Article publié le 4 avril 2008
Depuis la découverte de la structure en double hélice de l’ADN par Francis Crick, James Watson et Maurice Wilkins, à Cambridge en 1953, de nombreux scientifiques n’ont cessé d’affirmer que tout était inscrit dans les gènes, et que le séquençage du génome humain permettrait bientôt d’apporter toutes les réponses aux questions que l’on se pose au sujet du vivant, notamment pour trouver des solutions à un grand nombre de maladies.
Mais le fait que la mouche drosophile ait près de 55% de ses 13600 gènes en commun avec l’homme et que le chimpanzé partage avec nous 94 à 99 % de nos 26.000 à 35.000 gènes, selon les études, a bien sûr rabattu un peu de notre superbe d’autant que l’on peine à trouver des thérapeutiques uniquement génétiques, et que des jumeaux homozygotes, ou des animaux clonés, se mettent à présenter des caractères différents alors qu’ils sont censés être identiques. Tout ceci a fini par faire un peu désordre et jeter le doute dans la population mais aussi chez les scientifiques.
C’est ce qui explique qu’au lieu de se focaliser uniquement sur l’ADN, comme ce fût le cas durant des décennies, les chercheurs se sont progressivement intéressés à l’ARN et aux nombreuses protéines présentes pour essayer de mieux cerner l’épigénèse c’est à dire les mécanismes en jeu, beaucoup plus difficiles à comprendre que prévus, dans l’activation ou l’inhibition de certains gènes. Le vivant qui était rigoureusement déterminé dans l’hypothèse du primat génétique, devient dès lors un système nettement plus ouvert et complexe, soumis à des variations perpétuelles dans lesquelles le poids de l’environnement est loin d’être négligeable. Un seul gène, même chez la mouche, n’explique pas grand chose car il en faut environ une centaine pour déterminer seulement la forme de son aile. Difficile après cela de penser que la génétique est aujourd’hui une science exacte en dépit de ses nombreuses découvertes et de sa grande importance heuristique pour la compréhension du vivant.
Il n’empêche que même chez certains scientifiques le mythe du tout-génétique a encore la vie dure puisqu’il ne se passe pas de semaine qu’un chercheur découvre le gène qui est la cause principale de ceci ou de cela (obésité, intelligence, dépression, cancer...etc.) les médias ayant la légèreté de laisser penser que cela discrédite les précédentes recherches sur le sujet. Quant au citoyen lambda, il peine encore à croire que le génome de la chenille est identique à celui du papillon, et personne n’a pu empêcher notre Président de déclarer en avril 2007 : « j’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile » (sic).
Tout n’est donc pas gagné dans ce domaine de la génétique dont l’intérêt rebondit en ce moment avec le débat en cours sur les OGM au Parlement. Historiquement les premiers Organismes Génétiquement Modifiés en laboratoire ont été les bactéries Escherichia Coli (1973 Université Stanford Californie) suite aux travaux de Paul Berg (futur prix Nobel de chimie en 1980) qui interrompra finalement ses recherches pour organiser en 1975 la Conférence d’ Asilomar demandant (déjà !) un moratoire sur les manipulations génétiques afin d’éviter que des bactéries génétiquement modifiées puissent se disperser dans l’environnement. Mais s’il est vrai que les bactéries peuvent s’évader subrepticement des laboratoires pour aller contaminer n’importe qui n’importe où, qu’en est-il des plantes génétiquement modifiées avec leurs pollens ?
Chacun connaît la réponse : les pollens peuvent parcourir avec les insectes (entomogamie), le vent (anémogamie) ou les oiseaux (ornithophilie), pour ne citer que les principaux vecteurs en cause, des distances considérables qui rendent ridicules les mesures de sécurité habituellement préconisées entre les champs transgéniques et les autres. La contamination des plantes traditionnelles par des OGM est un fait malheureusement bien établi, mais avec des caractéristiques spéciales qui rendent ce phénomène particulièrement inquiétant.
Il y a tout d’abord une atteinte possible à la biodiversité par le risque de compétition envahissante pouvant conférer un même gène à de nombreuses espèces alors que cette biodiversité qui est à la base même de la vie sur notre planète diminue déjà de façon alarmante. La plupart des scientifiques estime en effet que le taux d’extinction n’a jamais été aussi élevé. Pour les seules plantes, une espèce sur huit est menacée de disparition, et le cinquième de toutes les espèces vivantes pourrait disparaître d’ici 2030 ce qui aura des conséquences inévitables sur le cycle de l’eau, de l’oxygène, de la nourriture, et sur le climat. Une espèce génétiquement contaminée affaiblit preque nécessairement le patrimoine originel et peut même le supplanter définitivement.
