Article publié le 30 mars 2007
Les nouvelles sont plutôt sombres pour le poisson dont les experts halieutiques nous disent tous les jours que les ressources diminuent et que certaines espèces sont dorénavant ménacées de disparition. C’est la faute à la surpêche, à la mécanisation de plus en plus performante de la pêche moderne, à la sophistication des méthodes de détection des bancs de poissons et à la montée régulière de la demande, un mélange de la montée inexorables des populations et de l’attractivité de l’aspect diététique du poisson.
En face, il y a une industrie et des hommes, celle de la pêche et des pêcheurs, qui souffre déjà de la diminution des prises, de l’augmentation des prix du carburant et qui ne veulent pas disparaître. Un mot qui m’a frappé lors de l’accident de pêche du Manureva. Un pêche, à qui l’on demandait pourquoi le bateau était sorti alors que la mer était mauvaise, répondait au journaliste que le pêche avait de lourdes charges de famille. Devant l’incompréhension de ce dernier, il lui a dit " si vous ne sortez pas, vous n’êtes pas payé". A méditer par tous ceux dont le salaire tombe toutes les fins de mois quoiqu’il arrive .
La bataille entre l’industrie de la pêche et les experts halieutiques se termine tous les ans au détriment des poissons et donc nous continuons, malgré certains correctifs non négligeables, à surpêcher, année après année.
De l’autre coté et sans que nous nous en rendions vraiment compte, une autre industrie monte en puissance régulièrement : l’aquaculture, cet élevage en mer, dans des fermes marines, de différentes sortes de poissons. La plus connue et la plus spectaculaire est peut-être celle du saumon dans les flords de Norvège, d’Ecosse ou d’Irlande qui s’est traduit par la banalisation de ce poisson, frais ou fumé, tel quel ou introduit dans des préparations industrielles de plus en plus sophistiquées et aussi par une baisse considérable de son prix qui l’a rendu abordable par tous.
D’autres espèces se prêtent bien à cet élévage, les crevettes en particulier qui sont élevées en grand nombre dans des fermes en Amérique du Sud, le bar ou la dorade élevés en Grèce ou en Turquie, ou encore des poissons nouveaux comme le tilapia qui ressemble au cabillaud ou le panga un poisson élevé dans le delta du Mekong et particulièrement bon marché. Quant au cabillaud dont les ressources en mer diminuent , il commencé à être élevé lui aussi en Norvège et en Ecosse. Même le turbot, poisson noble et cher, commence à faire l’objet d’élevage.
L’Organisation des Nations Unies qui suit de près l’évolution de cette ressource essentielle pour le monde confirme que les captures mondiales de poisson plafonnent à 93 millions de tonnes/an et que d’ores et déjà la moitié du poisson consommé dans le monde provient d’élevage ! Par ailleurs, pour nourrir une population mondiale en croissance permanente, il en faudra environ 40 millions de tonnes de plus tous les ans vers 2030. C’est dire que l’élevage à de beaux jours devant lui.
Et la France dans tout cela ? Comme d’habitude, nous avons demarré après les autres, les environnementalistes qui eux touchent leur paye à la fin du mois quoiqu’il arrive, sont contre (malbouffe, pollution du fond des océans par les matières fécales) et les sites disponibles font l’objet d’une apre concurrence avec d’autres activités. Nous importons donc.
Autre problème qui se profile, celui de la nourriture à fournir à ces millions de tonnes de poisson en élévage. Normalement, c’est à partir de poisson sauvage que l’on transforme en farine et en huile de poisson que l’on fabrique les granulés qui les nourrissent. Mais comme les prises se raréfient, il commence à y avoir pénurie. C’est des céréales produites à terre qui vont prendre le relais avec des protéines végétales et des huiles de colza ou de lin.
Un peu partout apparaissent quand même des signes d’épuisement des ressources de notre planète...










