Article publié le 7 août 2007
"L’engouement mondial pour les sushis menace le thon rouge méditérannéen. De 2003 à 2006, les scientifiques de la Commission internationale de conservation des thonidés d’Atlantique ont évalué les captures effectives à 50.000 tonnes pour un quota de 32.000 tonnes. Les principaux bateaux coupables sont européens - surtout français - lybiens et turcs. Les cinq organismes internationaux chargés de réguler la pêche au thon ont adopté un premier plan d’action unifiée au niveau mondial pour lutter contre la surpêche du thon. Le Japon a décidé de réduire de moitié ses prises. Les organisations écologistes jugent ces mesures insuffisantes. Elles auraient préféré l’adoption d’un système mondial des quotas."
La Revue Durable, n°24 du printemps 2007

Croyez-le bien, je suis moi-même désolée car j’adore les sushis. Mais là, ça refroidit sérieusement. Le pillage des ressources naturelles, et la surpêche entre autres, c’est quelque chose que je ne comprends pas... Comment les Hommes peuvent-ils être assez stupides pour surconsommer des denrées en sachant qu’ainsi, ils hypothèquent la survie des espèces en question, et par là même l’activité économique qui en découle... Sans compter les "dommages collatéraux" sur la chaîne alimentaire... Ca s’appelle scier la branche sur laquelle on est assis !
Ca me rappelle ma troisième année à l’IEP. En cours de Relations Internationales, nous avions simulé des négociations internationales sur la problématique de la pêche à la baleine... Hypocrisie sans borne du Japon (qui parle de pêche à visée scientifique), impuissance des organisations internationales... La situation perdure encore.
Et le scénario se répète à l’infini avec d’autres animaux pour d’autres ressources... Quand l’Homme apprendra-t-il a partagé la Planète avec les autres organismes vivants au lieu de tout détruire ? Je me le demande...
Alors histoire d’être cohérente avec moi-même, je vais réduire drastiquement ma consommation de sushis au thon, et de thon rouge tout court. D’autant plus que le thon, au bout de la chaîne alimentaire marine, concentre tous les polluants, métaux lourds notamment...
Thèmes
Ce qui me dérange dans les pratiques de la consommation humaine n’est pas tant ce que l’on consomme, mais ce que l’on ne consomme justement pas. Dans ces types de rapport, il serait, je pense, vraiment intéressant de connaître l’impact sur le gachi généré par l’elasticité entre l’offre et la demande. Certes, la demande augmentant, le gachi est amoindri. Mais en rattrapant la demande —donc dans le cas présent en sur-pêchant, le pourcentage de pertes liées à la production-distribution-consommation reprend de l’ampleur. Et nous, occidentaux, savons gacher plus que tout autre être, sous prétexte qu’il faut assouvir toute demande car derrière la demande repose l’argent. Je me demande donc quand un état d’esprit bienveillant prendra place dans les idées des producteurs et distributeurs qui ont conscience de l’état des situations. On peut certes informer et prier le consommateur, mais il faut surtout sensibiliser les responsables de production —distributeurs qui mettent la pression sur une demande excessive et à bas prix, et producteurs qui ne savent pas imposer des quotas sans y être eux mêmes obligés. Aussi, les Japonais, s’ils sont très grand consommateurs de poissons, il faut aussi garder à l’esprit qu’ils sont héritiers d’un peuple particulièrement pêcheur. Les pointer du doigt, c’est comme pointer du doigt les occupants de nos littoraux… Mise à part que chez nous, il existe également une agriculture et l’élevage très abondants et qu’ils sont un véritable problème depuis pas mal de temps pour les Japonnais. Ceci n’excuse pas tout, mais j’espère relativiser —et correctement— les différences entre des habitudes de consommation qui sont assez étrangères l’une vis-à-vis de l’autre. Sur ce, ce n’est pas moi qui vais pouvoir changer la baisse de la consommation du thon rouge, puisque je ne mange pratiquement pas de poissons :o)










