Article publié le 2 avril 2008
Le débat parlementaire qui doit se terminer dans la nuit de jeudi à vendredi risque de ne pas mettre en pratique les mesures affirmées par Nicolas Sarkozy affirmées à l’issue du Grenelle de l’environnement.
En octobre dernier, pour clore le fameux Grenelle de l’environnement, Nicolas Sarkozy avait énoncé, parmi des mesures phares à venir, la suspension des cultures OGM. La loi qui sera votée par le Parlement risque de ne pas mettre en œuvre cette intention.
Jusqu’à jeudi, l’Assemblée nationale examine le projet de loi sur les OGM. Déjà adopté par le Sénat, contesté en bloc par les écologistes et les « faucheurs », ce texte doit aboutir à la transposition honnête d’une directive européenne de 2001.
On peut s’étonner que le débat parlementaire français ne soit pas plus éclairé scientifiquement alors que la directive a déjà 7 ans. Les députés, même lorsqu’ils cherchent une posture d’équilibre, sont perplexes, à droite comme à gauche, sur la conduite à tenir pour respecter la nature tout en poursuivant les efforts de la science. La majorité d’entre eux adopte une attitude prudente tout en affirmant les bénéfices de la recherche sur les OGM. A la quasi-unanimité, les députés de notre pays refusent de laisser la technique et la commercialisation des OGM à une firme unique comme Monsanto (comme cela a été fait aux Etats-Unis). Quant aux progrès de la recherche, aucun élu de la Nation ne les remet fondamentalement en cause. La production d’insuline et certains matériaux peu polluants sont par exemple issus des techniques transgéniques.
Dans une tribune publiée par le Figaro, mardi 1er avril, 72 parlementaires UMP dénoncent les « discours simplificateurs et caricaturaux ». Mais que dire de l’argument -réfuté par de nombreux spécialistes agricoles- selon lequel l’indépendance alimentaire de la France et de l’Europe passerait pas les plantes transgéniques ? La Commission européenne a précisé la définition commune des OGM pour les 27 Etats membres de l’Union : "un OGM est un organisme dont le patrimoine a été modifié de manière non naturelle". Les scientifiques partisans de l’agriculture bio insistent sur cette différence avec les plantes modifiées par reproductions ou croisements naturels (procédés pratiqués depuis les débuts de l’agriculture ou presque). Le projet de loi, tel qu’il a été retoqué dans un premier temps par le Sénat, avant d’arriver à l’Assemblée, tente de ménager la chèvre et le chou sans apporter de garanties techniques pour permettre la coexistence sans risque entre la recherche scientifique sur les OGM et une agriculture conventionnelle ou biologique. C’est visiblement le point central de la discussion parlementaire du moment. Le biologiste Jean-Marie Pelt estime que les OGM représentent un risque pour le patrimoine génétique de la planète en entraînant une course folle aux pesticides. Ses arguments sont entendus par des députés plus sceptiques que d’autres aujourd’hui.
Ce débat sur les OGM n’est pas seulement une question d’agriculture. C’est un choix de société que nos députés doivent trancher.
Laurent Watrin
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Je sais que je vais me faire mal voir en écrivant ce qui suit, mais ces propos correspondent à une réalité de faits que je défie quiconque de constester.
Le débat autour des OGM est malheureusement devenu un débat non scientifique ou se mèlent considérations politiques, financières, et action de lobbies de tous poils et de toutes couleurs.
Pour bien connaître le problème, et avoir produit pour l’inra un dossier sur la question, les ogm ne réduisent pas plus la biodiversité que ne le fait l’agriculture "productiviste", les ogm ne conduisent pas à utiliser sytématiquement plus de pesticides, ni moins d’ailleurs, tout dépendant des zones géographiques considérées, et les modes de productions des ogm, soit par transgenese bactérienne soit par biolistique ne génèrent pas de végétaux plus "anormaux" que ne le font des croisements plus conventionnels entre espèces non naturellement interfertiles. Autre erreur souvent lue : le fait de devoir racheter ses semences d’années en années n’est pas non plus spécifique des ogm, tout agriculteur utilisant de hybrides F1 (fréquents) devant procéder de même.