En outre le « bricolage » génétique des OGM réalisé par nos petits Frankenstein ou Prométhée du dimanche peut très bien se répartir au hasard de façon différente ou imprévue dans le génome de la plante contaminée contribuant ainsi à créer des chimères végétales c’est à dire des monstres. Ceci s’explique par le fait qu’un seul gène peut coder plusieurs protéines à l’intérieur de la cellule, ce que l’on appelle l’épissage alternatif. Dans certains cas un seul gène peut coder plus de protéines que tous les autres réunis ce qui confirme que le dogme associant un gène à une protéine est dépassé. C’est pourtant ce que nous proposent les laboratoires aux ordres des semenciers, en réalisant une sorte de mécano grossier au niveau de la plante, comme s’il s’agissait d’un objet inanimé et non d’un organisme évolutif et vivant en interaction importante avec son tout environnement.
L’éventuelle toxicité sur les populations de la consommation d’OGM n’est pas rigoureusement démontrée à ce jour, mais elle n’est pas infirmée non plus, et des doutes existent. Aux Etats-Unis le principe d’équivalence en substance entre les OGM et les plantes traditionnelles (qui laisse donc croire qu’il n’y a pas de différence entre les deux) n’impose pas d’étiquetage particulier. En France le seuil de 0,9 % doit être mentionné, mais il ne l’est pas sur la viande des animaux de plus en plus souvent nourris avec des OGM ce qui fait que pratiquement tout le monde aujourd’hui en consomme. Des craintes existent à terme sur la résistance aux antibiotiques ou la création de nouvelles allergies en raison des marqueurs utilisés. On se pose aussi la question de l’impact que peuvent avoir sur la santé des végétaux contenant leur propre insecticide dont la toxicité, (ainsi d’ailleurs que celle de plusieurs milliers de produits chimiques très répandus), n’a jamais été sérieusement évaluée.
On sait que cet insecticide est artificiellement fabriqué par la plante grâce à un gène codant une protéine, toxique pour un insecte donné. C’est ce qui permet à ce végétal de résister à ses prédateurs (Maïs Bt pour lutter contre la pyrale, par exemple). Malheureusement on a constaté notamment en Malaisie, au Japon, et à Hawaii, l’apparition d’insectes résistants à ces toxines supposées les éradiquer, ce qui n’est pas surprenant si l’on considère que les organismes, même les plus primitifs comme les virus, se défendent souvent grâce à des mutations ... génétiques ! C’est donc le serpent qui se mord la queue. Il existe aussi des gènes de tolérance aux herbicides dont le célèbre glyphosate contenu dans le Roundup fabriqué par Monsanto. La plante génétiquement modifiée peut être arrosée sans dommage pour elle par ce produit pour détruire les mauvaises herbes, ce qui réduit l’épandage des autres pesticides. Du moins au début, car pour la culture du coton en Inde, c’est exactement le contraire qui s’est passé. Le Roundup est devenu de plus en plus inefficace et il a fallu utiliser des doses massives de différents produits toxiques.
Selon les partisans des OGM ceux-ci pourraient contribuer à diminuer la faim dans le monde. Malheureusement on sait très bien que les quelques 850 millions de personnes concernées sur notre planète le sont principalement en raison de problèmes politiques, de guerres, ou de répartition inégalitaires des richesses ou des territoires résultant de l’accaparement scandaleux de ceux-ci par une minorité. Les plantes transgéniques n’ont jamais réglé ce problème et vont même forcément l’aggraver si la culture des agrocarburants, que certains appellent des « nécrocarburants », continue de se développer au détriment de l’alimentation puisque cela rapporte autant que le pétrole qu’ils sont censés remplacer, tout en contribuant encore davantage à diminuer la biodiversité.
La réticence des laboratoires non indépendants payés par les semenciers à diffuser leurs études à la communauté scientifique pour les vérifier, le trucage délibéré de certaines d’entre elles, le lobbying politique effréné de ces multinationales comparables à des sectes, le licenciement de certains collaborateurs jugés trop critiques, sont évidemment des faits très préoccupants. Mais le comble de la perversité est que ces multinationales ont réussi à imposer par contrat à leur clients le rachat chaque année de leurs semences, alors qu’ils en jouissaient librement auparavant, l’utilisation monopolistique de leurs pesticides et insecticides et la possibilité légale de breveter les organismes vivants créant de fait une dépendance financière abjecte sur ce que la nature nous a toujours donné, tout en rendant illégal la préservation ou l’utilisation des autres semences. Les procès perdus par l’association Kokopelli contre les puissants de l’industrie agroalimentaire encouragés par la FNSEA et certaines personnes du gouvernement actuel montrent bien la gravité de cette dérive.
