Article publié le 9 mai 2007
L’argument principal utilisé pour justifier le développement des OGM, est leur capacité à résoudre les problèmes de famine dans le monde. On va même jusqu’à nous faire comprendre que s’opposer aux OGM, c’est s’opposer à la vie, au bien-être de la population mondiale. Il est évident que nous serions tous preneurs d’une solution pour résoudre les problèmes de famine dans le monde. Mais tout ça n’est qu’un mensonge savamment orchestré par les puissants céréaliers OGM aidées pour l’occasion par tout les ambassadeurs du libéralisme économique.
Aujourd’hui, la production céréalière mondiale permet de nourrir plus de 12 milliards d’individus. Nous ne sommes que 6 milliards sur Terre, le premier argument des pro-OGM n’a donc aucun fondement. Aujourd’hui, nous avons déjà fait le choix de ne pas nourrir la population mondiale. Nous en avons les moyens, mais pas la volonté. Il n’existe aucun frein technique ou matériel pour pouvoir assurer cette alimentation mondiale. La seule raison pour laquelle les famines existent, sont des choix économiques.
Les pro-OGM insistent aussi également que grâce aux OGM, les plantations pourront mieux résister aux sécheresses en consommant moins d’eau. Là encore, cet argument ne tient pas debout. Dans l’agriculture traditionnelle ou biologique, le sol est nourri et enrichi par du compost. Lorsque le compost est dans le sol, il se comporte comme une éponge. Si bien qu’un litre d’eau qui pénètre dans un tel sol est piégé. Ce qui permet aux plantes qui y poussent de profiter de ce litre d’eau pour plusieurs jours.
Dans l’agriculture intensive où l’utilisation d’engrais et de pesticides est de mise, le sol n’est devenu qu’un substrat inerte, qui ne contient plus aucun organisme vivant, la nourriture est apportée à la plante uniquement par les engrais chimiques. Plus besoin de rotation de culture, la terre n’est plus nourricière. Cette terre stérile est incapable retenir l’eau. L’eau glisse sur le sol, et quand elle le pénètre, elle n’y reste pas, elle s’enfonce dans les couches profondes bien au-delà des racines. Ce qui veut dire que pour donner un litre d’eau à une plante, il faut en verser dix !
L’agriculture conventionnelle aura donc toujours besoin de moins d’eau que l’agriculture utilisant pesticides et engrais. C’est ce qu’a démontré de façon remarquable Pierre Rabhi, en obtenant des récoltes dans des pays où la sécheresse sévissait. Là où l’agriculture chimique a montré son impossibilité à obtenir une récolte en milieu aride, les méthodes d’agroécologie défendues par Pierre Rabhi ont montré leur efficacité.
Les rendements OGM sont là aussi bien loin de ceux annoncés. Même le département de l’agriculture américaine a fini par le reconnaître. Ce qui a contraint les semenciers OGM à réduire leur prétention de royalties tant les récoltes furent décevantes. Au Paraguay, les pertes ont même été plus importantes sur les cultures OGM que sur les cultures traditionnelles. Le constat est sans appel, les OGM ne supportent pas la sécheresse. La vie à besoin d’eau, on ne ferra jamais rien pousser sur une terre stérile sans eau.
Un autre point à ne pas négliger, les semenciers OGM n’ont rien de philanthropes... Aujourd’hui, alors qu’ils ont les moyens de fournir la population mondiale en céréales à un moindre coût, ils ne le font pas. Il n’y a pas de raison qu’ils le fassent pour les OGM qui coûteraient bien évidemment plus cher qu’une céréale naturelle. Ceux qui meurent de faim, n’auraient de tout façon pas les moyens d’acheter, céréales OGM, engrais et pesticides.
Il faut vraiment arrêter de croire à cette hypocrisie véhiculée par les semenciers OGM et les avocats du libéralisme. La seule motivation qui pousse les OGM est une motivation purement financière. Le point faible de l’homme, c’est qu’il doit se nourrir. Pas de nourriture, pas de vie. Aujourd’hui, avec quelques efforts, l’homme est capable de se nourrir sans rien payer à personne. Il lui faut, des graines que la nature lui offre, de l’eau que les pluies lui apportent, du soleil pour que les plantes poussent. En respectant les cycles de la nature et la nature elle-même, l’homme est capable de se nourrir sans craindre la famine. C’est vrai, qu’il y a eu des famines par le passé, mais maintenant que le monde est ouvert et communiquant, on sait pallier de manière simple à ces problèmes.
