Article publié le 23 mai 2007
En 2005, les ruches des campagnes ont subi 33 % de perte de population contre 6 % seulement en ville. Victime des pesticides, de l’assèchement des zones humides et de la modification des écosystèmes, l’abeille disparaît des campagnes.
Depuis 1993-1994, les pertes sont estimées de 20% à 45% selon les régions. Or l’abeille constitue dans les écosystèmes une relation quasi unique entre l’animal et le végétal. Pas d’abeilles = pas de pollinisation = disparition de certaines espèces végétales = disparition de certaines espèces animales…Ce qu’Einstein traduisait de la sorte : « Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre ». Plus de 80% des espèces végétales sont pollinisées par les abeilles. Aujourd’hui, non seulement les abeilles sont mieux en villes, mais surtout la qualité de miel produit y est beaucoup plus saine du fait de l’absence de pesticide et autre désherbant. Ceci dit au présent, d’autres types de polluants y étant probablement présents.

Les abeilles et autres oiseaux semblent donc avoir déjà compris une chose importante. Tout du moins une chose que nous autres humains ne devinons pas clairement comme nous en restons le plus souvent à une vision symbolique et confuse de la "nature" : plus c’est vert, plus c’est propre. Or entre des campagnes de plus en plus polluées et des villes dont les ressources financières permettent de réduire les pollutions, tout en favorisant leurs transferts vers les campagnes, le choix devient pourtant de plus en plus clair.
Pesticides, métaux, hormones diverses et antibiotiques présents dans nos eaux usées viennent aujourd’hui s’accumuler dans les nappes phréatiques de sorte que nous créons le parfait bouillon de culture de nos maladies de demain. Or, si les divers groupements en charge de la potabilisation des eaux des principales agglomérations ont sans doute les capacités (techniques, humaines et financières) de réduire les risques sanitaires associés, il n’en est pas du tout de même au niveau des petits groupements ruraux. A terme, c’est à une véritable fracture territoriale à laquelle il faut s’attendre : une eau de plus en plus "sécurisée" en ville, une eau de plus en plus fragilisée dans les campagnes. Ainsi pour les villes, après avoir dépouillé des campagnes de plus en plus distantes de leurs ressources naturelles, tant du point de vue qualitatif que quantitatif, celles-ci pourraient se voir noyées en retour par l’exode rural (pollution humaine de type surpopulation) du fait l’apparition de zones grises un peu partout sur les territoires.

Les voitures circulent certainement dans les villes, mais les NOx émis par les échappements sont transférés dans les campagnes voisines sous l’effet des vents. Aujourd’hui les pollutions à l’ozone, les dépassement de seuils concernent l’ensemble du territoire. Par ailleurs, les industries les plus polluantes ont été petit à petit transférées des centres vers les périphéries de villes où les progrès dans les modes de chauffage urbain ont réduit bon nombre des pollutions (SO2, CO). La tendance actuelle est assez claire, des villes de plus en plus consommatrices (énergie, matière) mais de moins en moins polluées, des campagnes de plus en plus exploitées et de plus en plus polluées.
En 1950, environ 750 millions de personnes vivaient dans les villes. En 2000, ce chiffre s’était élevé à 2,9 milliards. Les Nations unies prévoient qu’en 2050, plus des deux tiers d’entre nous vivront dans des villes, soit environ 6 milliards. Une telle concentration n’est pas tenable au regard des transferts à mettre en oeuvre, sauf à penser que ces villes hors sol constitueront les inévitables super arches de Noé de demain.
Qu’il y ait une dillution des gaz polluants est indéniable, au détriment des campagnes certes. De là a dire que ces polluants disparaisent du milieu urbain parait aller vite. Ceci dit les polluants chimiques à la "campagne" ne reviennent que tres peu en ville. depuis longtemps j’ai essayé de convaincre les agriculteurs proches d’une maison où je vais souvent (en Nord-Isère) de moins consommer de produits de traitements ; les réactions sont désolantes ("aujourd’hui si tu traites pas, t’as rien"). Ce genre d’attitude traduit sans doute un effet de report décallage dans le temps des façons de comprendre hyper-scientistes des années 60. Les vieux paysans qui se méfient (trop ?) du progres meurent ; les adultes sont de redoutables pollueurs ; les jeunes changerons sans doute, mais "à la marge" car ils sont endettés. Le retour direct à la polyculture n’est pas possible a grande échelle, mais la pratque d’activités complémentaires (accueil a la ferme etc...) est une voie qui présente beaucoup d’avantages (début d’acculturation ville / campagne).
Dans l’éducation à l’environnement, ne faut-il pas développer la poétique, l’imaginaire (des abeilles p ex ? ?) pour faire respecter et moins consommer... Ce sera plus cher mais le PIB de diminuera pas !
je répète : à bas le Caprice des Dieux !
"Ce qu’Einstein traduisait de la sorte : « Si l’abeille venait à disparaître, l’homme n’aurait plus que quelques années à vivre "
Z’auriez pas la source de cette citation d’Einstein des fois ? Cà m’intéresse. Merci.