Bien sûr il peut paraître curieux d’extrapoler les incertitudes scientifiques qui règnent actuellement dans la génétique humaine à celle des plantes parce que l’on pense a priori que la première est plus complexe que la deuxième. Rappelons cependant que le séquençage d’une petite plante annuelle commune appelée l’arabette des dames, choisie pour sa simplicité, a révélé la présence de 7 781 gènes codant des protéines, sur un total évalué à 26 000 gènes. Le maïs quant à lui compte près de 2 millions de bases d’ADN et 10 chromosomes. Près de 80 % des segments sont répétés, et l’ensemble code pour 50.000 à 60.000 gènes. La simplicité apparente des plantes n’est donc qu’un grossier leurre. Dans ce domaine comme dans l’autre la génétique ne maîtrise actuellement pas grand chose, contrairement à ce que certains voudraient nous faire croire.
Il n’est probablement pas exagéré de dire que les OGM sont en réalité des Organismes Génétiquement Mortifères qui signeront vraisemblablement aussi la mort du Grenelle de l’Environnement. Et puisque ceux qui manient ces techniques semblent avoir pour objectif un contrôle de l’alimentation mondiale, comme le montre bien M.M. Robin dans son reportage récent sur Arte et dans son livre, c’est à chacun de prendre ses responsabilités face aux politiques mais aussi face à ces apprentis sorciers principalement motivés par des raisons financières et par un violent désir d’uniformisation de la nature qui est en définitive une forme d’eugénisme totalitaire contraire à la culture, à tous les sens du mot, comme à une éthique du vivant.
http://fr.wikipedia.org/wiki/OGM
http://blogs.arte.tv/LemondeselonMonsanto/frontUser.do?method=getHomePage
http://tempsreel.nouvelobs.com/dossiers/societe/20040804.OBS0058/les_ogm.html
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=21088
http://www.kokopelli.asso.fr/index.html
http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=3208
http://www.moratoireogm.fr/spip.php?article1
http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n383a13.htm
http://www.spectrosciences.com/spip.php?breve515
Thèmes
"M.M. Robin dans son reportage récent sur Arte"
ceux qui ont rate ce reportage le trouveront facilement sur emule
Sinon, tres bon article, bien ecrit, clair et qui evite le thème de la dangereusite pour l’homme auquel les lobbies OGM veulent réduire le débat.
Il faut dire et redire que le principe d’équivalence en substance entre les OGM et les plantes traditionnelles n’a aucune base scientifique.
Je reposte un commentaire que j’avais deja posté plus tôt...
Je sais que je vais me faire mal voir en écrivant ce qui suit, mais ces propos correspondent à une réalité de faits que je défie quiconque de constester. Je le fais aussi en réponse à votre article qui contient pas mal d’erreurs...
1. Le débat autour des OGM est malheureusement devenu un débat non scientifique ou se mèlent considérations politiques, financières, et action de lobbies de tous poils et de toutes couleurs.
2. Pour bien connaître le problème, et avoir produit pour l’inra un dossier sur la question, les ogm ne réduisent pas plus la biodiversité que ne le fait l’agriculture "productiviste" : cette réduction est liée à la culture en masse d’une ou de quelques espèces à usage agricole, sans relation avec leur nature OGM ou non...
3. Les ogm ne conduisent pas à utiliser sytématiquement plus de pesticides, ni moins d’ailleurs, tout dépend des zones géographiques considérées. Ils entrainent plus de pollution en Amérique du sud, un peu moins en Europe ...
4. Les modes de productions des ogm, soit par transgenese bactérienne soit par biolistique ne génèrent pas de végétaux plus "anormaux" que ne le font des croisements plus conventionnels entre espèces non naturellement interfertiles.
5. Autre erreur souvent lue : le fait de devoir racheter ses semences d’années en années n’est pas non plus spécifique des ogm, tout agriculteur utilisant de hybrides F1 (fréquents) devant procéder de même.
Pour en venir aux erreurs dans votre article. je cite :
"l’on peine à trouver des thérapeutiques uniquement génétiques" : vous oubliez tous les vaccins prosuits par généie génétique et toutes les molécules à usage thérapeutique (interféron, interleukine, etc.)