Le point critique est que les problèmes - réels - posés par les OGM végétaux sont en fait ceux de l’agriculture en général : poids des lobbys semenciers, reduction de diverstié liée à la culture d’espèces en nombre limité, usage massif d’intrants, contamination de filière (demandez vous pourquoi la mention "peut contenir des traces de noix ou de noisettes" est portée sur de nombreux produits agroalimentaires), etc.
Au delà, ceux qui décrivent les OGM végétaux comme la panacée et la réponse aux problèmes de famine ou de subsitence ont tord, voire distordent la vérité. Ces questions sont en effet d’ordre de la répartition et de la ditribution pus que de la prodution. A l’inverse, ceux qui les décrivent comme des montres génétiques et des plantes à risques ont également tord, de très nombreux pays cultivant des espèces majoritairement OGM (soja aux USA et Canada, par exemple) sans risque toxique aigü, ni impact visible sur la santé avec un recul de presque 10 ans maintenant.
La situation des OGM est de fait un point de cristallisation de différentes peurs et promesses irrationnelles, et d’intérêts divers, dont certains sont financiers (côté semenciers par exemple) et d’autres d’influence (côté ecologistes)...
On est bien loin de la science dans tout cela !
C’est juste, mais je vois mal ce qui vous attriste : les problématiques liées à l’usage des OGM sont bien plus d’ordre sociétal que d’ordre scientifique.
Que préfèreriez-vous ?
@ sobriquet :
C’est en aprtie vrai. Ce que je souhaite c’est simplement dans ce cas que l’on utilise des arguments relevant des sciences humaines et sociales, de la philosophie, ou de la croyance quasi religieuse, sans les travestir d’un pseudo discours scientifique agrémenter de contre vérités craintes.
au nom de la liberté on veut laisse libre la culture des OGM. Je veux bien !
mais au nom de la même liberté on empeche les producteur bio de produire sans OGM, car on n’a pas encore trouvé la loi qui pourra interdire au pollen de voyager.
Si la technique était si sure d’elle les compagnies d’assurances accepteraient d’assurer les risques. Or elles ont l’air de trainer sérieusement les pieds.
A IP 36 23 50,
Oui, on est bien loin de la science : on est en plein dans la finance ! Vous citez le Figaro, je vous renvoie au Monde daté 2 avril : "un sénateur UMP estime que les parlementaires pro-OGM sont "actionnés" par les semenciers" Je suppose que vous ne vous faites pas d’illusions sur ce dont ce sénateur évoque quand il utilise le terme "actionné" !
Donc si comme vous l’écrivez nous sommes en présence d’un conflit entre firmes multinationales et associations d’écolos, à votre avis où est la bonne foi ? Du côté de ceux dont le seul but est de s’enrichir quoiqu’il arrive, ou de ceux qui prétendent protéger la biodiversité ?
La réponse à cette question devrait orienter votre jugement !
Bien à vous.
Il suffirait que tous organisme OGM ne soit pas brevetable et tombe aussitôt dans le domaine public et on reviendrait très vite à la recherche scientifique pure (ou pas). Dans l’état actuel du monde faire croire que ce "progrès" est initié pour contrecarrer la pseudo pénurie alimentaire est un immense leurre !
Les attitudes lobbystes des semenciers comme Monsanto et quelques autres s’apparentent à des comportements mafieux :-(( dont l’enjeu non avoué est le contrôle des semences et non pas comme il est dit de lutter contre les pesticides(faux problème) et la faim dans le monde. 1/ l’expérimentation en plein champ n’est pas justifiée scientifiquement (voir débat suite à reportage "le monde selon MONSANTO" sur Arte....http://www.arte.tv/fr/connaissance-... 2/ elle n’est pas conduite assez longtemps (3 mois ne permettent pas de dégager des preuves d’innocuité environnementale)pour que l’on puisse affirmer l’absence d’effets indésirables.A cet effet, ce recul d’appréciation est disponible chez certain pays ou l’expérience perdure depuis plus de 10 ans. Il convient également d’apprécier les résultats pour constater que les résultats sont mauvais voir calamiteux 3/ au terme du projet de loi sénatorial conduit pas le député de la Manche UMP BIZET, la contamination accidentelle donnerait lieu à indemnisation. De qui se moque t-on : est-ce un pb d’argent ou d’empêchement de contanimation ? Bref, et on pourrait multiplier les références de choses mal conduites (volontairement ?)et qui ne sont de ce fait pas recevable pour ce qui me concerne.