Or, nous avons fait le choix d’une société basée sur le profit. Le but des semenciers n’est donc plus de nourrir la planète, mais de gagner le plus d’argent possible. Dans une économie libérale, le rêve absolu est de vendre ce dont tout le monde a besoin. L’alimentation étant le besoin partagé par tous, celui qui contrôlera l’alimentation, contrôlera le monde. Jusqu’à présent, ce contrôle n’a jamais été possible. Mais maintenant, grâce aux OGM, l’envisager devient réaliste.
Pour obtenir ce contrôle, il est impératif d’empêcher la concurrence “déloyale” de Dame Nature. Pour les semenciers, qu’on puisse assurer seul son alimentation est un manque à gagner. Aujourd’hui, les semenciers ont déjà réussi à obtenir qu’un agriculteur n’ait plus le droit de replanter ses propres semences, et qu’il soit obligé de racheter chaque année de nouvelles semences aux semenciers. Mais ce contrôle par voie judiciaire n’est possible que dans les pays développés comme en Europe ou aux Etats-Unis, et encore difficilement vérifiable. Le graal des semenciers serait donc d’avoir une semence incapable de se reproduire, pour obliger les agriculteurs à racheter des semences tous les ans. Ces semences stériles, sont déjà plus ou moins dans les cartons des semenciers et sont appelées semences TERMINATOR.
Les semences TERMINATOR sont en concurrence directe avec les semences naturelles. Tant qu’il existera des semences naturelles, le contrôle sera difficile à prendre. D’où la question : les semenciers ont-ils la possibilité de faire disparaître les semences naturelles ? Oui, ils le peuvent, et sont en train de le faire...
La première phase : l’intox. Il faut que la population pensent que les études sur les OGM permettront de résoudre les problèmes d’alimentation mondiale, qu’elle soit convaincue que travailler pour les OGM, c’est travailler au bien de tous. Nous l’avons vu plus haut, les arguments humanitaires ne résistent pas une seconde à l’analyse.
Dans le même temps, démontrer que les semences naturelles qui nous ont nourri pendant des milliers d’années sont inefficaces, sensibles aux maladies et procurant des rendements médiocres. Pour cela, il faut réduire la quantité de variété des semences. C’est ce qui est fait depuis des années, sous couvert de sélectionner les variétés les plus rentables à exploiter, une grande quantité de variétés ont aujourd’hui disparues. Par exemple aujourd’hui, 80% de l’alimentation en blé n’est fournie que par 4 variétés différentes. Cette réduction des variétés est un véritable danger, car si une maladie touche une céréale, c’est une grosse partie de l’alimentation mondiale qui est menacée. Les semenciers OGM trouvent dans cette faiblesse créée artificiellement un argument de poids pour promouvoir leurs OGM.
Il faut ensuite interdire aux paysans de replanter une partie de sa récolte. Ce qui est maintenant le cas. Les paysans sont obligés de se fournir en semences auprès de semenciers.
Dernier point, il faut cultiver le plus possible d’OGM en plein champ, la contamination des cultures saines par les OGM finissant le travail. Ces cultures se multiplient aujourd’hui, et le nombre de contamination augmentent sans cesse.
Pouvoir
se nourrir seul, doit rester un droit inaliénable. On ne peut accepter
que l’alimentation de base soit contrôlée par une puissance financière,
avec pour seul motivation la recherche du profit. La seule est unique
motivation des OGM est purement financière. Nous pouvons nourrir
l’humanité entière si nous le voulons vraiment sans avoir à pervertir
la nature. C’est nos choix qui font qu’aujourd’hui une partie de
l’humanité vie dans l’opulence et une autre meure de faim. La nature a
permis à des milliards d’être vivants toutes espèces confondues de vivre
depuis des milliards d’années, et elle le pourra encore longtemps si
nous ne jouons pas les apprentis sorciers.
Thèmes
Biodiversité Végétaux Planète Alimentation Environnement Agriculture Pollution Industrie Toxicité OGM Pesticides Société Monde Fruits Légumes
Une erreur fondamentale, courante dans bien des domaines (celui des risques p. ex.) : il ne suffit pas de produire, il faut acheminer jusqu’au consommateur !
Le frein à une alimentation suffisante pour tous n’est pas du côté de la production, mais du stockage, de la conservation, des transports, de la distribution, tous secteurs vulnérables aux conflits armés et à la corruption, et dépendants de l’existence où non d’infrastructures efficaces et suffisantes aux bons endroits et d’une énergie pas trop chère.
Rien n’est simple et tout va encore se compliquer avec le changement climatique.