"...des animaux clonés, se mettent à présenter des caractères différents alors qu’ils sont censés être identiques. Tout ceci a fini par faire un peu désordre et jeter le doute dans la population mais aussi chez les scientifiques." Cela fait des années que l’on connait ce que l’on appelait alors les dérives génétiques, ou variation somaclonale. Ces données et observations sont bien plus anciennes que les données de séquences issues de la génétique moléculaire. Simplement, ces données de séquences ont été un point de passage obligé permettant d’expliquer certains de ces mécanismes de variation. Le doute dans la population ne vient pas de ces données génétiques, mais d’une action assez habile de certains des lobbies que je dénonce dans ce commentaire.
"En outre le « bricolage » génétique des OGM réalisé par nos petits Frankenstein ou Prométhée du dimanche peut très bien se répartir au hasard de façon différente ou imprévue dans le génome de la plante contaminée contribuant ainsi à créer des chimères végétales c’est à dire des monstres." Que d’énormités en peu de mots ! 1. Bien sur que le gène étranger s’intègre au hasard dans le génome, mais la sélection végétale qui intervient ensuite permet très bien de dire à quel endroit à eu lieu l’insertion. On ne conserve que les insertions "neutres" ! 2. La plante n’est pas contaminée, puisque certaines des transformations se font simplement au moyen de billes de tungstène éliminées lors des processus de régénération ! 3. Les chimères végétales ne sont pas des montres, où alors vous devez considérer que le mais, le blé, la banane, la tomate, les pomelos, les brugnons, etc. en sont aussi car toutes ces espèces que vous ingérez résultent de réorganisations génétiques artificielles massives, y compris par des croisements entre espèces non interfertiles, dues à la seule main de l’homme !
"Ceci s’explique par le fait qu’un seul gène peut coder plusieurs protéines à l’intérieur de la cellule, ce que l’on appelle l’épissage alternatif." Essentiellement faux. Sans rentrer dans le technique, l’épissage ne se produit que sur des gènes comportants des structures particulières (intron/exon) que ne portent pas les gènes utilisés pour créer des OGM.
"Malheureusement on a constaté notamment en Malaisie, au Japon, et à Hawaii, l’apparition d’insectes résistants à ces toxines supposées les éradiquer, ce qui n’est pas surprenant "... Les insectes et autres organismes vivant n’ont pas attendus les OGM pour résister aux traitements. Il s’agit là d’un mauvais "managment" des résistances, qui pour les limiter, doit inclure à la fois une combinaison de plusieurs molécules ou processus, et des zones "refuges" (non traitées) ou le pathogène se développera.
J’arrete là, je pourrais continuer....
Le point critique est que les problèmes - réels - posés par les OGM végétaux sont en fait ceux de l’agriculture en général : poids des lobbys semenciers, reduction de diversité liée à la culture d’espèces en nombre limité, usage massif d’intrants, contamination de filière (demandez vous pourquoi la mention "peut contenir des traces de noix ou de noisettes" est portée sur de nombreux produits agroalimentaires), etc.
Au delà, ceux qui décrivent les OGM végétaux comme la panacée et la réponse aux problèmes de famine ou de subsitence ont tord, voire distordent la vérité. Ces questions sont en effet d’ordre de la répartition et de la ditribution pus que de la prodution. A l’inverse, ceux qui les décrivent comme des montres génétiques et des plantes à risques ont également tord, de très nombreux pays cultivant des espèces majoritairement OGM (soja aux USA et Canada, par exemple) sans risque toxique aigü, ni impact visible sur la santé avec un recul de presque 10 ans maintenant.
La situation des OGM est de fait un point de cristallisation de différentes peurs et promesses irrationnelles, et d’intérêts divers, dont certains sont financiers (côté semenciers par exemple) et d’autres d’influence (côté soi-disant "ecologistes")... Ces derniers parent leur discours d’arguments pseudo scientifiques et manipulent l’opinion tout autant que les premiers en jouant sur les peurs que j’évoque plus haut. Ce faisant, l’un et l’autre des groupes de pression contribuent à embrouiller et à égarer nos concitoyens.
On est bien loin de la science et de la citoyenneté dans tout cela !
Ce commentaire est très intéressant, vous devriez écrire un article.
J allais egalement faire des corrections sur les imprecisions/erreurs de l article. Vous avez mieux fait que ce que j aurais pu faire. Entierement d accord avec votre commentaire.
Merci pour vos précisions que je trouve souvent utiles et pertinentes. Le poids des "considérations politiques, financières, et action des lobbies de tous poils et de toutes couleurs" n’est pas en effet de nature, si l’on ose dire, à clarifier le débat. Je constate cependant que celui-ci s’oriente curieusement toujours davantage vers une agriculture encore plus "productiviste" qui attaque la biodiversité, avec ou sans OGM, ce qui est quand même un problème réel bien préoccupant qui appelle une limite. Et si mauvaise foi il y a, vous conviendrez avec moi que les différents camps en présence n’ont pas la même puissance de feu, pour prendre cette métaphore.
