Article publié le 11 janvier 2010
Définition
Une des notions clés des sciences de la nature contemporaines correspond à son aspect polymorphe : la biodiversité. La définition usuelle de la biodiversité englobe la diversité biologique (essentiellement génétique) au sein d’une même espèce, et la diversité des espèces au sein d’un même écosystème ou de la biosphère. L’écologue Reed Noss en propose une définition plus large. Il met en rapport les types de composition des milieux, les structures spatiales qui les caractérisent et leur fonctionnement. Ce point de vue sur la biodiversité permet de montrer qu’elle n’est pas seulement un aspect de la nature, mais elle en est un principe explicatif qui fonctionne sur le mode des rétroactions. En effet, si d’une part la biodiversité détermine les milieux, d’autre part, les milieux déterminent à leur tour la biodiversité. Ainsi, une définition réduite à un ensemble d’objets ne suffit pas à la compréhension de la biodiversité. Le milieu doit être pris en compte, et finalement, de même que l’écologie porte sur les liens entre les éléments de l’environnement, c’est aussi par le biais de l’analyse de ces liens que nous pouvons comprendre la notion de biodiversité.
Une logique heureuse
Dans chacun des cas identifié il y a toutefois de grands espoirs puisque sur le front de la biodiversité, il est possible de concevoir des systèmes à impacts positifs au lieu de négatifs. Nous ne sommes pas dans un discours de « simple » réduction comme souvent pour le CO2. Par exemple, un jardin mal géré avec des pesticides et des espèces invasives a un impact négatif. Un jardin bien géré ne se contente pas de réduire cet impact mais devient au contraire un lieu de biodiversité et génère des impacts positifs.
Dans notre vie quotidienne nous sommes totalement immergé dans un réseau de biodiversité dont nous dépendons pour vivre. Chacun des points suivant fera l’objet d’un développement, c’est notre sommaire pour l’année :
1. le zoo humain
Entre les espèces qui nous font vivre (acariens sur la peau, bactéries et levures en tout genre de notre système digestif etc.), celle qui nous habitent (vers etc.) et celles qui nous attaquent (maladies et parasites) il y a de quoi faire…
2. les achats alimentaires
Notre principal levier d’action sont nos achats de biodiversité : selon les espèces que je consomme (bcp de poissons surpêches, des espèces introduites pour élevage etc.), les modes de culture (bio, raisonnée, intensive) et leur origine géographique qui implique ou non destruction et occupation de sols, eau virtuelle etc… nos impacts sont éloignés et invisibles et pourtant plus que significatifs !
3. les achats hors alimentaires
Cosmétique, parfumerie, vêtement, mobilier et décoration, services etc. tous ont des impacts sur la biodiversité selon les matériaux utilisés, les procédés de fabrication et l’implantation des usines… par nos choix d’achats, comme pour le climat, nous pouvons orienter de façon majeure le développement de notre prédation ou de notre symbiose avec la biosphère.
4. les déplacements et voyages
Pêche et chasse, promenade et cueillette, infrastructure, bétonnage du littoral, déranger les espèces dans leur milieu naturel… nos loisirs sont bruyants et pleins de fureur.
5. l’habitation
La biodiversité manque à la HQE : implantation au sol, mitage du territoire, pollution lumineuse, impacts du jardinage, accueil et impacts positifs potentiels sur la biodiversité… la maison verte n’est pas qu’économe en énergie !
6. l’eau
Entre l’eau prélevée sur le milieu naturel, la gestion eaux usées pleines de polluants complexes, les eaux virtuelles (contenues dans les aliments) exportées de leur écosystème etc. l’eau est un facteur majeur et essentiel des écosystèmes, les écosystèmes humides étant eux-mêmes déjà rares et fragiles.
7. l’énergie
Destruction d’écosystème pour prélèvement (schistes bitumineux), eau chaude des centrales nucléaires, barrages qui altère le cycle des sédiments et les déplacements de poissons… le secteur de l’énergie n’est pas en reste dans nos impacts sur la biodiversité.
8. les déchets
Décharges, pollutions diffuses, matières premières à valoriser au lieu de continuer à prélever sur le milieu naturel…