Mais, Cassandre, point n’est besoin d’acheminer lorsque des productions locales permettent de subvenir aux besoins.
D’où la nécessité d’examiner de près la question de la relocalisation des productions agricoles, partout dans le monde.
Et de la mettre en oeuvre bien avant qu’une éventuelle hausse durable des produits pétroliers, tout à fait envisageable, ne soit la source de pénuries plus ou moins graves pour un temps.
Car cette relocalisation ne se fait pas en un clin d’oeil, en un jour...
Cet article est très intéressant et remet bien en place, je pense, les problemes majeurs des OGM qui sont très largement des problèmes économiques et écologiques (disséminations).
Je veux juste apporter une précision, nous avons peut être aujourd’hui une production agricole pour 12 milliards d’individus grâce aux pesticides et aux engrais dont les composants majeurs sont à base de pétrole. Or bientôt nous n’aurons plus assez de pétrole dans le monde. Sans pétrole on ne pourra plus nourrir que 2 milliards de personnes... Que faire ? Les OGM ne sont absolument pas la réponse adéquate à cet énorme problème qui nous arrive dessus comme une météorite. Au contraire, il est absolument honteux de faire miroiter monts et merveilles aux plus démunis et tenter de faire des profits sur leurs dos.
Bonjour et merci pour vos réactions, A mon sens, l’acheminement et la conservation sont de faux problèmes dans la mesure où même dans les pays où sévit la famine il y a toujours eu des greniers à grain. Les céréales se conservent même assez bien. Mais je suis assez d’accord avec JCM, le plus important est de repenser la production localement et c’est ce à quoi s’atache Pierre Rabhi que je site dans mon article. Ses methodes de cultures respéctueuses de l’environnement ne nécessitent ni engrais ni pesticides. Donc même sans pétrole on peut produire, comme on l’a toujours fait avant l’apparition du pétrole. Il a même réussi à produire avec de faibles quantités d’eau. Il raconte de façon assez romancée dans son livre "Parole de Terre" la redécouverte de ce cycle vertueux entre l’homme et la terre. Lecture que je conseille, tant c’est bien écrit.
Je suis tout a fait d’accord avec vous sur le fait qu’il faut relocaliser notre production. Il faut aussi réapprendre à manger les aliments à la bonne saison. Pas de tomates en hiver etc.... C’est ce que je m’efforce de faire chaque fois que je fais mes courses même si c’est pénible pour mon entourage car je calcule le nombre de km qu’a fait un aliment même si parfois c’est plus cher et que l’on en met moins dans le panier. Seulement en Europe ca ne va pas être facile de faire changer les mentalités aussi radicalement.
Je vous conseille la lecture de l’article "nous mangeons du pétrole" de Dale Allen Pfeiffer. Si vous tapez le titre sur google vous trouverez facilement la version francaise de l’article. L’auteur y retrace notamment l’histoire de l’agriculture et y explique notre dépendance au pétrole. Avant que l’agriculture n’utilise du pétrole, nous n’étions pas aussi nombreux que maintenant dans le monde et pour produire plus il suffisait de défricher plus de terre. Puis quand les terres ont manqué on a commencé à mettre les engrais et autres produits. Nous étions de plus en plus nombreux. De plus, l’élevage est beaucoup plus gourmande en pétrole que la culture. Nos terres se sont peu à peu appauvries et maintenant elles ne pourraient plus à elle seule (sans additif) pouvoir supporter les rendements qui sont nécessaires à la survie de 6 milliards d’hommes plus les plantes et les animaux. Ne les oublions pas ils font tous partis de notre monde. J’ai beaucoup simplifié mais D.A. Pfeifer l’explique beaucoup mieux que moi dans son article. Je ne suis pas spécialiste.
Je suis allée sur le site de P. Rahbi et même si c’est une initiative tout a fait primordiale, que je ne connaissais pas, je ne pense pas que ses techniques suffiront à nous permettre de nourrir tout le monde à l’avenir. En revanche, je pense que les pays en voie de développement qui sont moins dépendants que nous en pétrole saurons mieux tirer leur épingle du jeux si nous ne leur arrachons pas une fois de trop toutes leurs ressources. Quoi qu’il en soit je pense que nous avons besoin de plus d’initiatives comme celle de P. Rahbi pour nous permettre de ralentir les échéances ce qui sera déjà un grand bon en avant.
Je ne veux pas paraitre pessimiste mais je suis très préoccupée par ces questions et encore plus par le fait que beaucoup se voilent la face. Alors merci de votre initiative.
