors, je résume mes connaissances sur le phosphore : Pendant la guerre 1940, les bombes reçues sur les maisons devaient très vite être neutralisées en enfermant le phosphore libéré , sinon la maison brûlait ; Il existe encore quelques ’acteurs actifs’ et j’ajoute très subtils à mon avis . Nos lessives des années 1980 nous ont mis notre nature dans un état immonde avec ces algues grisâtres. La simple interdiction de cet élément dans nos lessives nous a rendu nos rivières présentables. La médecine utilise parfois cet élément mais en très petit dosage.

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(IP:xxx.xx3.216.123) le 15 juillet 2012 à 10H58

@ Ninive

"Alors, je résume mes connaissances sur le phosphore : Pendant la guerre 1940, les bombes reçues sur les maisons devaient très vite être neutralisées en enfermant le phosphore libéré"

Elles auraient bien besoin d’une sérieuse mise à jour vos "connaissances" (un bien grand mot !!) sur le phosphore !

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par Alain (IP:xxx.xx2.239.189) le 10 juillet 2012 à 19H15

impressionnant projet qui mutualise des compétences de plusieurs secteurs : j’imagine que ce projet sur le traitement de l’eau par le biotechno est soutenu par l’ANR. Dans le sud où je suis je me demande si les projets de centrales éoliennes sont aussi bien constitués...

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