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OGM... une première victoire pour le principe de précaution ?

Article publié le 24 janvier 2008

OGM... une première victoire pour le principe de précaution ?

Il y a deux semaines, le gouvernement s’est appuyé sur les conclusions rendues par la Haute Autorité sur les OGM et a activé la clause de sauvegarde sur le Maïs MON810. On rappelle qu’officiellement, ce MON810 est le seul OGM (Organisme Génétiquement Modifié) agroalimentaire autorisé à la culture en France.

Parmi les moratoires demandés lors du Grenelle de l’environnement, figurait celui sur les OGM dont l’innocuité n’a jamais été sérieusement prouvée. Ce moratoire était demandé, notamment par les ONG, au nom du principe de précaution, le manque de transparence au nom du secret industriel permettant de douter de cette innocuité.

D’ailleurs, la clause de sauvegarde a été activée parce que cette Haute Autorité sur les OGM a elle-même émis des "doutes sérieux" suite à des faits scientifiques nouveaux. En effet, la dissémination ne semble pas vraiment controlée et il semblerait que d’autres insectes que la pyrale soient touchés par ce maïs OGM.

Par ailleurs, 3 autres pays de l’Union Européenne ont déja activé la clause de sauvegarde sur ce MON810, il s’agit de l’Autriche, de la Hongrie et de la Grèce. Nous ne sommes donc pas seuls dans l’Univers à avoir des doutes sur les OGM.

Si on ne peut que se réjouir de cette décision prise par le gouvernement, il est cependant d’usage bien établi de rester sur ses gardes ! On s’explique : en activant cette clause de sauvegarde et en suivant les recommandations de cette Haute Autorité, on donne à cette dernière, crédibilité et confiance. Si demain on modifie les membres (désignés par le MEDAD) et que les conclusions sont bien différentes et plutôt en faveur des OGM, ne soyons pas aveuglés par notre confiance initiale au risque de nous faire avoir. Oui, vous allez dire qu’on voit le mal partout. Mais dans l’ombre, les lobbies sont puissants et prêts à tout puisque les sommes en jeu sont considérables.

Au passage, même si notre sensibilité personnelle est plutôt celle des anti-OGM, nous nous posons la question de savoir si on doit pour autant arrêter cette recherche biotechnologique ? Il y des raisons éthiques, des raisons technologiques, des raisons alimentaires et sanitaire, des raisons environnementales qui font pencher la balance d’un coté ou de l’autre. 

Selon nous, il est important qu’un débat nourri continue d’exister entre les pro et les anti-OGM. C’est une condition essentielle pour parvenir à des résultats fiables et transparents. Il faut également faire preuve d’une grande pédagogie pour expliquer ce que sont vraiment ces OGM. Expliquer la différence entre un OGM médical et un OGM dans l’agroalimentaire. A ce propos, on ne peut que vous conseiller l’excellente vidéo, A VOIR ABSOLUMENT, sur le site de Raffa, le Grand Ménage (lien dans la section "pour en savoir plus").

Nous devons également nous poser la question du statut des Lanceurs d’alerte, ces chercheurs, techniciens ingénieurs qui individuellement ou en collectif se font le devoir d’alerter la société sur les risques potentiels pour la santé et l’environnement de nouvelles technologies, nouveaux médicaments ou produits chimiques, afin de les protéger contre la pression et les menaces des lobbies. D’ailleurs, Christian Vélot, le conférencier de la vidéo dans le lien ci-dessous est un de ces lanceurs d’alerte et il a aujourd’hui des problèmes avec sa hiérarchie (cf. article de Libération du 18/10/2007)

Quelques liens pour en savoir plus :

Image : Maïs transgénique (source REUTERS)
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commentaires
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par Charles (IP:xxx.xx8.155.99) le 24 janvier 2008 à 15H46

Ce qui est tout de même surprenant c’est qu’il faille créer une "Haute Autorité sur les OGM" pour établir le "fait scientifique nouveau" que ""Il y a des disséminations qui font qu’on a retrouvé des maïs (...) à plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de kilomètres"... Bah oui, parce qu’avant on disait la même chose mais en mètres...

Je m’interroge : y’a t’il besoin d’être un expert scientifique pour observer qu’il arrive au pollen de voyager un peu plus loin que 10 ou 100 mètres ?

Ensuite, je m’interroge à nouveau : quel rapport avec la RECHERCHE sur les OGM ?… SI on ne peut plus cultiver à champ ouvert alors on ne peut plus faire de recherche ? quel rapport ?

En règle générale la recherche précède les conclusions. Il semblerait que les exceptions deviennent la règle. J’attends la « Haute Autorité sur les téléphones portables », la « Haute Autorité sur les médicaments », …..

Il semblerait que quel que soit la taille de l’humanité, 850 millions de personnes crèvent la dalle. Corolaire : ces 850 millions sont pour la plus grande partie géographiquement répartis dans l’hémisphère sud. Peut-être les OGM mériteraient ils des enjeux et des débats d’un autre ordre que ceux proposé constamment par nos médias et nos politiques (ie : pipo). Une question se pose : Où est la recherche scientifique ??? Celle qui cherche librement et indépendamment dans l’interêt GENERAL ?… Où ?


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