C’est honteux d’écrire des choses comme celà c’est de la désinformation en plus avec un embryon dans une tomate vous cherchez quoi A faire peur ??? c’est réussi
je le redis : C’est HONTEUX
Excusez moi mais qu’est ce qui honteux ?
Essayer de commencer un débat sur les problèmes et des OGMs de l’agriculture actuelle ?
Pour pouvoir débattre il faut avoir des arguments mais dire que c’est de la désinformation sans rien expliquer est plutôt décevant.
Informez vous et revenez débattre avec des arguments même si vous n’etes pas d’accord avec nous ce sera toujours plus constructif que votre dernier commentaire.
Si vous n’en avez pas c’est que vous voulez vous voiler la face et c’est ce que font la plupart des gens. C’est plus facile pour votre coscience et c’est votre droit mais dans ce cas ce n’est pas la peine de faire ce genre de commentaires.
et ben, voilà que je te retrouve ! Tu sais ce que j’en pense des OGM et si le gouvernement insiste de l’utiliser, il nous enlève avec ceci notre liberté de choisir.... car même les produits Bio risqueront d’être infectés. Et comment ça se passera avec notre petit potager à nous ? Vont ils aussi être infecté et devrons nous commencer à cultiver à l’intérieur ?
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Est-ce que j’ai voulu faire peur.. ? Non pas spécialement. Par contre j’ai voulu partager mes craintes quant à une société entièrement tournée vers la recherche du profit. Nous savons ce que l’homme est capable de faire pour le pouvoir et l’argent. A nous d’être vigilent pour que l’alimentation reste libre. Une simple analyse montre que les arguments avancés par les industriels OGM ne sont que des faire-valoir. A nous de nous interroger sur leur réels motivations... Maintenant, nous sommes là pour débattre, si il y a des arguments qui démontrent le bien fondé des OGM pour le bien de l’humanité, ils peuvent être exposés ici. Merci bdl89 pour l’info, je ne manquerai pas de lire l’ouvrage cité.
Bonjour,
votre article est bien écrit et donne une assez bonne synthèse des réalités concernant les OGMs. ce que je voudrais souligner, c’est que les plantes dites "sauvages" ou "bio" ont une valuer nutritive supérieure aux plantes "triatés chimiquement" et les "OGMs". Nous avons fait un test sur des enfants de CM2, les parents ayant été avertis et consentants, test suivi d’une enquête auprès des parents et des enseignants.
(1) pour la même variété de plante, et la quantité de nourriture offerte, les enfants mangeant des plantes non traitées par produits chimiques ni modifiées par voie génétique n’arrivent pas à terminer leur ration. Ils sont rassasiés plus tôt et ne ressentent pas la faim jusqu’au soir (2) ceux nourris avec des plantes "courantes" (traitées avec des produits chimiques) finissent leur ration mais ont rapidement faim, tout comme ceux qui reçoivent une alimentation à base d’OGMs (3) les enseignants ne se plaignent jamais des enfants nourris aux plantes traditionnelles, donc "sauvages" ou "bio", et les parents disent que les enfants sont en bonne santé. (4) les enfants nourris avec les même plantes, mais traitées chimiquement, comme les enfants nourris avec ces même plantes génétiquement modifiées, se plaignent de maux de tête le soir, de maux de ventre et sont turbulents à l’école (sans doute parce qu’ils ont faim ?)
Après un semestre, plus aucun parent n’a accepté de poursuivre le test et ont recherché les plantes traditionnelles pour nourrir toute la famille.
Ce n’est qu’un test de très courte durée dans un pays lointain mais déjà très parlant ! C’est la qualité qui compte et non la quantité de nourriture. Mes grands parents mangeaient peu et "sainement" et n’ont jamais connu de maladie grave. Tous deux nous ont quitté à l’âge de 88 et 95 ans.
Je ne sais plus quoi penser sur les OGM j’entends tout et son contraire.... Il faut donner les sources quand vous dites des choses ou citez des études car on ne peut pas se contenter de : " j’ai lu", "on m’a dit" ....
J’ai fait des recherches et j’ai découvert que cela soit dans les Antis ou les Pros beaucoup de contre vérité sont dites...
Les OGM TERMINATOR (seulement stade du brevet) n’ont jamais existé par exemple, contrairement a ce que m’ont dit des Anti-OGM....
Enfin le but de toutes entreprises est de faire de l’argent... Etre contre les OGM sous prétexte que les entreprises produisant des OGM vont "s’engraiser" est un mauvais argument.
Entalpie