Vous écrivez : "Les modes de productions des ogm (...) ne génèrent pas de végétaux plus "anormaux" que ne le font des croisements plus conventionnels (...)" sauf que je me demande l’intérêt que cela peut présenter pour la sélection naturelle comme pour les populations d’inventer sans cesse de nouvelles variétés, à moins de vouloir créer des demandes artificielles pour des raisons purement commerciales. Les hybrides obtenus par les méthodes traditionnelles au fil du temps ne donnent-ils pas satisfaction dans la grande majorité des cas ? Vous ajoutez que "Les ogm ne conduisent pas à utiliser systématiquement plus de pesticides", mais alors pas moins non plus ? Quel intérêt sauf pour Monsanto et consort, puisque le soja qu’il produit est vendu avec le désherbant adapté ?
Et si le fait "de devoir racheter ses semences d’années en années n’est pas non plus spécifique des ogm", il semble que les OGM renforcent ce mécanisme. Il est difficile par ailleurs de trouver le bénéfice qu’un agriculteur d’Inde ou du Mali va pouvoir en tirer de cette contrainte financière supplémentaire, d’autant que les rendements de ces plantes ne sont pas nécessairement meilleurs. Il est clair que les royalties vont toujours aux mêmes pendant que les autres trouvent que la terre est décidément bien basse.
Du point de vue thérapeutique, vous citez des molécules obtenues par des plantes dont l’avantage par rapport aux autres organismes (bactéries, levures, cellules en culture...) est de pouvoir produire de grandes quantités de protéines. Pour autant cela nécessite t’il toujours des cultures en plein champ avec un risque de dissémination de ces OGM pharmaceutiques dans la chaîne alimentaire ? On touche peut-être ici à certaines limites de la thérapie génique dont les résultats ne sont pas exceptionnels à ce jour d’autant qu’on ne sait trop quoi faire du risque de résistance aux antibiotiques et des problèmes d’allergies, déjà problématiques. J’ajoute qu’un recul d’innocuité apparente de 10 ans pour les cultures de soja aux USA et Canada ne constitue pas vraiment une preuve suffisante : la maladie de Creutzfeldt-Jakob, par exemple, montre à elle seule qu’il vaut mieux être prudent sur le très long terme. Nous avons toujours eu chez nous un grand nombre d’experts bien avisés sur le plan médical : pour le sang contaminé, l’hormone de croissance...etc.
Je suis heureux que vous constatiez que "les problèmes - réels - posés par les OGM végétaux sont en fait ceux de l’agriculture en général : poids des lobbys semenciers, réduction de diversité liée à la culture d’espèces en nombre limité, usage massif d’intrants, contamination de filière (...)" et que "ceux qui décrivent les OGM végétaux comme la panacée et la réponse aux problèmes de famine ou de subsistance ont tort, voire distordent la vérité".
Je me demande seulement si ce ne sont pas des scientifiques, notamment ceux de l’INRA chez nous, qui ont assez largement contribué à la mise en place, année après année, d’une agriculture toujours plus intensive ? Tout ceci ne justifie-t’il pas alors des mesures un peu plus prudentes que celle que l’on finit par imposer aux gens contre leur gré ? Est-il anormal de penser que les brevets qui portent sur le vivant sont scandaleux et que cela peut conduire à de graves dérives ? Ce débat est trop important pour le laisser aux seuls spécialistes, à condition qu’il soit de bonne tenue. Je souhaite pour ma part qu’il puisse contribuer à une réflexion citoyenne, notamment grâce à vos apports.
bonsoir ;en fait mon projet de fin d’études porte sur les OGM, si vous pouviez me donner un coup d’aide sur ce sujet je serai trés reconnaissante ,et merci d’avance .
à l’auteur,
le procès à Kokopelli n’est pas qu’une affaire d’OGM.
ils sont attaqués aussi pour fausse concurrence car ils se vantent entre autres de fournir 2500 variétés de plantes et d’être les plus performants ; ce qui est faux. Son concurrent qui lui fait un procès, car lui il en fournit plus de 30.000 !!!!
donc, rien n’est simple.
mais je suis entièrement d’accord avec vous contre les salopards qui ne pensent et ne vivent qu’en rapport avec l’argent...
C’est une info très importante et récente.