Video d’une interview de Mamere, pour une idée astucieuse de désobéissance civique
jamais mieux qu’aujourd’huil’adage :
"science sans conscience n’est que ruine de l’ame" n’a été plus d’actualité !! les scientifiques et les politiques,à quelques exceptions près ne sont que des pantins dont l’agroalimentaire tire les ficelles.
Naïveté ou mauvaise foi ? Certes le lobby "pro-OGM" et puissant mais on ne peut y opposer les bons sentiments des écologistes. Leur objectif est bien plus de remettre en cause un mode de vie que de protéger l’environnement (et les deux ne sont pas forcément liés, loin sans faut). Il y a clairement (et médiatiquement ultra présent) un lobby "anti-OGM" qui répond au premier. On constate d’ailleurs que deux des principaux leaders écolo sont d’extrême gauche (José Bové et Nicolas Hulot*). C’est sans doute un hasard.
Pour ce qui est des dangers, il est intéressant de constater :
1. les rares études ne signifient pas grand chose (cf interview de Mamers qui le reconnaît dans Le Monde aujourd’hui, le voir argumenter du danger des OGM en prenant l’exemple de l’amiante pose question sur ses capacités à argumenter sa réponse).
2. La consommation régulière et depuis des années d’OGM en Amérique du Nord qui est sans impact détecté.
3. La peur de la dissémination qui cache sans doute une ignorance des mécanismes génétiques incombant à la biologie des populations (certes un gène se dissémine, mais qu’il devienne très exprimé est autre chose).
4. La peur de Monsanto. On brisera leur monopole (et leur vision de l’avenir) en les concurrençant plus qu’en les interdisant.
5. Les agriculteurs français sont totalement sous la coupe des subventions européennes et française, les OGM cristallisent aussi la peur pour eux de revoir ce mode de fonctionnement (terrible pour les agriculteurs des pays en développement) remis en cause.
6. Les critiques considèrent que les OGM n’évolueront jamais. Rassurons-nous : ils régleront les problèmes actuels, en déclencheront d’autres, qu’ils résoudront à leur tour… On ne peut guère critiquer en l’état une science qui a un tel potentiel (sauf à bloquer les recherches, c’est le but des mouvements anti-OGM).
Enfin rappelons que la « bonne agriculture du terroir » qu’il faut défendre consiste en monocultures, élevages intensifs, poulets en batterie, tomates insipides toute l’année… Rien à voir avec les légumes du potager… Rappelons aussi que l’agriculture bio est une autre forme d’agriculture de masse (ce ne sont toujours pas des « légumes de potager »), à impact moindre sur l’environnement, certes, mais à faible rendement et aléatoire (on se doit cette année d’avoir des pommes de terre à l’agriculture ordinaire, la dernière récolte « biologique » ayant été désastreuse). Donc bonne à compléter mais pas à remplacer l’agriculture ordinaire en France.
* : il a expliqué ses affinités avec les propositions de Besancenot : http://www.lejdd.fr/cmc/societe/200... ).
@ D.Legrandjacques :
"...A cet effet, ce recul d’appréciation est disponible chez certain pays ou l’expérience perdure depuis plus de 10 ans. Il convient également d’apprécier les résultats pour constater que les résultats sont mauvais voir calamiteux..."
Que voulez-vous dire ? Pourriez-vous être plus précis et/ou citer des sources. Je ne comprends pas à quoi vous faites référence. Merci.










